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Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe".
Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes.
Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est bon?
Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là.
Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis.
Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.

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SOMMAIRE DU BLOG

Vous trouverez le tableaux récapitulatif des entrées des acteurs et réalisateurs : ICI


Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 17:50
- Publié dans : ACTEURS FRANCAIS

 

GARDE A VUE


23 SEPEMBRE 1981

 

 

GARDE-A-VUE.jpg

 

Réalisation

Claude MILLER

Scénario

Michel AUDIARD

Claude MILLER

Jean HERMAN

Photographie

Bruno NUYTTEN

Musique

Georges DELERUE

Production

Alexandre MNOUCHKINE

Les films Ariane

TF1

Distribution

AMLF

Durée

85  minutes

Tournage

27/01/1981-13/03/1981

Inspecteur GALLIEN

Lino VENTURA

Maître MARTINAUD

Michel SERRAULT

Chantal MARTINAUD

Romy SCHNEIDER

Inspecteur BELMONT

Guy MARCHAND

Adami

Pierre MAGUELON


Geneviève et Pauline, âgées de 8 ans, ont été violées et assassinées à une semaine d'intervalle. En cette nuit de la Saint-Sylvestre, l'inspecteur Antoine Gallien et son adjoint, Marcel Belmont, ont convoqué au commissariat un notable de la ville, le notaire Jérôme Martinaud, pour lui faire préciser, une nouvelle fois, dans quelles conditions il a trouvé le corps de Pauline qu'il connaissait. Ironique et méprisant, Martinaud perd bientôt de sa superbe quand Gallien, s'appuyant sur son absence d'alibis, lui démontre qu'il peut être l'auteur des deux crimes. Martinaud s'embrouille alors dans ses explications et se lance ensuite dans une longue narration de sa désastreuse vie sentimentale et conjugale. Suspect et non plus témoin, Gallien décide de le placer en garde à vue. Brutalisé sans succès par Belmont, mais confondu par le témoignage de sa femme, Chantal, Martinaud finit par avouer. Or la découverte d'un cadavre dans le coffre d'une voiture et les aveux de son propriétaire le disculpent. Au petit matin, sortant libre du commissariat, Martinaud retrouve sa femme inerte au volant de leur voiture. Chantal s'est, en effet, suicidée après sa déclaration mensongère...

 

Cela fait maintenant 5 ans que Lino VENTURA n'a pas connu de succès, depuis "Adieu Poulet", et ce n'est pas sa prestation dans le  film à sketches "Les séducteurs" qui va rassurer ses admirateurs. Certes, l'intention de Lino VENTURA de porter des projets difficiles est fort louable, mais en terme de box office cela peut être risqué. Durant ce temps les DELON et BELMONDO se sont reconstruit un parcours commercial sans faille autour de leur nom. Son retour au premier plan s'effectuera peut être dans ce "Garde à vue" signé Claude MILLER. Le réalisateur est très en vue après les succès de "La meilleure façon de marcher " et de "Dites lui que je l'aime" mais est plutôt enclin à tourner avec la jeune génération de l'époque dans des films anticonformistes. Mais "Garde à vue" est un polar "à l'ancienne" et le réalisateur va se baser sur un projet de Michel AUDIARD qui tient absolument à adapter un roman dont il a acheté les droits. Ce dernier va impliquer le réalisateur pour apporter un soin particulier au scénario. Jean VAUTRIN (sous le pseudo Jean HERMAN) un spécialiste du polar apporte son aide précieuse et l'équipe va livrer un beau script où AUDIARD écrit les dialogues.

Du coté de acteurs la production n'hésite pas à embaucher du beau linge. En dehors de Lino VENTURA qui va retrouver un rôle de flic, Michel SERRAULT va devoir prouver au public que le César qu'il a obtenu pour "La cage aux folles" ne représente qu'une facette de son grand talent. Cerise sur la gâteau, Romy SCHNEIDER participe au film. Un rôle court, mais difficile, pour un personnage primordial de l'intrigue. Au niveau des seconds rôles, Guy MARCHAND va tenter de se faire une petite place face à cette réunion de cadors.

