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Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe".
Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes.
Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est bon?
Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là.
Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis.
Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.

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SOMMAIRE DU BLOG

Vous trouverez le tableaux récapitulatif des entrées des acteurs et réalisateurs : ICI


Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 15:24
- Publié dans : MISES A JOUR

FANTOMAS SE DECHAINE


 8 DECEMBRE 1965

 

FANTOMAS SE DECHAINE

 

Réalisation

André HUNEBELLE

Scénario

Jean HALAIN
Marc FOUCAUD

Photographie

Raymond LEMOIGNE

Musique

Michel MAGNE

Production

PAC-SNEG (Paris)
PCM (Rome)

Distribution

Gaumont

Durée

94 minutes

Tournage

août 1965 /

Fandor/Fantômas

Jean MARAIS

Le commissaire Juve

Louis DE FUNÈS

Hélène

Mylène DEMONGEOT

Le directeur du journal

Robert DALBAN

L'adjoint de Juve

Jacques DYNAM

 


Le vaillant commissaire Juve vient d'être décoré de la Légion d'honneur. Une seule tâche au tableau : Fantomas lui annonce le jour même une prochaine reprise de ses activités. Et, de fait, le professeur Marchand, savant atomiste, est enlevé en plein jour et en plein Saclay. Le journaliste Fandor et son inséparable Hélène subodorent immédiatement d'où vient le coup. Mais, logiquement, le compagnon de travail de Marchand, le professeur Lefèvre, devrait subir le même sort. Et, de sa propre initiative, Fandor décide de tendre un piège à Fantômas en se substituant au savant. De fait, il est enlevé lors d'un congrès à Rome ; mais l'apparition du véritable professeur Lefèvre, qui a décidé de partir aussi, ainsi que celle de Fantômas grimé en professeur Lefèvre, vient jeter le désordre complet. On ne sait plus qui chasse qui. Mais Fantômas reprend la situation en mains et s'empare d'Hélène qu'il veut confisquer en tant qu'égérie involontaire. Fandor, Juve et leurs amis tombent dans un piège et tout va être perdu lorsque, grâce à un « gadget » de Juve, la situation se retourne. Gadgets des défenseurs de l'ordre contre gadgets de Fantômas, celui-ci, vaincu, s'enfuit dans une D.S. transformable en avion à réaction, rien de moins ! Et il échappe une fois de plus, le fripon !


C'était prévu contractuellement et conforté par l'énorme succès du premier épisode. La suite de "Fantômas" est rapidement mise en route. D'ailleurs la France traverse une période où les franchises sont légions et cela quelques années avant les USA. En effet, régulièrement le public français suit les épisodes de "OSS 117", "Angélique", "Le gendarme" et bien sûr "Fantômas". Donc on prend les mêmes et on recommence. Mais, les choses ont évolué en un an. Louis DE FUNES en plus des succès du premier "Fantômas" et du "Gendarme" a obtenu un succès colossal avec "Le Corniaud" en compagnie de BOURVIL au mois de mars 1965. Le tournage de ce deuxième "Fantômas" ayant lieu pendant l'écrasant succès du "Corniaud", il est évident que le statut de Louis DE FUNES a évolué, et de quelle façon. Pour le premier film, Jean MARAIS était clairement la tête d'affiche, pour celui-ci nous dirons poliment qu'ils sont à égalité. Evidemment Jean MARAIS ne peut que constater que la carrière de DE FUNES explose vers des sommets rarement vu, tandis que la sienne devient plus modeste avec des films comme "Le gentleman de Cocody" où la franchise des "Stanislas"... De quoi rendre jaloux n'importe qui. Mais André HUNEBELLE sait y faire pour garantir la bonne ambiance sur le plateau, et de toutes façons Louis DE FUNES possède le soutien de Jacques DYNAM et de la toujours magnifique Mylène DEMONGEOT. 

Evidemment Jean MARAIS va encore posséder de belles scènes de bagarre et multiplie les rôles. Fandor, Fantômas, Le professeur Lefebvre, son temps de présence à l'écran est généreux, mais ce que le public attend, ce sont les pitreries de Louis DE FUNES.

Alors que la "James Bond mania" bat son plein surtout après le succès colossal de "Goldfinger", André HUNEBELLE décide de truffer son film de gadgets, comme dans les James BOND.

Toujours ambitieux, Fantômas kidnappe les plus grands scientifiques dans l'optique de mettre au point une arme suprême. Il apparait dans un centre de recherches atomique, kidnappe un scientifique et s'échappe grâce à un blindé miniature qui explose  la grille de sortie.

Fandor et Juve auront peu de scènes en commun dans la première moitié du film. Juve teste des gadgets révolutionnaires. Des bras factices qui permettent aux vrais membres de s'emparer d'une arme et un cigare pistolet. Fandor lui, préfère se grimer pour prendre la place d'un savant atomique qui doit se rendre à Rome. Juve, accompagné de son fidèle acolyte, va surveiller le faux professeur Lefebvre jusqu'en Italie. Un passage un peu fastidieux dans un film qui ne parvient pas à conserver le rythme trépidant du premier épisode à ce stade. Evidemment de formidables quiproquos vont avoir lieu entre les vrais et les faux Professeur Lefebvre surtout que Fantômas s'en mêle. Arrêté et présenté en hôpital psychiatrique, Louis De FUNES se livre à une formidable explication sur les évènements passée, un must du genre, hilarant, c'est du grand art. Juve et son fidèle lieutenant son très drôles et permettent au film de paisiblement se dérouler vers la partie finale. Comme un vulgaire kidnappeur de bas étage, Fantômas enlève le frère d'Hélène. ce frère n'est autre qu' Olivier DE FUNES fils de son père qui montre le pouvoir qu'il représente désormais  dans une production en imposant son rejeton dans la plupart des films qu'il va tourner. En rupture avec le ton du premier film, Fantômas semble avoir des sentiments pour Hélène et désire sa présence à ses cotés. Le bandit montre-t-il des signes de solitude? Pratiquement à visage découvert, il se montre à Hélène au cours d'un soirée costumée où se trouvent tous ses amis. Evidemment Fantômas avait tout prévu et capture tout ce beau monde. L'occasion de montrer un superbe décors qui représente la nouvelle tanière de Fantômas érigée au bord d'un volcan. Les scènes en extérieur seront tournées au bord du Vésuve, ce qui ne soulève pas l'enthousiasme de Mylène DEMONGEOT et provoque la colère d'HUNEBELLE.

Avec son sens de la débrouille, HUNEBELLE filme des poissons en gros plan pour faire croire qu'il y a des requins autour du repaire de Fantômas. Il utilise aussi des images sorties de stock shoots pour les éruptions volcaniques. 

Les prisonniers vont s'évader grâce à l'esprit de Juve et de ses cigares pistolets. Les gardiens se tuent mutuellement à coups de cigares. Une scène hautement improbable, voire ridicule, dont seul le génie de DE FUNES peut faire passer. Retournant une arme crée pour Fantômas contre lui, ce dernier s'échappe une nouvelle fois poursuivi par toute une bande.

Le clou du film est bien sûr la DS de Fantômas qui se transforme en avion fusée. Une image qui est restée très célèbre. Alors que Juve et Fandor manquait d'attraper Fantômas dans la mer durant le premier épisode, les voici mal embarqués dans le ciel avec un  parachute pour deux pour se sauver. Fantômas s'échappe encore.

Bien que le film soit excellent, il est un peu moins rythmé que le premier, l'action piétine un peu. Si Jean MARAIS effectue ses cascades habituelles, il laisse la vedette à DE FUNES qui fait preuve de son abattage habituel. C'est bel et bien lui, la star, et le film s'éclaire dès sa présence. Dès la fin du second épisode, la franchise semble avoir tout dit, avec le final habituel sur Fantômas qui s'échappe vers de nouvelles aventures. Le troisième épisode devrait se renouveler sous peine de lasser le public.

La bonne humeur de l'équipe et le talent de DE FUNES font du film un très honorable divertissement. C'est le premier Fantômas que j'ai vu à la télévision et il m'a laissé un souvenir impérissable dans ma mémoire d'enfant, c'est bien là le principal. Le film sort quelques semaine après "Le gendarme à New York" qui est encore sur les écrans lorsque le film prend sans surprise la tête du box office parisien avec un score proche de la première semaine de "Fantômas" mais avec une salle de plus.

Alors que le film doit profiter à fond des fêtes de fin d'année, il devra supporter la concurrence énorme d' "Opération tonnerre" le deuxième BOND de l'année. Pourtant le film va très bien s'en sortir et sera un des grands succès de cette fin d'année, avec le BOND et "Viva Maria".

De FUNES n'en finit plus d'engranger les succès, puisque cet épisode de "Fantômas" va lui aussi passer la barre des 4 millions de spectateurs en France en ne perdant que 200 000 spectateurs au total. Ce superbe résultat est conforté par le succès massif du film en Espagne avec près de 3 millions de spectateurs. Une opération très rentable sans compter les nombreuses diffusions télévisuelles.

