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Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe".
Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes.
Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est bon?
Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là.
Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis.
Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.

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SOMMAIRE DU BLOG

Vous trouverez le tableaux récapitulatif des entrées des acteurs et réalisateurs : ICI


Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 10:01
- Publié dans : MISES A JOUR

 

CENT JOURS A PALERME


25 AVRIL 1984

 

 

CENT JOURS

 

Réalisation

Giuseppe FERRARA

Scénario

Piergiovanni ANCHISI

Giuseppe FERRARA

Photographie

Silvio FRASCHETTI

Musique

Vittorio GELMETTI

Production

OMBRE ET LUMIERE

CLCT

Distribution

AMLF

Durée

100 minutes

Tournage

 

Général Dalla CHIESA

Lino VENTURA

Emanuela

Giuliana DE SIO

Pio LA TORRE

Lino TROISI

 

 


Nommé Préfet de Palerme en 1982, le Général Dalla CHIESA qui s'est illustré pour avoir démantelé les Brigades Rouges, a pour mission de lutter contre la puissante mafia qui a assassiné bon nombre de personnalités politiques ces derniers temps. On lui promet des moyens. Quelques jours plus tard le Député Pio LA TORRE est sauvagement assassiné dans sa voiture. Dalla CHIESA prend les choses en main et bouscule la routine policière. Mais les enquêtes piétinent et les meurtres continuent. Il se marie durant ce temps avec sa fiancée, la douce et aimante Emmanuela. Il désire faire voter un loi anti-mafia, ce qui agace cette organisation. Sans réels moyens il poursuit son travail besogneux. fatalement, 100 jours après son intronisation, il sera lui aussi sauvagement assassiné avec sa femme dans leur voiture. Son action n'aura pas été inutile. Cité comme exemple, il aura participé posthumement au vote de la fameuse loi anti-mafia. 

 

Après le succès massif du "Ruffian" on pourrait croire que Lino VENTURA allait surfer sur cette nouvelle vague. Mais contre toute attente, l'acteur va choisir un rôle plus difficile, car "100 jours à Palerme" est un biopic consacré au Général Dalla CHIESA qui a été assassiné par la mafia deux ans auparavant. L'acteur a dans le passé interprété un chef de la mafia dans "Cosa Nostra" avec Charles BRONSON mais là il inverse la tendance en incarnant un farouche opposant à celle-ci.

C'est le réalisateur Giuseppe FERRARA critique et documentaliste réputé qui met en scène le film d'une manière très dépouillée. Avec lui, la mafia perd son image un peu glamour née de films tels "Le Parrain". Ici, rien de magnifique, de chevaleresque ni de romantique. Les victimes sont tués de manière assez lâche, en général plusieurs voitures bloquent le véhicule cible et plusieurs tireurs exécutent les victimes d'une manière barbare. Le film insiste sur ces meurtres crus, et montre les victimes parfois en très mauvais état. Le film prend un aspect documentaire rées intéressant. Les chefs de la mafia ne siègent pas dans une superbe demeure avec pléthore de lieutenants autour d'eux. Les mafieux sont des dirigeants de banques qui font du business à l'international. Lors de conseils restreints au sein même de ces sièges, quelques membres décident de la vie ou de la  mort de diverses personnalités susceptibles de représenter un danger pour l'organisation. En 1982 la forte recrudescence d'assassinats et l'incompétence de l'Etat à endiguer ceux-ci mettent le met dans l'obligation de procéder à la nomination d'un dur à cuire. Lino VENTURA interprète le Général Dalla CHIESA réputé pour avoir démantelé les "Brigades rouges". Celui-ci accepte la mission à condition d'avoir l'appui total du gouvernement, ce qui est loin d'être gagné. Ce n'est pas franchement un rigolo et il ne se laisse pas impressionner. Sans peur, il refuse les escortes et ne craint pas la mort. Il va poursuivre son but avec opiniâtreté. La mafia ne s'inquiète pas de la nomination de Della Chisa. Mais l'organisation va changer d'avis. Le Préfet remue ciel et terre pour convaincre le gouvernement d'accepter la mise en place d'une loi anti-mafia. Il est aussi capable de rencontrer des étudiants et de leur expliquer sa démarche. Il réclame l'unité du peuple italien contre la mafia. Bref, il commence à agacer, et sa mort sera rapidement mise à exécution. Froidement, lui et sa femme seront criblés de balles dans leur voiture. 

Le film perd beaucoup d'efficacité avec les scènes intimistes entre le Préfet et sa future femme. Le réalisateur voudrait être plus radical et décrire les méthodes utilisées par la mafia dans le blanchiment d'argent et ses rapports avec les politiques, mais il se heurte au producteur français qui désire des scènes glamours pour désamorcer l'atmosphère lourde du film. Contre son gré le réalisateur devra insérer des passages romantiques entre Dalla CHIESA et Emanuela qui font un peu tâche... Le film en souffre.

Lino VENTURA est encore une fois spectaculaire dans le rôle d'un homme peu charismatique mais qui possède une sacrée paire de c.... Vieilli, pas très sympathique, il s'identifie parfaitement au personnage. Mais évidemment il ne peut attirer le même public que "Le Ruffian" surtout que l'affiche n'est pas non plus des plus engageantes. Avec ce ton rouge vif, on sait ce que l'on va voir. Reste donc un film inégal qui contient de très bonnes parties, mais traite parfois le sujet de manière superficielle. reste que de tourner ce film alors que la blessure causée par la mort d'un homme sans concessions est plutôt courageux.

Le film est présenté à Cannes en 1984 et bénéficie de critiques mitigés. Le film sort dans la folie et bénéficie d'une belle campagne de publicité. La combinaison de salles est importante pour l'époque. Avec 44 salles sur Paris Périphérie, le distributeur espère que le public va suivre Lino après le succès du "Ruffian". Avec 62 000 entrées sur Paris / Banlieue le film déçoit et ne parvient pas à prendre la première place toujours conservée par le "Viva la vie" de Claude LELOUCH. Après une seconde semaine dans les mêmes eaux le film s'écroule totalement. En France le film atteint difficilement les 500 000 spectateurs. Un score très décevant qui replonge l'acteur à l'époque de "La cage".

Le public n'a pas apprécié de voir Lino vieilli et n'a pas semblé inspiré par ce film sanglant et qui finalement concerne un problème typiquement italien. Heureusement pour lui, son nouveau film "La 7ème cible" doit sortir pour les fêtes de fin d'année. Correspondant plus au canons désirés par son public habituel, il devrait renouer avec le succès.