Claude MILLER va devoir se dépêtrer d'un sacré challenge. L'intrigue se déroule en effet durant le réveillon de la Saint Sylvestre et se situe dans l'enceinte d'un bureau de la Police Judicaire. C'est un huis clos et il convient d'éviter l'effet de la pièce de théâtre filmée, c'est pourquoi les dialogues d'AUDIARD sont très important. Ils rythment le film et doivent intéresser le spectateur. De plus MILLER décide que le film sera court, à peine plus de 80 minutes au compteur, c'est une bonne décision pour la clarté du film.

L'inspecteur Gallien est joué par Lino VENTURA qu'on retrouve dans un rôle de flic, rassurant pour le spectateur qui se retrouve en terrain connu. C'est plutôt un bon flic, qui possède de l'expérience, et qui sait faire preuve de patience, d'humanité et de patience, bref le flic qu'on aimerait toujours avoir devant soi. Pour les besoins d'une enquête très sensible, il décide de passer à la vitesse supérieure et de mettre la pression sur le principal témoin de l'affaire: maître Martinaud. Celui ci possède la particularité d'avoir découvert le corps d'une fillette et doit donner des détails complémentaires pour l'enquête. C'est Michel SERRAULT qui interprète cet avocat qui fait partie du Gotha parisien. Assez antipathique d'un premier abord, il doit faire face à une situation embarrassante alors qu'il est attendu à sa soirée de la Saint Sylvestre. Il participe d'ailleurs à l'interrogatoire en smoking. La grande question est de savoir s'il est coupable ou non. Bien sûr le doute va s'insinuer dans la tête du spectateur grâce à un Michel SERRAULT magistral. Cassant, énervé, agressif, celui-ci commence à se contredire dans son témoignage, à s'agacer, surtout que l'adjoint de Gallien est particulièrement agaçant, un rôle de composition pour Guy MARCHAND, belle tête à claque qui débite des blagues de mauvais goût. La première partie du film s'achève sur un Martinaud en mauvaise posture et qui s'est enfoncé dans un témoignage flou. Il est mis en garde à vue par GALLIEN dont le sens du détail a tôt fait de mettre à mal le témoignage de l'avocat.

Gallien va devoir s'absenter pour tenir informé sa hiérarchie de la garde à vue de Martinaud. Durant ce temps l'inspecteur Belmont agacé par les piques de Martinaud va le travailler au corps selon les vieilles méthodes policières. Apeuré, Martinaud tente de s'échapper, mais Gallien revient et apaise les esprits.

La seconde partie décrit un tête à tête entre Martinaud et Gallien. Le portrait psychologique de l'avocat se met à jour. C'est un homme seul, malheureux qui ne partage plus le lit de sa femme. Le couple ne se parle plus et n'a pas d'enfants. SERRAULT est toujours remarquable dans le portrait de ce bourgeois qu'un Claude CHABROL n'aurait pas renié. Gallien décide d'interroger à titre privé la femme de Martinaud. Romy SCHNEIDER apparait sobre, austère. Elle révèle vite l'origine des chambres à part dans le couple Martinaud. Selon elle, elle aurait surpris un soir  de noël son mari avec sa petite nièce en conversation intime. On ne saura jamais ce qu'il lui a dit, peut être rien du tout, mais dans son esprit il est coupable de quelque chose, car la petite l'a regardée en souriant. Peut être s'est-il confié à la petite sur ses problèmes conjugaux, ou peut être apprécie-t-il seulement la présence d'une enfant lui qui n'en a pas, on ne saura jamais, mais Chantal est désormais une femme blessée et soupçonneuse. En fait, elle déteste son mari et sous entend qu'il pourrait être pédophile. Elle va donner la preuve nécessaire à Gallien pour inculper son mari. 

Celui-ci accuse le coup. Tout semble l'accabler. Il avoue. Pour Gallien, l'enquête est terminée et dans ce petit matin du nouvel an, il est félicité par la hiérarchie. Mais un coup de théâtre un peu tiré par les cheveux, va totalement innocenter Martinaud. Dépité, hébété, Gallien ne comprends pas, ou croit comprendre. Détruit moralement, Martinaud a préféré finir en prison plutôt que de continuer de vivre sa vie personnelle. Narquois, il se moque de Gallien qui accuse le coup. Martinaud rejoint sa femme dans sa voiture, mais celle-ci a choisi de ne pas affronter sa terrible faute. Affolé Martinaud  appelle Martinaud qui constate les dégâts. En cette salle nuit, trois destins ont basculé.  

