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Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe".
Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes.
Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est bon?
Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là.
Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis.
Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.

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SOMMAIRE DU BLOG

Vous trouverez le tableaux récapitulatif des entrées des acteurs et réalisateurs : ICI


Mercredi 4 mai 2011 3 04 /05 /Mai /2011 10:30
- Publié dans : MISES A JOUR

.

 

 

LE TRIO INFERNAL

 

22 MAI 1974

 

 

 

 

TRIO INFERNAL 11

Réalisation

Francis GIROD

Scénario

Francis GIROD

Jacques ROUFFIO

Photographie

Andréas WINDING

Musique

Ennio MORRICONE

Production

Raymond DANON

Distribution

FOX LIRA

Durée

107 minutes

Tournage

17/04/74-20/06/74

Philomena SCHMIDT

Romy SCHNEIDER

Georges SARRET

Michel PICCOLI

Catherine SCHMIDT

Masha GONSKA

Noémie

Andréa FERREOL

 

Georges Sarret, avocat estimé, aide Philomène, qui est allemande, à devenir française. Pour cela, elle épouse M. Vilette à qui Georges a fait croire que sa femme est légalement décédée. Après le mariage, Georges vit avec Catherine, soeur de Philomène, ce qui provoque la jalousie tumultueuse de Philomène. Celle-ci se trouve veuve alors que Catherine épouse Deltreuil, qui ne tarde pas à mourir. A chaque mariage, Georges paie un complice qui se grime de façon à passer les visites médicales et notariales en faveur de Georges, qui hérite et partage avec les deux femmes. Chambon, le complice, épouse une riche usurière. Bientôt, le trio infernal assassine le couple et fait disparaître les cadavres par l'acide sulfurique. Afin de toucher une prime d'assurance énorme sur la personne de Catherine, Philomène ramène de l'hôpital une jeune tuberculeuse mal en point qu'ils espèrent voir bientôt mourir. Celle-ci semble, au contraire, aller mieux, car l'affection "particulière" que Catherine lui témoigne, sur les conseils de Georges, lui réussit. Catherine se prend au jeu et éprouve de la jalousie quand Georges s'intéresse à la jeune malade. Elle se jette par la fenêtre. Cette fois, Philomène ne se laisse pas faire: elle exige que Georges l'épouse.

 

Le fameux couple Romy SCHNEIDER / Michel PICCOLI se reforme sur les écrans pour une troisième fois après "Les choses de la vie" et "Max et les ferrailleurs" mais dans un film au vitriol bien loin des deux films précédents. Nous le savons le cinéma des années 70 ose tout et repousse les frontières du bon goût  avec des réalisateurs  comme FERRERI, BERTOLUCCI, BUNUEL ou PASOLINI par exemple. Francis GIROD et Jacques ROUFFIO concoctent une comédie particulièrement noire et amorale qui plait tellement à Michel PICCOLI que celui-ci participe financièrement à la production du film. Pour jouer un personnage aussi dur et complexe que Philomène, le choix de Romy SCHNEIDER parait évident surtout que celle-ci va jouer le rôle de l'allemande de service.

Francis GIROD définit le film ainsi : " Je place trois monstres dans un bocal et je les observe. A intervalles réguliers je jette une victime dans le bocal et regarde comment elle se fait dévorer. Mes trois monstres ne peuvent venir à bout de la dernière victime, elle est trop indigeste".

De fait le film va très loin dans la farce morbide et effectivement les principaux personnages sont des monstres. Du miel pour Michel PICCOLI qui révèle son talent comme d'habitude. Totalement abject c'est un escroc manipulateur. Une seule chose compte pour lui: l'argent. Il va mettre au point une habile escroquerie à l' assurances-vie. Il se fait aider par deux personnes. La première est Philomène une allemande qui doit trouver un mari pour rester en France. Elle devient son amante et Georges va lui trouver son mari. Puis Georges va coucher avec Catherine et l'associer à ses affaires. En fait, les relations entre les deux sœurs sont conflictuelles, mais Georges va parvenir à les fédérer, leurs relations devenant troubles. Les escroqueries marchent bien, mais un jour un couple met en danger le système de Georges. Georges qui ne semble pas être atteint par les scrupules, décide de passer à la vitesse supérieure, l'exécution du couple dont une pauvre Andréa FERREOL qui est excellente comme d'habitude.

L'exécution est dure et le reste est particulièrement pénible: Georges va faire fondre les corps dans des baignoires à l'aide d'acide sulfurique. Philomène assez horrifiée assiste à la fonte lente des corps tandis que sa sœur vomit à l'étage. Encore plus glauque, est-ce la tension nerveuse, la peur de Georges ? Philomène fait une fellation à Georges en plein "travail". Une scène choc reproduite sur l'affiche du film. Plus tard la pâte molle qui a été les corps des deux victimes est transvasée dans des seaux à l'aide d'une louche, cette "soupe" étant enterrée dans le jardin.

Ces scènes d'une violence rare dans le cinéma français instaurent un certain malaise. Pour leur prochaine arnaque, Catherine se fera prendre à son propre jeu; elle tombe amoureuse de la tubarde qui devait être la victime et en mourra. Mais ce n'est pas grave, le duo saura se remettre de cette perte et la fin du film sera très amorale encore une fois.

Inspirée d'une histoire vraie, les auteurs présentent un film dérangeant, violent, amoral voire gore en certaines situations. Les deux acteurs principaux excellent, Michel PICCOLI est inquiétant, fourbe mais aussi envoutant et manipulateur. Particulièrement impressionnant dans les scènes de meurtres il est bien un des acteurs les plus polyvalents et doués de sa génération. Romy SCHNEIDER qui peut se complaire dans les rôles glauques et négatifs fait preuve d'une grande palette de sentiments entre crainte, colère, peur, mais aussi peut se montrer dénuée de sentiments humains mais aussi bouleversante. Mais sa beauté fait aussi merveille et nous la voyons dans des toilettes différentes selon les scènes. Le couple est sulfureux voire diabolique. Ils  s'aiment autant qu'ils se craignent. Complices, ils ne peuvent pas faire autrement que de rester ensemble. Jusqu' au jour où l'un va éliminer l'autre ?

Présenter à Cannes où il fascine autant qu'il répugne, le film va sortir en salles et connaître un échec malgré la présence de ses deux stars prestigieuses. Bien sûr le film est interdit aux mineurs mais sans doute le public ne supporte pas de voir les acteurs des "Choses de la vie" dans des rôles aussi noirs et méchants. Cette tentative réussie de proposer une œuvre noire sans concession n'a pas rencontré son public bien que le film a bien fonctionné en Allemagne. Cependant Romy SCHNEIDER va poursuivre son explorations de rôles difficiles et forts genre où elle semble exceller, quitte à froisser le public de "Sissi"....        