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

500 403

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

157 166

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

2

62 923

44

2ème semaine

4

53 629

43

3ème semaine

9

24 214

 

4ème semaine

 

7 871

 

Nombre de semaines Paris

 

8

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

7 480

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

24

 

 

Cote du succès

 

*

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 1 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 11:46
- Publié dans : MISES A JOUR

 

 

CADAVRES EXQUIS


26 MAI 1976

 

 

CADAVRES-EXQUIS.jpg

 

Réalisation

Francesco ROSI 

Scénario

Tonino GUERRA
Francesco ROSI
 

Photo

Pasqualino DE SANTIS 

Musique

Astor PIAZZOLA 

Production

Alberto GRIMALDI

Distribution

Artistes Associés

Durée

127 minutes

Tournage

 

Inspecteur ROGAS

Lino VENTURA

Le Président de
la Cour Suprême

Max VON SYDOW

Ministre de l'intérieur

Fernando REY

Le chef de la Police

Tino CARRARO

Le paresseux

Marcel BOZZUFI

Le juge Rasto

Alain CUNY

Procureur Varga

Charles VANEL

Le commissaire de Police

Renato SALVATORI

 

 

 

Le vieux procureur Vargas est assassiné quelques instants après être sorti des catacombes où il venait de se livrer à la méditation. L'inspecteur Rogas, chargé de l'enquête, assiste à ses grandioses funérailles, lesquelles sont troublées par des manifestations de jeunes gens venus dénoncer l'administration corrompue de la cité. En moins d'une semaine, en des lieux proches, deux autres magistrats sont tués dans des circonstances analogues. Tous deux sont pareillement jugés corrompus. En désaccord avec son supérieur, qui estime que le coupable est assurément un déséquilibré, Rogas émet l'hypothèse de la vengeance d'un homme injustement condamné. D'autres incidents, tout aussi troublants, finissent par le convaincre que ses supérieurs, en complicité avec les chefs des forces armées, se trouvent impliqués dans une vaste conjuration contre l'Etat et que Crès n'a été entre leurs mains qu'un instrument. Par un ami d'enfance, Cusan, journaliste marxiste, Rogas parvient à obtenir un entretien avec le secrétaire du parti communiste qu'il tient à informer immédiatement. Rendez-vous est pris dans une salle du musée de la ville. C'est là que les deux hommes seront abattus.

 

1976 est une très belle année cinématographique que ce soit du coté des réalisateurs ou des acteurs solidement établis tels BELMONDO, DELON, GIRARDOT et bien sûr Lino VENTURA.

Le cinéma américain ainsi que le cinéma français traversent une belle période artistique mais n'oublions pas le cinéma espagnol et bien sûr le cinéma italien. Francesco ROSI est l'un des plus fameux réalisateurs de ce cinéma transalpin qui entre comédies grasses ou coquines est capable de proposer quelques brulots politiques de haute volée.

"Cadavre exquis" est d'autant plus intéressant qu'il propose Lino VENTURA en tête d'affiche, un acteur exigeant qui n'hésite pas à prendre des risques quitte à subir quelques échecs comme "La cage" en 1975. Mais Lino VENTURA reste sur le bon succès de "Sacré poulet" et prouve que le public est au rendez-vous quand il endosse l'imperméable d'un policier. Ca tombe bien, il est de retour dans un rôle d'inspecteur italien chargé de dénouer une affaire hautement délicate.  

 

Le ton du film est noir, oppressant. La première scène est révélatrice du climat. Le vieux juge, Vargas joué par Charles VANEL se promène dans les catacombes et observe les visages des cadavres momifiés. A quoi pense-t-il ? A la mort ? Surement. A sa sortie il caresse de jeunes feuilles d'arbres, puis il s'effondre lentement, abattu par un tireur caché. Un rôle court pour VANEL, mais frappant.

L'assassinat du juge met la police aux abois. Elle met son meilleur limier sur les rails. Rogas joué par Lino VENTURA mène l'enquête. Il semble être un flic honnête et va démarrer son enquête de manière classique. Pour lui, il s'agit d'une vengeance. Il va interroger diverses personnes qui auraient pu se venger d'une décision de Vargas. L'occasion de voit Marcel BOZZUFFI comme suspect potentiel.

Au cours de son enquête Rogas traverse une Italie sale, polluée, sombre. Les villes y apparaissent sous un aspect négatif. La photographie volontairement sombre renforce cette impression. 

Si l'intrigue ressemble à son début à un film comme "Sans mobile apparent", c'est à dire à une simple enquête policière, celle-ci évolue rapidement à un niveau plus complexe, voire nébuleux.  

Le dossier devient de plus en plus brulant car d'autres magistrats se font assassiner. Bien qu'il soit considéré par sa hiérarchie comme un bon élément, Rogas ressent la pression. Evidemment on lui "propose" une piste raisonnable pour élucider l'enquête, les coupables seraient issus de groupuscules gauchistes qui désorganisent la nation lors d'émeutes ou manifestations violentes. Rogas se rend à une soirée privée où à sa surprise il constate que les mondains et les politiques se mêlent. Il met les pieds dans le plat et se rend compte qu'il va être en danger. Pourtant il tente d'avertir le Président de la Cour Suprême qu'il est en danger. celui est joué par Max Von Sydow dont le physique inquiétant se prête à un  rôle de crapule, une habitude pour l'acteur après avoir déjà joué un rôle de tueur dans "Les 3 jours du Condor".

Le Président de la Cour Suprême se révèle un sacré fasciste de derrière les fagots. Pour lui, il faut contrôler le peuple, être impitoyable.... De plus en plus aux aguets, comprenant que cet histoire n'est qu'un complot politique, Rogas prend toutes les précautions   pour contacter son ami journaliste et communiste dans un parc. Parlant à couvert il demande un rendez vous avec le Secrétaire du Parti Communiste. Malheureusement, il ne se rend pas compte que le chien d'aveugle stationné à ses pieds possède un micro dans son collier. A l'autre bout de l'émetteur, Le Président de la Cour Suprême est à l'écoute.

Dès lors le sort de Rogas est scellé. il se fait abattre avec le Secrétaire du Parti Communiste dans une scène sobre mais impressionnante. La police conclue à un meurtre suivi d'un suicide de la part de Rogas. Une solution qui semble convenir à tout le monde.

Film profondément engagé et pessimiste, ROSI réussit son pari et livre une œuvre intense qui pourrait être tout à fait d'actualité aujourd'hui, sauf que le pouvoir est désormais dans les mains des financiers au dépend des politiques, bien que tous ces milieux sont intimement liés.

Tous pourris, y compris le Parti Communiste semble dire l'auteur qui appuie son propos en filmant une Italie impersonnelle, dont aucune ville est identifiable, car cette histoire pourrait arriver dans n'importe quel pays finalement.

Cette grande réussite est due à un casting impeccable et Lino VENTURA prouve une nouvelle fois qu'il est un grand acteur. Il trouve là un de ses meilleurs rôles. Pauvre Rogas, flic honnête qui pensait à lui seul pouvoir contrer la puissance des élites politiques qui mènent le bal....

C'est un des derniers grands films politique d'un cinéma italien qui va peu à peu disparaître en même temps que ses réalisateurs emblématiques.

Encensé par la critique lors de sa projection au festival de Cannes 1976, le film prend un beau départ au box office parisien où il se classe directement deuxième derrière "Le sixième continent". Il va se maintenir plusieurs semaines dans le top 3 du box office parisien. Au final le bon score parisien n'est pas réellement suivi par la province mais parvient malgré tout à passer la barre du million d'entrées en France, bel exploit pour un film aussi radical.

Lino VENTURA prouve qu'il est toujours à la recherche de bons films pointus quitte à ne pas exploser le box office. une bonne démarche alors que BELMONDO ou DELON vont au contraire rechercher des films plus commerciaux.  