 

Claude MILLER est parvenu à composer un film à l'américaine, bien construit et efficace, malgré quelques facilités scénaristiques. Ce n'est pas seulement un policier, mais aussi une description de la bourgeoisie et le portrait d'un homme seul. Bien sûr, Michel SERRAULT éclabousse le film de son talent et est très largement au dessus du lot. Lino VENTURA se "contente" de lui renvoyer la balle efficacement. Alors qu'il doit constater le talent de son partenaire, il ne tente jamais de tirer la couverture à lui et se révèle un très bon partenaire, comme au théâtre. Une composition sobre, efficace et rassurante. Une nouvelle fois, Romy SCHNEIDER compose un personnage trouble, négatif, voire morbide. Une réussite, mais parfois on souhaiterait que l'actrice se sorte de ces rôles négatifs.

 

La critique souligne la qualité du film qui sort dans une période de forte concurrence. "Les aventuriers de l'Arche perdue" caracole en tête du box office et les films français de qualité sont légions en cette période. Le film décroche la seconde place du Box office hebdomadaire parisien et surtout va la conserver les deux semaines suivantes en perdant peu d'entrées, signe d'un fameux bouche à oreille. Le film passe les deux millions de spectateurs en France ce qui permet à Lino VENTURA de prouver qu'il est toujours capable de réunir un large public. Il va d'ailleurs poursuivre sur sa lancée de films "commerciaux". On se doute qu'après 5 ans de disette, le succès du film a du le rassurer.

Le film va obtenir plusieurs récompenses au Césars: Michel SERRAULT obtient logiquement une deuxième statuette hautement méritée. Guy MARCHAND obtient celui du  meilleur second rôle à la surprise générale. cette récompense va lui permettre d'obtenir des rôles plus importants. Michel AUDIARD et ses acolytes obtiennent celui du meilleur scénario. Une juste récompense pour AUDIARD qui a retrouvé temporairement toutes ses facultés de dialoguiste hors paire.    

 

Le film demeure aujourd'hui un classique des années 80 et reste régulièrement diffusé à la télévision.

 

 

   

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

2 098 038

 

ENTREES PARIS BANLIEUE
source "le Film FRANCAIS"

 

726 359

 

 

 

 

 

1ère semaine

2

165 240

29

2ème semaine

2

122 276

30

3ème semaine

2

101 276

32

4ème semaine

4

79 146

32

5ème semaine

4

61 262

35

6ème semaine

8

44 712

24

Nombre de semaines Paris

 

32

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

5 698

 

1er jour Paris

 

18 909

 

1ère semaine France

 

 

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Allemagne

83

180 000

 

Cote du succès

 

* * *

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 5 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 17:35
- Publié dans : ACTEURS FRANCAIS



ESPION LEVE-TOI


27 JANVIER 1982

   

 


ESPION-LEVE-TOI.jpg

 

 

Réalisation

Yves BOISSET

Scénario

Yves BOISSET

Michel AUDIARD

Claude VAILLOT

Photographie

Jean BOFFETY

Pierre William GLENN

Musique

Ennio MORRICONE

Production

Norbert SAADA

TF1

Distribution

UGC

Durée

95  minutes

Tournage

 

Sébastien GRENIER

Lino VENTURA

Jean-Paul CHANCE

Michel PICCOLI

Anna GRETZ

Krystyna JANDA

Richard

Bruno CREMER

Henri MARCHAND

Bernard FRESSON

 

Zurich (Suisse), septembre 1981.

