Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe". Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux
oubliettes. Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce
qu'il est bon? Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au
fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là. Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou
sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis. Merci au Film Français et aux membres
du forum business d' allo ciné.
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SOMMAIRE DU BLOG
Vous trouverez le tableaux récapitulatif des entrées des acteurs et réalisateurs :ICI
Léandre Brassac, vétérinaire près de Nantes, habite un manoir dont il a hérité. Il va souvent traîner dans les bars du
port, où il exprime sa misanthropie, d’autant plus fortement qu’elle est bien arrosée. Il en veut à tout le monde, et à lui-même… Il vit avec Marie, une Allemande épousée en 1940 (un
exploit !), qui supporte stoïquement ses accès de violence. Un soir, il rencontre Simone, jeune prostituée paumée, la sort des pattes du lourdaud Marcel, son souteneur, et l’installe chez
lui. La jeune fille, d’abord heureuse de découvrir une autre vie, se pose des questions. Que fait-elle ici ? Pourquoi Brassac agit-il ainsi ? Quand elle l’entend injurier sa femme, qui ne
lui a pas donné d’enfant, elle comprend qu’il la considère comme une fille de substitution. Marcel tente de la récupérer, sans succès : il est chassé du château par Brassac et Marie, qui
sympathise avec Simone. Cette dernière, pourtant intimidée par Brassac, lui reproche son attitude grossière envers sa femme. Simone est courtisée par Roger, un voisin agriculteur, à qui
elle ne cache pas son passé. Brassac administre à Marcel une bonne correction pour qu’il cesse de harceler la jeune fille, puis le soigne et remarque, désabusé : « Il survivra, hélas ! ».
La vie suit son cours au château, Brassac se saoule moins souvent, s’humanise un peu et se rapproche de Marie. Simone n’ose pas parler de sa liaison avec Roger. Quand ce dernier vient
annoncer un mariage prochain, et une naissance, Brassac laisse éclater sa joie… d’être grand-père !
Après quelques résultats un peu plus mitigés que d'habitude, GABIN respecte son contrat qui le lie avec Maurice
JACQUIN pour plusieurs films. Ce "Tonnerre de Dieu" est donc un film monté autour de lui avec toute une équipe dévouée. C'est désormais Walter WOTTITZ qui remplace Louis PAGE à la
photographie, l'acteur ayant pris en grippe ce dernier. A la réalisation, GABIN retrouve Denys De la PATELLIERE, le réalisateur d' "Un taxi pour Tobrouk" avec qu'il a connu de très gros
succès, tel "Les grandes familles" en 1958 ou "Rue des prairies". Pascal JARDIN va concocter des dialogues forts pour l'acteur, le ton même de ceux-ci rappellent furieusement les meilleurs
répliques de Michel AUDIARD.
Au niveau du casting la production a la très bonne idée de proposer le principal rôle féminin à Michèle MERCIER,
qui a connu son premier très grand succès avec le premier épisode d' Angélique Marquise des Anges". La présence de la magnifique actrice (superbe en brune) apporte un plus évident au film.
Mais le film pourra aussi compter sur la présence de la très grande actrice Lili PALMER, qui, a 50 ans est encore superbe elle aussi. Qui dit Michèle MERCIER dit Robert HOSSEIN. L'acteur
est lui aussi présent pour un rôle court mais important pour le film. Georges GERET acteur a la forte personnalité est également présent. Un fort beau casting pour un film pourtant réalisé
en noir et blanc.
Une nouvelle fois, GABIN joue "un personnage". C'est un ancien vétérinaire qui a des lettres. Alcoolique,
paillard, anarchiste nous le découvrons dans un bar en train de refaire le monde. La France change, tout fout l'camp, les élites se délitent, la France est "envahie" et la vignette est crée
pour duper les français. Des propos encore bien d'actualité aujourd'hui. De retour dans sa petite ville de province, cet original va recueillir une jeune prostituée qui en a assez du
métier. C'est Michèle MERCIER qui joue Simone. C'est une jeune femme forte et qui décide de rompre avec son passé. Mais elle a besoin d'un point d'attache fort pour y parvenir, et Léandre
est cet homme qui s'il n'ignore pas la beauté de Simone est cependant capable de passer outre. Mais ce ne sera pas simple. Simone à un maquereau. Marcel, joué par robert HOSSEIN, est un
souteneur de Province, qui officie dans un bar du village et qui tient beaucoup à Simone, la plus belle de sa troupe. Brassac le connait depuis des lustres, mais cette fois, les rapports
vont s'envenimer.
Autre chose, dans la magnifique propriété de Brassac vit la femme de celui-ci, une très belle femme un peu blasée
des frasques de son mari. Clope au bec, elle assiste à sa nouvelle lubie: ramener une prostituée dans la propriété, mais celle-ci se révèle une chic femme. Le couple est cependant déchiré
par un drame, elle n'est pas capable de donner un descendant à son mari et le couple en souffre.
Dans la première partie du film Brassac devra se battre avec Marcel pour la liberté de Simone. Les deux en
viennent aux mains après que Marcel ait copieusement insulté Brassac. Mais le combat tourne court et Marcel, un brave gars dans le fond abandonne Simone.