 

 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

621 777

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

195 941

 

 

 

 

 

1ère semaine

3

48 422

19

2ème semaine

4

35 967

 

3ème semaine

5

28 572

 

4ème semaine

9

19 040

 

5ème semaine

13

13 880

 

Nombre de semaines Paris

 

13

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

2 548

 

Budget

 

 

 

Box office annuel FRANCE

 

 

 

Box office annuel Allemagne

 

1 250 000

 

Box office annuel Espagne

 

174 442

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

*

 

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 06:15
- Publié dans : MISES A JOUR

 

 

 

COURS APRES MOI QUE JE T'ATTRAPE

 

25 AOUT 1976

 

 

COURS-APRES-MOI.jpg

Réalisation

Robert POURET

Scénario

Nicole de BURON

Robert POURET

Photographie

Guy DURBAN

Musique

Jean-Pierre POURET

Production

Guy BELFOND

Claire TUCHERER

Les films 21

Les films MONTFORT

FR3

SFP

AXE Films

Distribution

LES FILMS LA BOETIE

Durée

90 minutes

Tournage

21/04/76- 20/06/76

Jacqueline

Annie GIRARDOT

Paul

Jean-Pierre MARIELLE

Grandpré

Gérard HERNANDEZ

Anita

Marilu TOLO

Champfrein

Daniel PREVOST

Simone DARU

Genevieve FONTANEL

La secrétaire de Paul

Marie Anne CHAZEL

L'ouvreuse

ANEMONE

 

 

Paul est percepteur. Jacqueline travaille dans un salon de soins pour chiens. Ils sont quadragénaires et se rencontrent un beau jour grâce aux petites annonces matrimoniales. Sans illusion, pessimistes à bien des égards, ils sont, l'un comme l'autre, sur la défensive, mais promettent de se revoir à l'issue de leur première entrevue. Par une méprise inexplicable de Paul, ils se retrouvent, la fois suivante, dans une salle de cinéma spécialisée dans la projection de films érotiques. Jacqueline fait là un scandale et quitte précipitamment son compagnon. Paul l'invite un peu plus tard à dîner chez lui et ils se réconcilient bien que la soirée se termine encore en catastrophe. C'est alors que, furieuse d'avoir été évincée, une ancienne maîtresse de Paul enferme ce dernier dans un bureau au moment où il s'apprêtait à rejoindre sa compagne. Après plusieurs heures d'efforts, il parvient à se libérer, mais Jacqueline refuse de croire ses explications plutôt confuses... Disputes, pactes et scènes de ménage ponctuent dès lors leur existence, jusqu'au jour où une querelle particulièrement violente les oppose. Ils se séparent, mais comprennent vite qu'ils ne peuvent plus vivre l'un sans l'autre...

 

Parfois les apparences sont trompeuses. Ce film qui semble être un succès facile pour les producteurs s'est révélé un casse tête financier qui a bien failli provoquer l'arrêt du tournage du film. Et pourtant avec Annie GIRARDOT et Jean-Pierre MARIELLE à l'affiche, dont c'est la première rencontre cinématographique, le financement aurait du être aisé. Autre atout du film, la présence au scénario de Nicole DE BURON. D'ailleurs l'affiche est claire, c'est un film de Nicole DE BURON mis en scène par le discret Robert POURET. L'écrivain est pourtant célèbre pour avoir écrit "Sainte Chérie" en 1964 qui va devenir la célèbre série télé "Les Saintes Chérie" avec les formidables Micheline PRESLE et Daniel GELIN et "Erotissimo" pour le cinéma qui va être un des triomphes de 1969 avec la même Annie GIRARDOT. L'auteur a aussi connu le succès au cinéma avec "Elle court, elle court, la banlieue" en 1972. Une nouvelle fois, l'auteur va nous livrer une galerie de personnages attachants dont elle excelle dans l'écriture. Le point de départ de l'intrigue est simple: un couple se rencontre dans une brasserie chic parisienne  après une petite annonce dans la presse. L'issue de la rencontre semble vouée à l'échec. Lui, est percepteur du fisc misogyne et sportif, elle travaille dans un salon de soins pour chiens. L'auteur va nous présenter un ensemble de petites scènes qui s'enchaînent avec plus ou moins de bonheur. La scène de la rencontre est fort sympathique. Le couple est observé par les serveur de la brasserie dont l'un s'avère un spécialiste des coutumes du genres. Il sait par expérience qu'un homme va commander une bière pour ne pas paraître alcoolique, etc... Bref, la première rencontre ne semble pas être très positive entre les deux, surtout que Paul emmène Jacqueline au cinéma, histoire de faire fondre la glace entre eux. Hélas il confond les salles et au lieu de voir "Gringo jette son fusil" le couple assiste à la projection de "Ali Baba et les 40 bandeurs" dans une salle uniquement composée d'hommes. Evidemment la gêne de Paul est évidente, il clame son innocence et jacqueline enfonce le clou.

Si cette rencontre n'a pas donnée le résultat escompté, Paul est quand même sous le charme de jacqueline. La suite du film est l'occasion de conter des scénettes de la vie de bureau de Paul et de la boutique de Jacqueline. l'occasion également de présenter une galerie de personnages secondaires, comme Grandpré un mauvais payeur joué par Gérard HERNANDEZ et Champfrein le collègue de Paul, insupportable, joué par Daniel PREVOST dans un rôle qui préfigure celui du percepteur dans "Le dîner de cons". 

Paul se donne une deuxième chance et invite Jacqueline chez lui. Chacun joue un peu à arranger son quotidien pour se rendre plus attrayant. Jacqueline fait croire qu'elle lit Proust alors qu'elle lit James Hadley CHASE. Et pourtant la sauce prend et petit à petit le couple va se former. Mais à chaque fois qu'il se forme une dispute prend le relai et l'avenir des deux semble incertain. D'où le titre, les deux se courent après, mais ne parviennent pas à "s'attraper". De plus Paul est un sportif accompli et Jacqueline semble bien du mal à le suivre. Bref, qui ne se ressemble pas, ne s'assemble pas... Malgré l'abattage des acteurs, le film manque un chouïa de rythme. Sans doute est-ce du à la qualité de la mise en scène, honnête mais pas spécialement inspirée et à délai de sortie du film des plus courts après le tournage qui n'autorise pas un montage des plus scrupuleux, le film peine à tenir son rythme de 90 minutes. Quelques scènes sont un peu longues, telle l'échappée de Paul de son bureau où il était prisonnier, où ses relations avec son ancienne maîtresse. Mais dans l'ensemble le film est plaisant et la fin est heureuse évidemment. Si le film est plaisant, il le doit à la qualité de ses acteurs. Annie GIRARDOT qui retrouve une bonne comédie accomplit sa tâche avec son talent habituel. Elle tourne toujours à bon rythme et la machine fonctionne à merveille. Reste cependant une voix assez éraillée et fatiguée  due à une consommation de cigarettes importantes, c'est assez hallucinant le nombre de cigarettes que s'envoie le couple dans le film. Alors qu'aujourd'hui le tabac semble proscrit à l'écran, là dans le film, c'est une vrai cambuse... Annie GIRARDOT joue une française moyenne, gouailleuse, vive et amusante. Rien que de très habituel en somme. De plus l'actrice est une formidable partenaire à l'écran, alors quand c'est Jean Pierre MARIELLE en face... Révélé depuis quelques années et "Les galettes de Pont Aven", il campe un personnage séduisant à défaut d'être séducteur, malgré des défauts évidents. Il donne de la profondeur à son personnage qui semble avoir bénéficié des efforts de la scénariste dialoguiste. Bref, de la très belle ouvrage pour les deux acteurs dont la complicité est évidente. 

Le tournage du film est compliqué et l'argent manque. De nombreuses sociétés de production sont sollicités. Selon le journal "Le Film Français" de l'époque, il semble bien que ce soit la chaîne de télévision FR3 qui finance la fin du film. Les acteurs eux mêmes sont mis à contribution, tout le monde fait des efforts financiers. Et pourtant Annie GIRARDOT a triomphé avec "Docteur Françoise Gailland" en janvier 1976. Le film semble être mal parti. Tourné d'avril à juin 1976, le film sort dès la fin août.

Contre toute attente, le film prend la première place du box office parisien avec un score confortable. Encore un numéro un pour Annie GIRARDOT. Cette bonne surprise surprend son monde par sa bonne résistance au box office. Le film conserve la tête du Box office parisien les trois semaines suivantes en perdant peu d'entrées. Le film se paie le luxe de battre le "Complot  de familles" d'Alfred Hitchcock ou le "1900" de Bertolucci. C'est le film de la rentrée dont toute la presse parle. Finalement c'est le fameux "Un éléphant ça trompe énormément" qui fait chuter le film de son piédestal.