Louis DE FUNES continue sa marche triomphale sur le box office, tandis que Jean MARAIS va rencontrer des succès plus mitigés, prouvant que le succès de ce second Fantômas est certainement dû à DE FUNES. 
 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

4 163 000

 

ENTREES PARIS

 

678 554

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

 

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

1

61 854

4

2ème semaine

3

47 342

 

3ème semaine

2

72 339

 

4ème semaine

2

70 695

 

5ème semaine

3

36 861

 

6ème semaine

6

20 511

 

7ème semaine

7

24 122

 

8ème semaine

13

19 746

 

Nombre de semaines Paris

 

14

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

15 464

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

2 949 107

 

Box office annuel Italien

88

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 5 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 12:01
- Publié dans : MISES A JOUR

FANTOMAS


4 NOVEMBRE 1964

 
 

 

FANTOMAS.jpg


 

Réalisation

André HUNEBELLE

Scénario

Pierre FOUCAUD

J HALAIN

Photo

Marcel GRIGNON

Musique

Michel MAGNE

Production

PAC-SNEG (Paris)
PCM (Rome)

Distribution

Gaumont

Durée

105 minutes

Tournage

 

Fandor/Fantômas

Jean MARAIS

Le commissaire Juve

Louis de FUNÈS

Hélène

Mylène DEMONGEOT

Le directeur du journal

Robert DALBAN

L'adjoint de Juve

Jacques DYNAM

 


Le commissaire Juve s'efforce de rassurer la population inquiète d'une série de crimes et vols audacieux en annonçant l'arrestation imminente de celui qui signe ses forfaits Fantomas. Au Journal « Le Point du Jour », on fait des gorges chaudes de cette affaire et le journaliste Fandor prétend même que ce Fantomas n'existe que dans l'imagination de l'incapable commissaire. Sa fiancée, Hélène, lui propose alors d'inventer ce personnage et de faire paraître une retentissante interview de lui avec photos truquées à l'appui. Et le lendemain paraît un sensationnel article qui fait monter le tirage du journal, mais Fandor se retrouve, la nuit suivante, dans une fantastique et somptueuse demeure où les pans de murs glissent silencieusement pour laisser passage à l'énigmatique bandit au masque vert qui donne libre cours à sa fureur et annonce au malheureux journaliste, qui croit rêver, qu'il va le garder prisonnier tandis qu'il accomplira d'autres forfaits sous un masque reproduisant exactement ses traits. Il réussit un audacieux cambriolage au cours d'une présentation de bijoux et le commissaire Juve, qui se lance à sa poursuite, est stupéfait de reconnaître Fandor au moment où, après une poursuite vertigineuse sur les toits, il lui échappe, enlevé par un hélicoptère. Mais Fantomas, au cours de cette expédition, a sans peine réussi à enlever Hélène, tout heureuse d'avoir retrouvé son fiancé. Le pauvre Fandor est fou de rage en apprenant cette imposture et, avec beaucoup de sang-froid, combine une évasion. Cependant Fantomas revêtant cette fois-ci un masque qui le rend exactement semblable au commissaire Juve, réussit un fabuleux hold-up. Des témoins l'ont vu et le portrait qu'ils en font amène l'arrestation par ses propres hommes. de Juve lui-même, écumant de rage bien entendu. Fandor, qui s'est évadé avec Hélène, arrêté pour les mêmes raisons, le rejoint bientôt en prison et peut tout à loisir lui révéler les étonnantes transformations de Fantomas. Justement, un étrange et silencieux gardien vient les chercher tous les deux pour les emmener au Palais de Justice mais, vous l'avez deviné, c'est Fantomas. Alors, une poursuite échevelée s'engage car la police est alertée. L'athlétique Fandor réussit a prendre la situation en main et c'est lui maintenant qui donne la chasse à Fantomas, suivi de Juve toujours trépidant. Indescriptible randonnée qui amène bientôt le trio sur la Côte où Fantomas saute dans un criscraft et va être arrêté par Juve, descendu en hélicoptère, lorsqu'il rejoint un sous-marin qui laisse le commissaire barbotant dans la mer.

André HUNEBELLE et Jean MARAIS on déjà connu de grands succès en commun dont « Le Bossu » et « le Capitan » qui ont fait les beaux jours des cinémas les semaines de fêtes. Mais le temps des films de cape et d’épée est passé et les goûts du public évoluent, et puis Jean MARAIS ne rajeunit pas. James BOND et les films d’espionnage deviennent un genre populaire. L'acteur conseille d'adapter les romans à succès "OSS 117" et il compte bien  obtenir le rôle titre. HUNEBELLE prend le conseil en considération et adapte les romans, mais confie le rôle titre à Kevin MATTHEWS puis à Frédéric STAFFORD  dont Mylène DEMONGEOT qui a tourné avec lui, prête peu de talents d'acteur. Jean MARAIS est très déçu par la volonté du cinéaste de céder au "jeunisme".

 

Mais le réalisateur réserve une bonne surprise à l'acteur car il compte bien tourner sa version de "Fantômas". Car ce terrible personnage n'en est pas à sa première version cinématographique. Feuilleton crée en 1910 par Marcel Allain et Pierre Souvestre a été adapté rapidement au cinéma par Louis Feuillade dès 1913 pour la Gaumont. Jusqu'en 1949 les adaptations se succèdent et décrivent des personnages proches des livres.

 

André HUNEBELLE qui rêve de faire des James BOND à la française (voir ses OSS 117) décide de  moderniser le personnage qui sera un génie du crime qui utilise les dernières technologies pour dominer le monde. Le scénario et les dialogues seront écrits par son fils. Fantômas à la tête recouverte d’un masque bleu caoutchouteux des plus impressionnant grâce aux yeux de Jean MARAIS dont l’incroyable intensité n’était plus à démontrer. L’acteur fétiche du réalisateur incarnera également le sémillant FANDOR, nettement plus athlétique que dans la version papier. Pour couronner le tout on dotera FANTOMAS de l’incroyable voix de Raymond PELLEGRIN, pour en faire une sorte de Dark VADOR national (ce qui n ne plaît pas à Jean MARAIS).

 

Hélène la jolie fiancée de Fandor sera incarnée par Mylène DEMONGEOT dont la beauté et la fière poitrine ne sont plus à présenter. L'actrice reprochera d'avoir un rôle de potiche, mais jouer avec de tels acteurs a été un plaisir pour elle, surtout avec "Fufu".

 

Car le trait de génie de HUNEBELLE est d'avoir proposé le rôle de Juve à Louis DE FUNES.  Pourtant dans la littérature le personnage de l'inspecteur JUVE est des plus sérieux.  DE FUNES est un comique . HUNEBELLE a déjà employé des ressorts comiques dans "Le bossu" et "Le Capitan" avec BOURVIL mais le sujet s'y prêtait.  DE FUNES qui sort de bons succès en 1963 avec « carambolages » et « faites sauter la banque » c'est désormais un acteur reconnu pour son talent comique et qui a développé un personnage râleur et nerveux désormais bien au point.  Il vient de tourner "Le gendarme de Saint- Tropez" pas encore sur les écrans au moment du tournage de "Fantômas" et n'est pas encore tête d'affiche. De toutes façons il est clair que Fantômas est un film dont Jean MARAIS est la vedette et DE FUNES son faire valoir tout comme BOURVIL dans "Le bossu".

 

Le tournage se déroule dans la bonne ambiance. André HUNEBELLE sait faire fructifier le budget qui lui est alloué. Très efficace avec son équipe technique habituelle il crée un environnement futuriste pour son Fantômas. Son repaire secret évoque le "Nautilus" du Capitaine Nemo. Une musique d'orgue souligne son arrivée à un Fandor prisonnier. Impressionnant sous son masque bleu, il semble doté d'une force herculéenne et est insensible à la pitié. Maître du déguisement (le seul respect à l'œuvre originale) il usurpe l'identité de la victime de son choix de manière parfaite. L'ennemi parfait. Jean MARAIS s'amuse dans ce double rôle et démontre ses qualités athlétiques habituelles. Des scènes spectaculaires émaillent le film, comme le vol des bijoux sur les toits de Paris, et la longue poursuite finale en moto, en train, en canot à moteur, en hélicoptère. Du pain béni pour les cascadeurs qui s'en donnent à cœur joie sur un film trépidant.

 

Pour Jean MARAIS le tournage se déroule dans  de bonnes conditions sauf qu'il n'a pas prévu la tournure que va prendre le rôle de JUVE joué par DE FUNES. Si Fantômas est le génie du mal, DE FUNES est le génie du comique et la machine s'emballe.  En pleine forme, l’acteur délivre une performance de très haute volée qui éclipse rapidement le pourtant solide Jean MARAIS. Quelques scènes sont mémorables : l’interrogatoire de FANDOR par JUVE où DE FUNES au comble de l’excitation lance son célèbre « je t’interdis de me vouvoyer ! » et « cet homme est manifestement épuisé… ». Une autre scène où JUVE découvre son portrait robot en « live » est extraordinaire. Nerveux, éructant, transpirant, DE FUNES vampirise le film et petit à petit on ne voit que lui. DE FUNES profite également de l'épatant Jacques DYNAM pour jouer un duo de policiers qui vaut le déplacement. Le duo Jean MARAIS est également complémentaire, car pour les scènes d'action c'est Jean MARAIS qui remporte la palme. Mais l'acteur est un peu agacé de la prestation de son collègue. De plus, Jean MARAIS a besoin de plusieurs prises pour être au point, alors que DE FUNES est efficace rapidement. La lenteur de MARAIS exaspère un peu DE FUNES qui est de plus très proche de Mylène DEMONGEOT.