On pourrait croire que tout va bien aller, mais Brassac ivre mort, insulte gravement sa femme et compare son
ventre à un "cimetière". Terribles paroles qui bouleversent Marie. Il va vers la chambre de Simone afin d'abuser d'elle, mais il se fait recevoir vertement. il va cuver son vin et devra
tenter de réparer les dégâts. Autre chose, le village gronde. Les bigots se plaignent à la police, mais le brigadier est copain avec Brassac. Celui-ci fera jouer ses relations à Paris pour
que tout se calme. Pendant qu'il invite Maria au restaurant, Simone est en difficulté avec les chevaux de la propriété et elle appelle le voisin à l'aide. Roger aide Simone et tombe
amoureux d'elle. Leur liaison va attirer bien des problèmes à Roger qui devra choisir entre sa famille et Simone. Le choix est vite fait et on le comprend. Finalement tout s'arrange. Roger
demande la main de Simone à Brassac qui est un peu son père d'adoption. Brassac et Simone font la paix et vont accueillir le futur enfant de Simone. Brassac va fêter cela au bar du coin et
offrir le champagne à Roger et ses nouvelles prostituées. Tout va bien.
Le film reçoit des critiques mitigées et cela peut se comprendre. De la tension née de la situation au début du
film, il n'en reste pas grand chose. Alors que le film aurait pu être dramatique au vu du ton sulfureux, l'ensemble est désamorcé. Simone est une prostituée pleine de vertus et qui rêve du
mariage et du grand amour. Roger est un proxénète un peu ballot, mais bien sympathique au fond, un brave gars. Roger est un cultivateur ancien militaire au grand cœur et qui n'hésite
pas à passer outre la rumeur... Bref tout le monde il est beau il est gentil.
Mais le film est fort plaisant à suivre et GABIN n'a pas été aussi bon depuis longtemps. Il faut dire qu'avoir
Lili PALMER à ses cotés doit faciliter la tâche. Il y a deux scène très fortes : celle où Brassac ivre insulte sa femme et celle où, en retour, Marie vide son sac et règle ses comptes avec
Brassac. GABIN, allongé dans le foin, compose un alcoolique plus vrai que nature. Hagard, le regard qui part dans le vague, il compose un homme ivre mort plus vrai que nature. La scène est
dure, Lili PALMER merveilleuse et GABIN n'hésite pas à se mettre minable.
Et puis Michèle MERCIER n'a jamais été aussi belle, elle éclabousse la pellicule.
Si la critique grince des dents, le public répond présent dès la semaine de sortie où le film prend une belle
première place en exclusivité, ce qui est normal pour GABIN. mais le film perd peu d'entrées et s'accroche à la première place signe d'un bon bouche à oreille. Il reste en tête du Box
office durant 5 semaines et fait montre d'une formidable longévité dans le classement des exclusivités. C'est un des phénomènes de l'année et le film passe la barre des 4 millions d'entrées
en France, ce qui n'est plus arrivé à GABIN depuis "Archimède le clochard" en 1959....
A 60 ans, Jean GABIN prouve qu'il peut toujours attirer les spectateurs en nombre. C'est une bonne nouvelle pour
Maurice JACQUIN qui peut mettre en route la production suivante qui sera un polar en couleur au casting international : "Du rififi à Paname" qui devra surfer sur le succès de ce "Tonnerre
de Dieu"
Michèle MERCIER a le vent en poupe. C'est le second succès de suite pour elle, et le deuxième épisode d'Angélique
va sortir peu de temps après. C'est désormais une actrice capable de concurrencer Brigitte BARDOT.
Élégant, racé, le monocle à l'oeil, portant beau, le baron Jérôme a vraiment de la classe mais il n'a pas d'argent ! Ce
qui ne l'empêche pas de mener la grande vie, à Deauville, collectionnant les ardoises, à l'hôtel, au bar, au casino, car il joue beaucoup et perd souvent Sauf cette nuit où la chance lui a fait
gagner onze millions de francs (anciens) aux dépens du marquis de Villamayor. Celui-ci n'a pas de liquide, mais un bateau, qu'il donne à Jérôme en lui promettant d'envoyer un chèque du solde de
sa dette, Sur-lechamp, le baron part chercher son yacht à Rotterdam en compagnie d'une ancienne liaison, Perle Germain-Joubert, lasse de vivre aux crochets du richissime prince Saddokan. Le
couple entreprend de traverser la France au fil des canaux, direction Monte-Carlo. Mais le yacht tombe en panne sèche le long d'une écluse, près de Châlons. Il est vrai que Villamayor n'a pas
envoyé son chèque et que Jérôme n'a plus un sou vaillant 1 Abord, où il y a à boire - du whisky - niais rien à manger, la zizanie s'installe entre les deux naufragés, Affamée, Perle s'offre un
copieux festin dans une auberge et réussit à faire payer la note par Maurice Montbernon, un viticulteur champenois qu'elle n'a eu aucun mal à séduire. Pendant ce temps, au " Café de l'écluse ",
Jérôme, entre deux appels téléphoniques pour traquer le fameux chèque, gagne pain, vin et saucisson en jouant aux cartes avec des mariniers Marie, patronne du bistrot et jolie veuve, est très
sensible à son charme. Montbernon a demandé à Perle de l'épouser et la jeune femme, avec la bénédiction e Jérôme, quitte le navire. Désormais seul, le baron se rend au dîner en tête-à-tête
auquel Marie t'a convié. Les deux solitaires s'épanchent rêvent d'un avenir commun Mais le chèque arrive et Jérôme reprend la barre, Marie écrase une larme tandis que le baron lui envoie un
baiser.
La collaboration entre Jean GABIN et Jean-Paul GUIBERT arrive à terme avec ce sixième film en trois ans comme prévu par
contrat. Toujours contractuellement le cachet de l'acteur est de 25 millions de francs contre 5 millions de francs pour le premier Maigret. Il est évident que le producteur a largement été
bénéficiaire sur les 5 premiers films qui ont tous été des scores massifs au box office. L'acteur aurait bien plus gagné s'il avait été intéressé aux recettes, mais comme on le sait, il a
toujours préféré assurer un revenu fixe pour assurer l'entretien de sa grande propriété normande.
