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Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe".
Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes.
Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est bon?
Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là.
Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis.
Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.

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SOMMAIRE DU BLOG

Vous trouverez le tableaux récapitulatif des entrées des acteurs et réalisateurs : ICI


Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 15:23
- Publié dans : MISES A JOUR

 

PEUR SUR LA VILLE


8 AVRIL 1975




PEUR-SUR-LA-VILLE.jpg   

Réalisation

Henri VERNEUIL

Scénario

Henri VERNEUIL

Jean LABRODE

Francis VEBER

Photographie

Jean PENZER

Musique

Ennio MORRICONE

Production

CERITO

Jean-Paul BELMONDO

René CHATEAU

Distribution

AMLF

Durée

120 minutes

Tournage

automne 1974

Commissaire LETELLIER

Jean-Paul BELMONDO

Inspecteur MOISSAC

Charles DENNER

Pierre VALDEK/MINOS

Adalberto MERLI

Norah ELMER

Lea MASSARI

Germaine DOIZON

Rosy VARTE

Hélène GRAMMONT

Catherine MORIN


Terrorisée par des appels téléphoniques anonymes dénonçant sa vie privée, une femme, Norah Elmer, victime d'un accident cardiaque, tombe par la fenêtre et s'écrase sur le sol. Chargé de l'enquête avec son adjoint Moissac, le commissaire Letellier est contacté par un homme disant s'appeler "Minos", qui lui lance un défi, revendique la responsabilité de la mort de Norah et annonce vouloir entreprendre une croisade contre la licence des moeurs. Letellier n'est pas soulevé d'enthousiasme par sa nouvelle mission. Il n'en rencontre pas moins une série de jeunes femmes récemment menacées par des maniaques, notamment Hélène, infirmière à l'hôpital de La Trinité, qui, sur le conseil d'un ami, Pierre Valdeck, a prévenu la police. "Minos" commet un second meurtre au nez et à la barbe de Letellier qui entreprend, au péril de sa vie, de le poursuivre, mais n'hésite pas à le laisser filer pour "coincer" un petit truand, Marcucci, qui sévit dans les environs. Désavoué par ses supérieurs, Letellier demande à être relevé de l'affaire. En vain. Il surveille alors Hélène mais ne peut empêcher son assassinat. L'étau se resserre cependant autour de "Minos". Le laboratoire reconstitue les fragments d'un objet perdu par le meurtrier au cours de sa fuite : un oeil de verre. Letellier réalise alors que le coupable n'est autre que l'ami d'Hélène, Pierre Valdeck. Après avoir lancé une grenade à l'entrée d'un cinéma porno, le déséquilibré s'est réfugié chez la vedette d'un film osé, Pamela Sweet, qu'il séquestre avec sa famille. Letellier feint d'accepter les conditions de Valdeck mais parvient cependant à l'arrêter avant que celui-ci ne fasse sauter tout l'immeuble.  

 


Si STAVISKY a partagé la critique et le public il n'en demeure pas moins que le film est loin d'avoir fait sauter le box office. Il n'est pas étonnant que BELMONDO désormais coproducteur de ses films avec René CHATEAU n'a pas donné suite au projet de tourner "Monsieur Klein" projet coûteux au potentiel incertain qui va échoir finalement dans les mains d'Alain DELON.  C'est pourquoi il rejoint pour la 5ème fois Henri VERNEUIL avec lequel il  a connu des francs succès. dont le dernier en date, "Le casse" a particulièrement marché.

On le sait Henri VERNEUIL est un cinéaste généreux avec les spectateurs, et rêve d'égaler les productions américaines , challenge qu'il remporte souvent, d'ailleurs son dernier film "Le serpent" intègre au castings de grandes stars américaines. Pour "Peur sur la ville", il va mettre tous les éléments pour faire du film un succès du genre. Le casting est très interessant avec bien sûr Jean-paul BELMONDO en tête d'affiche, la musique du film est signée Ennio MORRICONE, en grande forme, et les cascades sont, entre autres, réglées par Rémy JULIENNE. Au scénario, il se fait aider par Francis VEBER, star des scénaristes à l'époque, qui signe aussi les dialogues.

VERNEUIL va devoir en deux heures, mélanger deux intrigues distinctes : la traque de "Minos", le psychpathe qui déteste les femmes car il voit en elles le stupre et le lucre et la chasse au petit gangster, Marcucci, dont le héros veut capturer à tout prix pour se venger de ses déboires passés. Ces deux enquêtes devront introduires d'impressionantes cascades effectuées en majeure partie par BELMONDO lui-même qui restent encore célèbres aujourd'hui. En outre, le réalisateur va utiliser le décors urbain pour rendre son intrigue encore plus spectaculaire, l'action se déroule au sein des nouveaux quartiers parisiens, dans ces années 70 où la capitale se dote de tours de 20, 30 ou 40 étages, qui sont filmées en contre-plongée, ce qui donne un sentiment d'oppression et d'insécurité pour les jeunes femmes qui y habitent.

Ce menu copieux a pour conséquence certaines facilités scénaristiques alourdies par le souci du réalisateur d'expliquer au spectateur le noeud de l'intrigue pourtant pas si compliquée que cela. Dans une interview, Francis VEBER explique qu'il tentera de faire entendre raison le réalisateur sur le fait qu'il n'est pas nécessaire de montrer une image d'un oeil dessiné sur l'écran pour faire comprendre que "Minos" est borgne où que les actrices de films pornos ne vivaient pas dans des intérieurs luxueux comme des stars de cinéma traditionnel,mais rien n'y fait. VEBER ne cache pas qu'il a été déçu par VERNEUIL sur ce coup là...du reste ces dialogues sont bons, de la teneur de "Adieu poulet" avec Lino VENTURA.

VERNEUIL a déclaré à l'époque d'avoir acheté une bouchée de pain les droits d'un polar américain "Night calls" auquel il n'aurait gardé qu'un passage autour duquel il aurait beaucoup brodé et inventé tout le reste de l'intrigue. Le roman semble avoir inspiré la première scène spectaculaire, qui ressemble à celle qui introduit le  premier "scream" de Wes  CRAVEN. Nous trouvons Lea MASSARI dans un rôle court, mais spectaculaire: harcelée au téléphone par un mystérieux inconnu qui la persécute et l'insulte, elle devient de plus en plus paniquée, hystérique. Au 18ème étage de sa tour, elle commence à étouffer, suffoquer. Elle appelle la police qui la rassure, mais qui ne se déplace pas. Après un nouvel appel, elle fait un malaise et tombe par sa fenêtre et s'écrase dans la fontaine de l'immeuble (sans faire trop de bruit).

Pendant ce temps, le commissaire LETELLIER, "petite tête et gros biscottos" selon sa hiérachie, poursuit toujours la piste de Marcucci. Il se rend avec son fidèle adjoint MOISSAC joué par l'excellent Charles DENNER (que BELMONDO retrouve un an après "L'héritier") dans le bar louche tenu par l'infâme "Cacahuète", un gars qui n'hésite pas à "loger" dans sa cave un nombre impressionnant de travailleur sans papiers. La crapule.... De bons dialogues assez drôles parsèment la scène. BELMONDO est à l'aise dans son premier rôle de flic. Durant la scène du  bar il se rémémore le jour funeste qui lui a valu son reclassement, la mort d'un piéton et la mort de son adjoint de l'époque, l'occasion de proposer une scène de "gunfight" quelque peu inutile. "Cacahuète" sera un indic pour Letellier qui au moment de rentrer est appelé sur la scène de la mort de Nora...Pour lui, c'est un suicide et c'est assez mollement qu'il entreprend l'enquête, enfin c'est son adjoint qui semble le plus motivé. A la sortie de l'immeuble ils sont observés, d'un oeil, mais le bon, par un curieux motard. On sait que le coupable est borgne, car l'écran est séparé en deux partie, sur une moitié, figure un oeil dessiné, de l'autre moitié figure l'ction filmée.

Grâce à une lettre retrouvée chez NORA ils remontent jusqu'à un truand louche qui a reçu une balle durant leur trajet. Pour entrer dans l'appartement BEBEL prèfère passer par l'extérieur, sa première cascade sur les toits, ou plutôt sur la facade, une petite gissade pour faire peur au spectateur, et hop ! Pendant ce temps, son adjoint fait sauter la serrure de la porte d'un coup de pistolet , efficace, mais le tout est fait sans mandat. Pas grave. Il font parler le blessé qui se révèle être un trafiquant de drogue, mais il n'a rien à voir avec la mort de Nora.

De retour dans ces bureaux, LETELLIER est obsédé par la traque de Marcucci, dont "Cacahuète" a révélé la présence à Paris. Letellier ignore le dossier Nora, mais "Minos" l'appelle. Il a tout d'un cinglé, et démontre une sainte horreur de la genre féminine, des femmes dépravées qui ne pensent qu'au sexe...Bref, un dingo que Letellier ne prend pas au sérieux. A chaque meurtre purificateur, il livrera un morceau d'une photo qui le représente, jusqu'à la révélation de son identité. Letellier se marre. Mais pas le chef de la Police lorsque France-Soir publiera la photo et les révélations de Minos. 

Letellier est de "corvée chiottes" et doit rencontrer et examiner chaque demande de changement de numéros effectué par une femme seule. Vaste programme. Mais avec beaucoup de chance, au bout de la septième rencontre, il stationne devant un hôpital et coup de pot, "Minos" est là et  glisse un livre par la vitre de la voiture de Letellier, car Letellier a beau être flic, il oublie de fermer sa vitre avant qaund il sa barre de sa voiture. cela tombe bien, "Minos" avait prévu le coup. Letellier et son adjoint interroge une infirmière hacelée au téléphone par Minos, et, ô miracle, voilà que notre cher Minos qui s'est habillé à la vitesse de Superman, surgit un brancard à la main. Sous sa vraie identité, Pierre VALDEK muni d'une magnifqiue paire de Ray Ban cachant son infirmité. Rien que de très banal...Le fourbe, s'inquiète pour sa collègue infirmière...C'est l'occasion de revoir Adalberto MERLI que les spectateurs français connaissent depuis "Le professeur" avec Alain DELON.