         

 

 

 

 

 

  COTE DU FILM : 8

   

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

35

1 022 400

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

392 772

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

2

80 175

24

2ème semaine

2

57 394

 

3ème semaine

3

34 309

 

4ème semaine

3

34 163

 

5ème semaine

4

23 818

 

6ème semaine

7

20 682

 

Nombre de semaines Paris

 

19

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

3 341

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

217 135

 

Box office annuel Italien

30

 

 

Cote du succès

 

* *

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 1 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 11:46
- Publié dans : MISES A JOUR

 

 

 

LA MANDARINE

 

17 MARS 1972

 

 

 

MANDARINE.jpg

 

Réalisation

Edouard MOLINARO

Scénario

Edouard MOLINARO

Christine DE RIVOYRE

Photographie

Claude LECOMTE

Musique

Claude BOLLING

Production

FRANCO LONDON FILMS

Robert BRADFORD

Distribution

PRODIS

Durée

90  minutes

Tournage

28/10/71 - 23/12/71

Séverine

Annie GIRARDOT

Georges

Philippe NOIRET

Mémé BOUL

Madeleine RENAUD

Tony

Murray HEAD

Baba

Marie Hélène BREILLAT

Alain

Jean-Claude DAUPHIN

 

Séverine et Georges sont mariés et s'aiment tendrement. Ils dirigent un hôtel de luxe et de vieille tradition, rue de Rivoli. Mémé Boul, une vieille dame un peu farfelue, en est la propriétaire. Elle a adopté à la mort de leurs parents, Séverine et les jumeaux Alain et Baba. Tout ce petit monde vit sans problème. Alain et Baba prolongent tranquillement leur adolescence, passant le plus clair de leur temps soit dans leur chambre à écouter de la musique pop, soit à voyager. D'un de ces voyages, ils ramènent à l'hôtel Tony, un jeune écrivain anglais, très riche. Il promène, dans sa grosse voiture, Alain et Baba qui lui font découvrir Paris. Bientôt Mémé Boulle tombe sous le charme de Tony et celui-ci la mène en promenade au Bois de Boulogne... Séverine qui, au début, n'appréciait pas tellement le garçon, ira elle aussi faire un petit tour au Bois dans sa voiture. A la suite de cela, elle fuit l'hôtel, pour se réfugier dans un appartement de l'avenue Henri-Martin. On apprend que Baba est enceinte, de Tony bien sûr. A l'accouchement, Mémé Boulle et Séverine sont présentes pour égayer un peu l'atmosphère et rendre moins douloureuse l'opération, Baba leur demande de chanter... Il y aura un enfant de plus dans l'hôtel Boulard qui peut reprendre son existence douce et paisible.

 

Le succès phénoménal de "Mourir d'aimer" a rendu Annie GIRARDOT très demandée par les réalisateurs et les tournages s'enchaînent. Dans une année 1972 très remplie, "La Mandarine" est déjà le second film de l'actrice à sortir alors que nous ne sommes  qu'en mars. Il a été tourné alors que "La vieille fille" n'est pas encore sorti sur les écrans. C'est une coïncidence que Annie GIRARDOT retrouve Philippe NOIRET à la suite de "La vieille fille".

"La Mandarine" est réalisé par Edouard MOLINARO qui alterne les genres depuis son succès de "Mon oncle Benjamin" en 1969. Cependant il a connu un sévère échec avec "La liberté en croupe". La mise en route de "La Mandarine" n'a pu se faire que grâce à la présence d'Annie GIRARDOT devenue valeur sûre au box office et de Philippe NOIRET, ce que confirme le réalisateur dans un entretien à la télévision de l'époque . Car le sujet de "La Mandarine" n'est pas forcément vecteur d'un nombre d'entrées phénoménal. Le film est tiré d'un roman de Christine de RIVOYRE qui remettait en question certaines valeurs établies, institution du mariage, fidélité conjugale alors que la tendresse, la tolérance et la joie de vivre sont mises en valeur.

En fait le film est bel et bien dans le ton de ce début des années 70 où une certaine joie de vivre et l'insouciance étaient de rigueur.

D'abord comme le titre du film ne l'indique pas, "La Mandarine" est le nom d'une lampe présente depuis de nombreuses années au sein d'une famille. Le film commence par une scène d'amour sans équivoque entre Annie GIRARDOT et Philippe NOIRET. Loin de l'esprit de "La vieille fille", le couple fait l'amour d'une manière assez réaliste. L'occasion de voir nue Annie GIRARDOT et de constater qu'à 40 ans elle n'a jamais été aussi superbe.

Séverine, donc, gère avec son mari Georges un palace à la mode bonne franquette. Nous pouvons être surpris de voir qu'un tel climat pépère règne au sein de l'établissement, nous sommes plus proches de la série "Petit déjeuner compris" qu'autre chose. Dans ce cadre magnifique (le film a été tourné à l'hôtel Lancaster à Paris) Séverine est heureuse et épanouie. En fait toute la famille vit dans l'hôtel. La patriarche est Mémé Boul interprétée par une Madeleine RENAUD en pleine forme qui n'est pas sans rappeler Denise GREY qui joue Poupette de "La boum".  Celle-ci a adopté trois frères et sœurs dont Séverine. Les deux autres sont deux jumeaux (dont le seul trait de ressemblance est une paire de lunettes) joués par Jean-Claude DAUPHIN et surtout par Marie Hélène BREILLAT troublante actrice. Les quarantenaires s'en souviennent, cette actrice fut l'objet d'un petit culte généré par une beauté indéniable et un charisme fragile. C'est la découverte du film, elle est fort bien mise en valeur par Edouard MOLINARO qui ne tardera pas à succomber au charme de l'actrice, puisqu'il l'épousera peu de temps après. Et puis il y a Georges le mari de Séverine.

Les jumeaux sont assez typiques de l'époque. décomplexés, délurés, ils sont assez insouciants et inséparables, normal ce sont des jumeaux. Ils adorent leur grande sœur qui leur rend bien.

Alors que Séverine se régale dans la spacieuse et magnifique cuisine de l'hôtel une bonne quiche laissé là par la gentille cuisinière, elle fait connaissance d'un jeune homme qui  fait le  poirier dans la cuisine... Tony est une sorte de "Théorème" soft made in England. A l'instar du personnage joué par Terence STAMP dans le film de PASOLINI ce charmant jeune homme va semer la perturbation dans cette gentille famille atypique. C'est le jeune Murray HEAD qui joue Tony. L'acteur/chanteur possède quelques qualités. Doté d'un physique agréable, il est charmant avec ses cheveux longs, il est l'archétype du jeune anglais joyeux et charismatique issu du swinging London. D'autre part il est parfaitement bilingue.

Qui est ce Tony ? On ne sait pas grand chose. C'est un ami des jumeaux, semble être très aisé et il est adorable. LA première à tomber sous le charme est Mémé BOUL. Il s'occupe d'elle, la sort, lui change les idées et l'initie même au bowling. Avec elle, c'est dans la poche. Cependant, il semble promis à avoir une aventure avec Baba (qui n'est pas comme le nom pourrait le laisser supposer le personnage noir de la bande dessinée Barbe Rouge mais le joli nom donné au personnage joué par Marie Hélène BREILLAT) mais c'est Séverine qui succombe rapidement au charme british. 

Il est étonnant que Séverine se jette dans les bras de Tony. Elle est très amoureuse de Georges et leur couple semble heureux. Evidemment Georges va sans doute s'apercevoir de quelque chose, mais n'en montre rien en surface. Très accaparé par l'hôtel il souligne son envie de "se retrouver"  ailleurs. Séverine semble assumer sa double vie sans états d'âme. N'oublions pas que le film date de 1971 époque où les femmes découvraient la liberté sexuelle et remettaient en question l'institution du mariage.

Les choses se compliquent lorsque baba annonce qu'elle est enceinte de Tony. Celui-ci semble très heureux, mais il est vite douché par Séverine qui doute de sa sincérité, et elle est bien placée pour pouvoir en juger.

Alors qu'elle prépare la venue du bébé dans une délicieuse chambre d'un orange très kitsch, elle décide de prendre du recul et de quitter l'hôtel. Elle sera rejointe par Georges et le couple se retrouve bien que chez Séverine il ne semble pas que son couple fut remis en cause.