Pour ce "Baron de l'Ecluse", l'équipe technique habituelle est mise en place autour de l'acteur, que ce soit Louis PAGE son
Directeur de la photographie habituel, sa maquilleuse ou son ingénieur du son... Du coté artistique c'est jean DELANNOY qui retrouve GABIN, un habitué lui aussi. Ce ne sont pas les meilleurs
amis du monde, car le réalisateur n'est pas vraiment un fêtard, mais GABIN connait son professionnalisme. Le réalisateur adapte une nouvelle de SIMENON à l'aide de Maurice DRUON. Bien sûr l'ami
Michel AUDIARD est aux dialogues avec la consigne de ne pas trop en mettre pour GABIN qui ne veut pas réciter plus de cinq lignes de dialogues à la fois. Pas de problème pour AUDIARD qui
connait GABIN comme sa poche.
Au niveau de la distribution l'acteur retrouve des familiers tels Jean DESAILLY ou Louis SEIGNER. Mais bien sûr le casting
est dominé par la présence de deux actrices : Micheline PRESLE et Blanchette BRUNOY.
GABIN compose un personnage dans la grande tradition des "Archimède " et compagnie. Un personnage à forte personnalité, celle
d'un baron ancien pilote d'avion durant la grande guerre, un membre de la jet set de cette belle ville aisée de Deauville ( les courses, son Casino, sa plage). Cet amie des bourgeois et surtout
des bourgeoises éprouve quelques difficultés à maintenir un train de vie élevé. Il conseille ses amis lors de ventes de chevaux, tente de vendre un yacht pour obtenir une commission et joue aux
cartes. Amateur de femmes, il constate que l'âge venant il faut de plus en plus d'argent pour rester séduisant. Mais bon, il est philosophe.... Il rencontre Perle une ancienne maîtresse qui est
une des conquêtes d'un prince riche, mais sans classe. Le soir, en pleine veine, il gagne beaucoup d'argent au Casino et surtout plume le Prince qui congédie Perle sans ménagement. la voici
sans revenus. Pendant ce temps Jérôme rafle la mise lors d'une partie de cartes privée. Il gagne un yacht, mais n'a pas d'argent et attend le reliquat de la somme qu'il gagné afin de voir
venir. Il part avec Perle mais la promiscuité n'est guère passionnante pour Perle. Faute d'argent ils sont bloqués dans une écluse près de Chalons. Perle prend cela avec humour caustique. Les
deux vont chercher quelques nourriture chacun de leur coté...Dans un restaurant elle parvient à se faire inviter par le notable du coin qui tombe sous son charme, celui-ci semble ignorer le
passé de Perle. C'est Jean DESAILLY sui joue ce notable à la classe sage et discrète et qui démontre une belle éduction provinciale. Pendant ce temps Jérôme se rend sympathique aux habitants du
coin, surtout de Maria dont la truculence de Jérôme lui apporte autre chose que l'ennui qu'elle ressent dans cette bourgade. De retour sur le yacht, Jérôme conseille à Perle de le quitter pour
Maurice; Elle ne rajeunit pas, et c'est sa dernière chance de vivre aisément et durablement. Pour lui, c'est trop tard. Perle sait qu'il a raison et le quitte avec regret vers sa nouvelle vie
de notable. Jérôme est sous le charme simple de Maria et de cette vie pépère, pourquoi ne pas s'installer ? Mais au dernier moment l'argent arrive et il peut repartir sur son yacht, non sans
avoir fait une déclaration à Maria qui ne peut dissimuler sa tristesse... Jérôme est un célibataire endurci et les deux se disent au revoir sur la jetée...
Film désuet, ce "Baron de l'Ecluse" n'en est pas moins joyeux et ne sombre jamais dans l'apitoiement. Le baron, Perle et
Maria sont à un tournant de la vie avec ce maudit temps qui passe, l'amitié à remplacé l'amour. Certains choisissent la sécurité, d'autres la liberté, les restants
pleurent.
C'est du cousu main pour GABIN qui est en terrain balisé. Comme d'habitude il apporte sa gouaille et sa truculence à ce
superbe personnage. Micheline PRESLE retrouve une belle production pour un rôle important. Amusante et séduisante, elle est le complément idéal de GABIN pour jouer la comédie car elle est
toujours brillante.
La discrète Blanchette BRUNOY campe un personnage discret et timide qui espère pouvoir retenir un homme un peu différend des
autres. Pas belle, mais charmante, nous sommes tristes pour elle lorsque le "Baron" prend la mer. Mais peut être reviendra-t-il un jour ?
Jean DELANNOY livre une copie propre, nette. Du bon travail de professionnel.
Encore une fois le film prend un départ très solide à paris dans trois salles avec une superbe moyenne. L'effet GABIN est
toujours là et le film connait une brillante exclusivité. En France, le film triomphe avec plus de 3 millions d'entrées. L'association GABIN / GUIBERT n'aura donc connu que des succès au box
office et c'est avec regret que le producteur voit GABIN s'orienter vers un autre producteur pour signer un autre contrat de ce type.
Au Mexique, l'agent secret du F.B.I. qui téléphone d'une cabine publique, voit celle-ci enlevée dans les airs par une grue qui jette la
cabine et son occupant au plus profond de l'océan, en pâture à un requin. Cet incident sera le début, pour Bob Saint-Clair, agent secret d'une série de livres policiers, de nouvelles aventures
que l'auteur, le timide François Merlin, s'ingénie à varier. Sensible et créatif, François assimile les personnages qui composent sa modeste vie aux héros de ses romans. Il voit ainsi sa voisine
Christine, étudiante anglaise, transformée en l'espionne Tatiana, très impressionnée par le charme et l'autorité de Bob Saint-Clair. L'éditeur Charron devient l'odieux Colonel Karpof, ennemi juré
de Bob. Chaque fois qu'une contrariété survient pour lui, François se venge en écrivant un épisode qui ridiculise l'agent secret; il est jaloux de ce personnage trop sûr de lui... Christine,
passionnée par l'imagination de François, décide de faire une thèse de sociologie sur le cas de Bob Saint-Clair; elle prend contact avec l'éditeur de François qui essaie de la séduire, en allant
chez elle avec une bande de noctambules. François mettra fin, cette fois, aux agissements de Charron-Karpof...