Au final le film se révèle rentable avec plus de 1.7 millions de spectateurs en France. Il intègre le top 25 de l'année avec un score comparable à celui de "L'alpagueur" ou "Le corps de mon ennemi", les deux BELMONDO de l'année.

Les deux acteurs confirment donc leur popularité et se retrouveront trois ans plus tard. Nicole de BURON tournera une nouvelle fois avec Annie GIRARDOT dans "Vas-y maman!" en 1978.     

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 755 900

 

ENTREES PARIS

 

363 005

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

TOTAL PARIS BANLIEUE
(source Le Film Français)

 

563 240

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

97 294

25

2ème semaine

1

92 432

 

3ème semaine

1

87 517

 

4ème semaine

1

71 922

 

5ème semaine

4

48 812

 

6ème semaine

5

41 146

 

7ème semaine

6

36 756

 

8ème semaine

7

29 443

 

9ème semaine

11

25 942

 

Nombre de semaines Paris

 

16

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

3 892

 

1er jour Paris

 

 

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

110 261

 

Box office annuel Allemagne

 

 

 

Box office annuel Italie

 

 

 

Cote du succès

 

* * *

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 10:04
- Publié dans : MISES A JOUR

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CHARLIE ET SES DEUX NENETTES

 

8 NOVEMBRE 1973

 

 

CHARLIE-ET-SES-DEUX-NENETTES.jpg

Réalisation

Joë SERIA

Scénario

Joël SERIA

Photographie

Marcel COMBES

Musique

Philippe SARDE

Production

ALBINA PRODUCTIONS

Distribution

S.N.P

Durée

90 minutes

Tournage

 

Ghislaine

Jeanne GOUPIL

Charlie

Serge SAUVION

Josianne

Nathalie DRIVET

Tony

Jean-Pierre MARIELLE

 

 

A l'office de placement, il est difficile de trouver du travail pour un quadragénaire sans spécialité ni diplôme; Charlie en fait la triste expérience. En sortant, il rencontre deux jeunes filles également sans emploi. Ghislaine est vendeuse, Josiane coiffeuse. Elles habitent la banlieue et ne se quittent jamais. Dans un café, chacun se raconte dans la bonne humeur, puis on se sépare. Le lendemain, pressé par les deux filles qui sont venues chez lui, Charlie accepte de recommencer ses ventes de toile cirée sur les marchés. Elles l'aideront. La première expérience est concluante et le trio fête joyeusement l'événement dans un grand restaurant. Au fil des jours, les deux amies apprennent les aléas du métier sans pour autant perdre confiance. Ils décident bientôt de partir en province pour réaliser de meilleures affaires. Une solide amitié s'établit peu à peu. Lors d'une foire, Ghislaine et Josiane font la connaissance de Tony. Il vend avec beaucoup de boniments des cathédrales en bougie. Elles sont fascinées, tant par sa verve que par sa luxueuse caravane et avec Charlie, se font inviter à dîner. Tony propose de descendre dans le Midi. En rupture de stock, Charlie est contraint de regagner Paris. Il remonte avec Ghislaine, tandis que Josiane reste avec Tony. Quelques jours plus tard, Charlie et Ghislaine constatent la disparition des deux autres. Ils ne se sont pas rendus à plusieurs rendez-vous fixés d'avance. Petit à petit, Ghislaine perd son entrain et son insouciance. La rencontre inopinée de deux camarades de banlieue partis à leur recherche, jointe au travail sous la neige, par grand froid, achèvent de la déprimer. Malgré la gentillesse et les attentions de Charlie, elle n'a plus de courage et veut rentrer chez elle. Charlie s'exécute. Le hasard fait que sur la route, ils retrouvent Josiane que Tony a lâchement abandonnée sans argent. Malade, effondrée, en pleurant, elle raconte sa triste histoire. A nouveau ensemble, la joie et les rires revenus, sans plus parler de retour, ils repartent pour une nouvelle tournée.

 

Après le très surprenant et polémique "Mais ne délivrez-nous pas du mal"  Joël SERIA livre une petite perle du cinéma des années 70 bien loin de son film précédent.

Il faut bien se remettre dans le contexte des années 70 où trouver du travail ou un petit boulot n'était pas si difficile. Les loyers étaient bien plus faibles, il était plus facile de vivoter dans un appartement de banlieue. Les diplômes n'étaient pas encore le sésame obligatoire pour trouver du travail. La libération sexuelle battait son plein, etc.. SERIA va bâtir un "road movie" qui va surfer sur ces thèmes, un témoignage de cette époque décomplexée qui fait l'exploit de ne jamais tomber dans le graveleux.

Charlie tombe littéralement sur deux jeunes copines ' Des "nénettes" en langage des 70's) qui stationnent devant l'ANPE locale. Très simplement un dialogue s'instaure entre Charlie et ses drôles de dames. C'est Serge SAUVION qui campe ce Charlie  totalement désarmant par sa simplicité. De lui, on en se souvient que de sa célèbre voix, lorsqu'il doublait génialement Peter FALK dans Columbo ainsi que des dizaines d'épisodes de Série télé américaines dans les années 70. Un doubleur génial. Mais il fut aussi un acteur classique et ce film permet de voir tout son talent.

Très simplement, Charlie entreprend une relation amicale avec ses deux jeunes filles délurées et totalement sexy. Bien sûr Jeanne GOUPIL se révèle avec son "amateurisme" une comédienne qui ferait fondre le plus rompu des célibataires. Un sourire ravageur, de grands yeux candides. Et sa copine n'est pas un laideron, affichant la beauté ravageuse de nos 20 ans révolus....la beauté du diable. Et pourtant Charlie s'avère très respectueux de ces jeunes filles. Jamais dragueur, une camaraderie s'instaure entre eux. Elles frappent à sa porte et lui proposent de reprendre les marchés et de vendre des toiles cirées. Elles l'accompagneront, après tout c'est drôle. Elles partent avec lui sur les routes sans avertir leurs parents. C'est comme ça dans les 70's....

La bonne humeur et le respect sont toujours présents. Au cours d'une soirée de fête, Charlie protège Josianne d'un jeune dragueur et se fait casser la figure. Groggy, il cherche une chambre d'hôtel, mais une seule chambre est disponible. Alors que charlie veut dormir par terre, les deux jeunes filles espiègles lui proposent de dormir avec lui. Elles rigolent. Le matin, les deux jeunes filles se demandent si elles ne sont pas allées trop loin. Ont-ils couché ensemble ? Peut être que oui, peut être que non, en tout cas SERIA semble bien avoir compris "l'innocence" des jeunes filles de 20 ans.

Quoiqu'il en soit, les rapports entre les trois sont toujours aussi amicaux jusqu'au jour où il rencontrent sur un marché un bâteleur un peu escroc sur les bords, Tony, joué par le génial Jean-Pierre MARIELLE. Il semble avoir "réussi", possède une belle caravane, bref, Josianne tombe sous le charme. Alors que Ghislaine et Charlie remontent sur Paris chercher de la marchandise, Josianne s'enfuit avec Tony, elle est amoureuse. Mais Tony n'est interessé que par son derrirère et se fait entretenir. 

Charlie demeure protecteur avec Ghislaine et gentiment va partir à la recherche du couple, car en plus Tony lui doit de l'argent. Un road movie s'installe et le couple d'ami souffre de conditions de travail et climatiques difficiles. Ghislaine craque et perd le moral. elle tombe malade et veut retourner chez ses parents. Charlie comprend et ne lui en veut pas, toujours aussi sympa. Sur le retour, Ghislaine a un "flash": elle "voit" Josianne sur la route abandonnée dans le froid. Ils sont en fait proche d'elle. Josianne craque et reconnait sa bêtise, mais Charlie et Ghislaine sont là pour la réconforter. Le trio reprend la route et les marchés solide comme un roc. Mais le temps de l'innocence est peut être passé...