Le film se clôture sur le célèbre « Je t’aurai, Fantômas, je t’aurai ! ». La fin est ouverte car les acteurs ont signé pour trois films, c'est dire la confiance de GAUMONT dans ce projet.

Un peu malmené par la critique le film est un exemple d'efficacité à la HUNEBELLE qui réalise ses films uniquement pour les spectateurs. Prévu pour sortir à la fin de l'année 1964 le film va bénéficier d'un évènement imprévu.

Peu avant  la sortie du film, Louis DE FUNES triomphe à la surprise générale avec son « gendarme de Saint Tropez », qui engrange les entrées par millions. C'’est donc tout bonus pour "Fantômas" qui s’empare de la première place du Box Office parisien avec 65 000 entrées en 3 salles. La qualité du film allié à la nouvelle popularité de Louis DE FUNES en fait un très grand succès populaire. Le film stoppe sa carrière à un énorme 4.5 millions d’entrées et reste 9 semaines dans le top 10 parisien.

Louis DE FUNES connaît donc un deuxième succès d’affilée et engrange pas moins de 10 millions d'entrées en deux films. Fini les seconds rôles. L'acteur tourne en 1965 les suites de ces deux succès. Mais cette fois, pour le second Fantômas qui sortira pour noël 1965 il sera à égalité avec Jean MARAIS sur l'affiche, mais en réalité ce sera lui la star du film.

 

Le succès est énorme en France, il ne l’est pas moins en Europe où le film fonctionne en Italie, très bien en Espagne et parait-il, sans chiffres officiel, est un triomphe en Russie. D’ailleurs le film donnera naissance à une flopée d’ersatz , surtout chez nos amis transalpins.

 

Le film est devenu un champion des diffusions à la télévision et en vidéo. HUNEBELLE a signé un succès intemporel d'une efficacité exemplaire grâce à son équipe. Signalons une formidable bande son jazzy de Michel MAGNE indissociable du film. Bref, "Fantômas" est un classique qui a éclipsé la version papier du héros. D'ailleurs au début de son film, HUNEBELLE tourne une scène qui voit FANDOR grimé en "Fantômas" version 1913, en collants et en cagoule noirs. Une habile transition entre Fantômas du passé et Fantômas "moderne". Cette version est si ancrée dans l'inconscient collectif que les volontés de tourner des remakes du film (Un nouveau "Fantômas" est toujours d'actualité) se heurtent à l'écueil du comment faire un Fantômas plus impressionnant et surtout, comment passer après DE FUNES ?   

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

4 492 419

 

ENTREES PARIS

 

781 400

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

 

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

1

65 722

3

2ème semaine

1

63 822

3

3ème semaine

2

41 090

 

4ème semaine

3

34 743

 

5ème semaine

4

29 046

 

6ème semaine

6

22 551

 

7ème semaine

8

19 654

 

8ème semaine

9

35 852

 

9ème semaine

8

38 086

 

10ème semaine

9

16 478

 

11ème semaine

11

15 536

 

 

 

 

 

QUARTIERS

1

60 255

12

 

1

33 230

10

Nombre de semaines Paris

 

14

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

21 907

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

1 812 205

 

Box office annuel Italien

71

 

 

Cote du succès

 

* * * * *

 

 

 

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Dimanche 14 août 2011 7 14 /08 /Août /2011 03:38
- Publié dans : MISES A JOUR

LE PRESIDENT

 

1er mars 1961

 

 

 

Réalisation

Henri VERNEUIL

Scénario

Michel AUDIARD

Henri VERNEUIL

Dialogues

Michel AUDIARD

Photographie

Louis PAGE

Musique

Maurice JARRE

Production

Cité Films - Terra Films

Distribution

U.F.A-Comacico

Durée

108 minutes

Tournage

 

Émile Beaufort

Jean GABIN

Philippe Chalamont

Bernard BLIER

François

Alfred ADAM

Mlle Milleran

Renée FAURE

Lauzet-Duchet

Louis SEIGNER

 

 

Retiré de la politique depuis des années, Emile Beaufort partage ses loisirs entre la promenade et la rédaction des mémoires qu'il dicte à Mademoiselle Milleran, sa secrétaire-gouvernante ; il suit cependant toujours les événements. Vingt ans plus tôt en effet, Beaufort a dirigé un long moment la politique française. Président du Conseil, il a dû se résigner à une dévaluation de la monnaie. Préparée dans le plus grand secret, la mesure provoque cependant une manoeuvre d'un groupe financier et l'épargne française y perd trois milliards. Le Président du Conseil n'a pas tardé à comprendre qu'une fuite s'est produite par son propre chef de cabinet, Philippe Chalamont, gendre du banquier Etienne Vollard, allié au groupe spéculateur,et il lui fait signer l'aveu de sa forfaiture. Quelques années plus tard, de nouveau au pouvoir, Beaufort est attaqué sur son projet d'Etats-Unis d'Europe. Son principal adversaire, c'est le député Philippe Chalamont ; le Président réfute l'argumentation spécieuse de celui-ci, mais ne sachant battu par une coalition d'intérêts, il dit leur fait aux parlementaires et quitte la vie publique. Et il se retrouve désespérément seul. Même la fidèle Milleran le trahit, de connivence avec la police, en essayant de récupérer le document signé par Chalamont. Dans le pays en crise ministérielle, on parle de lui pour la Présidence du Conseil. Beaufort attend la visite de son ancien collaborateur, dont il est résolu à barrer le chemin, car il n'a pas pardonné le tort fait au peuple de France : président pressenti, Chalamont vient solliciter son pardon. Entre temps, Beaufort a brûlé les documents mais, après l'entrevue, les journaux annoncent le retrait de celui qu'on regardait déjà comme Premier. Et le vieillard, cardiaque et épuisé, peut bien finir sa vie.

 

 

Toujours sous contrat avec Jacques BAR ce qui lui garantit un cachet fixé à l’avance (on imagine le bénéfice de Jacques BAR) la petite entreprise Jean GABIN fonctionne à merveille et les tournages vont bon trains. Bien qu’étant désavoué par les réalisateurs de la nouvelle vague, l’acteur est une machine à entrées, et le passage aux années 60 ne semble pas avoir d’influence sur les entrées.

L’équipe habituelle qui entoure GABIN décide d’adapter un roman de Georges SIMENON extrêmement célèbre à l’époque. Henri VERNEUIL très solide réalisateur va mettre en scène le film et va adapter le livre avec Michel AUDIARD naturellement, tant l’auteur sait faire parler GABIN. L’acteur accepte de se faire vieillir mais pas trop, pas plus de 73 ans ! Il répond à Audiard qu’il voudrait bien interpréter CLEMENCEAU. En fait le scénariste va créer une sorte de mix de plusieurs personnalités tels Léon BLUM ou Edouard HERRIOT. La gestation du scénario est pénible et VERNEUIL motive AUDIARD et l’aide à répéter des scènes, des dialogues. L’auteur se documente énormément et pond dans la difficulté un de ses plus grands scénarios.

Parce que dans les faits le film est peu spectaculaire. Le film est une amère réflexion sur la politique, l’Europe qui se développe, l’amitié et les trahisons à travers les derniers exploits d’Emile BEAUFORT ancien Président du Conseil qui souffre d’avoir eu à dévaluer le franc des années plus tôt. Le clou du film est une joute verbale extraordinaire entre BEAUFORT et CHALAMONT son ex chef de cabinet devenu entretemps député. Cette joute verbale se déroule dans un Palais Bourbon reconstitué avec 400 figurants.

Mais Bernard BLIER ne se contente pas d’écrire une fameuse tirade que n’aurais pas renié Marlon BRANDO dans son fameux « Jules César », mais truffe le film de jeux de mots, répliques, phrases assassines sur le français et la vie en général. Du très grand art.