L'accouchement de Baba se passe bien sous l'œil de toute sa famille venue assister à l'accouchement.

La vie semble avoir repris son cours, comme d'habitude. Tony habite l'hôtel. Cependant, le dernier tête à tête entre Séverine et Tony laisse la porte ouverte à toutes les spéculations.

Le film a très longtemps été invisible et à fait la joie des collectionneurs revendeurs de copies,. désormais disponible, nous découvrons un film témoin de cette glorieuse époque, kitsch, haute en couleur emprunte d'un sentiment de liberté et surtout d'un optimisme dans le futur qui n'existe plus aujourd'hui. Des valeurs qui semblent bien étranges pour un jeune cinéphile qui découvrirait le film aujourd'hui.

Si le film n'a pas la force d'un " Mon oncle benjamin" au vu de ses longueurs, il reste cependant un film à découvrir pour tous les fans d'Annie GIRARDOT. L'actrice est excellente comme d'habitude et porte le film sur les épaules. Philippe NOIRET ne démérite pas, mais son temps de présence est assez limité finalement. Pas réellement drôle ou truculent, l'acteur se contente de roucouler la majeure partie du temps avec Annie GIRARDOT. Jean-Claude DAUPHIN ne parvient pas vraiment à s'imposer non plus. Mention bien à Madeleine RENAUD pleine de fraîcheur dont le rôle va inspirer Claude PINOTEAU pour sa "Boum". Evidemment mention spéciale à Marie Hélène BREILLAT qui semble promise à un avenir radieux au cinéma, ce qui n'est pas le cas de Murray HEAD qui lui va se tourner définitivement vers une carrière musicale à succès. Du reste, il s'en tire convenablement malgré un rôle limité.

Le film sort à Paris alors que "La vieille fille" est encore dans le top 10 hebdomadaire. le film va profiter du succès surprise de ce dernier. Sans doute attiré par l'affiche le public impose le film à la troisième place du box office hebdomadaire derrière la suite de "Trinita" et "Les malheurs d'Alfred". Il va faire mieux que de se maintenir puisqu'il prend la tête du box office hebdomadaire et va rester finalement 7 semaines dans le top  10 parisien. Avec près de 400 000 entrées sur Paris Banlieue le film a réussit son pari difficile et rassure Edouard MOLINARO. Le résultat est peut être moins probant en France, mais avec plus de 1.2 millions d'entrées le film figure dans le top 30 annuel. Il reste cependant à bonne distance de "La vieille fille".

Annie GIRARDOT est omniprésente sur les écrans et va être de retour dès le mois de mai avec son troisième film de l'année "Les feux de la chandeleur" où elle va retrouver un acteur enfin révélé au très grand public, Jean ROCHEFORT. Le ton du film sera proche de "La Mandarine", une comédie romantique douce amère où l'actrice campera de nouveau un personnage atypique.

          
COTE DU FILM : 6/10       

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 265 200

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

338 536

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

3

40 188

8

2ème semaine

1

59 386

 

3ème semaine

2

56 158

 

4ème semaine

4

51 668

 

5ème semaine

3

39 986

 

6ème semaine

3

30 276

 

7ème semaine

7

27 500

 

Nombre de semaines Paris

 

12

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

5 024

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mardi 6 septembre 2011 2 06 /09 /Sep /2011 14:12
- Publié dans : MISES A JOUR

 

LE SILENCIEUX


22 FEVRIER 1973

   

SILENCIEUX.jpg

Réalisation

Claude PINOTEAU

Scénario

Claude PINOTEAU

Jean-Loup DABADIE

Photographie

Jean COLLOMB

Musique

Jacques DATIN

Production

Alain POIRE

GAUMONT

Distribution

GAUMONT

Durée

100  minutes

Tournage

11/09/72-14/11/72

Clément TIBERE

Lino VENTURA

Maria

Léa MASSARI

Jeanne

Suzanne FLON

Gentleman du MI5

Léo GENN

M. CHAT

Bernard DHERANT


L'accident minutieusement conçu s'était déroulé à merveille. Officiellement décédé à la suite d'une hémorragie cérébrale, le physicien soviétique Haliakov, enlevé, se retrouva au siège de la Military Intelligence en butte à un interrogatoire poussé. Car Haliakov s'appelait en réalité Clément Tibère, savant français "emprunté", en 1954, par les Russes à la suite d'une macabre mise en scène. Les Anglais posèrent à Tibère un ultimatum : sa vie en échange de l'identité de deux espions russes qui sévissaient dans leurs services. Après une nuit d'hésitations, Tibère finit par accepter le marché, tout en sachant que les Russes n'accepteraient pas si facilement sa prétendue mort. Ce qui arriva ! D'Angleterre en France, le K.G.B. poursuivit Tibère, lequel fuyait de maisons amies en cachettes, perdu dans ce pays depuis trop longtemps quitté. Il apprit la mort de son père, celle de son fils. Il parvint même à revoir sa femme, Marie, qui, le croyant mort, s'était remariée et vivait une existence où il n'avait plus de place... Pour sauver sa vie, Tibère parvint à envoyer à la D.S.T., alertée, les partitions du célèbre chef d'orchestre - en même temps espion - Boris Korodine, en tournée à Zurich, puis à Paris. Dans les notes, la D.S.T. découvrit des microfilms et arrêta le musicien. Dans le même temps, les Russes s'assurèrent de la personne de Tibère... Un échange fut organisé à l'aube d'un petit matin d'automne.

 

 

Lino VENTURA sort du triomphe de "L'aventure c'est l'aventure" et d'une expérience concluante à Hollywood. "The Valacchi papers" titré "Cosa Nostra" en VF où il partage la vedette avec Charles BRONSON a été un succès aux USA où il s'est classé numéro 1 du box office. Du coup, les propositions affluent. Il refuse de tourner dans "Chino" où il aurait pu retrouver Charles BRONSON et même un rôle dans les "3 jours du Condor » avec Robert REDFORD.

Sa préférence va aux productions françaises. Il va encourager Claude PINOTEAU à mettre en route son premier film "Le silencieux". Claude PINOTEAU est très connu dans le milieu. C'est un assistant réalisateur réputé qui a participé a bien des tournages d'envergure tels "Un singe en hiver", "Mélodie en sous sol", "100 dollars au soleil" "les tribulations d'un chinois en Chine" "Le voyou" mais surtout "L'aventure c'est l'aventure" avec Lino VENTURA. 

Le réalisateur va choisir un genre en vogue, le film d'espionnage. Pourtant Lino sait que ce n'est pas un vecteur d'entrées important en France, la preuve sa dernière contribution au genre "  Avec la peau des autres" n'a pas été couronnée de succès.

GAUMONT et l'inévitable Alain POIRE qui suit Lino depuis "Les tontons flingueurs" produisent le film, preuve que la GAUMONT ne tient pas rigueur à l'acteur du bide financier (je précise financier) de "La route du rhum". Le budget sera confortable et va permettre de mettre au point quelques bonnes cascades en voiture réglées par Rémy JULIENNE.

 

Claude PINOTEAU va apporter un soin particulier au scénario et sera aidé aux dialogues par Jean Loup DABADIE qui est très reconnu depuis le triomphe de "César et Rosalie".

J'ai déjà évoqué les difficultés que j'éprouve à apprécier les films d'espionnage, le genre comportant un lot important de dialogues, de situations statiques, sans compter une connaissance nécessaire des rapports Est /Ouest période post seconde guerre mondiale.