Joël SERIA livre un film tendre et drôle qui ne tombe jamais dans des travers. C'est un film optimiste fort éjouissant.  Un petit bijou du genre. Les acteurs sont étonnants de spontanéité et de fraîcheur. Serge SAUVION est épatant et il est dommage que sa carrière cinématographique n'ait pas été plus importante. Jean-Pierre MARIELLE dans un rôle court mais important est truculent et apporte tout son professionnalisme au film. Une rencontre fondamentale entre MARIELLE et SERIA qui va débaucher sur le formidable "Les galettes de Pont Aven". Dans l'attente le film démarre modestement au box office parisien, mais va parvenir à s'accrocher en augmentant le nombre de ses spectateurs de semaine en semaine. En France, le film atteint à peine les 250 000 entrées, ce qui peut être pris pour un assez bon résultat pour un film non commercial. 

La critique souligne que SERIA fait partie de la nouvelle génération des réalisateurs français en compagnie de Jean-Pierre BLANC (la Vielle fille) ou de Pascal THOMAS (les zozos). C'est exact, il ne lui reste plus qu'à trouver un succès au box office comparable à celui rencontré par ses deux collègues réalisateurs. 

 

Merci à fabrice

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

241 098

 

ENTREES PARIS BANLIEUE
( Film FRANCAIS )

 

49 705

 

 

 

 

 

1ère semaine

23

7 270

 

2ème semaine

18

12 819

 

3ème semaine

 

12 966

 

Nombre de semaines Paris

 

6

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

 

 

1er jour Paris

 

 

 

Cote du succès

 

*

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 2 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mercredi 27 avril 2011 3 27 /04 /Avr /2011 14:26
- Publié dans : MISES A JOUR

 

 

 

MARIE POUPEE

 

25 AOUT 1976

 

MARIE-POUPEE.jpg

 

Entouré de poupées dans son magasin, Claude aperçoit Marie. Frappé par sa beauté et par sa naïveté, le jeune homme l'épouse. Le soir de la cérémonie, dans une auberge où ils se sont arrêtés, Claude fait revêtir à sa toute jeune épouse une robe qu'il lui a préparée: puis, l'ayant admirée, il la déshabille, la baigne, la couche avec soin. Précieuse porcelaine amoureuse d'un collectionneur qui la considère comme un objet beau et fragile, Marie entame, au retour de son voyage de noces, sa vie de poupée bien sage dans le domaine de son mari. A moins qu'elle n'échoue, durant les voyages d'affaires de Claude, chez les Courtin. La maîtresse de maison, Ida, se sent alors de furieuses envies de pouponner... Peu à peu, Marie se lasse de la chambre toute jolie et du jeu que Claude a instauré entre eux. Mais celui-ci refuse de donner vie à sa marionnette. Marie se sent trahie. Marie se sent seule. La curiosité, puis une attirance inconsciente la poussent à rendre fréquemment visite à Sergio, un employé de son mari. Un soir, tandis que Claude est absent, Sergio découvre, abasourdi, la virginité de Marie. Il tente d'abuser d'elle; mais la jeune femme s'échappe après l'avoir blessé; dans sa fuite, elle heurte une branche qui la frappe à mort. Pendant ce temps, Claude joue à la poupée avec une petite fille... Bien plus tard, une figurine comme douée de vie et qui ressemble à Marie attire un instant le regard d'une jeune fille qui passe devant un magasin: mais la jeune fille s'éloigne vite: elle n'aime pas les poupées...

 

Après les "galettes de Pont-Aven" Joël SERIA désire retravailler avec Jean-Pierre MARIELLE mais celui-ci est très demandé. dans l'attente le réalisateur scénariste va concocter un film pour sa muse de femme, la troublante Jeanne GOUPIL. Il change de genre en offrant un film étrange, onirique voire fantastique frôlant le malsain sans jamais en passer la frontière. Comme le déclare lui même le réalisateur un tel film serait impossible à réaliser aujourd'hui. Or, en 1976 le cinéma français était libre, inventif, et le réalisateur qui a connu le succès avec les "galettes" va pouvoir mettre en scène ce film assez barje sans subir de foudres de la part des producteurs. La même chose se produit avec Bertrand BLIER qui après le colossal succès des "Valseuses" va commettre le complètement dingue "Calmos" objet extra terrestre s'il en est.

Comme décrit dans le résumé, Marie Poupée est une jeune fille à peine sortie de l'adolescence, innocente, qui va être confrontée à la perversité, à la méchanceté des "cintrés" qui l'entoure. Avec force de précision dans les détails, SERIA montre cette jeune lycéenne qui rencontre un jeune homme charmant propriétaire d'une boutique de poupées. André DUSSOLLIER campe le jeune homme beau et parfait à qui on donnerait le bon Dieu sans confession. Dès que Marie poupée entre dans la boutique il est fasciné par l'apparence de celle-ci qui ressemble dans ces vêtements d'adolescente aux couleurs pastel, à une petite poupée. La jeune fille innocente est attirée par le jeune homme. La famille de Claude est riche, il possède une belle propriété, il la demande rapidement en mariage. Celui-ci est ^parfait comme dans les contes de fées. Mais Claude possède un vice étrange. Il habille Marie Poupée comme une poupée et celle-ci doit prendre la pose. C'est un "jeu" entre eux, précise-t-il. Il habille et déshabille la jeune fille comme une poupée. C'est une scène troublante rendue plus forte par la beauté fragile de Jeanne GOUPIL. Il lui donne le bain et la touche comme si elle était de porcelaine.

Par amour, elle se prête au jeu, sans trop saisir le vice de son mari. Après tout la vie est belle, c'est la maîtresse de maison et tout le monde est aux petits soins pour elle. Même le métayer de la propriété la respecte. Sergio contrairement à Claude est un mâle, un vrai. L'occasion pour Bernard FRESSON de composer une nouvelle fois un rôle d'homme frustre, inquiétant.

Claude poursuit son jeu, et petit à petit le désir charnel nait en Marie Poupée. Mais rien à faire avec Claude. Pour lui, le charme serait rompu s'ils couchaient ensemble. Marie est perturbée. Elle dot aussi subir les assauts de Ida qui n'est pas insensible à ses charmes allant jusqu'à prendre le bain avec elle. Encore un rôle décomplexée pour Andréa FERREOL qui n'hésite pas à se montrer nue dans un rôle "spécial". Seule Andréa FERREOL peut donner vie à des personnages frapadingues, mais toujours sympathiques.

Déçue, Marie se rend régulièrement chez Sergio qui devient peu à peu de plus en plus "chaud", il ne faut pas trop lui en demander quand même... Claude lui, est en voyage pour acheter de nouvelles poupées. Dans la chambre d'une petite fille, il ne peut s'empêcher de recommencer son fantasme avec celle-ci. Une scène qui démontre que Claude est bel et bien un "monstre" sous des dehors de beau prince charmant. Une scène impensable aujourd'hui. Délaissée sexuellement, Marie se rend le soir chez Sergio et l'allume quelque peu. Celui-ci constate qu'elle est vierge. Elle se défend, mais celui-ci l'agresse. Hurlant de terreur, elle le blesse et s'enfuit nue dans la nuit. Elle heurte un arbre de plein fouet et meurt d'une fracture du crâne à quelques mètres de sa maison...