Mais pour cela il faut un acteur de haute volée. Jean GABIN craint la scène du Palais Bourbon, elle n’est pas facile, surtout que VERNEUIL désire qu’elle soit tournée d’un seul trait, la même journée car il sent qu’il faut acculer l’acteur dans ses derniers retranchements pour sortir une scène exceptionnelle. L’anecdote veut qu’après de nombreux essais GABIN parvient enfin à conclure la scène, mais qu’un opérateur distrait sabote en oubliant de recharger une caméra. Furieux, GABIN insulte le technicien et doit reprendre la scène qui est magnifique. Mais il faut être deux pour un dialogue, et c’est le grand Bernard BLIER qui donne la réplique à GABIN, une nouvelle fois. Les deux acteurs s’entendent tellement que GABIN le sollicite de plus en plus régulièrement. Ils deviennent les Darry COWL et Francis BLANCHE des dramatiques françaises. Mais BLIER est comme d’habitude énorme. A la fois veule, agressif et finalement petit dans ce qu’il représente, il est encore parfait. L'occasion va être donnée de constater le talent des deux acteurs. dans la scène finale du film. Chez lui, Beaufort reçoit Chalamont qui vient lui demander son assentiment pour être chef du gouvernement. A bout de force, il engage un bras de fer avec celui qui l'a trahi. Il ne l'aime pas mais Chalamont semble légitime pour la charge. Beaufort doit prendre une pause dans sa cuisine avant de retourner au combat. Dans cette partie de poker menteur, il fait croire qu'il possède toujours les documents compromettants ce qui affaiblit Chalamont qui perd sa contenance face à l'agressivité du vieux lion qui lui jette à la figure qu'il le méprise. Impressionné, Chalamont montre son vrai visage, celui d'un lâche impressionnable. Beaufort a gagné à l'esbrouffe, au combat.   

Film qui peut sembler vieillot sur bien des aspects, il reste quelques passages fulgurants dont les fameux dialogues d’ AUDIARD en pleine forme. Hélas, près de 50 ans après la sortie du film, le discours de GABIN sur l’Europe semble encore tellement d’actualité. Quand à GABIN il prouve encore une fois que malgré l’arrivée de nouveaux jeunes talents, il est encore le meilleur. La mise en scène de VERNEUIL est efficace et donne la part belle aux acteurs comme d’habitude.

C’est de la belle ouvrage qui prend la tête des exclusivités parisiennes à sa sortie avec plus de 60 000 entrées dans trois salles seulement (Le Paris, Berlitz, Wepler Pathé). Le film reste deux semaines entête des exclusivités et établit un résultat solide. Il sera encore numéro un dans les quartiers à la rentrée 61 et réalise plus de 600 000 entrées à Paris intra-muros au final. En FRANCE le film approche les 3 millions d’entrées. Encore un très beau succès pour GABIN à sa collection et un très bon film. 

Tout est au beau fixe. Quitte à friser l'overdose, GABIN et BLIER vont se retrouver dès la rentrée 1961 dans la comédie policière "Le cave se rebiffe" promis à un beau succès.   

 

Quelques extraits de la tirade du Palais Bourbon et autres perles dont l’intégralité se trouve sur le site dédié à Michel Audiard. :

 

*) Messieurs, Monsieur le Député Chalamont vient d'évoquer en termes émouvants les victimes de la guerre... Je m'associe d'autant plus volontiers à cet hommage qu'il s'adresse à ceux qui furent les meilleurs de mes compagnons...Au moment de Verdun, Monsieur Chalamont avait dix ans... Ce qui lui donne, par conséquent, le droit d'en parler... Étant présent sur le théâtre des opérations, je ne saurais prétendre à la même objectivité... On a, c'est bien connu, une mauvaise vue d'ensemble lorsqu'on voit les choses de trop près !... Monsieur Chalamont parle d'un million cinq cent mille morts, je ne pourrais en citer qu'une poignée, tombés tout près de moi...
J'ai honte, Messieurs... Je voulais montrer à Monsieur Chalamont que je peux, moi aussi, faire voter les morts... Le procédé est assez méprisable, croyez-moi !...
Messieurs, j'ai devant moi un très joli dossier, très complet, très épais, trois cents pages de bilans et de statistiques que j'avais préparé à votre intention... En écoutant Monsieur Chalamont, je viens de m'apercevoir que le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs... on lui fait dire c'que l'on veut !... Les chiffres parlent mais ne crient jamais... C'est pourquoi ils n'empêchent pas les amis de Monsieur Chalamont de dormir. Vous me permettrez donc de préférer le langage des hommes. Je le comprends mieux !...
Durant des années, à travers le monde, j'ai visité des mines, des camps de personnes déplacées... j'ai vu la Police charger les grévistes, je l'ai vue aussi charger des chômeurs... j'ai vu la richesse de certaines contrées, j'ai vu l'incroyable pauvreté de certaines autres... Durant toutes ces années, je n'ai jamais cessé de penser à l'Europe... Monsieur Chalamont a passé une partie de sa vie dans une banque à y penser aussi... Nous ne parlons forcément pas de la même Europe…..

 

*) Il y a aussi des poissons volants, mais qui ne constituent pas la majorité du genre.
Un député/J.Gabin

 

*) Il y a une chose plus grave que la trahison, c'est la bêtise.

 

     *) On est gouvernés par des lascars qui fixent le prix de la betterave et qui ne sauraient  pas faire  pousser des radis.

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

2 785 528

 

ENTREES PARIS

 

617 262

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

862 612

 

1ère semaine

1

62 335

3

2ème semaine

1

55 298

 

3ème semaine

2

41 160

 

4ème semaine

2

36 780

 

5ème semaine

2

42 262

 

Nombre de semaines Paris

 

9

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

20 778

 

Budget

 

 

 

Box office annuel FRANCE

18

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* * *

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 1 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Samedi 13 août 2011 6 13 /08 /Août /2011 11:34
- Publié dans : MISES A JOUR

LA SIRENE DU MISSISSIPI

 

18 JUIN 1969

 



SIRENE-DU-MISSISSIPI.jpg

Réalisation

François TRUFFAUT

Scénario

François TRUFFAUT

Photographie

Denys CLERVAL

Musique

Antoine DUHAMEL

Production

Les Films du Carrosse

Les Artistes Associés

Distribution

Artistes Associés

Durée

120 minutes

Tournage

 

Louis MAHE

Jean-Paul BELMONDO

Julie ROUSSEL

Catherine DENEUVE

Comolli

Michel BOUQUET


Louis Mahé, un Français installé à la Réunion où il est le patron d'une fabrique de cigares, attend le « Mississipi », navire qui doit lui amener sa fiancée, Julie Roussel, dont il a fait la connaissance grâce à une petite annonce matrimoniale. Mais la jeune flile qui arrive ne ressemble pas à la photo qu'il avait d'elle : Julie explique qu'elle n'avait pas osé envoyer la sienne, mais celle d'une camarade. Louis n'est pas déçu, car la jeune fille est beaucoup plus belle que celle de la photo. Le mariage a lieu, puis quelques jours de bonheur. Hélas, cela ne dure pas longtemps, car Julie part avec tout l'argent de Louis pris sur son compte bancaire. La soeur de Julie survient et, voyant la photo de l'épouse de Louis, dit qu'il ne s'agit pas de sa soeur à elle. Louis comprend tout : sa femme est une aventurière, qui a sans doute supprimé la vraie Julie. Il lance à ses trousses un détective privé, puis est la victime d'une dépression nerveuse. Soigné à Nice puis guéri, il retrouve Julie, qui s'appelle en vérité Marion, entraîneuse dans une boite de luxe. Il la rejoint dans son appartement, mais n'a pas le courage de la tuer. Elle l'apitoie sur son enfance passée à l'Assistance publique, lui apprend que son ancien amant a assassiné la vraie Julie sur le paquebot et qu'il l'a forcée, elle, Marion, à prendre sa place. Louis, toujours éperdument amoureux de sa femme, reprend la vie commune avec elle. Ils parcourent la Provence, en remontant vers Lyon. Ils louent une maison en pleine campagne. A Aix, Louis tombe sur le détective, essaie de lui fausser compagnie mais le retrouve chez lui. Le détective veut livrer Marion à la police. Pour l'en empêcher, Louis le tue puis enterre le cadavre dans la cave. Le périple des deux amants criminels continue. Pour avoir de l'argent liquide, Louis fait un saut à La Réunion et vend à bas prix son affaire à son associé. Les deux amants sont maintenant installés dans un appartement vide à Lyon. Mais la police est sur leurs traces. Ils fuient, abandonnent leur argent dans l'appartement rempli de policiers. Un chalet de montagne leur sert de refuge, Marion veut partir, mais Louis l'en empêche. Elle essaiera de l'empoisonner à la mort-aux-rats mais Louis, au courant de son projet, dit qu'il accepte la mort de ses mains, tant il est éperdu d'amour pour elle. Marion pleure et avoue qu'elle ressent une immense honte. Main dans la main, les deux amants repartent vers leur destin.

Alors que Jean-Paul BELMONDO comptait se reposer après le tournage du "Cerveau" il devra pourtant enchaîner les tournages.  

C'est grâce à l'acteur que le film peut se financer. En effet François TRUFFAUT ne s'était pas mis d'accord avec ses premiers producteurs malgré le succès critique de "La mariée était en noir". Au début BELMONDO devait être associé avec Brigitte BARDOT, mais TRUFFAUT choisit finalement Catherine DENEUVE qu'il admire. Il trouve donc d'autres producteurs pour monter son film avec le couple d'acteurs rêvé soit BELMONDO et Catherine DENEUVE. L'actrice possède une aura internationale et un peu sulfureuse depuis le succès de "Belle de jour" et est une des actrices préférée des réalisateurs "difficiles et exigeants". Elle a cependant tourné dans "Mayerling" film commercial au succès international.