Dans leur voiture, les deux compères prennent connaissance du livre laissé par Minos, sans se demander si celui-ci ne travaillait pas dans l'hôpital où ils se sont rendus. Ils se rendent chez une autre femme qui elle aussi subit des menaces de la part de Minos. Mais celui-ci qui a deviné par l'opération du Saint Esprit où se rendent les deux policiers, a prit une journée de RTT à l'hôpital en plein milieu de sa journée de travail, enfourché sa moto à moteur atomique et a pris le temps de zigouiller sa victime avant l'arrivée de Letellier. C'est cette chère Rosy VARTE qui s'y colle. Elle prend Minos pour Letellier et dévoile à Minos sa façon de penser envers lui. Un portrait guère reluisant qui a le don d'énerver Minos. Il sort, mais Letellier arrive et il rebrousse chemin et s'enfuit par les toits. Letellier le poursuit et effectivement, c'est une trsè belle scène de poursuite sur les toits très bien réglée et réaliste. Pendant que BEBEL se raccroche aux branches, il a le temps d'intercepter l'oeil de verre échappé de l'orbite de Minos et de le réduire en bouillie. La poursuite continue, et les deux se retrouvent sur les toits des "Galeries Lafayette", vraiment une publicité très discrète pour le grand magasin parisien. Evidemment Minos retrouve sa moto à proximité des Galeries et s'enfuit poursuivi par les deux policiers, encore une belle scène signée Rémy JULIENNE. Letellier rebrousse chemin et laisse Minos triomphant. Il va tenter d'arrêter Marcucci. La poursuite se déroule dans le métro parisien, une des scènes célèbres du film. BELMONDO n'hésite pas à chevaucher les toits des rames du métro aérien (à vitesse réduite rassurons nous) pour retrouver Marcucci. Alors que Letellier a déjà déploré la perte d'un passant innocent, il n'hésite pas à entamer une fusillade nourrie en pleine rame de métro (chose inconcevable pour tout polciier qui se repecte) et tue Marcucci.   

Toujours en fonction, Letellier va assurer une protection chez la jeune infirmière durant deux jours. Bien sûr VALDEK  sonne à la porte et doit constater la présence du polcier chez sa collègue dont il est amoureux transi. Letellier ne fait toujours pas de rapprochement, ni ne reconnait la voix de "Minos". Roucoulant avec la belle, il ne fait pas le rapprochement avec l'appel immédiat de Minos. Bien sûr, Hélène provoque Minos en lui faisant croire qu'elle couche avec Letellier. Bien que celui sache que Minos doit être bien chaud à l'autre bout du fil, il laisse Hélène partir à l'hôpital, seule, pour répondre à une urgence. Et bien sûr Minos la tue sauvagement dans les vestiaires....

Ca va mal pour Letellier, mais heureusement Minos va l'aider. Déjà Letelleir apprend que Minos porte un oeil de verre, ce qui devrait quand même lui donner un semblant de piste. Les psychopates borgnes, manchots, ou unijambistes ne doivent pas courir les rues. VALDEK arrive et le reste est aussi drôle qu'une enquête du commissaire Bougrex dans la célèbre "Rubrique à Brac" de Gotlib. Pendant que Valdek donne la piste à suivre pour le découvrir (toutes les victimes ont un rapport avec l'hôpital où il travaille) il faudra un biquet tendu par Moissac que Minos ne voit pas pour que Letellier comprenne que VALDEK est Minos, le tout avec une grande légèreté.

CheVALDEK, la palce est vide, mais il reste le journal du jour avec les des lettres manquantes soigneusement découpées au cutter. Avec les lettres manquantes il sera facile de composer le nom de la prochaine victime, bein sûr. Très vite le nom de Pamela Sweet star de films pornos sera découvert et Minos va se retrouver assiègé dans l'appartement de l'actice avec toute sa famille. Mais Letellier qui en plus de connaitre le karaté et le judo a suivi l'entraînement des polciers du GIGN survolera la tour en hélicoptère et va surgir dans l'appartement pour mettre une sévère correction à Minos. Letellier s'en va le devoir accompli . petite cervelle mais très gros biscottos.

VERNEUIL fait de la bonne ouvrage, et malgré les faiblesses du scénario, le public passe un très bon moment. Les cascades sont très bien préparées et exécutées, et BELMONDO ne s'économise pas. Si on ajoute une musique d'Ennio MORRICONE en grande forme et bien angoissante on soulignera aussi que "Minos" est un "méchant" dans la lignée des plus grands, à l'instar d'un "Scorpio" dans "L'inspecteur Harry".

La campagne de promotion est importante, les affiches fleurissent sur les murs des grandes villes. C'est l'oeuvre de René CHATEAU qui sait les rendre spectaculaire. Le nom de l'acteur y figure en très gros avec la police de caractère bien connue. BELMONDO y figure dans une tenue non présente dans le film mais qui rappelle "Bullitt" avec Steve McQUEEN un film référence pour René CHATEAU. Le film s'empare sans aucune difficulté de la première place du box office et va être le grand succès du printemps 1975. Le Film français souligen le score du film sorti dans 120 salles françaises le même jour: plus de 500 000 entrées, c'est une très belle moyenne.

Avec 4 millions d'entrées au compteur, BELMONDO renoue avec ses plus grands succès, son plus grand depuis..."Le casse". Le film marche également très bien en Europe. En Italie bien sûr, où l'acteur rencontre régulièrement le succès et aussi en Allemagne où il semble devenir popualaire. Une belle affaire commerciale pour tout le monde.

Ce film marque aussi la rupture pour BELMONDO de sortir des films "à risques". Avec rené CHATEAU, il va entamer des productions spectaculaires entièrement centrées autour de sa personne et au marketing imposant. Une période dorée remplit de succès, certes, mais très loin de la qualité du "Doulos" ou autres "Leon Morin prêtre". Mais avec un "top 2" de l'année 1975 à son actif et en l'absence forcée d'un DE FUNES, l'acteur est devenu l'actur numéro un français et compte bien le rester.... 

 

 

Voici un lien sur la fiche très complète du film, très bien documentée et qui montre tous les faux raccords et erreur de montage du film:           

        

http://chgilles.free.fr/?r=4-41          

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

2

3 948 726

 

ENTREES PARIS

 

728 032

 

ENTREES BANLIEUE

 

433 447

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

1 161 479

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

186 007

27

2ème semaine

1

131 812

 

3ème semaine

1

81 822

 

4ème semaine

1

101 186

 

5ème semaine

1

94 337

 

6ème semaine

1

53 031

 

7ème semaine

2

32 363

 

8ème semaine

6

27 370

 

9ème semaine

7

18 365

 

10ème semaine

14

13 040

 

Nombre de semaines Paris

 

29

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

6 889

 

1er jour Paris

 

19 438

 

1ère semaine France

 

557 104

120

Budget

 

12 MF 

 

Box office annuel Espagne

 

920 190

 

Box office annuel Allemagne

19

1 150 000

 

Box office annuel Suede

 

48 895

 

Box office annuel Italie

43

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

  vlcsnap-2011-03-25-02h06m54s25.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h08m43s96.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h12m13s146.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h13m53s120.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h14m50s183.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h23m47s174.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h25m09s222.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h25m40s18.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h26m28s250.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h27m03s82.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h27m39s190.png

 

vlcsnap-2011-03-25-02h28m31s193.png

 

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vlcsnap-2011-03-25-02h29m00s232.png

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 3 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 15:15
- Publié dans : MISES A JOUR

 

LA BANDE A BONNOT

 

30 OCTOBRE 1968

 

 

LES-ANARCHISTE-OU-LA-BANDE-A-BONNOT.jpg

Réalisation

Philippe FOURASTIE

Assistant réalisateur
Claude MILLER

Scénario

Philippe FOURASTIE

Remo FORLANI

Marcel JULLIAN

Jean-Pierre BEAURENANT

Photographie

Alain LEVENT

Musique

Jacques BREL

François RAUBER

Production

Jean-Paul GUIBERT

INTERMONDIA

Distribution

VALORIA

Durée

110 minutes

Tournage

28/03/68 - 31/05/68

Marie LA BELGE

Annie GIRARDOT

Jules BONNOT

Bruno CREMER

Raymond CAILLEMIN

Jacques BREL

Garnier

Jean-Pierre KALFON

 

 

1911. Un groupe d'anarchistes vit au "nid rouge". Leurs discours s'inspirent de Proudhon.Ils provoquent les ouvriers à la sortie des usines. Quand apparait Jules BONNOT tout change. Il est partisan de la violence et s'oppose en cela à Kibaltchiche. Les anarchistes se séparent alors et les plus durs suivent Bonnot. Ils forment ce que l'on appellera bientôt "La bande à Bonno"; quatre hommes, Raymond la science, Carrouy, Soudy, Garnier et une femme, Marie la Belge.

Ils vont être les premiers gangsters en automobile. Ils tuent rue Ordener, ils attaquent la Société Générale à Chantilly...au volant de De Dion Bouton volées, ils parcourent la France. Entre Raymond et Bonnot une amitié naît, encore que Bonnot désire surtout l'argent, tandis que Raymond, lui, souhaite montrer par les meurtres l'importance de l'anarchie.

Mais les filets tendus par Jouin, le sous-chef de la Sureté, se resserrent. La police fait arrêter un anarchiste innocent. Sa femme, "la Vénus rouge" dévoile alors la cachette des anarchistes. Soudy, Carouy et Raymond la Science sont pris. Bonnot abat Jouin. Lui et Garnier soutiennent alors un siège, près du viaduc de Nogent, contre 5000 gendarmes, autant de zouaves et une foule de 10 000 civils armés jusqu'au dents. Les deux hommes meurent en anarchistes. Criblé de balles, Bonnot à le temps d'écrire "Vive l'anarchie"....

 

Malgré le succès de "Vivre pour vivre", Annie GIRARDOT éprouve toujours des difficultés à trouver de grands rôles construits autour d'elle. D'ailleurs le cinéma de cette fin des années 60 peine encore à procurer de bons rôles pour les actrices, une tendance qui va s'inverser dans les années 70. Dans l'attente, elle va tourner dans "La bande à Bonnot" pour un petit rôle, celui de Marie La Belge compagne de Garnier un des membres de la fameuse "Bande à Bonnot".

Philippe FOURASTIER est un jeune réalisateur (1940-1982)qui a fait ses premières armes en tant qu'assistant réalisateur de Pierre SCHOENDORFFER et se lit d'amitié avec Bruno CREMER. En 1968 il est assistant sur "Les gauloises bleues" ce qui explique naturellement la participation d'Annie GIRARDOT au film en plus de Bruno CREMER tous deux crédités au film. Reste à intégrer Jacques BREL dans le rôle de "Raymond la Science", un acteur généreux et qui a prouvé qu'il pouvait être aussi bon acteur que chanteur.

Le réalisateur a été a bonne école et il démontre grâce à ce film assez austère son implication dans une reconstitution fidèle de l'époque et du climat ambiant. Il est fortement inspiré par les illustrations des journaux de l'époque et ne s'en cache pas car le générique du film est entièrement composé d'illustrations.

Le risque dans un "biopic" est d'idéaliser les personnages, leur donner une aura plus cinématographique que la réalité, mais le réalisateur va bien s'en sortir en décrivant un BONNOT antipathique et peu charismatique...Dans la réalité, Jules BONNOT est un anarchiste "naturel". Dès son plus jeune âge et il fait montre d'une indiscipline et d'une violence remarquable. Il faut dire que depuis la mort de sa mère, il a été élevé par son père ouvrier. Presque analphabète il sera plus tard de toutes les listes noires des employeurs de sa région. C'est la misère. Et pourtant, c'est parait-il un mécanicien d'exception ce qui lui rendra célèbre pour être le premier à utiliser des voitures pour commettre ses larcins. Le départ de sa femme pour un autre, le convaincra dans sa haine de l'autre....