Claude PINOTEAU apporte un soin particulier au scénario et s'applique également à rendre sa réalisation claire et lisible. L'histoire est centrée sur Clément TIBERE joué par un Lino VENTURA très impliqué et qui apporte une grande humanité à son personnage. Lino va vampiriser l'image, laissant quelques miettes à d'autres actrices confirmées telles Suzanne FLON et Léa MASSARI. TIBERE va subir totalement l'action et tel un Jason BOURNE ou un "XIII"  va devoir s'employer pour sauver sa peau face à l'énorme puissance du KGB.

Il faut comprendre au début que TIBERE chercheur émérite, a été officiellement passé pour mort. capturé par le KGB il travaille pour l'Est contraint et forcé. De passage à Londres, il est cette fois kidnappé par le MI5. Nous découvrons un être taciturne, un "taiseux" qui ne répond à aucune questions, mais qui pleure dès lors qu'il apprend la mort accidentelle de son jeune fils durant son "absence". Retenu prisonnier, il n'a que quelques heures pour dénoncer les agents doubles anglais qui travaillent pour les russes. Nous découvrirons que ce sont une femme et un homme insoupçonnables qui étaient les agents doubles. TIBERE est libre, possède un peu d'argent et une couverture. Mais il le sait sa peau ne vaut plus grand chose et le KGB cherchera à l'exécuter. Il ne peut compter sur les anglais naturellement. Le KGB semble être partout. TIBERE totalement paranoïaque fera preuve d'une résilience hors du commun pour survivre aux divers attentat qui vont frapper ceux qui l'entourent. TIBERE a un plan périlleux. Trouver une monnaie d'échange avec les Russes afin qu'il conserve la vie sauve. Sur sa route il rencontre Jeanne, la veuve d'un de ses anciens amis. Il explique sa situation, et croyant bien faire, elle requiert l'aide de la DST, ce qui va attirer la mort de cette personne, assassiné dans sa voiture aux  cotés de TIBERE. Jeanne aura la vie sauve de peu. L'agent du KGB chargée de la tuer à son domicile reculera lorsqu'elle constate la présence de la police dans son appartement. Suzanne FLON est parfaite en femme compréhensive et douce, mais qui ne peux comprendre toutes les implications de la situation. Désormais, non seulement TIBERE doit se protéger du KGB mais est recherché par la DST qui va finalement l'arrêter. Faisant la une des journaux, sa situation est intenable.  

 

TIBERE cherche à revoir sa femme qui a refait sa vie. Un passage court et émouvant grâce à la jolie Léa MASSARI. Court, car TIBERE doit encore s'enfuir pour survivre. Il possède un avantage face au KGB il connait l'identité de certains espions, dont un fameux chef d'orchestre, KARODINE, qui utilise ses partitions pour dissimuler des microfilms. TIBERE fait tomber KARODINE et poursuit sa fuite vers d'autres frontières? Tous les moyens sont bons y compris de voler un véhicule utilitaire et de se faire copain avec le chien qui était dedans. Epuisé, il constate la présence du KGB et se fait abattre. Il survit à ses blessures et fera finalement partie du fameux échange. Il est libre.    

Lino VENTURA se complait dans des rôles d'hommes traqués. Il est gâté et parvient à intéresser le spectateur à cette histoire d'espion. Le film n'est pas du niveau de "L'armée des ombres" mais représente bien un film d'espionnage assez captivant, ce qui n'est pas un mince exploit. 

Coup d'essai coup de maître pour Claude PINOTEAU. Le film sort à Paris dans une concurrence assez formidable : "Moi y en avoir des sous" de Jean YANNE prend la première place de très loin devant "Elle court, elle court la banlieue". "Le fils" avec Yves MONTAND et "Don Juan 1973" avec Brigitte BARDOT sortent également. Dans ces conditions la troisième place du "Silencieux" est une bonne nouvelle surtout que le film se hisse à la seconde place les deux semaines suivantes. Une bonne santé qui prouve que le film intéresse le public parisien. Sur la province le résultat est plus mitigé et le film termine à un score de 1.3 millions d'entrées. Un résultat qui déçoit Claude PINOTEAU mais Lino est ravi du film et félicite le réalisateur qui n'aurait pu faire mieux. D'ailleurs Lino VENTURA accepte de participer au projet suivant du réalisateur avec "La gifle".

L'acteur n'aura pas attendre longtemps pour proposer son film suivant qui risque de rencontrer un certain succès. Un an après " L'aventure, c'est l'aventure" il retrouve Claude LELOUCH pour "La bonne année" qui sortira dès le mois d'avril.  

En 1984, Claude PINOTEAU et Lino VENTURA proposeront "La 7ème cible" qui sera en partie inspiré du "Silencieux", mais en moins bien.

  

    

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 317 400

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

382 537

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

3

60 329

14

2ème semaine

2

66 275

 

3ème semaine

2

60 345

 

4ème semaine

2

52 337

 

5ème semaine

4

39 398

 

6ème semaine

5

36 089

 

7ème semaine

8

26 089

 

Nombre de semaines Paris

 

15

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

4 309

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

399 079

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

.

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 1 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mercredi 31 août 2011 3 31 /08 /Août /2011 16:24
- Publié dans : MISES A JOUR

 

 

 

LA SEPTIEME CIBLE


19 DECEMBRE 1984

 

 

7 EME CIBLE

 

Réalisation

Claude PINOTEAU

Scénario

Jean-Loup DABADIE

Claude PINOTEAU

Photographie

Edmond SECHAN

Musique

Vladimir COSMA

Production

Alain POIRE

GAUMONT

Marcel DASSAULT

Distribution

GAUMONT

Durée

90  minutes

Tournage

 

Bastien GRIMALDY

Lino VENTURA

Nelly

Lea MASSARI

Jean MICHELIS

Jean POIRET

Laura

Elisabeth BOURGINE

La mamma Lina VOLONGHI

Daniel ESPERANZA

Jean-Pierre BACRI

 

 

 

Un soir d'orage, un homme d'une cinquantaine d'années regagne sa voiture. Soudain, trois jeunes hommes l'agressent sauvagement et disparaissent sans explication. Blessé, il se relève tant bien que mal et constate que rien ne lui a été dérobé. Pourquoi cette agression brutale? Il ne se l'explique pas et refuse de porter plainte. Cet homme, Bastien Grimaldy, ancien grand reporter, métier qu'il n'exerce plus depuis une dizaine d'années à cause de la mort d'un ami photographe, tué à ses côtés lors d'un combat au Vietnam, a recueilli la fille de cet ami, Laura, qu'il a élevée comme son propre enfant. Aujourd'hui, Bastien gagne bien sa vie en écrivant des documents sur le Tiers-Monde et fait partie du comité de lecture d'une grande maison d'édition parisienne. Côté jardin, Bastien est jaloux de son indépendance : il vit avec son fils de 10 ans, adopté avant le décès de sa femme Sarah; sa mère, une "mamma" haute en couleurs, loge dans un pavillon de banlieue avec la veuve de l'ami photographe, Gabrielle; il a quelques amis; Laura est devenue violoniste soliste. Bastien est un homme heureux, respecté et estimé de tous. Pourtant, depuis l'attentat, le téléphone sonne régulièrement la nuit, il décroche, personne ne parle. Une nuit, revenant d'accompagner Laura et son mari, Clairbonne, à l'aéroport de Roissy, une grosse voiture noire suit Bastien et s'acharne dans un stock-car sans merci. Bastien échappe à la mort de justesse. Son existence se transforme en un véritable cauchemar. Il porte plainte enfin, mais la police ne trouve rien. Une voix anonyme au téléphone exige une somme d'un milliard dans un délai de trois jours sinon il sera tué. Au pied du mur, il mène seul l'enquête et découvre un réseau de petits malfrats conduits par un maître-chanteur d'envergure, un Allemand, Hagner. Piste qui le guide jusqu'à Berlin où il apprend avec stupeur que Laura fait des remplacements dans un orchestre de renommée moyenne et qu'elle est la maîtresse de Hagner. Bastien prend Hagner en chasse, poursuite qui se terminera mal pour l'escroc.