Cela faisait un bout de temps que Jean-Paul BELMONDO n'avait pas tourné avec son réalisateur fétiche, Philippe De BROCA.
Les deux vont se retrouver dans un genre qui a fait le succès de l'acteur, la comédie genre qu'il a quelque peu laissé de côté. Car ce film est une pure comédie. A l'origine c'est un scénario de
Francis VEBER qui est dans une période faste à l'époque ( "L'emmerdeur" sort à la même époque). La trame du film plait beaucoup à Alexandre Mnouchkine et De Broca qui décident que ce sera un
support idéal pour Jean-Paul BELMONDO. C'est un concept assez audacieux qui va permettre à l'acteur d'interpréter deux rôles aux facettes diamétralement opposées et on sait que l'acteur adore ça.
Le concept est génial : Belmondo va interpréter un héros de roman d'espionnage de gare Bob Saint Clair et son créateur le romancier peu reluisant, François Merlin.
Si le concept est génial, Philippe De Broca va remanier le scénario de VEBER ce qui ne va pas forcément plaire à ce dernier.
Par exemple c'est DE BROCA qui décide de faire loger François Merlin dans un vieil appartement du Marais quelque peu à rafraîchir. De plus c'es DE BROCCA et Jean-Paul RAPPENEAU coscénariste, qui
créent le personnage de Tatiana afin d'introduire une romance dans l'histoire.
Il est clair que DE BROCA est très motivé pour réaliser le film qui sera un mélange d'Homme d Rio et d'un pastiche des James
Bond / OSS 117 / Bob Morane bien connus. Pour le choix de l'actrice MNOUCHKINE pense à Jacqueline BISSET connue à l'international, en cela ils donnent au film une chance d'être exposé
dans de nombreux pays. BELMONDO est très heureux et on le comprend , c''est une femme magnifique. DE BROCA est plus circonspect: elle capable de jouer de la pure comédie ?
DE BROCA qui désire que son film possède une touche "exotique" à la James BOND fait des repérages au Mexique et est enchanté :
Acapulco, les hôtels pour millionnaires, les palmiers, l'ambiance rococo, son choix est fait, de plus la production est généreuse et il va pouvoir donner libre cours à son imagination des plus
farfelues. Cependant le début du tournage douche son enthousiasme: le climat a évolué entre les repérages et le tournage, la pellicule utilisée à été abîmée par le laboratoire de développement et
BELMONDO s'est fait une entorse. Mais la pause forcée aura été bénéfique A la reprise du tournage tout s'arrange et l'ambiance est au beau fixe grâce à la bonne humeur farceuse distillée par
BELMONDO en pleine forme. Jacqueline BISSET devient une bonne amie de DE BROCA et elle s'avère très agréable durant le tournage. Seul les locaux devront subir les relents pestilentiels de la
véritable rivière de sang animal déversée durant une scène de massacre quelque peu exagérée entre Sinclair et ses ennemis. Après un tournage finalement idyllique il reste à monter un film qui
devra répondre aux attentes du public.
De fait, le film est une brillante réussite. DE BROCA n'a cessé de louer le script génial de VEBER qui lui a permit de broder
et d'ajouter des situations gagesques. Le film est très drôle ce qui pour moi est assez exceptionnel les délire comiques de BELMONDO ne m'ayant jamais vraiment
convaincu.
Le début du film est plaisant. C'est bien sûr un pastiche des héros précités. DE BROCA livre quelques beaux gags, en
particulier l'arrachage d'une cabine téléphonique (avec son occupant) pour la jeter en pleine mer, infestée de requins agressifs comme il se doit. Celui où Sinclair égare sa dent creuse qui
contient du cyanure et empoisonne ainsi toutes les personnes présentes dans la piscine. Sinclair est invincible et élimine toute bande ennemie d'une main, pendant qu'il téléphone. Il doit
résoudre une enquête abracadabrante où les gags à la Tex Avery sont légions. Il rencontre la belle Tatiana et au cours de sa mission il saura la séduire comme il se doit. BELMONDO est dans une
forme olympique malgré ses 40 ans qu'il fête durant le tournage. Musclé, bronzé, agile, il est au paroxysme de son charisme. Jacqueline BISSET est toute en beauté, magnifique dans son bikini.
Elle sait également être drôle et ne se prend pas au sérieux. DE BROCA évite l'écueil de la lassitude en introduisant un élément étonnant à l'issue du premier tiers du film. C'est Monique TARBES
qui passe l'aspirateur sur la plage et qui passe dans une porte qui figure le monde réel. Car Bob Saint Clair est une création née de l'imagination de François Merlin et toute l'aventure est
fictive. Le pauvre François MERLIN est bien sympathique mais il ne semble pas rouler sur l'or. Il doit produire des dizaines de pages par jour pour subsister et payer l'argent de poche de son
fils qui lui rend visite une fois par semaine. Il est un peu négligé car il passe des heures sur sa machine. Ces romans de poche son clairement destinés à un public populaire pour être lus dans
le métro ou sur la plage. François possède la faculté d'inclure dans ses histoires les personnes de son entourage et de leur faire subir d'atroces souffrances et des morts violentes selon ses
rapports dans la vie réelle. Ainsi le plombier joué par Jean LEFEBVRE finit-il criblé de balles dans le nouveau roman de Merlin. On s'aperçoit ainsi que Tatiana n'est autre que la jolie étudiante
de l'étage du dessus de l'appartement de François.
