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JULIETTE ET JULIETTE
22 FEVRIER 1974
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Réalisation
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Remo FORLANI
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Scénario
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Remo FORLANI
Jacqueline VOULET
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Photographie
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Jean COLLOMB
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Musique
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Paul MISRAKI
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Production
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Jacques DORFMAN
BELSTAR PRODUCTIONS
Annie GIRARDOT
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Distribution
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PRODIS
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Durée
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90 minutes
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Tournage
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12/06/73- 13/08/73
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Juliette 1
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Annie GIRARDOT
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Juliette 2
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Marlène JOBERT
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Bob
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Pierre RICHARD
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Madame ROSENEC
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Paulette DUBOST
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Monsieur ROSENEC
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Alfred ADAM
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Juliette "I" assume le "courrier du coeur" d'un magazine féminin luxueux et très dans le vent. Il faut une lauréate
au concours truqué organisé par la maison. Juliette "II", vendeuse dans une grande surface, est élue. Le reportage sur sa vie quotidienne n'étant
que mensonge, elle s'insurge et propose à la place une enquête sur son lieu de travail. Après s'être fait prier, Juliette I accepte. La réalité est triste et n'entre absolument pas dans le cadre
de la publication. De nuit pourtant, les deux femmes pénètrent dans la salle de rédaction et substituent documents et textes. Le lendemain, Juliette I est mise à la porte tandis que Juliette II
quitte son emploi et se retrouve en butte aux réprimandes de Bob, son mari, boxeur sans talent, et de ses beaux-parents restaurateurs. Pour défendre la condition féminine, les deux Juliette
fondent un journal: "Femmes en colère". Le succès est foudroyant. La participation et les adhésions pleuvent, les problèmes aussi. Amoureuse, mais trop accaparée, Juliette I doit quitter Laurent,
son fiancé, tandis que Juliette II n'arrive pas à faire comprendre à son mari qui se désespère qu'entre "l'homme et la femme, tout est à réinventer". Manifestation, occupation des locaux, police
en faction dans la rue, le journal devient un camp retranché. A l'extérieur, Laurent et Bob, parce qu'ils ne se connaissent pas, en viennent aux mains, victimes d'une confusion de prénoms, puis
rossent les policiers qui tentent de les séparer. Impatientes, les deux Juliette les retrouvent à leur sortie de prison. Ils ont changé, et même tellement évolué qu'ils vont ensemble créer un
journal: "Hommes en colère"!
Remo FORLANI fut pendant près de 50 ans un journaliste légendaire de la radio RTL où il fut un critique de cinéma réputé et sans
langue de bois. Véritable touche à tout, il fut aussi écrivain et scénariste de films parmi lesquels les deux "Tintin" en live où "La bande à Bonnot" entre autres. Fatalement à un moment l'envie
de réaliser son propre film se fait sentir. Basé sur un des ses scénarios "Juliette et Juliette" conte une histoire sympathique, une comédie tendre sur fond de M.L.F très en vogue à l'époque, ces
bonnes seventies.
Au niveau du casting, le réalisateur peut compter sur une affiche poids lourds avec trois cadors du box office.
Annie GIRARDOT reste sur une magnifique série de succès. On ne la présente plus. a elle seule, elle pèse des millions d'entrées.
D'ailleurs, elle investit de sa poche pour le film où elle devient coproductrice. Comme Catherine DENEUVE à la même époque, elle tente l'aventure. Dans le métier c'est plutôt rare où seule
Danièle DELORME a prouvé un immense talent pour la production. C'est plutôt l'apanage des stars masculines tels Alain DELON ou Jean-Paul BELMONDO.
Elle partage l'affiche avec Marlène JOBERT qui est tout simplement l'actrice la plus en vogue du moment. Au niveau du box office c'est
son égale. Elle sort de l'impressionnant succès critique de "Nous ne vieillirons pas ensemble". Avec deux pareilles stars le succès est annoncé.
Pour couronner le tout, Pierre RICHARD est de la partie. C'est devenu une star depuis "Le grand blond avec une chaussure noire".
Présenté en tête d'affiche ce n'est pourtant pas le premier rôle, il joue un boxeur loser mari de Marlène JOBERT. Lui aussi poids lourd du box office c'est une assurance pour un
succès.
Et pourtant le réalisateur va réussir l'exploit de ne pas savoir exploiter ces trois redoutables chasseurs de
spectateurs.
Un peu à l'instar de grands succès comme "Erotissimo" ou "Elle court, elle court la banlieue" Remo FORLANI va tenter de capturer l'air
du temps de l'époque. Une histoire d'amitié entre deux femmes teintée d'une description du féminisme ambiant.
Le film est très court, à peine 1h20 hors générique et pourtant le réalisateur parvient à distiller un formidable ennui qui va
crescendo. Après un générique cheap et moche, le spectateur est projeté dans le vif du sujet, si j'ose dire... le sujet est mince comme une feuille de papier à cigarettes.