Le début du film met l'accent sur "Raymond la Science" interprété à merveille par Jacques BREL. Il éructe, arrangue la foule des ouvriers devant les grilles des usines. C'est un anarchiste pur jus qui traîne ses guêtres avec une bande d'inadaptés : un tubard, un poète flanqué de sa muse, entre autres. Les influences sont nombreuses chez Raymond, et comme toute lutte politique, les raisons d'être sont discutables, parfois elles frôlent l'infantilisme, l'utopie. La vie du petit groupe va changer quand ils dérobent la sacoche d'un certain BONNOT à la terrasse d'un café. Celui-ci les retrouve et récupère son bien sous la menace d'un révolver. Mais il est intéressé par ce petit groupe, quelque peu amateur, il est vrai. Il provoque la scission du groupe avec leur mentor et devient le chef d'une petite troupe. Tout anarchistes qu'ils sont, l'intérêt premier de BONNOT est bel et bien le larcin. Ils commencent par faire un casse dans un magasin d'armes à feu, puis ils volent une bourgeoise qui s'occupe avec un amant durant l'absence de son mari, ce qui dégoûte BONNOT qui semble avoir quelques principes, discutables, certes, mais bon...

Ils entreront dans  l'histoire du Crime en commettant le premier meurtre à automobile, rue Ordener à Paris. Le montant du butin est ridicule, le groupe est vraiment amateur. Ils se rendent sur les côtes de la Manche, certains n'ont jamais vu la mer de leur vie...

Poursuivis par la police, le groupe qui reste très amateur se radicalise. C'est un cercle vicieux, pour survivre ils n'hésitent plus à tuer de sang froid, ce qui mobilise l'opinion publique. Poursuivis par le sous-chef de la sureté, Jouin, ils seront de plus en plus acculés. Un par un les membres sont capturés. Un se suicide à l'aide d'une pilule de cyanure. Raymond la Science demeure très véhément envers la police, la justice, il reste un "vrai" anarchiste dans l'âme....Il sera guillotiné. 

Manquant d'être capturé, BONNOT tue Jouin et devient l'ennemi public numéro un. Des forces énormes seront mobilisées dans le but de l'éliminer (à l'instar d'un certain Mesrine bien des années plus tard). BONNOT et Garnier sont vendus par un des leurs. Garnier a le temps de permettre à Marie de s'échapper de la maison où ils sont réfugiés. Elle sera acquittée, n'ayant pas grand chose à se reprocher et mourra en 1968.

Victime de sa réputation, il devra subir un siège disproportionné, des zouaves posté sur les toits du voisinage l'arrosant de feu de mitrailleuses... Il succombe, lui et son chien, criblés de balles, non sans avoir rédigé une sorte de testament à l'idéologie assez nébuleuse....

Le film est une réussite, l'auteur ne prend par parti et ne cherche pas à attirer la sympathie du public envers la bande, d'ailleurs Bruno CREMER, excellent ne fait rien pour rendre son personnage charismatique. C'est un de ses meilleurs rôles à l'instar d'un Jacques BREL éructant ses répliques avec force de conviction. Annie GIRARDOT n'a hélas qu'un rôle peu étoffé, Marie n'ayant jamais été partie prenante de la bande... Elle dispose d'une scène de dialogue intéressante avec Jacques BREL, mais c'est bien peu pour un rôle anecdotique. Tout du moins le film lui aura permis de développer une courte idylle avec Jacques BREL. Une courte passion de sa part, l'acteur n'étant pas habitué à faire durer ses relations extra conjugales. Elle gardera toujours une admiration sans bornes pour l'acteur/chanteur.

Manque de chance pour le film, celui-ci est terminé alors que les évènement de mai 1968 surgissent. Une bien mauvaise coïncidence pour le film, qui va souffrir de son propos même. Les autorités n'apprécient pas le ton du film qui sort frappé d'une sévère interdiction aux moins de 18 ans, sans doute le prix à payer pour la scène ou "Raymond-la-Science" abat un policier de sang froid...

De fait le film, austère, peine à dépasser le million de spectateurs en France. Pourtant à Paris, le résultat est correct. le film se classe second du box office parisien durant deux semaines, avant chuter assez rapidement, mais le film passe quand même les 350 000 spectateurs sur Paris banlieue.

Annie GIRARDOT s'en va à l'étranger tourner trois films. Un rythme toujours soutenu. Lors de son retour, elle choisira la comédie comme terrain de prédilection, avec des résultats plus que positifs....        

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 144 355

 

ENTREES PARIS

 

259 208

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

351 407

 

 

 

 

 

1ère semaine

2

48 416

5

2ème semaine

2

44 920

 

3ème semaine

3

26 027

 

4ème semaine

11

19 354

 

5ème semaine

14

16 140

 

Nombre de semaines Paris

 

9

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

9 683

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Italie

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel allemand

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Jeudi 17 mars 2011 4 17 /03 /Mars /2011 12:41
- Publié dans : MISES A JOUR

 

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MOURIR D'AIMER

 

10 JANVIER 1971

 

 

 

mourir d aimer,1

Réalisation

André CAYATTTE

Scénario

André CAYATTE

Albert NAUD

Photographie

Maurice FELLOUS

Musique

LOUIGUY

Production

FRANCO-LONDON-FILMS

Distribution

C.C.F.C

Durée

100 minutes

Tournage

28/07/75 - 30/09/70

Danièle GUENOT

Annie GIRARDOT

Gérard LE GUEN

Bruno PRADAL

Le juge des mineurs

Jean BOUISE

M. LEGUEN

François SIMON

Mme LEGUEN

Monique MELINAND

 

 

Danielle Guenot, 32 ans, divorcée avec deux enfants, était professeur de latin-français dans un lycée de Rouen, un professeur jeune, moderne que les étudiants adoraient. Le joli mois de mai 68 fondit sur la France. Dans l'exaltation, l'enthousiasme du renouveau, Danielle et un de ses élèves, Gérard Le Guen, âgé de 17 ans, s'aperçurent qu'ils s'aimaient. Les parents de Gérard, qui se plaisaient pourtant à afficher des idées libérales, portèrent plainte pour détournement de mineur. On fouilla, on étala la vie de Danielle Guenot. L'Education Nationale la menaça d'exclusion. La justice se mit en branle : on envoya Gérard en pension ; il s'en évada. On le cloîtra dans un asile psychiatrique. On enferma Danielle Guenot en prison parmi des criminelles, des droguées, des prostituées ; elle sortit de cet enfer après que Gérard eut rejoint ses parents. Malgré les épreuves, l'amour de Danielle et de Gérard était resté intact. Ils décidèrent de lutter face à l'opinion. Tout recommença alors. Danielle retourna en prison pour un « crime » qu'elle ne comprenait pas. Et l'espoir l'abandonna peu à peu. Pourtant un procès eut lieu, qui l'amnistia. Mais les Le Guen se portèrent en cassation. Danielle réalisa que l'«affaire Guenot» qui s'ébruitait de plus en plus, ne finirait jamais. Lorsqu'on souffre, il suffit d'un malentendu pour se croire abandonnée, il suffit d'une lettre non reçue à temps pour qu'une femme moralement brisée se suicide.

 

Pour ceux qui se plaignent de la Droite politique des années 2010, celle-ci est pourtant bien molle du genou par rapport à celle de la fin des années 60. Mai 1968 est passé par là, tout du moins à Paris et la Droite bien pensante des vieilles badernes n'a pas beaucoup apprécié la bonne blague, et le retour de manivelle, sporadique, n'en sera que plus fort. Une affaire va passionner la France malgré tous les efforts de la presse, entre autres, pour en étouffer le triste dénouement.

Gabrielle RUSSIER une jeune professeur de lycée de 32 ans exerce dans un lycée marseillais. Professeur atypique, elle accueille parfois des lycéens chez elle, pour leur faire écouter de la musique, leur conseiller de la lecture, ce qui interpelle certains parents. Pour mai 1968 elle se rend à Paris avec certains de ses élèves dont Christian ROSSI, mineur de 17 ans pour participer aux manifestations. Les parents de Christian assistants à la faculté d'Aix sont même du voyage. Ce sont d'anciens communistes.  Durant les évènements, Gabrielle et Christian nouent une idylle et Christian refuse de revenir chez lui. Les parents vont déchainer l'enfer autour des deux amoureux. Ils portent plainte pour "détournement de mineur". L'administration, complaisante et complice, provoque l'emprisonnement de Gabrielle et Christian se fait même interner. Le Président Pompidou prend plutôt parti pour les deux, et Gabrielle est condamnée à douze mois de prison avec sursis, ce qui correspond à une amnistie. Mais le parquet fera appel, et Gabrielle se suicidera. Ce "fait divers" sera étouffé, mais certains n'abdiquent pas et l'histoire fera finalement grand bruit, et le Président Pompidou devra même la commenter.... Cette regrettable histoire est du pain béni pour André CAYATTE qui est déjà un réalisateur chevronné lorsqu'il décide d'adapter l'histoire au cinéma. Après 30 ans de carrière il compte de nombreux succès dont "Le passage du Rhin" qui un des champions du box office 1960. En 1967, " Les risques du métier" avec Jacques BREL est une brillante réussite sur un sujet très fort, et en 1969 "Les chemins de Katmandou" s'est fait également remarquer. Malgré les années, CAYATTE reste un cinéaste virulent, observateur et qui n'hésite pas à dénoncer certaines injustices sociales. Pour lui " Mourir d'aimer" n'est pas l'histoire de Gabrielle RUSSIER, mais un film imaginaire avec des personnages imaginaires qui s'en inspire largement. Son but est de dénoncer l'inadaptation des lois à l'évolution des mœurs et le cas échéant l'inhumanité de l'appareil juridique qui a jugé des pièces d' état civil et non des êtres humains.

Alors que Gabrielle RUSSIER s'est suicidée le 1er septembre 1969, le tournage commence en juillet 1970 alors que le fait d'hiver est encore frais. Il est évident que le tournage du film dérange, et le réalisateur est victime de pressions et de menaces. Pour lui, la question ne se posait pas, Annie GIRARDOT est la seule interprète possible pour le personnage de Danièle. Annie GIRARDOT accepte immédiatement le rôle, elle attendait d'ailleurs le coup de téléphone du réalisateur. Non seulement c'est une bonne actrice, mais elle sort de brillants succès commerciaux dont "Erotissimo", "Elle boit pas, elle fume pas...." et "Les novices". Une double caution. Pour incarner Gérard, le jeune Bruno PRADAL va avoir l'occasion de jouer un rôle fort, celui d'un jeune homme enflammé. Il a 20 ans et c'est son premier rôle au cinéma.