 

Lino VENTURA tenait à tourner dans "100 jours à Palerme" et le film a été un sévère échec en France. Mais l'acteur qui reste également sur le grand succès du "Ruffian" sait qu'il peut compter sur un socle de fans important. D'ailleurs en cette année 1984 les trois stars historiques BELMONDO, DELON et VENTURA ont encore la faveur du public, un peu sur la trajectoire des années 70. Mais plus les années 80 avancent plus les succès deviendront difficiles pour des stars qui ont plus de 25 ans de carrière.

Alain POIRE développe pour la GAUMONT un polar prévu pour profiter des fêtes de fin d'années 1984, "La 7ème cible". Calibré pour Lino VENTURA le film est également coproduit par les films Marcel DASSAULT avec les contraintes que l'on sait : pas trop de violence, et surtout pas de scènes dénudées à l'écran...Un polar familial en quelque sorte.

L'équipe Lino VENTURA / Claude PINOTEAU se reforme après le moyen "L'homme en colère" en 1979. Jean Loup DABADIE s'occupera des dialogues.

Pour accompagner Lino VENTURA nous retrouvons l'excellent Jean POIRET et dans un rôle court la toujours plus belle Léa MASSARI et Elisabeth BOURGINE. Ce dernier cas est un peu particulier.

Dans un de ses livres, Florence MONCORGE (la fille de Jean GABIN) qui était la scripte du tournage se souvient que Claude PINOTEAU désirait absolument la présence de Sophie MARCEAU qu'il avait découvert en 1980 pour "La boum". La nouvelle jeune star du cinéma français annule sa participation le premier jour du tournage car elle vient de s'engager sur "L'amour braque". PINOTEAU est très affecté, mais LINO est là pour apporter son expérience sur les tournages difficiles. Le réalisateur appelle d'urgence la très jolie Elisabeth BOURGINE qui débarque sur le tournage et tourne sa première scène dans la foulée. Une actrice pas encore très assurée, mais qui est très craquante.

Florence MONCORGE décrit un tournage des plus agréables avec un voyage de 8 jours à Berlin dans de très bonnes conditions au vu du budget  très confortable du film. Elle connait Lino VENTURA depuis toujours et découvre un Jean POIRET exquis. Un jour l'équipe du film déménage et oublie carrément de chercher Jean POIRET à son hôtel. C'est elle qui doit emmener l'acteur sur le tournage où ce dernier déclarera à l'équipe "que ca fait du bien de se sentir indispensable!".Le budget permet également de bénéficier d'une équipe technique importante et de pouvoir mettre en scènes plusieurs cascades en voitures.

Le film peut être décrit comme un mix de tous les films de Claude PINOTEAU puisqu'il alterne les scènes de polar avec des scènes plus intimistes entre les protagonistes de l'intrigue.

Le film commence par Bastien qui se fait sévèrement rosser dans la rue. La grande question qu'il va se poser au fur et à mesure du film est : pourquoi ? Pourquoi le sort s'acharne-t-il sur lui et ses proches. Est-ce une question d'espionnage ? Son passé de reporter ? La présence de Léa MASSARI nous fait espérer un film du niveau du "Silencieux", mais son rôle s'avère portant bien anecdotique. Après une introduction pleine de mystère, le film plonge dans la partie préférée de Claude PINOTEAU, les  bavardages longs et grotesques ou les personnages évoquent leurs amours ou leurs problèmes de couples. On voit même LINO acheter des baskets neuves à son jeune fils...Ensuite retour à la cascade de voitures et Bastien échappe de peu à un feu nourri. Evidemment il a appelé la police à sa rescousse, mais il doit constater son incompétence. L'occasion de découvrir le jeune Jean-Pierre BACRI qui commence à se faire connaître dans le métier. 

Retour à l'intrigue qui se dévoile peu à peu. La Mama de Bastien, formidablement jouée par l'épatante Lina VOLONGHI dissimule chez elle des toiles de maîtres. Elle a tout bêtement peint à la gouache par dessus les toiles. Tout ça pour ça ? Reste à trouver comment le mystérieux agresseur connait la présence de ces toiles chez la mère de Bastien. Par le biais de sa fille qui en a parlé. Il la retrouve à Berlin, démasque le coupable qui se fait tuer.

Le film laisse un sentiment mitigé entre une intrigue policière un peu simpliste et des moments intimistes qui passent un peu à coté. L'ensemble est honnête et tente de se raccrocher au cinéma des années 70 alors que des cinéastes tels Luc BESSON commencent à pointer leur nez aux carreaux.

Lino VENTURA plutôt en forme campe solidement son personnage avec tout son professionnalisme. Jean POIRET est étonnant en copain alcoolique, c'est la révélation du film.

Sorti pour les fêtes de fin d'année le film doit supporter la concurrence de blockbusters américains comme "Gremlins" et "SOS fantômes" mais aussi de "Paroles et Musique" coté français. Effet Lino VENTURA oblige le film passe la barre des 100 000 entrées les deux semaines suivant sa sortie. Un bon score. Malheureusement, les fêtes passées le film s'écroule rapidement, mais l'essentiel a été fait durant les fêtes.

Avec 1.2 millions d'entrées le bilan est mitigé, ce n'est ni un succès ni un échec, le film n' a pas su captiver son auditoire passé les fêtes.

Claude PINOTEAU va finalement retrouver sa Sophie MARCEAU pour "L'étudiante" en 1988.     

On ne le sait pas encore, mais "La 7ème cible" est le dernier film de Lino VENTURA.
Lino, ne tourne plus de films, mais à des projets. Il participe à « la rumba » de Roger Hanin, tourne un téléfilm, et est très contrarié par l’annulation du tournage de « la jonque » pour des raisons financières.
Le 22 octobre 1987, fatigué, il se repose dans sa chambre avant de subir une foudroyante crise cardiaque et il décède quelques heures plus tard. Curieusement son carnet de rendez-vous était vide pour les jours suivants… Son décès, à 67 ans attriste tous les Français autan qu’il les surprend, on imaginait pas Lino mourir.
Aujourd’hui Lino VENTURA bénéficie toujours d’une grande côte d’amour, intacte. Ses films sont régulièrement rediffusés à la télévision. Au moins est-il partie sur une bonne note au box office sa côte semblait intacte. Et naturellement ajoutons qu'il fut un homme de coeur en fondant l’association « perce neige ».
 

 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 246 600

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

332 840

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

5

101 448

41

2ème semaine

5

108 275

 

3ème semaine

5

49 014

 

4ème semaine

9

27 903

 

5ème semaine

14

20 376

 

Nombre de semaines Paris

 

12

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

2 474

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

  

 


 

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Dernière image de Lino, merci l'artiste !