TRUFFAUT va une nouvelle fois s'inspirer d'un roman de William IRISH et va modifier l'époque où se déroule l'intrigue ainsi que le lieu de l'action du film aura lieu à la Réunion et non à la Nouvelle Orléans. Le Réunion se souviendra longtemps du tournage du film en décembre 1968 qui a vu deux des plus grandes stars françaises y participer.

Comme à son habitude François TRUFFAUT va réécrire régulièrement les dialogues le soir et cela possède son importance.  

A la Réunion, Louis est un homme qui a réussi. Il est aisé, mais seul. Il cherche l'âme sœur et poste des annonces pour la trouver. Cela semble chose faite et Louis attend avec impatience le "Mississipi" d'où  sa promise doit débarquer. Après  de longs plans contemplatifs sur l'arrivée du "Mississipi" dans le pot de La Réunion, Louis va découvrir Julie en rentrant chez lui avec une cage d'oiseau à la main. Catherine DENEUVE est d'une beauté sublime. Louis est sous le charme de Julie, cependant il y a une réserve chez eux. Ils se vouvoient comme dans la haute bourgeoisie. Ils se marient et tout semble aller pour le mieux, malgré quelques détails, une sorte de distance froide tout en étant polie de la part de Julie dont la mort de son oiseau l'indiffère. Une spécialité de DENEUVE.... Eperdument amoureux, Louis va commettre l'irréparable, donner la procuration à Julie. Le pauvre pigeon, car c'est un beau pigeon, se fait plumer dans les grandes largeurs par Julie. On ne le sait pas encore mais c'est un sacré numéro cette Julie. Aussi fourbe que belle, et ce n'est pas peu dire. Alors qu'elle semblait heureuse dans cette vie sans histoire, mis à part quelques terreurs nocturnes, elle s'en va avec la caisse. Cette fuite a sans doute un rapport avec la lettre que Louis à reçu de la part de sa sœur. Elle n'a pas attendu que Louis apprenne par "sa sœur" qu'elle a usurpée l'identité d'une autre.

Le film prend une tournure policière. Louis et la sœur de la vraie Julie font appel à Comolli un détective privé . Michel BOUQUET va une nouvelle fois composer un personnage froid, tordu, opiniâtre, du genre de ceux qui n'abandonnent pas. Encore une belle prestation.

De retour en Métropole, Louis fait sa petite dépression. Dans sa clinique il reconnait Julie dans un reportage télévisé qui officie dans un night club. Il s'introduit dans le club et attend Julie dans sa loge. 

Il perd ses moyens devant Julie qui s'appelle en fait Marion. Il a un pistolet en main, mais pourquoi faire, tant il est amoureux. Marion ne se démonte pas et se justifie à Louis par une enfance très difficile. Louis apprend que la vraie Julie a sans doute été tuée par le compagnon de Marion sur le Mississipi avant l'arrivée à La Réunion. L'amour que Louis éprouve pour Marion lui fait perdre la raison et il accepte de poursuivre son aventure avec elle alors qu'elle est sans doute complice d'un meurtre. Est-il pleutre ? Fou d'amour ? Voici qui peut perturber le public qui apprécie un BELMONDO sans peur et reproche.

Alors que Louis vouvoie toujours Marion, leur rapprochement fait tomber cette habitude. Le film vire dans la romance. Durant le tournage, François TRUFFAUT à eu une aventure avec Catherine DENEUVE et il est clair que cet homme qui aimait les femmes est très amoureux de sa star (et il y a de quoi). Son écriture devient une ode à la beauté de l'actrice, et BELMONDO récite des compliments sur la beauté de Marion qui pourraient être dit par TRUFFAUT. Le réalisateur s'attarde sur l'actrice en détail avec amour.

C'est une accalmie dans le couple, mais Marion s'ennuie et aimerait vivre bon train. Louis s'enfonce et manque de chance retrouve Comolli qui poursuit son travail sur la piste de Marion. Finaud, le détective a bien compris ce qu'il se passe et accule Louis. Celui-ci gêné demande au détective de laisser tomber, mais celui est pugnace. Sans autre choix, Louis le tue ce qui ne semble absolument pas perturber Marion, décidément dure au mal.

En cavale, Louis ne parvient pas à récupérer son argent à son hôtel. Le couple continue sa descente aux enfers. A chaque étape du film la situation de Louis se dégrade. Nous partons de sa riche propriété de La Réunion pour finir dans une cabane dans la montagne enneigée. Cerise sur la gâteau, Marion tente d'empoisonner Louis à la mort aux rats, un produit qui liquéfie le sang et donne de fortes diarrhées. Par hasard en tombant sur une bande dessinée de Blanche Neige parue dans un vieux journal qui traîne, Louis comprend que Marion veut le tuer. Contre toute attente il fait une vibrante déclaration à Marion et accepte qu'elle le tue. Définitivement brisée, celle-ci rend les armes. Oui, les sentiments qu'elle a toujours décidé de refouler  sortent au grand jour. Est-ce cela l'amour ? Oui, ça fait mal. En larmes elle s'écroule dans les bras de Louis, elle l'aime. Les amants maudits s'enfoncent dans la neige vers la frontière Suisse. Pour quel destin ?

Au final, "La sirène du Mississipi" est un beau film sur l'amour mâtiné de "polar". François TRUFFAUT réalise superbement le film sans aucun plan inutile. Ses dialogues qui pourraient être pris pour de l'eau de rose, sont en fait se superbes déclaration envers DENEUVE et une belle étude sur l'amour. Qu'est-ce que l'amour, pourquoi aime-t-on envers toute raison ? L'amour est-il plus fort que tout ? Catherine Deneuve est parfaite. Très belle, inaccessible, proche, parfois drôle, mais aussi froide, distante, dénuée e sentiments elle démontre ses immenses qualités d'actrice. Et puis quel homme n'aurait pas aimer l'entendre murmurer "oui, oui..." dans on oreille ? TRUFFAUT aime DNEUVE et cela se voit à l'écran.

Jean-Paul BELMONDO est dans un contre-emploi. Est-il en cela mauvais acteur ? Certainement pas. Il est parfait en homme dépassé par son amour envers Marion. C'est justement cette faiblesse dans l'armure d'un homme fort qui rend le rôle tout à fait intéressant.

Le public par contre se révèle réticent à se rendre dans les salles. François TRUFFAUT n'a jamais fait de carton au box office mis à part "Les 400 coups" mais les acteurs présents à l'affiche, et surtout BELMONDO en pleine gloire après le succès du "Cerveau" auraient du amener plus de public.     

Alors oui, peut être la date de sortie du film n'a pas été la plus heureuse, une sortie à la rentrée 69 aurait été plus judicieuse. Le titre du film n'a peut être pas été assez évocateur pour le public ainsi qu'une affiche très sobre.

Au final après 40 ans d'exploitation et une seconde vie dans les salles d'Art et d'Essai, le film a cumulé 1.2 millions de spectateurs en France. C'est cependant un bon résultat pour un TRUFFAUT. De plus, le film a bien fonctionné en Espagne. Le réalisateur et BELMONDO reconnaitront rétrospectivement que c'était une erreur  de confier le rôle de Louis à BELMONDO ce que je réfute, l'acteur est excellent. Catherine DENEUVE lors de nombreuses interviews confiera sa grande déception quand à l'échec du film. Pour elle, le public voulait voir BELMONDO dans des films d'action.

Mais le film a gagné avec les années son statut de classique du cinéma français et les études envers le film sont légion. Il est également très connu des cinéphiles du monde entier, et c'est bien là le principal, n'est-ce pas ?

Jean-Paul BELMONDO poursuit dans cette veine romantique avec le tournage d'"Un homme qui me plait" où il sera plutôt un macho sympathique qu'autre chose. Après TRUFFAUT, l'acteur va accrocher LELOUCH à son palmarès, ce qui n'est pas rien. Et il ignore que Alain DELON cherche à monter un spectaculaire projet avec lui, "Borsalino".

Catherine DENEUVE va poursuivre sa riche carrière et attirer les réalisateurs les plus éclectiques.