Le film est raconté par Danièle. Il raconte son histoire d'amour désespérée avec Gérard. Le film emprunte par bien des points des trames de "Roméo et Juliette" ou des "Dimanches de Ville d'Avray" entre autres.... L'action du film est transposée à Rouen. Danièle est innocente dans tous les sens du terme. Joyeuse, épanouie dans son travail, elle est très proche de ses élèves et n'hésite pas à les rencontrer en dehors des cours pour leur donner envie de lire... Comme beaucoup elle croit en mai 1968 et se rend aux manifestations d'étudiants. Elle est proche d'un de ses élèves, Gérard, qui est un beau jeune homme idéaliste qui fait plus que son âge... Elle vient le chercher régulièrement en voiture à la librairie de ses parents. Une belle histoire d'amour nait entre les deux. le problème c'est que Gérard est mineur. Le comportement des parents de Gérard change. André CAYATTE ne donne pas un portrait très reluisant des parents de Gérard. On est plus proche des "Thénardier" qu'autre chose. Le père, l'œil torve, est un communiste pur jus. Cependant ce "gauchiste" convaincu cache un cœur très à droite finalement. Fort antipathique, François SIMON campe un père antipathique, sans cœur, voire méchant. Monique MELINAND n'est pas en reste, n'hésitant pas à affubler Gabrielle de noms d'oiseaux si besoin est. Nos deux héros vont se retrouver dans une spirale négative dont l'issue reste incertaine. Avec candeur, Gabrielle va d'abord voir son institution se retourner contre elle, puis elle sera même incarcérée. Gérard, s'enfuit de chez ses parents et va devoir affronter l'enfer. Les deux s'aiment toujours. il pourrait tout laisser tomber, revenir chez ses parents et attendre sa majorité, mais rien n'y fait. A cet âge on est exalté, et les deux s'accrochent à leur amour. Gérard va être interné à la demande de ses parents. Mais rien ne les brise. André CAYATTE n'y va pas par quatre chemins et décrit une belle galerie d'ordures. Les soutiens sont rares. Bien sûr les lycéens sont derrière le couple. Gérard peut compter sur le juge des mineurs interprété par un Jean BOUISE très sympathique mais au pouvoir limité. Bruno PRADAL apporte sa fougue et sa jeunesse au film. Révolté, courageux il affronte la honte d'être interné. Il doit supporter d'ignobles médecins dévoués à la cause de leurs tutelles. Les injections de calmants n'y feront rien, Gérard résiste.

Bien sûr, Annie GIRARDOT est remarquable. Sans trop en faire, elle campe son personnage avec naturel. Danièle ne comprend pas ce qu'elle arrive. Elle tente de surnager à ce qui lui arrive et qui est profondément injuste. Toute sa foi dans les institutions est détruite et elle doit supporter une infamante incarcération et un séjour prolongée chez les sœurs. Elle tentera tout de même de rester elle même dans cette incarcération, n'hésitant pas à aider ses collègues d'infortune, dont Cécile jouée par la troublante et charmante Marie Hélène BREILLAT. Elle tentera d'enseigner le goût de la lecture à ses compagnes d'infortune.

Grâce à son avocat, Danièle croit être sortie de l'enfer. Mais le parquet ne l'entend pas de cette oreille et fait appel, ne se contentant pas d'une peine qu'il juge trop clémente. A une époque où le téléphone portable et les SMS n'existent pas, Danièle envoie une lettre à une amie afin qu'elle avertisse Gérard de son retour. Gérard n'est pas avertit à temps et Danièle se retrouve seule sur son quai de gare, se croyant abandonnée par Gérard. Saleté de PTT ! Elle se suicide et Gérard arrive trop tard à son appartement. Le film se finit sur cette note tragique, mais le dernier plan s'attarde sur le profil du visage de Danièle qui semble être partie en paix.

André CAYATTE n'y va pas avec le dos de la cuillère et le film est clairement à charge contre les parents de Gérard et la justice française, voire l'opinion française. Les parents de Gérard sont des salauds, point barre. Le gentil coco est en fait une ordure avec un comportement de "droite".

En prenant parti des faibles, CAYATTE va bien sûr mettre le public dans sa poche, surtout quand on peut compter sur des acteurs de ce calibre. Bruno PRADAL est excellent et fougueux, Annie GIRARDOT est juste tout simplement. Séduisante, naturelle, mais pas trop, c'est une femme normale qui va voir le sol s'entrouvrir sous ses pieds et va tout faire pour s'accrocher à ce qu'elle peut.  Une grande composition, comme d'habitude.

Le film fait polémique et la critique est divisée. CAYATTE en ferait trop et utilise de grosses ficelles pour émouvoir le public, cependant la performance de GIRARDOT est soulignée. Bref, le film fait scandale. Sorti en janvier 1971 le film prend sans coup férir la première place du box office avec un score satisfaisant. Le bouche à oreille est fantastique et le film reste en tête du BO parisien durant quatre semaines en ne perdant pas d'entrées. Il reste dans le top 10 durant 3 mois. EN France le succès est considérable et Annie GIRARDOT touche toute la population, obtenant définitivement son statut d'actrice populaire; Le film attire 6 millions de spectateurs dans les salles, un score énorme et devient le plus grand succès de la carrière d'Annie GIRARDOT à l'instar du succès de "La vérité" pour Brigitte BARDOT. A Paris banlieue le film est largement millionnaire.

Si Gabrielle RUSSIER voulait que sa mort serve à quelque chose, c'est réussi. Le public est très émue par le film, et il est clair que la justice va assouplir énormément le droit des parents sur des enfants mineurs dans le cas de relations sexuelles. Désormais, si le mineur est consentant, il a tout à fait le droit de vivre une histoire d'amour avec un adulte et c'est tant mieux (j'exclue évidemment toute relation ou allusion pédophile, je parle d'ados de 17 ans ...). Aujourd'hui, à 15 ans, pas mal d'ados ont déjà été bourrés, fumé du shit, et eu des relations sexuelles, ce qui n'est pas non plus la panacée.

Témoignage d'une certaine France de la fin des années 60, André CAYATTE a gagné son pari et va poursuivre dans sa verve des films à polémiques et Annie GIRARDOT deviendra son inséparable complice avec plus ou moins de bonheur pour 4 nouveaux films.

GIRARDOT superstar en France et en Europe où le film a bien fonctionné, surtout en Espagne, va poursuivre son parcours triomphant dans ces années 70 qui seront les siennes.

Le cinéma français entame une décennie remplie de films forts et qui feront scandale. D'ailleurs quelques semaines après la sortie de "Mourir d'aimer", le cinéma français connait un nouveau scandale avec "Le souffle au cœur" de Louis MALLE. Une bien belle période où le cinéma français osait beaucoup...

Un remake télévisé de "Mourir d'aimer" sera diffusé en 2009. Réalisé par l"inévitable Josée DAYAN, c'est Muriel ROBIN qui interprète Danièle. Le résultat sera très inférieur au film, il n'est pas vraiment raisonnable de se comparer à Annie GIRARDOT. Il y a des acteurs qui tuent un rôle et qui sont irremplaçables....   

                          

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

3

5 912 428

 

ENTREES PARIS

 

700 628

 

ENTREES BANLIEUE

 

470 469

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

1 171 097

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

71 753

6

2ème semaine

1

74 945

 

3ème semaine

1

70 579

 

4ème semaine

1

62 268

 

5ème semaine

2

70 108

 

6ème semaine

2

53 808

 

7ème semaine

4

43 521

 

8ème semaine

3

37 242

 

9ème semaine

4

31 598

 

10ème semaine

5

23 219

 

11ème semaine

9

23 030

 

12ème semaine

9

24 110

 

13ème semaine

16

12 980

 

Nombre de semaines Paris

 

18

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

11 959

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

2 021 759

 

Box office annuel Italie

45

 

 

Cote du succès

 

* * * * *

 

 

 

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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 14:59
- Publié dans : MISES A JOUR

LE RETOUR DU GRAND BLOND

 

18 DECEMBRE 1974

 

 

 

RETOUR-DU-GRAND-BLOND.jpg

 

Réalisation

Yves ROBERT

Scénario et dialogues

Francis VEBER

Yves ROBERT

Photographie

René MATHELIN

Musique

Vladimir COSMA

Production

Alain POIRE

Danièle DELORME

Yves ROBERT

Distribution

GAUMONT

Durée

75 minutes

Tournage

15/07/74-22/09/74

François PERRIN

Pierre RICHARD

Toulouse

Jean ROCHEFORT

Christine

Mireille DARC

Maurice

Jean CARMET

Le Colonel CAMBRAI

Michel DUCHAUSSOY

Perrache

Paul LE PERSON

Paulette

Colette CASTEL

Le Ministre de l'agriculture

Jean BOUISE

 

 

 

Le Grand Blond, qui file le parfait amour à Rio avec Christine, se retrouve le centre de la sourde, mais implacable lutte que se livrent le Colonel Toulouse et le Capitaine Cambrai, tous deux des services secrets. Menacé de meurtre, contraint de jouer à l'espion, le Grand Blond parviendra à confondre toutes ces sombres machinations avant de les oublier (provisoirement) dans les bras de Christine.

 

 

"Salut l'artiste" sorti fin 1973 a été une sacrée déception commerciale pour Yves ROBERT et "Un nuage entre les dents" qu'il a produit ne s'est guère mieux comporté. Dans ces conditions une suite des aventures du "Grand blond avec une chaussure noire" semble être une caution très intéressante. Sauf que le premier film se suffit bien à lui même et que les exemples de mauvaises séquelles ne manquent pas dans l'histoire du cinéma. Cette suite sera-t-elle conforme aux espoirs des amateurs du premier film ? Autant dire tout de suite que l'adage se vérifie cruellement.

Encore une fois le film est très court et semble masquer les carences d'un scénario, ou plutôt d'un synopsis écrit par Francis VEBER qui n'est pas habitué lui aussi a écrire une suite à l'un de ses scénarios.

Pourtant à la base il ya de quoi se réjouir quand on sait que l'intégralité de l'équipe du premier épisode a été reformé. Bien sûr, Bernard BLIER est absent car son personnage a été tué lors du premier film. Pour le remplacer, Michel DUCHOSSOY dans le rôle du Colonel Cambrai ennemi juré de Toulouse. Nous constatons également la présence bienvenue du regretté Jean BOUISE dans le rôle du Ministre de la culture un peu benêt.