Joël SERIA livre un film qui flirte avec le fantastique et qui à bien des égards vaut bien des films giallos et qui aurait pu être filmé par Dario ARGENTO par exemple. D'une audace folle il démontre la perversité du marchand de poupées et de son métayer tout en laissant une Marie Poupée innocente dont la pureté sera violée, détruite par la méchanceté des hommes. Jeanne GOUPIL joue instinctivement et se moule parfaitement dans ce rôle troublant où sa beauté adolescente et son visage d'ange font merveille. Son réalisateur de mari lui rend hommage en la filmant avec passion et respect. Un rôle fort et rare. Signalons le beau travail effectué sur les couleurs, les décors, et les vêtements qui ne cessent de rappeler les maisons de poupées. Les acteurs sont tous au diapason et servent parfaitement le propos du film. Mention très bien à Bernard FRESSON en crapule notoire. Dominique LAVANANT a toujours un petit rôle et nous découvrons les premiers pas de la jeune Fanny ARDANT.

Film risqué sans têtes d'affiches, le film se prend un sévère bide à moins de 100 000 entrées. Le petit miracle des "galettes" ne s'est pas reproduit. C'est un échec cuisant qui oblige Joël SERIA à retrouver les producteurs des "Galettes de Pont Aven". Il leur propose "Comme la Lune" film où l'humour sera présent et surtout avec le retour de Jean-Pierre MARIELLE argument commercial bien plus rassurant.

"Marie Poupée" reste un film barge à redécouvrir afin de constater l'audace et l'inventivité du cinéma français des années 70 et qui prouve le talent indéniable du réalisateur.     

 

Merci à fabrice           

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

89 224

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

28 827

 

 

 

 

 

1ère semaine

14

14 614

 

2ème semaine

17

11 270

 

Nombre de semaines Paris

 

3

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

 

 

1er jour Paris

 

 

 

Cote du succès

 

0

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mercredi 20 avril 2011 3 20 /04 /Avr /2011 14:48
- Publié dans : MISES A JOUR

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COMME LA LUNE

 

31 AOUT 1977

 

 

COMME-LA-LUNE.jpg

Réalisation

Joë SERIA

Scénario

Joël SERIA

Photographie

Marcel COMBES

Musique

Philippe SARDE

Production

COQUELICOT FILMS

Distribution

AMLF

Durée

90 minutes

Tournage

16/05/77 – 06/07/77

Roger POUPLARD

Jean-Pierre MARIELLE

Nadia

Sophie DAUMIER

Yvette

Dominique LAVANANT

Chanteau

Marco PERRIN

Jeanine

Anna GAYLOR

 

 

Super-mâle, pas complexé en ce qui concerne une virilité à toute épreuve, Roger Pouplard se fait cajoler, dorloter, bichonner par Nadia, la bouchère, qui s'entend comme pas une, la mâtine, à l'exciter, l'énerver, le chercher, le trouver, encore... et encore... A côté de la brûlante Nadia au milieu de sa viande, la pâtisserie légitime de Jeanine apparaît bien froide à notre coq (en pâte). Elle a pourtant des qualités, Jeanine, bonne ménagère, épouse fidèle, mère admirable, mais, à côté du corps de Nadia, de son tempérament, elle peut aller se rhabiller. Mais, de fait, ces deux femmes si différentes ne pourraient-elles pas s'entendre? Roger organise une entrevue qui tourne au désastre. La légitime traite l'illégitime de "pouffiasse". Pour consoler Nadia, Roger lui offre un séjour à Deauville. Là, l'inconstante flirte avec Chanteau, un ami de régiment de Roger, retrouvé par hasard, et s'enfuit avec lui. Roger se retrouve avec la secrétaire de Chanteau, la peu appétissante Yvette, sur les bras... et bientôt "dans" au lieu de "sur", car à défaut de grives... Les merles, ça a du bon, d'ailleurs. Il est heureux, le Roger. Il a repris son métier de réparateur de frigidaires. Il vit avec Yvette. Il a un enfant. Il évite les tentations des clientes affoleuses. Ce qu'il ne sait pas, c'est qu'Yvette le trompe avec un peu tout le monde. Mais comment s'en apercevrait-il? Il est heureux, Roger!... Ah oui, vraiment ... comme la lune.

 

 

En ce qui concerne le traitement du « con » au cinéma il y a deux types de publics. Ceux qui se contentent de considérer que « Le dîner de cons » est ce qu’il y a de mieux dans le genre et que la tête d’ahuri de Jacques VILLERET sur la blague de « Juste LEBLANC » est vraiment irrésistible. De penser que le « con » amateur de constructions de monuments français en allumettes décrit par Francis VEBER est vraiment la quintessence du « con ». Pour ceux là la gentillette comédie de VEBER pour cinéphiles peu exigent sera suffisante.

 

Mais pour les amateurs de cons ultimes et sublimes il reste « Comme la lune » de Joël SERIA, un film à l’esprit « Hara-kiri » des plus emballants. Deux ans après « Les galettes de Pont Aven » le formidable duo SERIA / MARIELLE se reforme et donne naissance à un héros sans ambigüité : Roger POUPARD est con jusqu’au bout des ongles sans aucun espoir de rémission et cette connerie s’accompagne d’autres belles qualités : racisme, méchanceté, lâcheté et esprit franchouillard vissé au corps.

Auteur d’un scénario des plus réjouissants, l’auteur apporte un sens des détails les plus scrupuleux dans le choix des décors, des vêtements, des objets totalement représentatifs du kitsch joyeux et flamboyant des années 70. De plus, il peut compter sur des acteurs assez fabuleux dont une Sophie DAUMIER totalement irrésistible et qui fait preuve d’un talent comique rare. Elle se donne comme peu de comédiens se sont donnés et c’est un bel hommage au talent trop peu reconnu au cinéma de cette actrice attachante et partie bien trop tôt dans des circonstances douloureuses.

 

Jean Pierre MARIELLE offre donc une composition dantesque dont il a le secret avec ce Roger POUPLARD, un con abyssal. 

Roger est un réparateur de frigidaires rangé des voitures marié à une gentille boulangère  et père d’une petite fille. Un jour, il répare le frigo de Nadia, une bouchère qui a pignon sur rue et tombe dans les mailles de cette jeune femme « facile » et qui aime bien « la chose »…Ca tombe bien, Roger est une belle bête de « ce coté là » et se fait vite entretenir par la belle jeune femme. Il s’engraisse tranquillement dans le bel intérieur de Nadia décoré de papier peint et haut en couleurs typiquement des années 70. Un petit nid douillet d’où il sort pour aller prendre des pots au café du coin et se moquer des gens qu’il choque avec son antisémitisme primaire et son langage des plus imagés envers Nadia. La première partie du film le voit en con triomphant. Tout va bien pour lui. Sapé comme un « hareng » par Nadia, il ne fait pas grand-chose dans sa boucherie, il se fait entretenir et est plus passionné par sa voiture qu’autre chose. Il doit contenter Nadia jusqu’à l’épuisement. Un week-end il retourne chez lui rendre visite à ses parents et dormir chez Jeanine, sa femme qui ne l’a jamais oublié. Le temps d’écouter le foot à la radio et de dire ce qu’il pense sur les footballeurs Yougoslaves venus piquer le pain des français. Bien sûr il honore encore sa femme, mais cette situation le gêne. Il décide de présenter Nadia pour clarifier la situation. Il rentre chez Nadia où celle-ci le couvre de cadeaux dont une magnifique robe de chambre violette de la marque « Ramona » qui « mitraille sec ». Elle danse une samba sur le son de leur nouvelle chaîne dernier cri et c’est la fête.