   

 

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 227 657

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

278 507

 

 

 

 

 

1ère semaine

2

34 870

3

2ème semaine

3

25 388

 

3ème semaine

5

18 852

 

4ème semaine

8

14 726

 

5ème semaine

9

10 200

 

Nombre de semaines Paris

 

14

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

11 623

 

1er jour Paris

 

 

 

1ère séance Paris

 

 

 

Box office Allemagne

 

 

 

Box office ESPAGNE

 

998 966

 

Box office Italie

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 


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Par RENAUD SOYER - Voir les 1 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mardi 9 août 2011 2 09 /08 /Août /2011 17:58
- Publié dans : MISES A JOUR

 

L’AVENTURE C’EST L’AVENTURE


4 MAI 1972

 


L-AVENTURE-C-EST-L-AVENTURE.jpg   

Réalisation

Claude LELOUCH

Scénario

Claude LELOUCH
Pierre UYTTERHOEVEN
 

Photographie

Jean COLLOMB

Musique

Francis LAI

Production

Alexandre MNOUCHKINE

Georges DANCIGERS
Les films 13
Les Films Ariane
Les Artistes Associés

Distribution

Les Films 13
Les Artistes Associés

Durée

120  minutes

Tournage

 

Lino MASSARO

Lino VENTURA

Jacques

Jacques  BREL

Simon

Charles DENNER

Charlot

Charles GERARD

Aldo

Aldo MACCIONE

Nicole

Nicole COURCEL

Johnny

Johnny HALLYDAY

 

À Paris, en 1972, la vie n'est pas drôle pour les truands. Si les banques sont toujours faciles à piller, l'argent ne s'y trouve plus. Trois compères, Lino, Jacques, Simon – respectivement myope, sourd et bègue – et leurs acolytes Charlot et Aldo décident en désespoir de cause de se recycler dans l'action politique.
Après avoir réussi une première opération dans le show-business, ils louent leurs services à Juarez, révolutionnaire sud-américain qui les charge de séquestrer un ambassadeur. Comme le guérillero refuse de les payer, ils l'enlèvent et le proposent à trois partis opposés. Ils récupèrent ainsi une petite fortune qu'ils augmentent par un détournement d'avion.
Ils prennent des vacances peu discrètes aux Caraïbes, où Juarez les fait arrêter. Après avoir subi toutes sortes de tortures fantaisistes, ils avouent à Juarez le numéro de leur compte en banque en Suisse.
Juarez les livre à la Police française : c'est le procès du siècle. L'avocat présente ses clients comme des révolutionnaires convaincus; l'affaire devient politique et le gouvernement, pour éviter une émeute, organise l'évasion des compères, qui se retrouvent en Afrique. Là, ils refusent de prendre le pouvoir avec le dictateur local, préférant enlever le Pape et gagner la fabuleuse rançon qui serait versée par les catholiques du monde entier.

 

Il est difficile d'évoquer un film comme "L'aventure c'est l'aventure" car celui-ci est certainement le film le plus populaire de Claude LELOUCH dans le cœur des français. Il est devenu un film culte, tout simplement.

Le réalisateur, scénariste, producteur enchaîne les films avec plus ou moins de succès. "Smic smac smoc" film "expérimental" a succédé avec moins de succès que le  "Voyou" avec Jean-Louis TRINTIGNANT. ce dernier, un de ses meilleurs films décrivait un truand charismatique qui organise l'enlèvement d'un enfant sans violence avec la complicité de son propre père. "Smic Smac Smoc" est un film sur la contestation. Fidèle à son habitude d'explorer des thèmes déjà abordés "L'aventure c'est l'aventure" est un mix des films précédents. Citons Claude LELOUCH:  « Au moment où j’ai fait L'aventure c'est l'aventure, les affrontements idéologiques étaient à leur apogée. Mai 1968 avait réduit le fossé entre le patron et les ouvriers. Jamais la France n’avait été aussi politisée. Je voulais filmer cette confusion qui, au fond, me faisait rire. Je voulais montrer à quel point les intellos mélangent tout. Ils sont séduits par n’importe quel discours si l’orateur a du charisme. J’avais envie de faire intervenir des voyous qui n’ont rien à cirer de rien, mais qui se servent de la politique pour faire de l’argent. »

Etant donné que le réalisateur laisse une part importante à l'improvisation le choix du casting sera déterminant. Lino VENTURA tourne pour la première fois avec le réalisateur. Pour l'acteur la période est mi figue-mi raisin. Ses deux derniers films ont  obtenus des résultats mitigés. "Fantasia chez les ploucs" a fait 1.4 millions d'entrées et "Boulevard du Rhum" a fait 1.2 millions d'entrées. GAUMONT a perdu beaucoup d'argent avec ce dernier et a du serrer les budgets de ses films suivants et a du attendre le succès de "Il était une fois un flic" pour se refaire une santé financière. Ce n'est donc pas un bon point pour Lino VENTURA qui espère peut être avec LELOUCH retrouver un bon succès au box office. Le réalisateur espérait retrouver son compère Jean-Louis TRINTIGNANT mais ce dernier ne semble pas avoir apprécié le thème du film, c'est fort dommage tant l'association entre les deux stars aurait pu être formidable à l'écran. C'est donc Jacques BREL qui remplace TRINTIGNANT. Le désormais acteur n'a plus grand chose à prouver à l'écran et possède déjà quelques beaux succès au box office dont "Mon oncle Benjamin" et "Les risques du métier".

Le très grand Charles DENNER est également de la partie et devient un membre de la famille LELOUCH tout comme Charles GERARD vu dans les deux films précédents de l'auteur. Plus surprenant, la présence d'Aldo MACCIONE au casting. Assez peu connu à l'époque, il faisait partie d'un groupe burlesque italien, "Les Brutos" que l'on pourrait comparer aux "Charlots". On a pu le remarquer dans un petit rôle dans "Le voyou". Le choix s'avèrera déterminant. Au niveau féminin, Nicole COURCEL fait aune apparition courte, mais remarquée. Notons des petits rôles pour les copains Yves ROBERT et Gérard SIRE, l'homme à la voix de velours et bien sûr une apparition de Johnny HALLYDAY dans son propre rôle.

Comme le montre le résumé du film, l'histoire est décousue et hautement improbable, c'est une farce menée par une bande de truands que l'on peut comparer aux célèbres "Pieds nickelés", célèbre série de bande dessinée populaire à l'époque.

La première partie du film décrit la rencontre entre les différends protagonistes du film. Ce sont tous des truands de petite envergure, dont la particularité est de s'appeler par le prénom des acteurs ce qui perturbe un peu au début. Jacques coince Charlot qui est un pompiste qui remplit à moitié le réservoir de ses clients. Aldo est un petit voleur de voiture qui provoque un accident et rencontre ainsi Lino. S'ensuit une grande discussion en italien entre les deux protagonistes avant l'arrestation de Lino.

Tous ensemble à Paris ils cherchent une manière de faire du business. Le propre fils de Lino lui tient des discours sur le fait que :"Le capital, c'est foutu. La Cinquième, c'est foutu. Le PC, c'est foutu. La société de consommation, c'est fini tout ça, c'est foutu. Les bagnoles c'est foutu".Goguenard, Lino lui pète sa voiture. Mais ce qui est drôle c'est que Lino répète ce discours à ses collègues le soir même et la bande décide de se lancer dans le business moderne. Premier coup, enlever Johnny HALLYDAY en personne. Décidément les enlèvements sont une obsession chez LELOUCH. Mais tout ce passe dans la bonne humeur avec un Johnny très copain avec ses ravisseurs et qui se paye un bon coup de pub. Beaucoup de dialogues sont bien sûr improvisés avec plus ou moins de bonheur. Avec LELOUCH il y a à boire et à manger mais l'ensemble est souvent agréable à suivre. L'entente entre les acteurs est flagrante. Aldo MACCIONE est souvent très drôle. Dans une scène qui évoque les bandes dessinées, la bande est capturée par le Che Guevara d'opérette avec qui ils ont fricoté. Les tortures se succèdent pour leur faire avouer leur numéro de compte en Suisse. Le pire est que les compères font des paris sur celui qui craquera le premier. La torture d'Aldo est de subir la morsure de gros insectes sur son service trois pièces. Alors qu'on pouvait craindre d'horribles douleurs celui-ci éclate d'un rire terriblement contagieux.

Evidemment le passage "légendaire" du film est la démonstration d'Aldo de son pas déhanché et classe sensé faire craquer toutes les femmes. Il forme ses partenaires à cette démarche et nous pouvons observer les cinq jouer les coqs sur la plage, y compris Lino qui n'hésite pas à se ridiculiser.

Embauchés pour une révolution Africaine, le groupe doit discuter avec le futur dictateur sur la date prévue de la révolution. Le lundi c'est pas possible, le mardi non plus...c'est assez sympa, surtout quand le dictateur déclare au groupe qu'ils doivent bien connaître les révolutions. Jacques répond que " de Marx, nous avons surtout retenu la notion de Capital". Le clou du film est assez énorme, nos amis n'hésitant pas à enlever Le Pape en personne. Comme le dit le génial Charles DENNER à la fin du film : "Le Pape, c'était bien le Pape, oui, très bien.".

L'ensemble est un peu inégal et parfois certaines choses tombent à plat, comme BREL improvisant son numéro belge dans l'avion, par exemple. Mais l'ensemble est fort joyeux. Comme d'habitude, LELOUCH mélange le passé et le présent dans un montage dont il a le secret. L'ensemble fleure bon les insouciantes 70's avec son générique "pop" et la musique primesautière de l'excellent et fidèle Francis LAI. Le point fort du film vient du fait qu'aucun des acteurs ne tente de tirer la couverture à lui, y compris VENTURA, ce qui assure une belle cohésion à l'ensemble.