Sébastien Grenier (Lino Ventura) est un ancien agent secret français du service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), en sommeil depuis huit ans. Il dirige à Zurich une société fiduciaire, et partage la vie d'Anna Gretz (Krystyna Janda), jeune allemande professeur de littérature comparée dont les idées gauchistes sont clairement affichées. Un matin, il apprend par la radio qu'un homme avec qui il avait rendez-vous, Alfred Zimmer, vient d'être abattu dans un tramway par un commando des Brigades d'Action Populaire, officine trotskiste en activité à Zurich. Il reçoit par la poste l'après-midi même le livre Vingt ans après d'Alexandre Dumas, marqué à la page 138, code par lequel il comprend qu'il a été "réveillé" par ses supérieurs. Se présentant au rendez-vous convenu, il a la surprise d'être abordé par un certain Jean-Paul Chance (Michel Piccoli), maître des requêtes auprès du Conseil fédéral de Berne, qui se présente comme son officier traitant. Celui-ci, très bien renseigné sur le passé de Grenier, lui demande de remonter la filière Zimmer pour savoir par qui sont contrôlées les Brigades d'Action Populaires. Inquiet, Grenier lance le code de procédure d'urgence sous la forme d'une annonce dans le Tages Anzeiger. Là encore, c'est Chance qui se présente au rendez-vous... Ce dernier lui fait comprendre qu'il l'a réveillé en raison des contacts d'Anna Gretz avec certains éléments des Brigades d'Action Populaire, en lui répétant qu'il travaille pour Paris. Grenier alerte alors son ami Henri Marchand (Bernard Fresson), autre agent du SDECE, afin de lui demander le pédigrée de Chance. Marchand lui promet de lui dire rapidement si, effectivement, Chance est leur supérieur hiérarchique. Lors de son retour à Paris, Marchand est assassiné. Grenier décide alors d'enfreindre la voie hiérarchique et se rend à Munich pour y rencontrer Meyer (Heinz Bennent), bibliothécaire homosexuel qui est également un agent du SDECE. Alors qu'il retourne aux nouvelles le lendemain, il arrive à la Bibliothèque de Munich alors que Meyer vient d'être assassiné lui aussi...De retour à Zurich, il est accueilli à l'aéroport par Chance, mécontent de ces démarches. Le soir même, il est contacté par un agent envoyé de Paris, Richard (Bruno Cremer). Le lendemain, il rencontre Richard qui lui apprend que Chance est un espion soviétique qui tente de le retourner. Il lui précise que Paris n'est pour rien dans son "réveil". Sur ces entrefaites, les Brigades d'Action Populaire assassinent le conseiller Kieffer, haut fonctionnaire fédéral, alors qu'il sort d'une visite à l'Université de Zurich. Anna Gretz et plusieurs de ses collègues gauchistes sont arrêtés par la police suisse. Chance propose alors à Grenier de faire jouer ses relations politiques afin de faire libérer Anna Gretz. Il fait pression sur le commissaire Lehmann (Roger Jendly) qui accepte de libérer la compagne de Grenier. Chance explique alors à Grenier que Richard est en fait le colonel Ermontov, officier du KGB, et lui demande de l'aider à le neutraliser. Ne sachant plus qui croire, Grenier décide de tenter de s'enfuir. Il récupère une paire de faux passeports qu'il avait conservés et annonce à Anna Gretz qu'ils vont quitter l'Europe et qu'ils doivent partir immédiatement en abandonnant tout sur le champ. Anna accepte de le suivre mais obtient de lui de téléphoner auparavant à sa mère. Alors qu'elle est dans une cabine publique, elle est enlevée par un groupe d'hommes cagoulés. Richard fixe alors un rendez-vous à Grenier, au cours duquel il lui annonce que ses tergiversations et ses liens avec Chance risquent de lui coûter cher. Il lui demande d'oublier Anna Gretz, sans quoi il sera exécuté. Grenier refuse et congédie Richard en le menaçant de représailles s'il arrive quelque chose à sa compagne. Le soir, un policier vient le chercher à son domicile et le conduit à l'Université où Anna Gretz a été retrouvée tuée d'une balle dans la tête dans le coffre d'une voiture. La revendication est signée des Brigades d'Action Populaire.N'ayant plus rien à perdre, Grenier décide d'en finir et de savoir enfin qui de Richard ou de Chance a fait assassiner Anna Gretz. Remontant en quelques heures la filière des étudiants gauchistes amis de sa compagne, il arrive à Ramos (Marc Mazza), personnage inquiétant qui semble être une taupe de l'Est ayant infiltré les Brigades d'Action Populaire. L'ayant abattu, il obtient de son compagnon, Rudy la Blonde, le nom de l'officier traitant de Ramos, qui est à l'origine de l'infiltration des Brigades par le KGB. Se présentant à un rendez-vous à la place de Ramos, il se retrouve face à Chance, qu'il abat froidement, étant persuadé qu'il est responsable de la mort d'Anna Gretz. La même nuit, Richard reçoit un coup de téléphone du Palais de l'Élysée qui lui ordonne d'éliminer Grenier, devenu complètement incontrôlable. On apprend au passage que ce sont les hommes de Richard qui ont abattu Anna Gretz. Le lendemain matin, Anna est enterrée au cimetière catholique de Zurich. Grenier observe la cérémonie depuis une forêt voisine. Les hommes de Richard le rattrapent et le tuent de trois balles dans le dos alors qu'il s'apprête à fuir en voiture. Ils l'enterrent ensuite dans une clairière isolée. (souce wikipédia)