La seconde partie voit la déchéance de Roger. Trop sûr de lui, il commet l’imprudence de présenter Nadia a un dîner de famille et c’est le fiasco. Roger déclare tout abandonner à sa femme et qu’il vivra de commerce de Nadia. Une bagarre générale éclate et la petite fille de Roger se bat même contre Nadia. Celle-ci s’enfuit chez elle et boude. Roger la rejoint et se discrédite aux yeux de Nadia en traitant sa petite fille de « salope ». Il lui déclare l’aimer comme son chien. Nadia lui dit qu’il est un con, mais celui-ci n’entend pas. Ils se rabibochent en passant un week-end dans un Deauville pluvieux où ils détonnent habillés comme des sapins de noël… A l’hôtel ils rencontrent un ancien ami de Roger, Chanteau, lui aussi « gratiné » et joué par un habitué des seconds rôles, Marco PERRIN, où son accent du sud de la France fait merveille. Il est accompagné par sa maitresse occasionnelle, la fade Yvette. Chanteau a le sens des affaires, surtout dans la boucherie volaille, ce qui ne manque pas d’intéresser Nadia qui se détourne peu à peu de Roger. Celui-ci jaloux, menace Chanteau. Aviné, il est reconduit dans sa chambre et Chanteau se tape Nadia dans la salle de bain de la chambre de bains pendant que Roger dégobille. Au matin Nadia est partie. En compagnie d’Yvette, Roger les retrouve. Hélas, il se fait casser la figure par Chanteau qui l’achève d’un coup de pied mal placé. Devant Yvette, Roger fait croire qu’il a « emplâtré » Chanteau, mais il faut bien se rendre à l’évidence, il est largué et fauché….

La troisième partie voit la guérison et la renaissance de Roger. Finalement Yvette est plutôt bien foutue et gentille. Ils se marient et donnent naissance à un enfant. Roger a repris son ancien travail. Chez une cliente, celle-ci apparaît en petite tenue et désire passer à la casserole. Mais Roger se souvient de Nadia et s’enfuit à toutes jambes chez lui…. En vacances il déclare à son copain avec lequel il partage la location d’une maison à Deauville qu’il est heureux avec Yvette qui est une personne de valeur…qui s’offre le jeune fils du meilleur ami de Roger derrière des rochers…. Même si les « antennes » de Roger vibrent un peu, il ne voit rien. Redevenu un fier coq, il se bat même avec un voisin de plage qui fait bien 20 centimètres de moins que lui. Il est heureux Roger, comme tous les imbéciles….

Joël SERIA offre donc un film sur le con ultime. Mais il n’épargne personne car les femmes autour de lui ne valent guère mieux que lui. C’est donc un film sur la connerie en général, fort plaisant aux dialogues décapants et irrésistibles. Il peut compter sur les talents de ces acteurs, Jean Pierre MARIELLE en tête bien sûr qui s’offre un de ses meilleurs rôles, encore une composition d’anthologie, et bien sûr Sophie DAUMIER qui trouve elle, son meilleur rôle. La grande découverte du film est donc Dominique LAVANANT qui prouve bien avant la période du « Splendid » qu’elle est une très bonne actrice qui n’hésite pas à se montrer à poil s’il le faut et qu’elle possède un fort potentiel comique.

Sorti à la fin du mois d’août le film ne rencontre pas son public malgré la popularité acquise par Jean-Pierre MARIELLE avec Annie GIRARDOT. Le film ne se classe que troisième à Paris lors de sa sortie alors que la concurrence est peu active. Le film tombe rapidement au classement et dépasse à peine les 400 000 spectateurs sur la France. Joël SERIA aura du mal à se remettre de cet échec. Le public préfère Bertrand BLIER qui bénéficie de l’appui des critiques. Et pourtant au niveau du cinéma irrévérencieux et iconoclaste, Joël SERIA a bien été un des plus grands représentants. Avec le temps, cette petite perle a gagné le respect des admirateurs de ce cinéaste rare au talent très personnel.

Voici un petit florilège des dialogues au vitriol du film qui est bien sûr à redécouvrir d’urgence:    

 

(Roger à un client d’un café)

- Ah, Deauville, ça c’est toute ma jeunesse, ça ! Le polo club, le casino d’hiver, l’Hôtel du golfe, Le Normandie, ces noms là c’est des bijoux pour moi

-          Vous êtes natif de cette région ?

-          C’est tout comme, mon oncle était marchand de primeurs là-bas, tu vois juste derrière le casino ? C’était du primeur de luxe, attention, pas de la banane d’Aubervilliers, ça tapait jamais en dessous de 13 balles le kilo, chez lui, la Canada…Ca, il avait le blair le tonton, et puis il ne s’appelait pas Goldenberg pour rien

-          ….. ?

-           Golden…Goldenberg pour un marchand de pommes j’sais pas si vous voyez ce que je veux dire..

-          Ahhhhh….

-          Je suis pas raciste, mais…les fourchus ils ont toujours su faire de l’artiche, de ce coté là ca a toujours été des cadors !

 

(Le client du café qui s’adresse à Roger après avoir vu Nadia)

 

-           Monsieur, je tiens à vous féliciter, vous avez vraiment une très jolie femme !

-           C’est un beau petit morceau, hein ? Ca, elle vaut bien son coup de chevrotines, allez remets nous ça, qu’est-ce qui prend le monsieur ?

-           j’vous remercie….

-           Bah, qu’est-ce qu’il y a mon vieux ?

-           C’est répugnant ! Parler ainsi de sa femme ! C’est honteux !

(Le client sort)

-          Mais qu’est-ce que c’est que ce con là ? 

-          C’est un type qui travaille à la Mairie !

-          Et bin, il doit encore se tirer sur la fronde celui-là !!

 

 

(Roger à Nadia)

 

-          Mais qu’est-ce que c’est que tout ça ?

-          Et ma robe ? Qu’est-ce que t’en dis ?

-          Mais c’est Marilyn Monroe ! J’avais la trique de te retrouver !

-          Touche le tissus comme il est soyeux…

-          On dirait de la peau de phoque….Mais…Qu’est-ce que c’est que cette chaîne ?

-          Je l’ai commandée il y a une quinzaine, je ne t’en ai pas parlé pour te faire une surprise…

-          Ah, nom de Dieu…T’y vas pas de main morte, toi !! Ah, c’qu’elle est belle !

-          J’ai aussi commandé la télé couleur…

-          Mais t’es cinglée !!

-          Avec toi, j’veux vivre comme une reine !! 

-          Mon amour…

-          Attends, attends, il y a encore une petite chose pour toi.

-          Mais qu’est-ce que c’est ?

-          Et bien ouvre !

-          (il sort une robe de chambre violette) Oh bordel !!

-          Mets là !!

-          Oh, tu as eu raison de la prendre violette ! Ca mitraille sec ! Elle n’est pas un peu juste là ?

-          Ca te moule bien….

-          Oh putain, j’en ai jamais eu une aussi belle ! Oh la vache, ça éclabousse !!

-          Avec ça, t’es vraiment une belle bête !!

-          Tu sais me saper, toi ! Et tu sais quoi dire pour me faire bander ! Viens ! Déloque toi ! Allez, viens, viens….

-          Attends, j’vais monter un peu la musique….

-          (elle danse devant lui)

-          On est des beaux dégueulasses hein mon bichon ? On était fait pour se rencontrer, hein ma poule ? Approche, approche…Ah dis donc, t’es vraiment bien bidochée… On dirait une Cadillac, salope…. Ahh, ce cul ! J’vais t’fourrer, j’vais t’fourrer !

 

 

 

-          Si tu crois que c’est plaisant pour moi de se faire traiter comme ça.

-          Bah oui, j’sais bien, mais c’est une conne, j’te l’ai toujours dit, quand je pense que j’ai passé 15 ans de ma vie avec ce bout de veau…

-          Mais ta fille ?