Le film sort au moment du festival de cannes 72 où il est présenté hors compétition. Au box office il est en concurrence avec le premier film de Jean YANNE "Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil". A la surprise générale, le film de ce dernier explose le box office et prend la première place du box office hebdomadaire parisien devant le LELOUCH. ce dernier ne s'en laisse pas compter et remporte la première place la semaine suivante. Les deux films dominant le box office de la tête et des épaules. Les deux films se tirent la bourre et finalement le film de Jean YANNE l'emporte au fur et à mesure des semaines. Mais les deux films deviennent les champions de l'été 1972 où ils sont présent durant de nombreuses semaines dans le top 10. Au final le réalisateur obtient son plus gros succès avec près de 4 millions de spectateurs et est millionnaire sur Paris-Banlieue.

LELOUCH confirme qu'il est un des plus efficaces réalisateurs français. Lino VENTURA peut respirer, il est remonté au top du box office et sa carrière en profitera. Claude LELOUCH l'apprécie beaucoup et va rapidement lui proposer un nouveau projet en commun "La bonne année". Une grande amitié est née entre VENTURA et BREL et les deux désirent rejouer ensemble, ce qui sera le cas dès l'année suivante avec le fabuleux "L'emmerdeur". Charles GERARD va poursuivre son parcours avec LELOUCH. Charles DENNER est toujours très demandé et va tourner avec BELMONDO. La révélation du film Aldo MACCIONE va intégrer le casting de la comédie de Robert LAMOUREUX, "Mais où est donc passée la 7ème compagnie ?". Bref, le succès considérable du film a profité à tous.

En 2008 Claude LELOUCH a évoqué le projet de délivrer une séquelle au film avec les deux survivants du casting original, soit MACCIONE et GERARD, mais cela semble n'être qu'un beau projet.

Le succès du film ne s'est jamais démenti, surtout à la télévision où il est devenu un des habitués du petit écran.              

 


 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

3 815 477

 

ENTREES PARIS

 

732 100

 

ENTREES BANLIEUE

 

334 622

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

1 066 722

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

2

107 974

14

2ème semaine

1

134 977

 

3ème semaine

2

95 389

 

4ème semaine

2

63 561

 

5ème semaine

3

56 688

 

6ème semaine

3

43 129

 

7ème semaine

3

37 075

 

8ème semaine

4

40 006

 

9ème semaine

4

41 084

 

10ème semaine

2

32 800

 

11ème semaine

3

25 160

 

12ème semaine

4

23 333

 

13ème semaine

5

24 485

 

14ème semaine

5

24 658

 

15ème semaine

4

25 103

 

16ème semaine

2

25 078

 

Nombre de semaines Paris

 

20

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

7 712

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

936 311

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 2 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 17:55
- Publié dans : MISES A JOUR
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Réalisation

Claude CHABROL

Scénario

Paul GEGAUFF

Claude CHABROL

Photographie

Jean RABIER

Musique

Pierre JANSEN

Production

André GENOVES

Distribution

Les films de la Boetie

Durée

185 minutes

Tournage

12/01/72-19/03/72

Dr Paul SIMAY

Jean-Paul BELMONDO

Christine

Mia FARROW

Berthier

Daniel IVERNEL

Martine

Laura ANTONELLI



Le docteur Paul Simay, plus communément appelé le docteur Popaul, est victime d'un accident de voiture, malencontreusement orchestré par sa femme Christine, un stupide accident qui lui vaut les deux jambes cassées. Il est hospitalisé tout naturellement dans sa clinique, soigné par son meilleur collègue et par la plus belle infirmière. Cette convalescence forcée le plonge dans ses souvenirs de coureur de jupons avec la particularité étrange de préférer les filles laides. C'est dans cette catégorie que se range Christine à qui il offre la première nuit d'amour. Celle-ci étant la fille d'un grand chirurgien, il y eut dans la corbeille de mariage une clinique ultramoderne. Mais Christine avait une soeur, Martine, qui au désespoir de Popaul est radieuse. De surcroit, elle lui fit des avances précises. Celui-ci se vengea en faisant échec aux tentatives successives de mariage de cette soeur, belle dans tous les sens du terme. Popaul s'amusait beaucoup. Seulement voilà: ses goûts changèrent, il se mit à désirer celle qu'il avait jusque-là honnie. Qu'à cela ne tienne, Martine succomba facilement à ses avances. Ce qui ne rassura pas totalement Popaul, craignant le départ éventuel de son amante pour un mari. Aussi remplaça-t-il les pilules contraceptives de son amante par d'inoffensives préparations de son crû. Le résultat ne se fit guère attendre: naquit la petite Claudine. Maintenant Popaul se sent seul dans son lit d'hôpital. Délaissé de tous, il sombre dans une angoisse justifiée puisqu'on lui apprend qu'il ne pourra plus marcher. Les larmes aux yeux, sa femme lui donne le poison qui mettra fin à ses jours... 

 

Après le succès énorme du "Casse" , BELMONDO songe à sauter le pas vers le métier de producteur bien conseillé par son impresario et par Henri VERNEUIL. Après tout, son principal "concurrent" Alain DELON a gagné beaucoup d'argent en produisant "Borsalino" et le fait d'être producteur lui semble être un gage de liberté supplémentaire. Il nomme sa société "Cerito" en hommage à sa grand mère Rosine Cerrito. La société perdit un "r" au passage ce qui semble être une faute de typographie. 

Pour sa première production, l'acteur souhaite adapter un roman d'Hubert MONTEILHEIT "meurtres à loisir". Il propose à Claude CHABROL avec qui il n'a plus tourné depuis "à double tour". Finalement le film s'intitulera "Docteur Popaul" titre hautement évocateur car comme tout le monde le sait, "Popaul" est un des sobriquet donné au sexe de l'homme. Tourner avec CHABROL semble une bonne chose. le réalisateur a depuis quelques années proposé des  perles comme "Les biches", "Le boucher" ou "Que la bête meure" néanmoins en dehors de leurs qualités, ces films peinent à dépasser le million de spectateurs en France. le charisme de l'acteur suffira-t-il à porter le film sur les sommets ?

Le film est une grande farce au service de l'acteur. Ce Docteur Popaul porte bien son nom, car il est porté "sur la chose " comme on dit. On le trouve cependant en mauvaise posture au début du film. Son parcours nous est conté.

Le film est on ne peut plus cynique. Nous comprenons vite que Bebel va tourner en roue libre.

On le sait Claude CHABROL n'est pas le dernier des farceurs et sa collaboration avec BELMONDO va donner quelques scènes d'un niveau de misogynie rarement atteint. En effet le Docteur Popaul fait partie d'un groupe d'amis, des compagnons de boisson dont la principale activité est de coucher avec des filles laides. A chaque réunion, les participants exposent leur trophées de chasse, soit des photos des femmes moches. Au paroxysme du malotru Popaul précise même que "prendre une femme laide en levrette ne compte pas". De quoi faire hurler les femmes du MLF. C'est quand même savoureux, mais à prendre au troisième degré.

Evidemment il va se marier par jeu avec une femme laide. Pour l'occasion Mia FARROW est assez enlaidie (nous précisons qu'elle était mignonne à l'origine). Bien sûr lors du mariage Popaul remarque sa belle-sœur jouée par une Laura ANTONELLI des plus superbes. Evidemment il tombera amoureux de Martine et sa femme concoctera une vengeance bien aidée par le meilleur ami de Paul, joué par un Daniel IVERNEL assez drôle.

Paul croira sa dernière heure arrivée, mais au final tout fini plutôt pas mal.

On ne peut pas dire que l'intrigue soit bien captivante, CHABROL semblant avoir perdu son fluide original. Question cabotinage Bebel s'en offre une belle tranche avec un rêve où on le découvre déguisé en gendarme ou en procureur.

Le tournage se déroule dans une bonne ambiance, d'autant plus que BELMONDO qui était durant quelques années le compagnon d'Ursula ANDRESS noue une idylle avec Laura ANTONELLI, on le comprend.

Le problème provient de la vision du film à la projection d'après montage. Le film ne fait pas rire et glace l'assemblée. Ce film un peu extra-terrestre sera-t-il le premier échec de BELMONDO producteur ?  De plus la critique est fraîche, divisée, c'est le moins qu'on puisse dire. Le concours de femmes laides n'a pas l'air d'avoir plu aux critiques.

A sa sortie le film prend largement la tête du box office parisien et réalise une belle seconde semaine. De quoi rassurer BELMONDO, le public a suivi et mine de rien devient le seul film de Claude CHABROL à passer la barre des deux millions de spectateurs. L'effet BELMONDO a encore frappé. 

Le film marche très bien en Europe ce qui est rare pour un CHABROL.

Finalement BELMONDO déclare que lorsqu'il était acteur, les producteurs se plaignaient qu'il était cher. De plus il voyait rarement la couleur des bénéfices des films. Il constate que finalement il n'est pas si cher que cela et qu'il rapporte aux producteurs. Il produira désormais une majorité de ses films avec René CHATEAU.