Juliette 1 jouée par Annie GIRARDOT est une journaliste réputée dans un des plus grands magazines féminin. Elle a perdu la photo de la
gagnante du concours Penelope 73. Avec la complicité de l'ensemble de la Direction artistique du journal, elle tire au hasard la photo de la "remplaçante".
C'est quand même un peu maigrelet comme point de départ.
Heureusement la gagnante est Juliette II jouée par Marlène JOBERT. L'actrice joue une vendeuse du magasin "INNO". Pour ceux qui ne le
savent pas "INNO" était une chaîne de magasins parisiens bon marché. Il y avait un peu de tout, des fringues à l'alimentation, et je me souviens des sacs en papier floqué du célèbre
logo. D'ailleurs le film semble avoir été patronné par ces magasins, tant la publicité faite à la marque est peu discrète...Juliette II ne semble pas très motivée par son travail et n'hésite pas
à se moquer des clients. Marlène JOBERT est parfaitement à l'aise dans ce rôle d'amuseuse. Emaciée, elle n'a jamais été aussi "fit" que dans ce film. Elle est au comble de la
beauté.
La première partie du film où Juliette II est "relooké" pour passer dans le journal est assez amusante. Marlène JOBERT est parfaite
pour arborer diverses perruques, mini jupes et compagnie. Nous faisons connaissance avec Bob le mari de Juliette II un boxeur de quartier. Pierre RICHARD part en vrille et en rajoute des tonnes
dans des gags visuels dont il a le secret. Remo FORLANI ne semble pas le "driver". heureusement par la suite, le coté "poète" de Pierre RICHARD parvient à prendre le dessus et sa prestation
devient plus calme, plus intéressante, il joue sur sa sensibilité et non pas sur son physique.
Le film part dans plusieurs directions: la cause féministe, les histoires d'amour avortées entre Juliette 1 et les hommes qu'elle
rencontre et les difficultés de Juliette2 avec son mari boxeur. Le film dresse le portrait de prolétaires sympathiques, le tout dans une communauté humaine et engagée.
Les deux amies créent donc un journal féministe qui va rencontrer le grand succès. Il y a d'ailleurs une réplique excellente lorsqu'un
lecteur de la revue dans un kiosque lance "encore des mal baisées" la femme à coté de lui répond "Mal baisées....par qui ?". Bref, si l'histoire traite de la cause féminine il n'en reste pas
moins que les deux héroïnes recherchent l'amour et ont bien besoin de leurs hommes qui iront faire un tour en prison après s'être bagarré avec des policiers.
Alors que le cinéma français propose des études sociologiques de l'époque de qualité, tel "Charlie et ses deux nénettes" ou les films
de Jean YANNE par exemple, le film de Remo FORLANI dégage moins de puissance évocatrice. On s'ennuie ferme. Le réalisateur ne sait pas utiliser le potentiel de ses vedettes et c'est bien dommage,
car on imagine les possibilités pour un bon cinéaste d'utiliser le talent des deux actrices. Annie GIRARDOT ne dégage pas la même puissance habituelle. Peut être le fait d'être coproductrice du
film la bride quelque peu. Aucun problème de la part de Marlène JOBERT en pleine forme, pétillante et enjouée, c'est le moteur du film. Pierre RICHARD offre pour une fois un visage un peu
différent de ses comédies à succès.
Le film sort dans une concurrence acharnée. Face au dernier Jean Yann "Les chinois à Paris" le film ne prend que la troisième place du
box office parisien à sa sortie. Après une seconde semaine correcte le film s'écroule. En France, la grande popularité des acteurs permet au film d'approcher les 800 000 spectateurs, un résultat
mi figue mi raison, qui ne permet pas au film d'être rentable.
Cette déception va sonner le glas des ambitions d'Annie GIRARDOT comme productrice. Mais pour les trois acteurs la route du succès au
box office se poursuivra pour leurs films suivants.
Remo FORLANI va se consacrer à l'écriture et abandonner le cinéma. Ne disait-il pas de son film qu'il aurait parfaitement pu écrire un
article défavorable envers son film. On ne s'improvise pas réalisateur comme ça.
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CATEGORIE
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RANG
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NOMBRE
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SALLES
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ENTREES FRANCE
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777 716
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ENTREES PARIS
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ENTREES BANLIEUE
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TOTAL PARIS BANLIEUE
(source Le Film Français)
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163 511
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1ère semaine
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3
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53 237
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16
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2ème semaine
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4
|
42 770
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3ème semaine
|
10
|
26 393
|
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4ème semaine
|
13
|
20 090
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Nombre de semaines Paris
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10
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Moyenne salles Paris 1ère sem
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3 327
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1er jour Paris
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Budget
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Box office annuel Espagne
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Box office annuel Allemagne
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Box office annuel Italie
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Cote du succès
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