Du coté des autres acteurs, Jean CARMET et Colette CASTEL montent en puissance. Il est évident que le personnage de Maurice a été très apprécié de la part du public. Pierre RICHARD aura l'occasion d'être en roue libre et d'en faire des tonnes en tant que vedette incontournable (bien que "Un nuage entre les dents" n'a pas marché). Jean ROCHEFORT lui aussi a un bon temps de présence sur l'écran ainsi que Paul LE PERSON dans le rôle du fidèle Perrache. Michel DUCHAUSSOY a bien du mal à faire oublier Bernard BLIER. Du coup, Mireille DARC voit son rôle diminué à la portion congrue. C'est fort dommage.

L'histoire est peu intéressante et réutilise les thèmes du premier épisode en utilisant parfois des ficelles faciles usées jusqu'à la corde.

Le Colonel CAMBRAI veut la peau de Toulouse. Celui-ci sent que les affaires se gâtent, d'autant plus que le nouveau Ministre de l'intérieur vient de l'agriculture et n'est pas le plus fin des Ministres. Jean BOUISE est d'ailleurs excellent. Manipulé par Cambrai le Ministre ne cherche qu'une chose, attirer le "Grand blond" dans ses bureaux.

Toulouse et Perrache échafaudent un plan: Le grand blond doit mourir à Rio. Ils envoient deux de ses hommes "Prince" et "Charmant" éliminer François sur place. Ce dernier vit le très grand amour avec Christine. Durant un bon moment nous assistons à toutes les tentatives avortées afin de l'éliminer. Par innocence ou une chance insolente François échappe à tous les pièges, sans même s'apercevoir qu'il est menacé. Reste le gag pas trop mal fichu où François écrase très longuement les doigts d'Henri GUYBET qui s'est déguisé en cireur de chaussures pour l'éliminer.

Toulouse change ses plans et va capturer Christine pour forcer François à collaborer avec lui. De retour à Paris François est présenté au Ministre dans un costard cravate de rigueur, et portant des Ray Ban de rigueur. Toulouse prépare une fausse démonstration des capacités du grand blond. Il devra se débarrasser d'une dangereuse bande asiatique qui sont des hommes de mains de Toulouse. S'ensuit une interminable scène parodiant les "James BOND". François fait semblant d'abattre ses agresseurs puis de les combattre en utilisant du kung-fu. Le spectateur doit supporter le long cabotinage de Pierre RICHARD et les gags pas très drôles, quoique...le coup de la montre est excellent.....tout ceci sous le regard de Cambrai et de Maurice?

Mais le stratagème est découvert par Maurice, qui s'avère beaucoup plus fin que dans le premier épisode et même un allié très précieux pour François. Cambrai et Maurice reprennent la main et font croire à Christine que François la trompe avec Paulette.   Le clou du spectacle aura lieu durant un concert symphonique, où Françoise, vêtue de sa célèbre robe échancrée jusqu'aux fesses tentera de tuer François, mais se jettera dans ses bras. Toulouse prend l'arme de Christine et tue François. Mais l'arme était chargée un blanc. Toulouse est démasqué en public, mais s'enfuit avec Perrache en roulant Cambrai une dernière fois. François et Christine peuvent roucouler en paix.

Pas grand chose à se mettre sous la dent avec ce film écrit à la va-vite dans le simple esprit de fonctionner au Box Office. Les acteurs sont en dessous de leur niveau habituel sauf Jean ROCHEFORT qui s'en tire pas mal. Pierre RICHARD est odieux en roue libre, et la pauvre Mireille DARC à un rôle très pauvre à roucouler avec Pierre RICHARD. Heureusement que Francis VEBER va lui concocter un vrai beau rôle dans "Le téléphone rose".

Sorti en décembre 1974, le film prend un beau départ à Paris, mais rate la première place face au James BOND "Vivre et laisser mourir" puis au 3robin des Bois" des studios DISNEY. Mais il passe cependant de belles fêtes de fin d'année avant de perdre rapidement des entrées. Le film termine sa carrière à 2.2 millions d'entrées France, soit 35% de moins que le premier épisode, mais l'essentiel est là c'est un bon succès, confirmé par un beau score de 600 000 entrées sur Paris Banlieue. Cependant ce n'est pas suffisant pour mettre en chantier un troisième épisode et c'était mieux comme cela. Si ce deuxième épisode est franchement inférieur au premier, la leçon sera retenue par Yves ROBERT et Jean-Loup DABADIE qui livreront une suite nettement plus aboutie à "Un éléphant sa trompe énormément" avec "Nous irons tous au Paradis", toujours avec Jean ROCHEFORT inséparable d'Yves ROBERT.    

   

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

2 196 860

 

ENTREES PARIS

 

381 653

 

ENTREES BANLIEUE

 

247 268

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

628 921

 

 

 

 

 

1ère semaine

2

106 789

17

2ème semaine

3

128 847

 

3ème semaine

4

84 296

 

4ème semaine

4

46 407

 

5ème semaine

5

40 530

 

6ème semaine

6

30 173

 

7ème semaine

11

23 881

 

8ème semaine

11

24 880

 

Nombre de semaines Paris

 

16

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

6 282

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Italie

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

486 707

 

Box office annuel allemand

 

 

 

Cote du succès

 

* * *

 

  

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Mercredi 9 mars 2011 3 09 /03 /Mars /2011 10:20
- Publié dans : MISES A JOUR

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GALIA

 

26 JANVIER  1966

 

 

galia-2.jpg

 

Réalisation

Georges LAUTNER

Scénario et dialogues

Vahé KATCHA

Georges LAUTNER

Photographie

Maurice FELLOUS

Musique

Michel MAGNE

Production

Michel SAFRA

Serge SILBERMAN

Distribution

GAUMONT

Durée

105 minutes

Tournage

 

Galia

Mireille DARC

Greg

Venantino VENANTINI

Nicole

Françoise PREVOST

Matik

Jacques RIBEROLLES

Wespyr

François CHAUMETTE

L'homme de la piscine

Francis BLANCHE

 

« Plaisir, liberté, ambition » tel est le programme que s'est tracé Galia en quittant Etretat, son pays natal, pour aller vivre à Paris. On peut dès lors prévoir le résultat. Cependant, en dehors de quelques passades avec des amis, Galia mène une vie normale, occupée par son travail d'étalagiste qui l'intéresse et ses promenades à travers Paris en quête d'objets rares ou curieux. Mais déjà, elle éprouve le vide de sa vie et souffre de sa solitude.

 

 

 

En 1965, Mireille DARC a déjà participé a une bonne dizaine de film où son physique très avenant a été remarqué, mais sans pour autant trouver de grands rôles, mais à bien regarder la majorité des actrices doivent passer par une phase "d'apprentissage". Brigitte BARDOT a travaillé durant trois ans avant d'exploser au box office, après tout. Mireille DARC a pourtant été repérée par Georges LAUTNER et si elle ne fait pas partie du casting du célèbre "Les tontons flingueurs" (la confusion est pourtant régulièrement faite), elle sera de celui des "Barbouzes" où elle sera très remarquée dans le rôle d'Amarande. Georges LAUTNER s'entiche d'elle. Elle entre dans la bande à AUDIARD, ce qui n'est pas la pire des choses pour une actrice. Alors qu'elle fait encore de la figuration dans "Du rififi à Paname", Georges LAUTNER qui dispose désormais d'une certaine notoriété décide d'adapter le roman "Galia" de Vahé KATCHA avec l'aide de l'auteur. Un retour aux films plus dramatiques, n'oublions pas que le réalisateur a déjà proposé de très bons films à ses débuts tels "Arrêtez les tambours" ou "Le 7ème juré". Galia doit imposer la jeune Mireille DARC, 27 ans, dans la cour des grandes actrices. Pour l'accompagner, il confie le rôle principal à un de ses acteurs fétiches vu dans ses comédies policières, Venantino VENANTINI. Pour l'acteur c'est l'occasion de se hisser au niveau des meilleurs acteurs italiens en vogue à l'époque tels Marcello MASTROIANNI ou Vittorio GASSMAN. Le second rôle féminin est donné à Françoise PREVOST une excellente et très belle actrice, plus mûre que Mireille DARC (35 ans à l'époque) et égérie de cinéastes dit de "nouvelle vague" au début des années 60. Concernant les seconds rôles, l'habitué Francis BLANCHE retrouve Mireille dans le rôle d'un dragueur de piscine, François CHAUMETTE celui de l'inquiétant et libidineux Wespyr, sans compter de nouveaux jeunes visages qui composent les jeunes gens qui tournent autour de Galia tels Edward MEEKS qui sera connu en 1966 avec la série télévisée "Les Globe-trotters" ou Jacques SANTI ( Michel TANGUY dans la série "Les chevaliers du ciel").

Le réalisateur peut toujours compter sur la photographie de Maurice FELLOUS, le film bénéficie d'un superbe noir et blanc et de Michel MAGNE à la musique.

Galia est une très jolie jeune femme que nous retrouvons dans ce fameux  Paris des années 60. Elle a quitté la jolie ville d' Etretat où elle s'ennuyait. Elle vit désormais à Paris où elle exerce l'activité de décoratrice étalagiste, une activité bien rémunérée qui lui permet de louer une jolie chambre avec terrasse, spacieuse et décorée avec goût sous les toits parisiens.

Elle cherche l'âme sœur et une vie qu'elle espère trépidante. Bien sûr, elle se définit comme assez jolie et les prétendants ne manquent pas. Mais ce sont des aventures d'un soir. Son seul ami à Paris est Matik, un jeune homme avec qui elle a eu une liaison dans leur Etretat natal. Devenus bons copains, ils se voient régulièrement à Paris. C'est un jeune acteur qui fait partie d'une troupe. Dans ce Paris insouciant et trépidant des années 60, Galia aime se promener sur les quais les beaux soirs. Justement alors qu'elle se trouve assise sous un pont, elle entend le bruit d'un corps qui tombe dans lef leuve Sans hésiter elle se jette à l'eau pour sauver Nicole de la noyade. Elle ramène chez elle la femme transie et désorientée qui a tenté de mettre fin à ses jours.

Nicole est une fort belle femme. Galia s'occupe d'elle, l'habille, la réconforte. Son énergie ranime Nicole, qui commence à se confier. C'est une femme aisée qui ne supporte plus les tromperies de son mari. Une bonne amitié rassemble les deux femmes. Nicole se demande quelle est la réaction de son mari face à sa disparition. Elle tend une perche à Galia qui la saisit avec joie. Comme elle s'ennuie dans sa vie de tous les jours, elle va surveiller Greg, le mari de Nicole. Pendant ce temps celle-ci reste confinée dans l'appartement de Galia.