 

Lino VENTURA est remis en selle grâce au succès de "Garde à vue" un bon bol d'air. Reste à savoir si ce retour au premier plan de l'acteur est durable. L'attente sera de courte durée car "Espion lève-toi" sort alors que "Garde à vue" est encore à l'affiche.

Comme son titre l'indique c'est un film d'espionnage, genre qui me hérisse toujours un peu le poil, tant je me sens parfois baladé dans des univers un peu paranoïaques...  Lino va retrouver un rôle plus passif, voire de victime et on a vite constaté au vu des résultats de films tels "Un papillon sur l'épaule" ou de "cadavres exquis" que le public n'apprécie Lino que lorsqu' il domine l'action.

Yves BOISSET réalise le film qui devait être à l'origine tourné par Zulawski, mais Lino VENTURA s'était opposé à ce choix car il ne pensait pas correspondre à l' univers du réalisateur. BOISSET retrouve là un sujet fort à l'instar des films qu'il a tourné dans les années 70. Michel AUDIARD va concocter des dialogues solides sans atteindre le niveau de "garde à vue". Car des dialogues il y en a beaucoup comme dans la majorité des film s d'espionnage. il convient de ne pas manquer le début du film, bien alambiqué comme le prouve le résumé et de posséder quelques connaissances dans l'histoire du terrorisme. En effet le film fait référence à la Bande à Baader, au KGB, à la DST, etc.. des éléments un peu obsolètes pour un spectateur d'aujourd'hui. Le film est donc long à se mettre en route et il faut donc subir bon nombre de dialogues rébarbatifs. Encore une fois, n'étant pas féru du genre, le film possède peu d'intérêts. Heureusement il y a des acteurs qui sont excellents. Le film gagne de l'intérêt avec l'apparition de Michel PICCOLI génial en rôle de salope ambigüe. Cet acteur possède la qualité de tout pouvoir jouer et de s'approprier le rôle. Gênant, antipathique sous des sourires crispés, il agace GRENIER de son ton si moqueur, de son regard fourbe. Le nœud de l'intrigue est l'enlèvement et le meurtre d'Anna GRETZ, la compagne de GRENIER. Encore faut-il comprendre de quoi elle est coupable ou responsable. C'est Krystyna JANDA une actrice fétiche de WAJDA qui joue le rôle de cette femme aimante mais coupable d'être embringuée dans un groupuscule terroriste... 

Au cours de ses peu passionnantes pérégrination, Lino VENTURA va pouvoir rencontrer Bernard FRESSON dans un petit rôle. L'occasion de se rappeler de leur première rencontre il y a 20 ans dans "La fille dans la vitrine" en 1961, un très bon petit film italien.

Le méchant" du film est joué par Bruno CREMER décidément habitué aux rôles de crapules antipathiques. Inquiétant, l'acteur est assez impressionnant et arbore un physique des plus émaciés...une vraie lame.