"Docteur Popaul" reste aujourd'hui une œuvre inclassable, surprenante, parfois ratée mais avec un ton iconoclaste des plus savoureux.

 


CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

2 062 042

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

631 722

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

115 559

18

2ème semaine

1

91 135

 

3ème semaine

2

71 789

 

4ème semaine

4

56 862

 

5ème semaine

7

52 644

 

6ème semaine

11

30 057

 

7ème semaine

9

32 363

 

8ème semaine

14

15 759

 

Nombre de semaines Paris

 

12

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

6 420

 

1er jour Paris

 

 

 

1ère séance Paris

 

 

 

Box office Allemagne

 

 

 

Box office ESPAGNE

 

873 577

 

Box office Italie

27

 

 

Cote du succès

 

* *

 


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Par RENAUD SOYER - Voir les 3 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Samedi 30 juillet 2011 6 30 /07 /Juil /2011 12:01
- Publié dans : MISES A JOUR

HO !

 

16 OCTOBRE 1968

 

 

 

 

Réalisation

Robert ENRICO

Scénario

P. PELEGRI

L. HAMON

Robert ENRICO

José GIOVANNI

Directeur de la photographie

Jean BOFFETY

Musique

François de ROUBAIX

Production

Paul LAFFARGUE

Distribution

Cocinor

Durée

95 minutes

Tournage

 

François Holin dit Ho

Jean-Paul BELMONDO

Benedite

Joanna SHIMKUS

François Canter

Sydney CHAPLIN

Gabriel Briand

Paul CRAUCHET

 

 

Ex-coureur automobile, François Holin entre comme chauffeur au service d'une équipe de gangsters, François Canter, le chef, et les frères Schwartz. On le surnomme "Ho", afin de ne pas le confondre avec l'autre François et pour bien lui faire sentir qu'il n'est qu'un domestique. Ho subit des humiliations constantes et ne touche qu'une infime partie du butin, à la suite d'un hold-up réussi grâce à sa virtuosité. Cet argent lui permet néanmoins d'offrir à son amie Benedite, une cover-girl, un vison au cours d'un week-end en Sologne. Quelques jours plus tard, alors que la bande prépare un nouveau hold-up, Canter se tue par accident. Voyant là une occasion de s'affirmer, Ho propose aux frères Schwartz de diriger l'affaire. Mais ils ne veulent rien entendre. Aussi décide-t-il d'agir seul. Entre-temps, Ho se fait arrêter pour le vol d'une voiture. Incarcéré, il parvient à s'échapper en se faisant passer pour son voisin de cellule, un clochard. Benedite le laisse tomber en apprenant ses activités. Briand, un journaliste, laisse entendre dans un article que Ho serait responsable de l'accident qui jadis coûta la vie à son co-équipier et qui lui valut de perdre sa licence. Ho contacte le journaliste. Ils deviennent amis et Briand réhabilite Ho. La police, qui soupçonne le journaliste d'en savoir beaucoup, l'arrête et l'interroge. En révélant la passion de Ho pour les cravates, il livre un détail qui le perdra. François tombe dans un piège et ouvre le feu. Benedite, qu'il a revue, cherche à le sauver. En voulant gagner la Sologne, ils se heurtent aux frères Schwartz traqués eux aussi après leur hold-up en province. Ho engage le combat, abat les deux gangsters. Mais Benedite est tuée aussi. Désarmé, il se livre ensuite à la police.

 

Après le demi-échec du "Voleur", Jean-Paul BELMONDO change d'impresario car Blanche MONTEL a pris sa retraite. Gérard LEBOVICI va prendre en main la carrière de l'acteur. S'occupant également de celle de Robert ENRICO il facilite la rencontre entre les deux qui voit l'adaptation d'un roman de Jose  GIOVANNI. Robert ENRICO doit à GIOVANNI deux très beaux succès "Les grandes gueules" et " Les aventuriers". C'est un retour à un genre que BELMONDO connait bien, le film noir. Du coté de la distribution, BELMONDO va retrouver deux habitués de Robert ENRICO, la belle et fragile Joanna SHIMKUS ("Les aventuriers") et le toujours très bon Paul CRAUCHET ("Les grandes gueules").

Etrangement Jean-Paul BELMONDO et José GIOVANNI n'apprécièrent pas le film. L'acteur invoque un rôle trop "loser" pour attirer le grand public et l'auteur va trouver là la motivation de mettre en scène ses propres histoires avec "Le rapace".

Et pourtant, le film est pétri de qualités. François Holin est loin d'être un personnage négatif. Certes, le film s'ouvre sur un Holin pilote de course accidenté que l'on retrouve après en chauffeur pour le compte d'un gangster. Il aime la sape et agit toujours avec superbe. Il est le bras droit d'un truand François Canter qui l'apprécie. D'ailleurs lors du partage du butin d'un hold-up il octroie une part généreuse du butin ce qui fait grincer des dents les complices de Canter. En effet, Holin est cantonné au rôle de chauffeur et ne participe pas à l'action. L'argent récolté permet à Holin de  mener bon train en compagnie d'une charmante mannequin populaire jouée avec grâce et fragilité par la belle Joanna SHIMKUS.

"Ho" rêve devant sa glace à des lendemains plus glorieux.

Durant le repérage d'un nouveau "casse", Canter fait tomber son pistolet au sol. Le coup part et le blesse mortellement. Holin propose de mener le casse à son terme, mais les complices refusent doutant de ses capacités.

Alors que Holin veut agir seul, il se fait arrêter bêtement. Interrogé par un commissaire tenace qui le soupçonne de connaître l'origine du casse précédent, il n'avoue rien et finit en prison. Mais doté d'une vive intelligence, il parvient à s'évader sans aucune violence. Il emprunte l'identité d'un compagnon de cellule qui est un clochard notoire. Holin sort de la prison crasseux, mais libre. Un passage fort amusant quand on connait son goût pour la belle sape.

Son évasion lui assure une belle popularité et il fait enfin les gros titres des journaux. Un mélange d'Al Capone et d'Arsène Lupin, son égo explose. Un détail le chipote, on l'accuse d'être à l'origine de la mort de son ami. C'est en fait un piège piloté par le commissaire de police. Holin capture le journaliste qui a écrit l'article et rétablit la vérité. Oui, c'est un bandit, mais il est contre la violence. Petit à petit il séduit Gabriel BRIAND joué" par Paul CRAUCHET.

Cet épisode rappelle par bien des aspects l'épisode réel de Jacques MESRINE convoquant la presse lors d'une de ses cavales pour faire passer ses messages. Comme quoi le film était bien en avance et crédible.

Autre preuves des capacités de Holin, il mène à terme le casse prévu avec une nouvelle équipe.

Alors qu'il éprouve des difficultés avec sa fiancée, il ne peut s'empêcher de se gausser envers Briand. Bêtement celui-ci laisse un indice intéressant au commissaire de police qui l'interroge.

Holin est poursuivi par ses anciens complices. Holin s'en débarrassera utilisant la force ce qu'il a toujours chercher à éviter. Hélas Bénédicte mêlée malgré elle à l'histoire,  meurt en voiture lorsqu'elle tente de s'échapper du traquenard. 

Capturé par la police, Holin est sous le feu des projecteurs, mais cette fois pour témoigner de sa déchéance.

Robert ENRICO a réalisé un très bon film. "Ho" est un gangster très charismatique et classe. Son refus d'utiliser la force et son esprit fanfaron sont attachants. Certes, la fin du film est conventionnelle, mais le bandit ne peut pas toujours gagner fusse-t-il fort sympathique. Le film est bien porté par une superbe partition de François de Roubaix.

Le film qui prend la première place du box office parisien doit rassurer l'acteur.   En seulement 4 salles le film fait 68 162 spectateurs. La très vive concurrence, en particulier les films avec Louis de FUNES, fera que le film glissera lentement de semaines en semaines, pour finir tout de même à plus de 400 000 spectateurs parisiens au total et à près de 1.8 millions de spectateurs en France. Ce n'est pas spectaculaire mais prouve à l'acteur qu'il devra alterner les entreprises commerciales aux films plus personnels et risqués. L'acteur pourra compter sur l'attaché de presse qu'il vient de rencontrer: René CHATEAU. Celui contribuera énormément à la notoriété que BELMONDO va rencontrer dans sa seconde partie de carrière.      

 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 774 340

 

ENTREES PARIS

 

414 168

 

ENTREES PARIS EXCLUSIVITE

 

269 425

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

68 162

4

2ème semaine

2

45 642

 

3ème semaine

4

43 397

 

4ème semaine

6

31 920

 

5ème semaine

8

18 533

 

6ème semaine

15

14 842

 

Nombre de semaines Paris

 

13

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

17 041

 

Budget

 

 

 

Box office annuel FRANCE

25

 

 

Box office annuel Espagne

 

734 174

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 4 commentaires - Communauté : BOX OFFICE
 
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