La surveillance débute. Greg ne semble pas très affecté par l'absence de sa femme et est surpris en belle compagnie. Dans sa voiture, elle approche Greg qui lui, est dans une belle sportive.... Elle n'est pas très emballée par Greg, et fait un compte rendu détaché de ses observations. En fait, Galia est intéressée, mais joue un jeu avec Nicole qui feint de ne pas s'en apercevoir. Décision est prise de passer à la prise de contact physique. C'est à la piscine en plein air que Galia établit le contact avec Greg qui s'avère très positif. Pourtant en charmante compagnie, Greg prend rendez-vous avec Galia le soir même. Galia s'amuse finalement pendant que Nicole s'agace, sous un air de fausse décontraction. Galia est intriguée par cet homme et ne sait pas réellement comment aborder le sujet de sa femme. Elle le "cuisine" habilement. Durant cette soirée, Galia fait la connaissance de Wespyr, un homme influent qui est courtisé par Greg. Wespyr, bien accompagné est très intéressé par Galia et tente de l'inviter à une soirée. Il arbore un sourire un peu libidineux et Galia ne l'aime pas, elle décline l'invitation. Peu à peu, Galia tombe sous le charme latin de Greg, et éprouve bien du mal à donner le change à Nicole, surtout que Galia va partir à Venise avec Greg, pour aller "plus loin" dans son enquête. Un zèle qui agace fortement Nicole.

Galia et Greg passent un week-end radieux à Venise. Très amoureuse, elle interroge Greg sur sa femme et celui-ci l'informe que celle-ci à disparu, certes, mais qu'elle reviendra, car elle lui a déjà fait le coup dix fois.... De retour à Paris, l'orage éclate entre les deux femmes, mais Galia persiste dans sa relation avec Greg. Elle se rend chez lui et découvre une partie fine organisée par Wespyr. Celui-ci est un voyeur et se délecte de la vue de jeunes femmes qui dansent sur le rythme endiablé d'un jazz furieux qui passe sur le tourne disque. En particulier une jeune femme qui danse nue sous une veste d'homme. Greg, saoûl, a oublié son rendez-vous avec Galia.

Pendant ce temps Nicole se console avec Matik, très inquiet pour Galia. Les choses vont se corser quand la police retrouve un cadavre de femme défiguré dans la Seine. Greg reconnait celui-ci comme étant celui de Nicole... Petit à petit la situation va s'envenimer entre Galia, Nicole et Greg...

Bien loin d'être un film sulfureux à la cause du MLF, Georges LAUTNER livre un drame psychologique qui tire vers le thriller vers la fin. Galia est une jeune fille insouciante qui se croit très intelligente en manipulant les gens, en fait elle va se brûler les ailes à son propre jeu.

Mireille DARC vampirise le film, Georges LAUTNER cherchant à en faire une grande star. Au final, le film ne contient qu'une scène un petit peu sulfureuse pour l'époque, celle de la danse dans l'appartement de Greg. Mais pas de quoi fouetter un chat quand on a vu celle de "Et Dieu créa la femme" en 1956.... Bien sûr, Mireille DARC se montre en quelques scènes fortement dénudée de dos et expose pour l'occasion un fessier tout à fait impeccable, un must du genre. Quand à de pseudos relation homosexuelles entre elle et Nicole, les deux femmes sont en fait de bonnes amies, mais surtout des rivales envers le même homme. Mireille DARC démontre qu'elle est une actrice complète, pétillante, joyeuse, charismatique et magnifique. Bien sûr Françoise PREVOST campe une merveilleuse victime, une femme très belle qui possède une magnifique voix, un charme un peu plus mûr, plus désuet. Son rôle est trouble et on ne comprend qu'à la fin du film ses véritables intentions.

Venantino VENANTINI s'en tire pas mal, mais est toutefois un peu limitée et ne dépasse pas le rôle typique de latin lover de base. N'est pas MASTROIANNI qui veut...

Georges LAUTNER réalise un film plaisant mais pas révolutionnaire. C'est un moment agréable qui passe vite grâce au mystère qui plane sur le film, ce n'est pas un film post nouvelle vague, mais son mérite est de proposer un rôle fort à Mireille DARC qui porte le film sur ses épaules.

Contre toute attente le film prend la tête du box office parisien dès sa sortie et ne va pas perdre d'entrées les 3 semaines suivantes, signe d'un bon bouche à oreille, le film se permet même le luxe de reprendre la première place du BO parisien en 5ème semaine. Très beau succès parisien, le film se comporte honorablement en province où au final, il passe la barre du million d'entrées.

Aujourd'hui encore il demeure le meilleur rôle de Mireille DARC, le plus important en tout cas. Très étrangement si elle retrouve ses rôles pétillants avec Georges LAUTNER, elle ne sera pas vraiment sollicitée par les grands réalisateurs et on  ne lui proposera pas de rôles à la mesure de son talent, victime peut être de sa beauté, comme si son coté "sex- symbol" la rendait prisonnière des séries B Espagnoles ou italiennes de la fin des années 60...

Il reste un bon film disponible désormais dans la collection "Gaumont à la demande" pour ceux qui souhaitent découvrir ce film culte des années 60.             

 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 221 456

 

ENTREES PARIS

 

436 511

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

 

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

50 308

6

2ème semaine

2

45 452

 

3ème semaine

2

47 003

 

4ème semaine

3

46 958

 

5ème semaine

1

37 919

 

6ème semaine

6

25 143

 

Nombre de semaines Paris

 

18

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

8 385

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Allemagne

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

 

GALIA-POCHETTE.jpg

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 12:12
- Publié dans : MISES A JOUR

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LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE

 

6 DECEMBRE 1972

 

 

GRAND-BLOND.jpg

 

Réalisation

Yves ROBERT

Scénario et dialogues

Francis VEBER

Yves ROBERT

Photographie

René MATHELIN

Musique

Vladimir COSMA

Production

Alain POIRE

Danièle DELORME

Yves ROBERT

Distribution

GAUMONT

Durée

85 minutes

Tournage

19/06/72-11/08/72

François PERRIN

Pierre RICHARD

Toulouse

Jean ROCHEFORT

Christine

Mireille DARC

Maurice

Jean CARMET

Bernard MILAN

Bernard BLIER

Perrache

Paul LE PERSON

Paulette

Colette CASTEL

 

Au lieu de passer son temps à déjouer les plans des services secrets ennemis, Louis Toulouse, chef de l'espionnage français, met une grande partie de son énergie à lutter contre son adjoint et rival, Milan. Après un mauvais coup que cet hypocrite a voulu lui porter, Toulouse décide de passer à l'attaque. Il indique à ses hommes un plan machiavélique: ils choisiront, dans un aéroport, un anonyme dans la foule et s'emploieront à le désigner à Milan comme un espion très dangereux. Milan tombe dans le piège et ne cesse plus, dès lors, d'épier et de traquer la "victime", un inoffensif violoniste. Il jette dans ses bras une espionne, Christine, ce qui fournira à notre violoniste bien des avantages et bien des désagréments: en effet, le faux espion, François, était déjà l'amant d'une femme mariée. Au cours de sa visite chez François, son meilleur ami, le mari trompé découvre une succession de cadavres qui disparaissent les uns après les autres. Il est près de se croire fou. En fait, il s'agit des hommes de Milan et de Toulouse qui se sont livrés un combat sans merci. Tandis que François, aussi naïf qu'inconscient, sortira, lui, indemne de l'hécatombe...

 

 

Alain POIRE est un homme comblé chez GAUMONT. Les comédies marchent fort et il peut compter sur deux "équipes" bien rodées. D'abord il y a celle de Georges LAUTNER, qu'il produit depuis le début des années 60. Les deux ont réalisé des perles comme "Les tontons flingueurs" et le producteur veille à fournir de bons scénarios au réalisateur depuis le départ de Michel AUDIARD, soit Bertrand BLIER, Francis VEBER ou son propre fils : Jean-Marie POIRE. Les succès se poursuivent en 1972 avec "Il était une fois un flic" qui passe allègrement la barre des 2 millions d'entrées. LAUTNER travaille avec  sa "famille" d'acteurs : Mireille DARC, bien sûr, et depuis peu Michel CONSTANTIN qui remplace par son abattage physique, Lino VENTURA passé à des sujets plus dramatiques.

Alain POIRE produit également les films issus de la maison de production "Les films de la Gueville" quia appartient à Danièle DELORME et Yves ROBERT.  En 1968, Yves ROBERT et Danièle DELORME ont connu un beau succès surprise avec "Alexandre le bienheureux" qui a lancé définitivement la carrière de Philippe NOIRET (ainsi que celle de Marlène JOBERT). Malheureusement ce succès fut suivi d'un immense bide avec "Clerembard" toujours avec Philippe NOIRET. Depuis, les deux producteurs ont repris le chemin des plateaux de tournage , on a pu les voir dans "Le voyou" de Claude LELOUCH, par exemple...Cependant ils continuent de produire des films aux budgets raisonnables, dont les deux premiers d'un jeune acteur qu'ils ont d'ailleurs découvert : Pierre RICHARD. Contre toute attente, "Le distrait et "Les malheurs d'Alfred" se sont révélés de bons succès surprise sur la longueur. Dans son rôle de Pierrot lunaire distrait mais romantique, Pierre RICHARD devient forcément un acteur à suivre, un prétendant naturel à la succession des DE FUNES, BOURVIL et compagnie....C'est clairement le meilleur acteur de comédies de sa génération malgré une manie d'en faire "trop". Il reste à trouver le film qui l'imposera définitivement aux yeux de tous comme un incontournable.

Yves ROBERT veut mettre en scène une comédie d'espionnage. Jean POIRE lui associe sa meilleure plume du moment: Francis VEBER. les personnages naïfs, le sens des situations burlesques, les antagonismes entre les personnages et la description des "cons" ses personnages préférés, tout ceci est du pain béni pour Yves ROBERT qui un réalisateur méticuleux, précis, académique qui ne possède pas la folie d'un Lautner, mais qui se révèle un bon directeur d'acteurs...

Même s'il a songé à d'autres acteurs, le choix de Pierre RICHARD semble évident pour le rôle du Grand Blond, il est jeune et ne cesse de grimper au box office. Il conviendra juste de canaliser son sens burlesque. Pour l'accompagner, Yves ROBERT va s'entourer d'acteurs de sa "famille": Jean ROCHEFORT bien sûr, mais aussi Jean CARMET et Paul LE PERSON déjà présents dans ses productions précédentes. Bernard BLIER bénéficie de l'appui d'Alain POIRE.  Pour le rôle de Christine, l'équipe ne veut pas de Mireille DARC car elle est trop associée à Georges LAUTNER. Mais celle-ci va faire des pieds et des mains et va utiliser un élément  massue. L'actrice n'hésite jamais à être sexy et à payer de sa personne A elle le rôle, et puis c'est une grande amie d'Alain POIRE et de Bernard BLIER...  

En imposant ce casting souvent à l'encontre de GAUMONT qui ne croit pas totalement en Pierre RICHARD dont les films ne fonctionnent qu'en région parisienne, Yves ROBERT pose les fondements d'une grande réussite artistique.