-          Mais elle aussi c’est une petite salope ! Mais derrière c’est sa mère, c’est elle qui la pousse ! Allez, c’est rien va…Ce qui compte c’est qu’on s’aime nous, J’vous regardais toutes les deux pendant le diner, oh putain, maintenant je comprends qu’elle ait chialé, De te voir comme cela dans ta salopette gaulée comme un lévrier, elle a débondée ! T’es belle tu sais…

-          T’es pas méchant, Roger….Mais t’es vraiment un con…..

-          T’es plus fâchée, je le savais bien…je t’aime, j’pourrais roupiller par terre si tu me le demandais, comme un clébard…J’pourrais même bouffer la côtelette à ton chien…

-          Viens là mon gros toutou….  

 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

410 594

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

147 048

 

 

 

 

 

1ère semaine

3

53 295

21

2ème semaine

6

38 007

 

3ème semaine

9

24 491

 

4ème semaine

17

14 292

 

Nombre de semaines Paris

 

8

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

2 538

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Cote du succès

 

*

 

 

Merci à Fabrice ! 

 

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CA MITRAILLE SEC !! CA ECLABOUSSE !!

 

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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 18:00
- Publié dans : MISES A JOUR

LES GRANDES FAMILLES

 

27 NOVEMBRE 1958

 

 

  GRANDES-FAMILLES.jpg

Réalisation

Deny De LA PATELLIERE

Scénario

Denys De LA PATELLIERE

Michel AUDIARD

Assistant réalisateur

Pierre GRANIER DEFERRE

Directeur de la photographie

Louis PAGE

Musique

Maurice THIRIET

Production

Jean Paul GUIBERT pour

FILMSONOR

Distribution

CINEDIS

Durée

92 minutes

Tournage

 

Noël SCHOUDLER

Jean GABIN

Lucien MAUBLANC

Pierre BRASSEUR

François SCHOUDLER

Jean DESAILLY

Simon LACHAUME

Bernard BLIER

 

 

Noël Schoudler est un de ces magnats de l'industrie et de la presse qui font et défont les ministères. Fils d'une laborieuse souche paysanne, il a épousé une La Monnerie, de famille aristocratique. Il a une confiance absolue dans le pouvoir de l'argent. L'enterrement de l'aîné des La Monnerie nous permet de connaître le reste de la famille : Gérard, le diplomate ; Robert, le général ; jusqu'au cousin Maublanc, « Lulu », la honte de la parenté, un très riche noceur. A un retour de voyage d'affaires, Noël s'aperçoit que son fils François, un polytechnicien, a profité de l'absence du patriarche pour apporter un certain rajeunissement dans la tradition un peu routinière du journal paternel. Il s'ensuit une explication orageuse au cours de laquelle François reproche à Noël d'avoir des méthodes surannées et de le considérer toujours comme un enfant. Schoudler décide de donner une leçon à son fils avec la complicité de Simon Lachaume, son homme de confiance, un agrégé arriviste. Il lui laisse l'entière disposition de la sucrerie familiale de Sonchelles. François y apporte des transformations matérielles et des améliorations sociales. Mais lorsque pour financer sa politique, François se tourne vers son père, celui-ci se dérobe. Il s'adresse alors à Maublanc qui feint d'accepter puis, au dernier moment, se dérobe dans l'espoir d'abattre la puissance Schoudler et Noël, qu'il hait. Affolé, ayant perdu toute confiance en lui, François se suicide. Noël est effondré et il est sur le point d'abandonner la lutte. Mais, à la vue de son petit-fils Jean-Noël, et en apprenant les espoirs de Maublanc, il jette dans la bagarre le poids de toute la puissance Schoudler, rachète à bas prix toutes les actions de la sucrerie mises en vente et, tout en sauvant l'affaire, ruine Maublanc. Mais au sortir de la séance de la Bourse, il part, plus seul que jamais.

 

C'est un dernier film que GABIN tourne pour Jean Paul GUIBERT. Après le triomphe des "Misérables" on pourrait croire l'acteur rassasié. C'est pourtant avec ferveur qu'il tourne "Les grandes familles". Dans le film basé sur le livre éponyme de Maurice DRUON, le cousin Maublanc est une véritable canaille? GABIN le sait, il est nécessaire d'obtenir de l'artillerie lourde pour le rôle. Contre toute attente il demande que ce soit Pierre BRASSEUR qui joue le rôle. cela peut paraître étonnant étant donné que lui et GABIN ont un petit différend depuis 20 ans. en effet, sur le tournage de "Quai des brumes" BRASSEUR éternel queutard, tournait autour de la jeune MORGAN avec un peu trop d'insistance, ce qui gênait la pauvre jeune actrice. Lors de la scène où GABIN lui colle une belle baffe, GABIN ne s'est pas retenu et on constate que BRASSEUR était "sonné" pour le compte et stupéfait, ce qui n'a pas facilité leur collaboration. Mais GABIN connait le colossal talent de l'acteur et naturellement celui-ci ne refuse pas un tel rôle. Sans renier le talent de GABIN, il est certes dépassé par la verve ébouriffante de BRASSEUR. Raclure sans nom, celui-ci débite des insanités écrites par un Michel AUDIARD qui se lâche enfin et qui délivre une kyrielle de dialogues plus savoureux les uns que les autres. Lucien lui plaît et dans la bouche de BRASSEUR chaque dialogue devient truculent.

Le personnage de GABIN n'est pas non plus des plus recommandables. C'est un "baron" qui refuse la modernité et qui aime s'occuper de tout, donner des leçons. En particulier à son fils à qui il veut jouer un bon tour, lui donner une leçon. Mais celui-ci diaboliquement manipulé par Lucien, se retrouve dans une situation inextricable et se donne la mort. C'est Jean DESAILLY qui interprète subtilement le rôle de François, il a déjà tourné avec GABIN dans "Maigret tend un piège", c'est un familier et il est parfait en fils faible et manipulé.

Plus discret est Bernard BLIER dans le rôle du bras droit de Noël. C'est un rôle sobre, mais il est impeccable comme d'habitude. Les deux acteurs s'entendent comme larron en foire et GABIN aime l'avoir à ses cotés depuis le succès des "Misérables" dans lequel il interprète JAVERT.

Le tout sur fond du monde des affaires et de la bourse, un monde impitoyable où l'amitié ne compte pas, où l'argent est roi et où le plus riche est le plus fort.

Le film s'empare de la première place du box office et reste en tête des exclusivités durant trois semaines. Après une superbe exclusivité le film comble les salles de quartiers et passe les quatre millions d'entrées France. Avec le triomphe des "Misérables" c'est une année pleine, exceptionnelle pour GABIN. En tout cas, son producteur est riche.    

 

"Nous avons d'l'argent tous les deux. Toi, tu représentes le patronat, moi le capitalisme... Nous votons à droite. Toi, c'est pour préserver la famille, moi, c'est pour écraser l'ouvrier... Dix couples chez toi, c'est une réception... chez moi, c't une partouze !... Et l'lendemain, si nous avons des boutons, toi, c'est le homard, moi, c'est la vérole !"