Le quotidien de François rejoint même la mission de Saint Clair. La machine de François est abîmée et la lettre "R" ne marche
plus. résultat Saint Clair parle sans prononcer les "R" dans une scène hilarante. Un hélicoptère se transforme en "hélico' té"
François a besoin d'argent et va demander une avance à son éditeur, Charron, joué par l'excellent Vittorio CAPRIOLI.
Celui-ci qui semble confortablement vivre des romans de François va l' éconduire gentiment. C'est un bourgeois hautain amateur de "cachous" qui rôde dans les boites de nuit à la mode
accompagné d'une faune folklorique. Un peu lâchement François rentre chez lui et introduit son éditeur dans son monde sous le nom de Karpof qui est en fait une sorte de mix de tous les méchants
rencontrées dans les films d'espionnage. Le combat Karpov / Saint Clair va évoluer au fil des relations entre François et Christine, sa charmante voisine qui écrit une thèse dont le sujet est
justement le héros imaginé par François. Celui-ci va donc transformer son héros en "chochotte" qui hurle de douleur pour un panaris. François veut stopper sa carrière d'écrivain minable et
profiter de la vie, mais il doit hélas se remettre au travail. La paroxysme est atteint lorsque Christine subit les assaut de charron et de sa clique. Un peu pompette et droguée, elle est
surprise par François en fâcheuse position. François va se venger et va faire subir un final apocalyptique à Saint Clair: le combat Karpov / Saint Clair donne lieu à un duel à la Sergio Leone.
Tatiana est devenue une poule qui ne cesse de se couvrir de ridicule et de se dégrader... Pendant ce temps Saint Clair et Karpov se déclarent leur amour dans une scène hilarante façon "Cage aux
folles". Ils s'en vont tous les deux en tandem en faisant des "bouhhh" à une Tatiana en pleurs.
Christine s'était déjà débarrassée de Charron et s'est endormi devant la porte de François, sa pantoufle à la main. Il la
découvre au petit matin et ils s'avouent leur amour. François jette son dernier manuscrit par la fenêtre aux pieds de Charron et de sa clique.
DE BROCA livre donc une comédie totalement réussie, inspirée, rondement menée à tambours battants. Il est clair que tout le
monde a du bien rigoler sur le tournage. BELMONDO virevolte, assurant avec le même bonheur les deux rôles. Il n'a jamais été aussi superbe, drôle, "magnifique"... C'est sans doute sa meilleure
comédie et de loin. Jacqueline BISSET est charmante et Vittorio CAPRIOLI est extrêmement drôle (à souligner le superbe doublage de Georges Aminel).
Chose curieuse, à la projection du film Francis VEBER s'en va à la deuxième bobine. Il ne reconnait pas son scénario qu'il
aurait mis en scène différemment. Il s'estime "trahi" et demande à ce que son nom ne figure pas au générique du film. Il n'en demeure pas moins que c'est bien lui qui est l'auteur su scénario.
C'est fort dommage car la carrière de VEBER a prouvé qu'il n'aurait sans doute pas fait mieux que DE BROCA. Francis VEBER va se tourner vers la réalisation et livrer son premier film l'année
suivante avec plus ou moins de bonheur.
Bénéficiant d'une campagne publicitaire menée par René CHATEAU le film est lancé sur de bons rails et permet à BELMONDO de
retrouver les faveurs d'un très large public . Il prend largement la tête du box office parisien et va se maintenir deux mois dans le top 10 hebdomadaire. C'est une très belle période pour les
comédies françaises avec des films tels "L'emmerdeur" ou "Rabbi Jacob". Le public plébiscite le film qui frôle les 3 millions de spectateurs dont près d'un million pour Paris Banlieue. Il marche
également très bien en Europe. Un bon bol d'air frais pour BELMONDO qui peut poursuivre des projets plus personnels tel un film avec Alain RESNAIS.
Le film va faire le bonheur des soirées télévisées. Il reste un des mes souvenirs d'adolescent tenace où je me souviens avoir
ri aux éclats un soir de noël en le découvrant.
Paul Berger, dit Paulo les diams, a monté avec l’antiquaire Walter, son ami et époux d’Irène, son ex-maîtresse, un trafic d’or
qui a fait la fortune des deux truands. Le métal précieux est transporté par avion à Tokyo, Munich ou Londres, par des passeurs sans casier judiciaire, inconnus de la police et des douaniers. Ces
passeurs sont recrutés dans une boîte de nuit appartenant à Paulo : René, le barman, repère les clients naïfs et les jette dans les bras de la belle Lili, l’entraîneuse. Celle-ci a tôt fait, à
force de « petits cadeaux », de les mettre sur la paille et les pauvres « pigeons », plumés, acceptent, contre récompense, d’effectuer un voyage avec, sous leur chemise une ceinture bourrée d’or.