Car il faut bien l'avouer, la principale qualité du film provient des acteurs qui se révèlent tous excellents car l'histoire bien que très sympathique a bien du mal à être efficace sur la longueur bien que le film ne dure que  85.

La première bonne surprise provient du choix de Jean ROCHEFORT dans le rôle de Toulouse. Grande révélation du film, l'acteur compose un chef de l'espionnage français  froid, sec, cynique et cassant. Il arbore ce qui sera son look définitif, un costume classe et une fière moustache qui va désormais lui coller à la peau. L'acteur à passé la quarantaine et a gagné en maturité et dégage désormais un charme suave à la française qui sera sa marque de fabrique sans compter sa voix inimitable. Pour lui, il y aura un avant et un après "Grand blond". Toulouse déteste Milan son adjoint qui rêve d'être Calife à la place du Calife. Un être veule et envieux, du pain béni pour Bernard BLIER qui a retrouvé bien de la vigueur depuis "Tout le monde il est beau..." avec jean YANNE. Avec de tels acteurs, le film part sur de très bonnes bases.

Toulouse a bien conscience d'être jalousé. C'est un être redoutablement intelligent qui connait l'essence humaine et est rompu à toutes les ficelles du métier. On apprend un peu plus sur lui, il aime déjeuner avec sa vieille maman dans son superbe appartement du Champs de Mars avec vue imprenable sur la Tour Eiffel... Il aime admirer les jeunes hommes qui font du footing dans le parc et aime les statues d'hommes nus. Un gay chef des services secrets français? Il  peut compter sur son fidèle assistant, son petit "Perrache" joué par un Paul LE PERSON qui trouve un de ses meilleurs rôles. Très malin également, celui-ci est d'une  fidélité sans faille envers Toulouse. Silencieux, obéissant il observe en souriant les joutes entre Toulouse et Milan...

Perrache a pour mission de tendre "un piège à cons" à l'attention de Milan. Il doit choisir un citoyen lambda à l'aéroport et faire croire qu'il est un espion. A l'aéroport Perrache réfléchit et son choix se porte sur "un grand blond avec une chaussure noire". Comme il le rapporte à Toulouse, il y avait aussi un "grand noir avec un loden vert", mais il a choisi "un grand blond avec une chaussure noire"...Du VEBER pur jus....

Le "grand blond" c'est François Perrin, un violoniste talentueux qui revient d'Allemagne. Comme dans tous les personnages joués par Pierre RICHARD, Perrin est quelque peu distrait et porte deux chaussures de couleur différente. C'est un gentil gaffeur, un peu dans la lune et toujours dévoué à son art. Du Pierre RICHARD, sommes toutes, mais Yves ROBERT saura très intelligemment brider l'acteur afin qu'il ne parte pas en "roue libre". Lorsqu'il réalise ses films Pierre RICHARD se laisse souvent aller au pire des cabotinages et ne sait pas s'arrêter. Dans ce film, le réalisateur limite ses effets comiques. afin de mieux servir le film qui y gagne beaucoup.

Perrin est observé, scruté par l'équipe de Milan ainsi que par la belle Christine jouée par Mireille DARC. L'appartement est piégé, truffé de micro, une camionnette le suit dans ses moindres mouvements, sans que l'intéressé en soit conscient. Il n y a pourtant pas grand chose à voir. Musicien appliqué, Perrin a cependant une maîtresse, la jolie Paulette, la femme de son meilleur ami Maurice. C'est Jean CARMET qui joue Maurice, et pour lui aussi il y aura un avant et un après "grand blond"... Maurice, c'est le beauf fier de l'être. Le parfait français moyen adepte du vélo de course et qui arbore un délicieux survêtement bleu en permanence et un ridicule bonnet à pompon. La certitude crasse de Maurice va se fragiliser lorsqu'il surprend la camionnette qui surveille le domicile de Perrin. Pendant les promenades de Maurice en vélo, Paulette s'envoie en l'air avec Perrin. Leurs ébats sont retransmis dans la camionnette, et le rire chevalin de Paulette ne trompe pas Maurice, c'est elle. Il est persuadé qu'elle le trompe dans la camionnette. Une scène savoureuse. Maurice va chercher coûte que coûte à trouver les preuves de l'infidélité de Paulette avec François. 

Si François ne s'aperçoit de rien, Maurice lui, voit tout, et sombre dans une sorte de dépression, persuadé d'avoir des visions. Il est clair que Maurice est la grande force du film, un personnage digne de Georges LAUTNER, d'ailleurs GAUMONT avait pensé confier le rôle à Jean LEFEBVRE...

Milan ne trouve rien bien évidemment et Christine entre en scène. Elle attire François dans un appartement cossu et se fait passer pour une amatrice de musique classique. Elle se prépare pendant que Pierre RICHARD fait son one man show : il bouge dans tous les sens et se bat de longues minutes avec une cornemuse. Christine apparait avec sa robe échancrée jusqu'aux fesses, de quoi faire craquer n'importe quel homme qui se respecte. Malheureusement au moment fatal une mèche de cheveux de Christine se prend dans la braguette de Françoise. Il doit chevaucher Christine pour traverser la pièce. Tout cela sous l'œil des caméras de Milan... C'est une des scènes cultes du film qui a laissé un très bon souvenirs dans les chaumières...

Milan s'agace et Perrache sent que les choses vont mal tourner pour Perrin. Pour protéger un innocent il provoque une bataille rangée où pas mal d'agents restent sur le carreau. Milan est abattu, et dans un dernier souffle il apprend par Perrache qu'il a été victime d'un piège à cons.

Tout rentre dans l'ordre. Christine a expliqué toute l'affaire à François. Les deux nouveaux tourtereaux s'en vont à Rio, Christine est caché dans une grosse malle (est-ce cette scène qui a donnée à Francis VEBER l'idée de "La valise"?). Paulette et Maurice lui disent au revoir  à l'aéroport. Maurice se remet tout doucement de ses émotions mais semble bien diminué.

Toulouse et Perrache ont filmé la scène. Le premier remis en selle depuis la mort de son ennemi, demande à son assistant de surveiller François dès son retour de Rio, après tout il s'est bien débrouillé, non ? La fin est donc ouverte.

Yves ROBERT livre un film efficace et propre, qui contient de bons moments. Il a axé son film sur la qualité des acteurs, et a parfaitement encadré Pierre RICHARD qui fut déçu au vu de rushes que beaucoup de ses improvisations aient été coupées au montage, mais il reconnaitra plus tard qu'Yves ROBERT avait bien raison. Le réalisateur tient bon également face à la pression de Francis VEBER qui trouve la musique de Vladimir COSMA envahissante, en particulier l'air de flûte de pan jouée par Gheorghe ZAMFIR. Ce petit air entraînant va devenir très populaire bien au contraire et va contribuer grandement à la réussite du film.  

Le film sort début décembre 1972 et à fort affaire face à une concurrence très importante comme "Cosa nostra" avec Charles BRONSON, puis "La scoumoune" avec BELMONDO et les inévitables "101 dalmatiens".  Parti à Paris sur un score correct sans plus de 55 000 spectateurs, le film ne va cesser de grimper au box office porté par un bouche à oreille énorme. En 4ème semaine il passe la barre des 120 000 spectateurs dans la semaine et prend la tête du box office parisien en 5ème semaine. Grâce à une très belle longévité il finit à plus de 1.2 millions d'entrées à Paris Banlieue soit plus de 20 fois le score de sa première semaine.

En France le film triomphe à 3.5 millions de spectateurs et prouve à Gaumont que Pierre RICHARD joue désormais dans la cour des grands et représente maintenant la valeur la plus sûre des comédies françaises en l'absence DE FUNES. Les plus grosses productions vont s'ouvrir à lui.

Jean ROCHEFORT explose enfin et va devenir l'acteur fétiche d'Yves ROBERT. il est  désormais être une des stars des années 70 et devenir une tête d'affiche. Il devient un des plus célèbres moustachus du cinéma.

Après des années passées à végéter dans des seconds rôles, Jean CARMET est enfin révélé à sa juste valeur et va jouer lui aussi les têtes d'affiche avec les meilleurs réalisateurs à commencer par Yves BOISSET et son "Dupond la joie"...

Mireille DARC a enfin trouvé son très gros succès et personne n'oubliera sa fameuse robe. Enfin reconnue elle va tourner avec André CAYATTE, mais restera fidèle à Georges LAUTNER.

Bernard BLIER est parvenu à figurer dans deux des plus grands succès français de l'année et demeure une valeur sûre après une fin des années 60 un peu plus difficile.

Yves ROBERT enchaîne tout de suite une nouvelle comédie avec Jean ROCHEFORT bien conforté par ce triomphe...mais n'oublie pas de penser à une suite du "Grand blond"...

Le film qui reste un des classique des années 70 a bien résisté au temps et à permis à GAUMONT d'obtenir un très beau succès européen, dont un fameux score de 3 millions de spectateurs en Allemagne. Le film a fait également l'objet d'un obscur remake américain avec Tom Hanks en 1985. Le film a fait un flop sévère comme très souvent avec les remakes des comédies françaises...    

   

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

7

3 504 000

 

ENTREES PARIS

 

887 463

 

ENTREES BANLIEUE

 

375 620

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

1 263 083

 

 

 

 

 

1ère semaine

2

55 528

11

2ème semaine

3

64 240

 

3ème semaine

3

94 803

 

4ème semaine

2

120 397

 

5ème semaine

1

89 979

 

6ème semaine

1

79 920

 

7ème semaine

2

67 979

 

8ème semaine

4

61 189

 

9ème semaine

5

50 032

 

10ème semaine

7

41 642

 

11ème semaine

8

49 633

 

12ème semaine

10

36 525

 

13ème semaine

11

23 689

 

Nombre de semaines Paris

 

47

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

5 048

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

1 015 561

 

Box office annuel allemand

8

3 000 000

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 5 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 6 mars 2011 7 06 /03 /Mars /2011 11:40
- Publié dans : MISES A JOUR

 

LAISSE ALLER...C'EST UNE VALSE

 

07 AVRIL 1971

 

 

LAISSE-ALLER.jpg

Réalisation

Georges LAUTNER

Scénario et dialogues

Bertrand BLIER

Georges LAUTNER

Photographie

Maurice FELLOUS

Musique

Philippe SARDE

Production

Alain POIRE

Distribution

GAUMONT

Durée

100 minutes

Tournage

02/11/70-10/01/71

Serge AUBIN

Jean YANNE

Carla AUBIN

Mireille DARC

Michel

Michel CONSTANTIN

Le commissaire

Bernard BLIER

Charles VARESE

Nanni LOY

Mr FAIRCLOUTH

RUFUS

Le barman

COLUCHE

Kongo

Jess HAHN

Le pompiste

Paul PREBOIST

 

 