J.Gabin/P.Brasseur ( site Michelaudiard.com) 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

4 041 000

 

ENTREES PARIS

 

1 100 517

 

ENTREES PARIS EXCLUSIVITE

 

499 877

 

1ère semaine

1

80 969

4

2ème semaine

1

71 830

 

3ème semaine

1

58 760

 

4ème semaine

2

52 262

 

5ème semaine

3

44 700

 

6ème semaine

3

74 657

 

7ème semaine

2

61 865

 

8ème semaine

6

33 656

 

Nombre de semaines Paris

 

14

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

20 242

 

Budget

 

 

 

Box office annuel FRANCE

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 18:00
- Publié dans : MISES A JOUR

FLIC STORY

 

1er OCTOBRE 1975

 

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Réalisation

Jacques DERAY

Scénario

Alphonse BOUDARD

Jacques DERAY

Photographie

Jean Jacques TARBES

Musique

Claude BOLLING

Production

Alain DELON

Distribution

FOX

LIRA FILMS

Durée

110 minutes

Tournage

 

Roger BORNICHE

Alain DELON

Emile BUISSON

Jean Louis TRINTIGNANT

Catherine

Claudine AUGER

Le Rital

Renato SALVATORI

Paulo

Paul CROCHET

JP BUISSON

André POUSSE

Patron de l'hôtel

Maurice BIRAUD

 

 

L'après-guerre. En ce jour de 1947, l'inspecteur Borniche de la Sécurité Nationale est chargé par son supérieur, le commissaire Vieuxchêne, de retrouver Emile Buisson, à l'impressionnant palmarès criminel, qui vient de s'évader de l'asile psychiatrique de Villejuif. Lequel Buisson ne reste pas longtemps inactif: le meurtre de Fredo l'Accordéoniste qui l'avait "donné" autrefois, un hold-up dans un restaurant huppé qui se termine par une poursuite meurtrière dans Paris remettent le bandit au premier plan de l'actualité. Par un "indic" vite assassiné, Borniche repère Buisson, mais celui-ci échappe au piège tendu. Ses complices (son frère, Jean-Baptiste, sa petite amie, Suzanne) se taisent obstinément. Une seconde souricière échoue. Excédé, Vieuxchêne retire l'affaire à Borniche. Mais l'assassinat d'un certain Mario le Rital, soupçonné par Buisson de mouchardage, oblige le policier à poursuivre de nouveau l'ennemi public N° 1 qui continue ses exploits. En lui promettant des médicaments susceptibles de guérir sa femme, Borniche s'assure le concours de Paulo le Bombé. Par son entremise, Borniche fait installer Buisson dans une petite auberge des environs de Paris. Faisant fi des autorisations officielles, il s'y rend avec deux de ses hommes et avec son amie, Catherine. Au terme d'une mise en scène à laquelle le bandit se laisse prendre, Borniche arrête Buisson... Au cours des longs mois d'interrogatoire, une sorte d'estime mutuelle naîtra entre les deux hommes jusqu'à l'exécution d'Emile Buisson, des années plus tard, le 23 février 1956.

 

 

 Après un "Zorro" de triste mémoire, il ne faudra pas longtemps pour revoir Alain DELON qui ne cesse de tourner. Un an après "Borsalino and co" revoici le duo DELON/DERAY dans l'adaptation d'un célèbre roman de Roger BORNICHE,le flic français numéro un de l'après guerre, "Flic story". Un tel rythme peut être inquiétant, surtout que la suite de Borsalino a montré un Jacques DERAY un peu poussif devant l'omniprésence de sa star.

Mais contre toute attente, nous avons affaire à un sacré morceau de cinéma. Les deux retrouvent toute leur inspiration. Il faut dire que le sujet se prête à faire un bon film. Emile BUISSON fut l'ennemi public n°1 en France, et c'était un furieux client avec un CV a fair pâlir le moindre dealer de La Courneuve. Il fut également un complice de l'occupant en France, il a travaillé dans la Gestapo française en plus de ses activités criminelles. Un gars qui tuait plus vite que son ombre.

Alain DELON campe donc Roger BORNICHE, le jeune flic qui va traquer BUISSON. Assez taiseux, il montre une personnalité bien accrochée, et un certain détachement envers le milieu. C'est un pragmatique qui utilise la psychologie plutôt que les coups de bottin sur le crâne. Il peut compter sur sa femme, interprétée par la James BOND girl Claudine AUGER toujours magnifique, pour le soutenir. Ses méthodes déconcertent la hiérarchie, mais qu'importe, il est efficace. Son atout: une maîtrise absolue de ses nerfs. En effet, il ne cède pas à la provocation du frère d'Emile sur son lit d'hôpital, très bien joué par le grand André POUSSE....il le trouve même assez sympa dans le fond. Le plus bel exemple est l'arrestation d'Emile, sacrément culottée, d'homme à homme, à la loyale, pas vraiment l'arrestation de Mesrine à coups de mitraillettes....

La reconstitution de Paris d'après guerre est bien réalisée, Jacques DERAY est très en forme et motivé, cela se sent. Il faut dire que le casting est de haut niveau, avec un DELON qu'on a pas vu aussi bon depuis..."la piscine". Détaché, froid, efficace, mais humain, il utilise le minimum pour obtenir le maximum. Du très grand DELON. Le reste du casting n'est pas mal du tout: la belle et rare Claudine AUGER, le copain Renato SALVATORI, le grand Paul CROCHET déja vu dans "La piscine", l'inimitable André POUSSE, et également la présence de Maurice BIRAUD, le reste est bon également. Un polar de haute volée, au suspense croissant.

Si l'ensemble est très bon, il faut un bon acteur pour interpréter Emile BUISSON. A priori, le choix de Jean-Louis TRINTIGNANT peut surprendre. Séduisant, plutôt gentil, on ne l'imagine pas en BUISSON. Et pourtant. On s'extasie souvent devant le jeu d'un Robert DE NIRO ou d'un Joe PESCI lorsqu'ils interprètent les truands, mais un coup d'oeil à la prestation de TRINTIGNANT leur imposerait le respect. Avec un jeu minimaliste, TRINTIGNANT livre une prestation d'anthologie tout simplement. Emile BUISSON fait peur, car il est totalement déterminé et sans doute un peu barge. Emile BUISSON tue de sang froid et parfois avec plaisir. Le jeu de TRINTIGNANT est parfaitement paranoïaque, ses yeux bougent, observent,scrutent...il inspire LA PEUR à ses sbires. Lorsqu'il s'assoit à la table où dîne le Rital, il lui suffit de sourire et de faire un sous entendu, pour que Le Rital fasse sur lui.... De même, lorsque Paulo lui apporte un flingue et qu'Emile le met en joue, on ressent bien la folie d'Emile... Séduisant, inquiétant, la prestation de TRINTIGNANT aurait mérité un César haut la main, au moins du meilleur second rôle. Mais les César 1976 ont récompensé "Le vieux fusil". Belle époque où les plus grands acteurs portaient haut les couleurs françaises: NOIRET, TRINTIGNANT, ROCHEFORT, MAREILLE, DELON, BELMONDO, c'était du massif. J'espère en tout cas que cet article fera redécouvrir la prestation haut de gamme de l'acteur.

Le film se termine sur l'interrogatoire de BUISSON par BORNICHE, ils se verront pendant un an dans son bureau, ce qui laisse tout loisir aux deux pour se connaître. Menottes au poignet, BUISSON redevient un petit homme calme, poli. A la longue, un certain respect va se nouer entre eux. Une belle scène. 

Une grande réussite qui séduit le public. A paris le film démarre sur les chapeaux de roues, et prend la suite du "Vieux fusil" en haut du box office. DELON retrouve les cîmes du box office avec 650 000 entrées à Paris, cela faisait un petit moment qu'il n'était pas monté aussi haut. En France, le film frôle avec la barre des 2 millions d'entrées et marche bien en Europe. DELON producteur prend des risques, et ça paye.

    

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 970 875

 

ENTREES PARIS

 

547 243

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

649 719

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

147 893

27

2ème semaine

1

101 868

 

3ème semaine

3

70 698

 

4ème semaine

4

50 453

 

5ème semaine

5

53 377

 

6ème semaine

6

49 231

 

Nombre de semaines Paris

 

18

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

5 478

 

Budget

 

 

 

Box office annuel FRANCE

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

525 535

 

Box office annuel Italien

35

 

 

Cote du succès

 

* * *

 

 

 

 

 

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