Or, l’une des victimes de Lili n’est autre que Mike Coppolano, agent secret américain ainsi infiltré dans le gang qui est également impliqué dans un trafic d’armes à destination de Cuba. Sa
mission à Tokyo accomplie, Mike est engagé comme garde du corps de Paulo, aux côtés de Roger et Jo, les fidèles « porte-flingues » du truand. Il doit cette marque de confiance au fait qu’il a
sauvé la vie de Paulo au cours d’une fusillade avec le gang de Mario et de Giulio, qui exige sa part du gâteau. Malgré lui, Mike devra abattre Giulio, qui a enlevé Irène pour la convaincre, en
vain, de trahir Paulo. La guerre des gangs fait rage : Walter tombe à son tour et Paulo jure de le venger. Le commissaire Noël voudrait mettre fin à ces massacres perpétrés sur le sol français
mais les autorités américaines lui enjoignent de laisser Coppolano accomplir sa mission. Celle-ci se complique encore lorsque la mafia intervient, en la personne du gangster Binnagio, qui
convoque les représentants des deux gangs, Paulo et Mario, pour leur imposer un accord de partage du marché. Au cours des négociations, Mike est à deux doigts de se faire reconnaître par l’un des
protagonistes avec qui il a déjà eu maille à partir. Il réussit à dérober un carnet dans lequel Walter a consigné l’organigramme du trafic d’armes. Paulo, bien décidé à refuser tout compromis,
fait exploser une bombe en pleine réunion avec les mafieux. Il est cueilli avec Roger et Jo par les policiers de Noël ; avant qu’on lui passe les menottes, il frappe rageusement Mike en plein
visage.
Après le fracassant succès du "Tonnerre de Dieu", Maurice JAQUIN compte bien profiter de l'aura de son célèbre poulain qui est au
zénith. Toujours dans le cadre de leur contrat ce "Du rififi à Paname" est mi en route dans l'optique de surfer sur la vague des films d'espionnage en vogue à l'époque tels les OSS 117, voire les
James BOND.
Le film est adapté d'un livre de Auguste LE BRETON auteur bien connu et présente l'enquête mené par un agent du trésor américain Mike
COPPOLANO contre un gang international de trafiquants d'or.
Contrairement à ce qu'évoque l'affiche, c'est bien Claudio BROOK qui est la vedette du film. Comme son nom ne l'indique pas, c'est un
acteur Mexicain qui a tourné entre autres avec Buñuel avant d'intégrer des productions plus internationales et commerciales. Son physique émacié en fait un agent américain "crédible".
C'est son personnage qui est chargé d'infiltrer le fameux gang et de le démanteler.
Le casting est composé d'acteurs internationaux ce qui prouve les ambitions de la production: imposer le film en Europe. Outre Jean
GABIN et Claudio BROOK, le casting propose rien que moins que Gert FROEBE, le célèbre "Goldfinger" et la belle Nadja TILLIER bien connu du public français et allemand. Au niveau des seconds rôles
Mireille DARC compose une jeune poule de boîte de nuit qui va introduire Mike dans le gang, Marcel BOZZUFFI en garde du corps de "M'sieur Paul" et Claude BRASSEUR comme mauvais garçon, ainsi que
Daniel CECCALDI dans le rôle du flic français de service. Cerise sur la gâteau, Georges RAFT fait une apparition en vedette américaine dans le rôle du chef du gang ennemi.
La photographie du film et la musique jazzy doivent évoquer les riches productions internationales. Dès le générique du début, le ton
est coloré et vif. Le film doit également utiliser les ficelles exotiques des films d'espionnage. Mike doit se rendre à Tokyo afin de remplir sa mission de transporteur d'or, le dépaysement est
assuré.
Bref, Mike est un agent de trésor américain qui doit résoudre une affaire à Paris, puis se rendre à Tokyo dans le cadre de sa mission.
Le cahier des charges, sans surprises, est bien respecté. Claudio BROOK joue un agent du trésor sportif, qui sait se bagarrer et se mouvoir dans le monde des mauvais garçons. Mike utilise le
services de Lili joué par l'ultra sexy Mireille DARC pour rencontrer Paul, un parrain du milieu. Involontairement il lui sauve la vie et attire sa confiance, il devient son garde du corps et est
ainsi aux premières loges pour mener son enquête qui va inéluctablement aboutir à l'arrestation du gang.
Chacun est efficace dans son rôle. Jean GABIN retrouve les rôles de mauvais garçons tel qu'il a joué dans "Le grisbi" et autres... Un
rôle assez statique qui lui permet cependant de distribuer encore de belles baffes, une spécialité à la Gabin. Un rôle de composition habituel sans plus mais qui est
efficace.
Les autres rôles sont plus effacés. Gert FROEBE ne possède pas un rôle aussi puissant que son célèbre "Goldfinger", Nadja TILLER est
extrêmement classe même quand elle est menacée par Claude BRASSEUR. Sa beauté légendaire en fait la femme fatale idéale. Ceci étant son rôle n'excède pas quelques minutes. Mireille DARC joue une
nouvelle fois la jeune poule blonde, mais ce rôle court n'est absolument pas comparable avec ce que lui offre Georges Lautner la même année avec "Galia" et "Ne nous fâchons pas", que ce soit par
la quantité et par la qualité.
Georges RAFT prend la pose, mais au vu du cachet qu'il a du demander, son rôle est également assez court. Seul Marcel BOZZUFFI est
remarqué avec son rôle de garde du corps qui devient un "ami" de Mike, un personnage assez charismatique malgré son rôle ingrat.
En bref, ce OSS 117 au pays du rififi se laisse voir sans aucun déplaisir malgré quelques longueurs. Il y a bien sûr des scènes de
bagarres, d'interrogatoires musclés, quelques morts violentes et bien sûr les petites pépées de rigueur. La mise en scène est alerte et bien troussée et utilise au mieux le budget confortable du
film. Mais pour être honnête, rien de bien original dans ce "polar" à la française.
L'affiche est magnifique et le film sort en mars 1966 et va profiter du succès du "Tonnerre de dieu" pour s'imposer très largement en
exclusivité parisienne, un nouveau numéro un au box office pour jean GABIN. Le film va rester en tête durant 3 semaines. Au final le film atteint les deux millions d'entrées en France après avoir
atteint les 500 000 spectateurs à Paris. Un résultat logique qui peut rassurer GABIN, il est toujours aussi populaire.