A sa sortie de prison, Serge Aubin est attendu par une bande désîreuse de savoir où se trouvent les bijoux volés. D'un pas tranquille, Serge se dirige vers le café le plus proche. Il a le temps d'y rencontrer son complice et de mettre au point un plan de défense. Puis, Serge, entouré de ses poursuivants, gagne un immeuble parfaitement gardé, où il subit un interrogatoire. Malgré l'utilisation d'électro-chocs, de bains forcés, Aubin n'a qu une réponse : « Santini ». Pendant ce temps, la femme de Serge, qui vit avec Carlos, le chef de la bande, s'inquiète ; elle ne désire pas que son mari soit brutalisé, mais elle sait qu'il a juré de la tuer. Le complice de Serge, grâce à ses qualités de tireur, parvient à le délivrer. Tous deux se rendent auprès de Mme Aubin. L'accueil de celle-ci est amical ; Serge, en revanche, n'oubliant pas qu'il a été envoyé en prison par la faute de sa femme, se montre brutal. Il la prend comme otage afin de sortir de l'immeuble cerné. Puis, tous trois se rendent dans une ferme éloignée. Pendant ce temps, le commissaire de police fait un rapprochement entre les cadavres découverts dans l'immeuble et la sortie récente de prison de Serge Aubin. Il prend donc l'affaire en main. Dans la ferme isolée, Mme Aubin est prisonnière, tandis que le complice de son mari commence à creuser sa tombe. Les pistolets sont prêts, la tombe aussi, mais Serge ne se détermine pas à tuer sa femme. Bien au contraire, ils décident de reprendre une vie commune. Si le commissaire de police n'a pas perdu la trace de Serge Aubin, Carlos non plus. La ferme est cernée de toutes parts par des hommes armés. Mais, l'habileté de Serge et celle de son complice n'ont pas d'égales : la bande de Carlos est réduite en peu de temps. Les trois amis partent récupérer les bijoux. Santini, qui les cachait réellement, est enterré ce jour-là ! C'est auprès d'un membre de la famille du défunt qu'ils les retrouveront. Toujours recherchés par le commissaire de police, Serge, sa femme, et son complice partent monnayer les bijoux en Belgique. Au cours du trajet, n'ayant plus d'argent pour payer de l'essence, ils se préparent au hold-up d'une station-service. Ils se trouvent en face de chasseurs qui y festoyaient ! . Finalement, Mme Aubin gagne seule la frontière, où elle est arrêtée par le commissaire. Celui-ci propose un marché aux trois amis, et l'année se termine pour eux quatre, sous le soleil de la Martinique. « Mais, M. le Commissaire, la Martinique est un département français », dit le chef de la police noir en présentant à chacun des menottes.

 

 

Toujours sous l'égide d' Alain POIRE le célèbre producteur de chez GAUMONT, Georges LAUTNER va revenir aux films aux recettes plus sûres après l'échec de "La route de Salina". Nous revoici avec une comédie policière dont il a le secret, avec Maurice FELLOUS à la caméra et naturellement l'inévitable Mireille DARC au casting.

Georges LAUTNER ne peut plus compter sur un scénario de l'ami Michel AUDIARD. Celui-ci est désormais un réalisateur / scénariste à succès et n'écrit plus pour les autres. Alain POIRE fait donc appel à Bertrand BLIER pour construire la trame du film. Georges LAUTNER introduira quelques gags énormes et s'occupera des scènes d'action.

Etant donné que Lino VENTURA ne désire plus tourner avec lui, le réalisateur fait appel à la valeur très sûre du box office, Jean YANNE qui semble inévitable depuis "Erotissimo". D'ailleurs l'acteur sort du tournage de "Fantasia chez les ploucs" où il jouait déjà avec Mireille DARC, l'entente est donc garantie entre les deux acteurs. LAUTNER complète le trio avec le très demandé Michel CONSTANTIN qu'il retrouve après "Ne nous fâchons pas". Avec un tel casting, on est paré. LAUTNER n'oublie pas Bernard BLIER à qui il offre un second rôle, quelque peu mineur, certes, mais qui lui permet de tourner à une époque où il se retrouve régulièrement dans des comédies de série B. Et bien sûr, il y a des seconds rôles pour Venantino VENANTINI, Jess HAHN, sans oublier Nanni LOY vu dans "Fantasia chez les ploucs". La famille quoi. Mais le réalisateur propose aussi des petits rôles à toute une nouvelle génération de comédiens qui cherchent à percer en ce début des 70's : Coluche, Pierre Desproges, Jean-Michel Ribes et un Rufus énorme en professeur d'anglais amoureux de Mireille DARC et à la diction hilarante.

Le film peut être divisé en deux parties, dont la première est excellente. Dans un triste matin d'hiver, Serge AUBIN va être libéré et il n'est pas jouasse, car il sait qu'une bande de truands l'attend à sa sortie. C'est à cause de sa femme, la délicieuse Carla, qui n'a pas tenu sa langue à l'époque où il a dérobé des bijoux que personne n'a retrouvé depuis. Elle vit  avec celui qui cherche les bijoux : Charles VARESE. Serge enrage, et n'a qu'une seule obsession: la buter ! Mais à la sortie, il est en mauvaise posture et va passer à la "Gégène" pour cracher le morceau.  Serge peut compter sur son pote de cellule, Michel, joué par le monolithique Michel CONSTANTIN. Celui-ci va s'introduire chez Charles afin d' occire d'une manière efficace tous les truands qui retiennent Serge. Il zigouille entre autres Kongo, un gorille adepte du "coussin péteur" en lui brisant la nuque entre les deux battants d'une fenêtre. celui-ci meurt, et dans un dernier râle rigolard l'asperge avec un jet d'eau sorti  de sa fleur en plastique qu'il porte à la boutonnière.... Jess Hahn est assez délirant dans ce rôle. Pendant ce temps Carla a fort à faire avec son professeur d'Anglais qui roucoule et se met tout nu en pensant, suite à un fâcheux quiproquo du à un anglais hésitant de Carla...Rufus est tout bonnement irrésistible en prof d'anglais amoureux transi... 

Serge libre, il peut kidnapper Carla, assez fataliste, et l'emmener dans la planque de Michel, une vieille bicoque à la campagne. Michel prépare la tombe de Carla, mais soudain, Serge semble hésiter, il traîne des pieds. C'est un des très bon moments du film, très bien traité par Bertrand BLIER un spécialiste des relations hommes/femmes... Sous l'œil torve de Michel qui commence à comprendre l'issue de leur relation, Carla et Serge roucoulent...Tous charmes dehors, Carla fait craquer Serge qui rend les armes, non sans avoir demandé à Michel qui s'est fait mal aux reins en creusant la tombe de Carla d'aller dormir dans la voiture pour ne pas les gêner...C'est peu de dire que Michel la trouve plutôt saumâtre.... Une très bonne composition de Michel CONSTANTIN irrésistible et qui marque des points pour ses futures collaborations avec LAUTNER. L'acteur a pris du métier et il devenu fort drôle.... Reste aux deux tourtereaux à se livrer à une folle nuit d'amour très fun, LAUTNER se faisant une joie de truffer la scène de gags très visuels. Les deux se roulent dans les draps à l'infini, s'élèvent à deux mètres de haut, tordent les barreaux du lit.

La suite du film ne tient pas toutes ses promesses. Bien sûr Bernard BLIER intervient. Le commissaire dans un seyant survêtement rouge "coq français" passe par là, en effectuant son footing matinal. Les bijoux l'intéressent c' est évident... Après son départ les trois amis devront se défaire de la bande de truands amenée par Charles, un siège en règle déjà exploité par LAUTNER dans "Fleur d'oseille". LAUTNER s'en sort en réalisant une scène burlesque sympa où tel un zébulon de la Foire du Trône, Michel dégomme tous les truands qui tombent un à un dans la tombe destinée à l'origine pour Carla.

Les amis vont donc chercher les bijoux, une aventure sans surprise où surnagent quelques bonnes colères de Jean YANNE, assez drôle. LAUTNER proposera une course poursuite entre nos amis et un groupe de chasseurs franchouillards mené par un Paul PREBOIST assez énervé d'avoir vu sa station service dévalisée par Michel...  Arrêtés par le commissaire, nos trois compères se transformeront en un quatuor parti se dorer au soleil...temporairement.

Le film n'a donc pas tenu toutes ses promesses, malgré les efforts de LAUTNER pour donner du rythme. La première partie reste savoureuse au niveau des meilleurs LAUTNER. Il est évident que les acteurs ont du bien se marrer durant le tournage, la bonne humeur est excellente et Jean YANNE s'en est bien sorti en assumant le premier rôle. Mireille DARC joue de tous ses charmes et Michel CONSTANTIN est vraiment très drôle. Seul ombre au tableau, Bernard BLIER fait le strict minimum, il lui manque les bons mots d'Audiard, c'est évident. Le scénario ne tient pas la route jusqu'au bout, mais le plus important est que Bertrand BLIER se révèle très habile dans la description de la promiscuité des trois personnages principaux. Ces relations entre deux hommes et une femme lui donnent peut être l'idée de développer le sujet. Le film ne serait-il pas pour lui une ébauche de son futur et proche "Les valseuses"? Probablement.

Le film sort à Paris en concurrence avec Les mariés de l'An II" avec BELMONDO. Pas vraiment la meilleure des programmations, sans compter qu'il y  a également la concurrence de "Doucement les basses" du tandem DERAY / DELON. Malgré un score satisfaisant en première semaine le film ne se classe que quatrième. Toutefois le film se hisse à la seconde place sans doute bien aidé par les vacances scolaires. Il résiste bien signe d'un bouche à oreille et termine à un  score satisfaisant de 1.4 millions de spectateurs en France. Ce n'est plus l'éclat des comédies policières avec Lino VENTURA, mais c'est beaucoup mieux que "La route de Salina". Sur Paris Banlieue, le score est satisfaisant avec plus de 430 000 spectateurs au compteur.

Georges LAUTNER va poursuivre sur cette route, toujours chez GAUMONT et toujours à la recherche de bons scénaristes. Il va recomposer le couple CONSTANTIN / DARC qui a donné plaine satisfaction pour "Il était une fois un flic" qu'il tourne dans la foulée, avec un certain Francis VEBER au scénario. Pour Jean YANNE les envies de tourner son propre film deviennent de plus en plus pressantes....  

 

Merci à Fabrice pour les chiffres

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 387 070

 

ENTREES PARIS

 

318 565

 

ENTREES BANLIEUE

 

115 677

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

434 242

 

 

 

 

 

1ère semaine

4

63 642

9

2ème semaine

2

49 312

 

3ème semaine

4

41 276

 

4ème semaine

5

33 668

 

5ème semaine

8

20 876

 

6ème semaine

13

19 180

 

Nombre de semaines Paris

 

9

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

7 071

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Allemagne

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

382 486

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

 

 

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