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 11:40
- Publié dans : MISES A JOUR

 

 

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AVEC LA PEAU DES AUTRES

 

24 AOUT 1966

 

 

AVEC-LA-PEAU-DES-AUTRES.jpg

Réalisation

Jacques DERAY

Scénario

Jacques DERAY

José GIOVANNI

Photographie

Jean BOFFETY

Musique

Michel MAGNE

Production

Eugène TUCHERER

Les films MONTFORT

Distribution

VALORIA FILMS

Durée

90  minutes

Tournage

 

Pascal Fabre

Lino VENTURA

Margery

Jean BOUISE

Weigelt

Jean SERVAIS

Anna

Marilù TOLO

 

 

Un chef du Service de Renseignements français est envoyé en mission à Vienne afin de tenter de découvrir la provenance des fuites enregistrées durant les derniers mois. Là se trouve Marjory, son correspondant local, chef du réseau, individu équivoque et inquiétant, un pied-bot ajoutant encore au malaise émanant de sa personne. Un entretien a lieu entre les deux hommes qui se connaissent de longue date. Marjory, qui doit remettre un important dossier, se sait traqué, épié, poursuivi. Trouvant refuge chez des amis, il ne fera que se précipiter dans la gueule du loup et sera livré à l'ennemi par un ami contraint par le chantage. L'intervention de son chef de service arrivera trop tard. Seuls seront récupérés les microfilms : Marjory, enlevé par les agents d'une puissance étrangère, n'a pas parlé sous la torture, mais, épuisé, s'est suicidé. Etait-il ou non un agent double : un mystérieux rendez-vous du lendemain donnera enfin la clef de l'énigme.

 

Etrange film oublié de la filmographie de Lino VENTURA que ce "Avec la peau des autres". Coincé entre "Ne nous fâchons pas" et le fabuleux "Le deuxième souffle", ce film avait sur le papier toutes les chances de réussir. En effet le réalisateur n'est autre que Jacques DERAY que le public a pu découvrir dans deux œuvres sympathiques à défaut d'être transcendantes "Du rififi à Tokyo" et "Symphonie pour un massacre". Le réalisateur qui continue d'apprendre sur le tas  peut compter sur l'aide de José GIOVANNI pour les dialogues un spécialiste du polar. Voici donc Lino VENTURA de retour dans le rôle d'un espion solide et bourru. Je n'apprécie pas du tout les films d'espionnage qui sont pour moi une sorte de torture cinématographique. Manque de bol, le genre est tout à fait à la mode dans ces années 60, période reine de la guerre froide. James BOND a rendu le mode populaire et fun, mais en général le genre est très sérieux et est une spécialité anglo-saxonne. Même Alfred HITCHCOCK a repris du collier dans le genre. Jacques DERAY s'applique et livre tous les poncifs indispensables du genre. Le rythme est assez lent et le spectateur doit suivre le fil de l'intrigue, toujours un peu confus pour celui qui n'apprécie pas les films d'espionnage.

Nous retrouvons donc Lino VENTURA à Vienne, bien sûr, ville propice à l'ambiance glauque du propos. L'intrigue prend du temps pour s'installer. Pascal Fabre rencontre son premier contact après une longue séance située à l'Opéra. Celui mourra naturellement peu après. Margery est ensuite présenté, c'est un homme anxieux, épuisé moralement. La bonne nouvelle est que Jean BOUISE joue le rôle. Un acteur des plus sympathiques qui trouve là un bon rôle à l'écran. Un bon temps de présence, même si le rôle n'est pas très sexy. Fabre va le sauver de la menace de deux hommes d'une organisation inconnue, une bonne balle de silencieux dans le dos et puis c'est marre. Margery demande de l'aide à Weigelt un agent qui possède une couverture officielle des plus recommandables. Evidemment les deux hommes sont victime du secrétaire de Weigelt qui les espionne par la porte et qui va donner Marjory. ce dernier qui va devoir jouer double ou triple jeu pour tenter de faire tomber Fabre. Un rôle de crapule veule joué par un Jean SERVAIS un peu sur le retour  et loin des rôles qui l'ont rendu célèbre comme "Du rififi chez les hommes". Weigelt simule son assassinat à Fabre qui tombe dans le panneau, mais la ruse fait long feu. L'enquête se déroule lentement. Fabre remonte la piste et retrouve Margery qui s'est ouvert les veines du cou avec un morceau de verre. celui-ci meurt dans ses bras. Au final Fabre descendra un espion Chinois cause des malheurs de Marjory. Le film mélange toutes les nationalités connues du monde l'espionnage, et les poncifs aussi. Les méchants jouent aux échecs et viennent des pays de l' Est, chacun espionne tout le monde, et le moindre rencontre entre deux espions se finit inéluctablement par la mort de l'un des deux, en l'occurrence c'est Fabre qui possède la fâcheuse tendance à descendre tout le monde.

Et Marilu Tolo dans tout cela ? Anecdotique tant son rôle est cantonné à peu de choses. Prisonnière la majorité du film, on l'aperçoit de temps en temps à travers une vitre. 

Bref, c'est un film qui n'apportera satisfaction qu'aux amateurs du genre, les autres trouveront le temps long et le scénario bien convenu. Lino VENTURA livre une prestation sobre ans éclat particulier.

Malgré une bonne affiche, le public semble d'accord avec ce constat et le film prend un départ médiocre lors de sa sortie parisienne qui a lieu fin août 1966 annonçant la rentrée cinématographique. Le film ne parvient pas à réaliser le million de spectateurs en France rappelant en cela la contre performance de "La métamorphose des cloportes". Sans Lino, le score du film aurait sans doute été encore bien plus faible. En un an Lino aura compté deux succès et deux échecs. Mais Lino pourra surement compter sur "Le deuxième souffle" réalisé par Jean-Pierre MELVILLE, un film de gangsters de haute qualité.

Jacques DERAY a livré un film correct mais sans réelle personnalité. Difficile de prédire à l'époque qu'il livrera trois ans plus tard un chef d'œuvre de la trempe de "La piscine".

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

952 422

 

ENTREES PARIS

 

182 047

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

 

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

6

11 900

2

2ème semaine

12

17 883

 

3ème semaine

11

14 851

 

Nombre de semaines Paris

 

3

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

5 950

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

408 015

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

*

 

 

 

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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 14:15
- Publié dans : MISES A JOUR

TYPHON SUR NAGASAKI

 

8 FEVRIER 1957

 

 

typhon sur nagasaki

 

 

Réalisation

Yves CIAMPI

Scénario

Jean Charles TACCHELLA

Yves CIAMPI

Photographie

Henri ALEKAN

Musique

Sugi KINOSHITA

Production

Raymond BORDERIE

PATHE Cinema

SHOCHIKU FILMS

Distribution

PATHE

Durée

115  minutes

Tournage

16/04/56-31/07/56

Pierre MARSAC

Jean MARAIS

Françoise FABRE

Danielle DARRIEUX

Noriko

Keiko KISHI

Ritter

Gert FROEBE

 

L'ingénieur français Pierre Marsac dirige à Nagasaki la construction de pétroliers. Il fait connaissance de Noriko, jeune orpheline qui tient un magasin de tissus. Cultivée, attirée par la civilisation occidentale, elle reste cependant empreinte de l'humilité traditionnelle des femmes japonaises. A cause d'elle, Pierre pense renouveler son contrat de travail. Survient Françoise Fabre, journaliste française qui vient faire un reportage. Elle a été l'amie de Pierre Marsac et l'a quitté par esprit d'indépendance, laissant celui-ci assez triste car il avait envisagé le mariage avec elle. Tout cela est loin dans le temps et dans l'espace : Pierre est ravi de revoir Françoise et lui présente Noriko. Partant à Osaka pour affaires, Pierre a la surprise de constater que Françoise l'a suivi. Leur ancienne intimité est renouée et il prolonge de quelques jours son voyage. Noriko qui a tout appris ne veut pas lutter avec Françoise et dit à Pierre à son retour que pour elle tout est fini. Mais Pierre malgré l'amour de Françoise retrouvé n'est plus l'homme qu'il était en Europe. Il regrette ce qui s'est passé pendant le voyage et ne peut se résigner à perdre Noriko. Un typhon passe ; à Nagasaki tout est dévasté. Pierre Marsac qui pendant tout le cataclysme n'a pensé qu'à Noriko fait l'impossible pour la rejoindre et lui porter secours, mais il ne la retrouve qu'au moment où elle est tuée par la tornade. Il restera seul au milieu des ruines. Françoise a compris trop tard son véritable amour pour Pierre. Elle est revenue à lui trop tard. Leurs routes doivent se séparer, et elle repart en France toute seule.