Hal LANDERS Bobby ROBERTS Michael WINNER Dino DE LAURENTIIS
Distribution
Warner-Columbia
Durée
94 minutes
Tournage
Paul Kersey
Charles BRONSON
L'inspecteur Frank Ochoa
Vincent GARDENIA
Joanna Kersey
Hope LANGE
Joanna Kersey et sa fille Carol sont agressées et violées chez elles par trois voyous. Prévenu par son gendre
Jack Toby, Paul Kersey apprend en arrivant à l'hôpital que son épouse vient de succomber. Carol, elle, traumatisée, sombre dans une prostration nécessitant son internement Travaillant pour une
entreprise de construction de résidences, Kersey est envoyé à Tucson pour élaborer un projet avec Aimes Jainchill. Celui-ci le prend en amitié et grand amateur d'armes à feu, lui en offre une
lorsqu'il rentre à New York Dès lors, l'ancien objecteur de conscience, affecté dans une unité médicale lors de la guerre de Corée, ne connaît plus que l'usage de la violence pour répondre à la
violence. Marchant seul dans un parc la nuit, il tue un toxicomane en manque qui en voulait à son argent. Puis une bande de voyous dans une rue sombre, puis deux agresseurs dans le métro, puis
deux autres encore. Bientôt celui que la presse qualifie de "justicier de New York" fait des émules. Les "braves gens", galvanisés, apprennent à se défendre. Kersey est identifié par le
perspicace policier Frank Ochoa, mais l'annonce de son arrestation ne manquerait pas de redoubler le taux de criminalité qui grâce à lui avait fortement baissé. On ne peut pas non plus le laisser
continuer. Décision est donc prise, en haut lieu, de lui accorder l'impunité à condition qu'il quitte la ville. Après s'être remis des blessures infligées par d'autres voyous, il se fait
effectivement muter à l'agence de Chicago de sa société. Mais là aussi la délinquance sévit.
Depuis le succès massif de "Cosa Nostra" en 1972 la carrière de Charles BRONSON ronronne tranquillement. Ses films fonctionnent bien
en Europe, c’est une des stars les plus rémunérées. Mais cela fait quelques films qu’ un BRONSON n’est plus un évènement surtout aux USA. D’ailleurs Dino DE LAURENTIIS producteur quelque peu
mégalo (son nom est aussi grand que l’écran lors du générique) songe à ne pas renouveler le contrat qui les lie depuis quelques films. Alors qu’il se repose comme tous les mois de décembre
chez lui en 1972, Michael WINNER son ami réalisateur lui parle d’un roman de Brian GARFIELD qui relate l’histoire d’un petit comptable New-Yorkais dont la famille a été massacrée par une bande de
« muggers » et qui se venge en exterminant un à un les auteurs du massacre. L’agent de BRONSON lui déconseille vivement de faire le film, mais Michael WINNER est très convaincant. Le
réalisateur et Charles BRONSON se connaissent bien et leur association a donné naissance à deux magnifiques perles : "Les collines de la terreur" et "Le flingueur". BRONSON se laisse
convaincre.
Les deux hommes décident de donner une autre identité au
« héros » : Paul KERSEY est un architecte aisé, distingué, qui travaille dans un cabinet qui a pignon sur rue. Ses collègues plaisantent avec lui au sujet de ses préférences
politiques plutôt démocrates, de gauche quoi…ce qui rendra la transformation psychologique du personnage encore plus frappante.
L’association BRONSON / WINNER va fonctionner à merveille, avec
certainement le meilleur film du duo. A l’image d’un Don SIEGEL, le réalisateur va privilégier le dépouillement, l’efficacité, certains plans d’agression dans ce décors urbain influenceront
beaucoup de réalisateurs, dont Paul VERHOEVEN dont certains plans de « Robocop » (le sauvetage d’une jeune femme agressée)en sont directement issus. Alors que « l’inspecteur
Harry » était un policier, Paul KERSEY est un homme comme tout le monde qui bascule dans la folie. Ce qui est à l’origine qu’un pompage d’un western classique donnera lieu à un nouveau
genre : le film de « vigilante ».
Le film débute sur un paysage idyllique : le couple Paul et
Joanna KERSEY se trouve sur une plage paradisiaque à Tahiti. Nul doute que les deux sont encore très unis et amoureux. Le couple est de retour à New York où ils habitent un bel
appartement dans un quartier cependant peu luxueux de la ville. Paul retourne travailler à son cabinet tandis que sa femme et sa fille Carol vont faire des courses. Dans le magasin d’alimentation
trois jeunes voyous (dont le jeune Jeff GOLDBLUM) qui sèment le désordre. Ils récupèrent l'adresse des deux femmes dans le carton de livraison à domicile et les suivent. Ce faisant passer pour le
livreur ils s’introduisent dans l’appartement. Ne récoltant pas d’argent, ils tabassent Joanna et agressent sexuellement Carol, lui peignant les fesses à la peinture rouge avant de commencer à la
violer. Prenant peur, ils s’enfuient non sans achever Joanna d’un terrible coup de pied à la tête.
En 10 minutes, tout est dit, dans une scène d’une âpre violence,
sans concession. Tel le malheur qui frappe n’importe qui d’entre nous, sans avertir, en plein bonheur.