 

L 'excellent Yves CIAMPI, cinéaste qui mériterait d'être redécouvert est un homme qui adore voyager. Son cinéma s'en ressent car il désire tourner dans des pays différents et faire découvrir d'autres civilisations à son public. C'est chose faite avec "Les héros sont fatigués" en 1955 qui se déroule au Sénégal. Le film avec Yves MONTAND et Maria FELIX connait un gros succès en France avec 2.8 millions de spectateurs, de quoi se lancer dans une nouvelle production exotique. Coproduit avec le Japon, l'action de " Typhon sur Nagasaki" se déroulera au pays du soleil levant. A l'époque, le public français aime les films exotiques, les documentaires sur des paysages inconnus à l'époque où voyager en avion coutait un bras et la télévision était en noir et  blanc. Pour preuve le carton au box office du "Continent perdu" en 1955.

Le film sera donc entièrement tourné au Japon. Concernant les acteurs, il retrouve Jean MARAIS avec qui il a tourné le "Guérisseur" en 1954. Arborant un fier brushing qui met en valeur sa blonde chevelure, l'acteur sera ravi de son tournage au Japon, et on devine le succès de l'acteur blond dans un pays où tout les habitants ont les cheveux noirs. Au Japon, c'est Jean MARAIS qui est "exotique".

L'acteur retrouve la très populaire Danielle DARRIEUX avec qui il a partagé l'affiche de "Ruy Blas" en 1947. Dix ans ont passé, mais les deux semblent ravis de se retrouver. L'actrice est encore une valeur sûre au box office dans les années 50, l'affiche possède donc du potentiel.

La jeune actrice japonaise Keiko KISHI sera l'objet de la discorde entre MARAIS et DARRIEUX.

Plus curieux est de retrouver Gert FROEBE (le futur Goldfinger) dans un rôle sympathique, pour une fois.

A bien des égards le film ressemble à une carte postale cinématographique du Japon.  Il y a peu d'action. La ville de Nagasaki, bien connue pour avoir supporté l'explosion  d'une des premières bombe atomique de l'histoire de l'homme  est un mélange de beaux paysages et d'usines. D'ailleurs une des premières scènes présente la sortie d'un nouveau pétrolier d'un chantier naval supervisé par Pierre, joué par un jean MARAIS en pleine forme. Expatrié, il semble se plaire au Japon où l'aura des européens est importante. On ne le voit pas trop bosser au cours de cette première partie où il se promène souvent au sein de beaux paysages. Il s'est attaché à Noriko, et cet amour le fait réfléchir quand à la question de rester ou non au Japon. Suivra-t-il l'exemple de Ritter un sympathique Suisse qui s'est définitivement installé au Japon et a fondé une famille ? En tout cas, les scènes d'intérieur sont l'occasion pour le public français de découvrir les us et coutumes de ce peuple qui semble si lointain.

Noriko, bien que "moderne" cultivée, est une femme soumise, discrète et respectueuse qui gère un magasin de tissus dans les anciens quartiers. Tout le contraire de Françoise, journaliste, l'ancienne maîtresse de Pierre qui débarque comme par hasard à Nagasaki pour son travail. Bien sûr elle cherche à reconquérir Pierre et sa stratégie est  plutôt agressive. Danielle DARRIEUX est parfaite pour ce genre de rôle. Toute en opposition de Noriko, elle est joyeuse, exubérante, piquante, charmante. Bref, son entreprise de séduction est en marche et petit à petit elle va grignoter le terrain de Noriko.

Françoise n'hésite pas à visiter la boutique de Noriko  et se faire confectionner un kimono par ses soins. Noriko a bien compris le manège de Françoise mais n'en montre rien. Les japonais c'est tout en retenue, c'est bien connu.

Le trio se promène ensemble au sein de la ville. L'occasion de poursuivre la visite guidée de la ville. Françoise découvre les joies de la dégustation du sushi et provoque l'hilarité de Noriko. Passage obligé nous assistons à une représentation de théâtre dramatique japonais ce qui attire quelques commentaires condescendants de la part de Pierre. Puis une visite obligatoire au mémorial de la ville, coproduction oblige. Françoise va même arborer une superbe tenue japonaise traditionnelle

Françoise a gagné, et le film pourrait se conclure sur une énième bluette à l'eau de rose, marque de fabrique de ce Jean MARAIS des années 50. Mais Yves CIAMPI va rappeler que le Japon est un archipel qui est sensible aux catastrophes naturelles. Un phénoménal typhon va s'abattre sur Nagasaki. Avec les effets spéciaux de l'époque, CIAMPI tente de recréer un ouragan acceptable à l'écran. Les principaux effets sont crées à l'aide de ventilateurs géants accompagnés de pluie. Bien sûr quelques maquettes visibles sont détruites mais nous ne sommes pas au temps des effets spéciaux numériques. Moyennant quoi, les acteurs trempés parviennent à faire croire au fait qu'une tempête s'abat sur eux. Pierre qui a compris qu'il aimait Noriko tente de la retrouver. Un bâtiment s'effondre sur elle. Elle meurt dans ses bras de ses blessures internes. Pierre est brisé. Le matin, le pays panse ses plaies, mais les fiers habitants s'en remettront. Apprenant la mort de Noriko par Ritter, Françoise préfère s'en aller.

Mélodrame classique, le film vaut par la présentation d'un Japon réaliste. Presque un documentaire, le film apporte dn dépaysement et permet à Danielle DARRIEUX de tirer son épingle du jeu, Jean MARAIS prenant régulièrement la pose.  Le tournage a été très agréable, Jean MARAIS a bien profité de la vie nocturne et Yves CIAMPI n'a pas perdu son temps étant donné qu'il se marie avec Keiko KISHI l'actrice qui joue Noriko.

Le film sort à Paris dans une sévère concurrence: "Assassins et voleurs" de Sacha Guitry, "Haute société" avec Grace Kelly et Frank SINATRA mais aussi "L'homme qui n'avait jamais existé" se partagent l'affiche la même semaine. Le film prend la quatrième place des exclusivités mais se maintient très bien. Il passe le demi-million de spectateurs à Paris et entre dans le top 20 de l'année avec 3 millions de spectateurs, un gros score. C'est un nouveau succès pour Yves CIAMPI et pour Jean MARAIS. Cependant l'acteur devra profiter du succès de ce film spectaculaire car la suite de l'année sera bien moins favorable.

  

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

2 974 430

 

ENTREES PARIS

 

512 148

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

 

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

4

51 803

3

2ème semaine

3

48 481

 

3ème semaine

4

41 671

 

Nombre de semaines Paris

 

3

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

17 268

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

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