Après un tel début, le film ralentit. Il faut du temps à Paul de se
remettre, de comprendre ce qu’il s’est passé. Sa vie a basculée d’un coup, mais le résultat n’est pas encore visible en surface. Celui-ci doit s’occuper de sa fille, détruite mentalement avec
l’aide de son gendre. En citoyen honnête et respectueux, il se rend à la police, mais celle-ci lui fait comprendre que faute de temps, d’effectif, il va être dur de retrouver les agresseurs, et
puis la criminalité augmente tellement à New York. Paul est ébranlé, non seulement son bonheur est détruit, ce qu’il trouve injuste, mais les coupables ne seront pas retrouvés, alors qu’il avait
confiance dans les institutions. Insidieusement le mal, tel un cancer, commence à faire son œuvre et son comportement se modifie. Il se constitue une arme primitive avec un bas contenant des
rouleaux de pièces de monnaie. Le déclencheur de la réaction en chaîne est un SDF qui l’agresse une nuit, Paul le frappe avec son arme improvisée et l’agresseur s’enfuit. Il rentre chez lui en
tremblant, mais troublé. Pour son travail il se rend à Tucson. Là le spectacle d’une attraction poursuit l’entreprise de germination du mal. Une reconstitution d’une bagarre entre cow boys qui se
termine à coup de feu lui fait prendre conscience du futur rôle qu’il désire endosser. Parallèlement à son activité, il apprend à se servir, plutôt bien, d’un calibre 32, pistolet efficace, mais
discret. Il rentre à New York transformé de l’intérieur. Docteur Jekyll le jour, Mister Hyde la nuit. Car il les cherche les embrouilles, il commence à traîner la nuit, et bien sûr les trouve en
pagaille. Le premier agresseur le menace pour le voler, mais ne le touche pas. Paul dissimule son arme. Un gros plan sur le visage de BRONSON montre le tourment intérieur qu’il vit, et en une
fraction de seconde, passe à l’acte et franchit une ligne et ne pourra plus revenir en arrière. Il tire une balle dans le ventre de l’agresseur qui mourra peu après. Il rentre chez lui,
vomit.
Et pourtant il poursuit son œuvre. La seconde fois, il rencontre
trois afro américains et dès lors qu’il est certain qu’ils vont l’agresser, il les abat sans sommation et tire même dans le dos d’un des trois qui s’enfuit. Evidemment la police par
l’intermédiaire de Franck OCHOA prend l’affaire en main.
Le troisième meurtre est un des clous du film : c’est une
scène sans paroles où seuls les yeux des acteurs transposent leurs pensées, leurs sentiments qui se déroule dans le métro. Seul le bruit du métro ponctue la scène. Deux loubards inquiètent les
passagers dont Paul fait partie bien sûr. Les passagers sortent à la station suivante sauf Paul bien sûr qui joue son rôle d’appât. Cette fois-ci c’est un homme sûr de lui qui abat froidement les
deux loubards sans aucune pitié. Il s’enfuit et manque de se faire prendre par la police. Les médias s’emparent du phénomène « vigilante » et l’inspecteur commence à cerner le profil de
celui-ci, ce qui ne semble pas inquiéter celui-ci qui se sent d’humeur de plus en plus badine depuis que son coté sombre l’envahit. Il repeint son appartement de couleurs vives, et reçoit son
gendre la hi-fi à fond, celui constate les changements de Paul. Tel un homme sous l’emprise de la drogue, Paul poursuit sa quête en prenant de plus en plus de risques et fatalement se fait
blesser lors de l’exécution de deux voyous dans une station désaffectée. Ochoa comprend que le « vigilante » est du pain béni pour les politiques de la ville, la criminalité baisse, les
voyous ont peur…le vigilante devient populaire. Il a cependant deviné son identité et n’a aucune peine à le confondre à l’hôpital où l’a conduit sa blessure, non sans que celui-ci n’ai accompli
encore une ultime exécution. Pour ne pas risquer un mouvement de la population, Paul est contraint de déménager de façon permanente à Chicago. Il semble guéri, mais dans l’aéroport des loubards
mettent le désordre et le nargue. Très souriant, celui-ci mime le geste de les tuer avec un révolver ….
En à peine 90 minutes, Michael WINNER offre un film fort, abrupt,
sans concessions. Il utilise à merveille le décors urbain de cette ville fascinante, ses immeubles glauques, son métro dangereux, désert. Le montage est parfait, rapide, sans
fioritures.
Charles BRONSON campe un Paul KERSEY tour à tour honnête, fragile, brisé, vengeur et quelque fois un peu déséquilibré. Une preuve que
Charles est un grand acteur. Sa présence extraordinaire à l'écran, sa science de l'utilisation de l'espace sont exemplaires.
Au USA, le film sort dans la continuité de "Mister Majestyk" qui est un succès modeste. Il intègre rapidement le top 10 avant de
monter en puissance. Le film atteint même la première place du box office, une première depuis "Cosa Nostra" et se place même devant "Tremblement de terre". Il sera délogé de la première place
par le "Parrain 2". Ce succès éclatant va permettre à BRONSON de pouvoir financer ses prochains films tranquillement.
En Europe le succès est important et triomphe en Allemagne. Malgré une interdiction aux mineurs le film se classe dans tous les top
20. En France, sans retrouver les scores du « passager de la pluie » le film dépasse les 1.5 millions d’entrées malgré son interdiction aux mineurs. A Paris malgré une vive concurrence
("Robin des bois", "La moutarde me monte au nez" "la gifle" et une réputation de film fascisant, le film fait montre d’une belle résistance et finit proche des 500 000 entrées.
Michael WINNER a démontré avec ce film une extraordinaire efficacité car il présente à la fois une histoire ponctuelle et une grande
réflexion sur l'auto défense aux USA, un sujet encore d'actualité aujourd'hui dans le pays où être armé est tout simplement un droit.
L'association WINNER / BRONSON est interrompue durant de nombreuses années qui verront la côte des deux décliner aux USA. Pour des
raisons financière le duo va donner une inévitable suite au film en 1982 sous l'égide des producteurs GOLAN / GLOBUS.
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