L'action du film se débride après la découverte du cadavre de  Anna GRETZ et le film tourne au règlement de compte sans imagination durant le dernier quart d'heure. GRENIER abat CHANCE dans un funiculaire et se fera abattre lui même par Richard sur ordre de L'Elysée. Evidemment BOISSET appuie bien sur le fait que l'ordre de tuer GRENIER vient d'un bureau de l'Elysée, ce qui est bien connu, il n y a que des fourbes là bas....

Bref, c'est un film long, assez incompréhensible donc ennuyeux qui se clôt par un final assez ridicule. GRENIER meurt et est enterré dans une forêt et est tout de suite oublié. A-t-il existé. Le film est assez austère, mais est sauvé par ses acteurs. Michel PICCOLI est au dessus du lot et Lino VENTURA apporte de l'authenticité dans son rôle d'espion en sommeil qui est rattrapé par son passé. Mais la fin vite ficelée gâche un film qui bien que peu passionnant réservait un certain suspense.

Yves BOISSET perd un peu de sa superbe des années 70 dans un film de commande qu'il ne parvient pas à mener au delà de l'honnête film du dimanche soir... Heureusement il reste la nostalgie d'un cinéma français du début des années 80 qui comptait encore sur des acteurs de qualité.

La critique est plutôt favorable au film qui prend un superbe démarrage, le meilleur de la carrière de Lino VENTURA. Apres une seconde semaine très correcte, le film décélère rapidement. Au final le film termine sobrement à 1.3 millions de spectateurs après un début prometteur. Ceci étant cela fait la deuxième fois de suite que Lino est au dessus de la barre du million d'entrées et c'est un signe qu'il a retrouvé une base solide de spectateurs.

 


CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 302 800

 

ENTREES PARIS BANLIEUE
source "le Film FRANCAIS"

 

453 918

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

164 688

28

2ème semaine

3

116 634

30

3ème semaine

4

70 006

29

4ème semaine

8

39 070

26

5ème semaine

14

24 557

17

6ème semaine

 

13 021

 

Nombre de semaines Paris

 

13

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

5 882

 

1er jour Paris

 

19 008

 

1ère séance Paris

 

664

 

Budget

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 17:30
- Publié dans : ACTEURS FRANCAIS

 

LES MISERABLES


20 OCOBRE 1982

 

 

 

MISERABLES.jpg

 

Réalisation

Robert HOSSEIN

Scénario

Robert HOSSEIN

Alain DECAUX

Photographie

Edmond RICHARD

Musique

Michel MAGNE

Production

GEF

SFPC

TF1

Distribution

GEF-CCFC

Durée

185 minutes

Tournage

 

Jean VALJEAN

Lino VENTURA

Javert

Michel BOUQUET

Thénardier

Jean CARMET

Fantine

Evelyne BOUIX

Cosette

Christiane JEAN

La Thénardier

Françoise SEIGNER

Eponine

Candice PATOU

Monseigneur Myriel

Louis SEIGNER

 

 

Toulon 1815. Après 19 ans de bagne, Jean Valjean est libéré! Bien vite, il s'aperçoit que son passé pèse lourd. Néanmoins, il trouve asile chez Mgr Myriel. Et il découvre, grâce à lui, l'indulgence et la bonté. Ce qui ne l'empêche pas, un peu plus tard, de se laisser aller à voler une pièce à un jeune garçon... Une maladresse qui le poursuivra toute sa vie: à la suite de cette récidive, l'inspecteur Javert, en effet, a juré de le ramener à Toulon. Montreuil-sur-Mer, 1820. Sous le nom de M. Madeleine, Valjean, devenu riche, est maire de la ville. Et sa générosité est célèbre. C'est ainsi qu'il s'occupe d'une prostituée, Fantine. Laquelle meurt après qu'il lui ait promis de prendre en charge Cosette, sa fille, qu'elle a confiée à des aubergistes, les Thénardier. Fuyant Javert qui l'a retrouvé, Valjean achète Cosette aux Thénardier et part avec elle pour Paris. Où il passe dix ans dans un couvent comme jardinier sous le nom de Fauchelevent. En 1830, il s'installe avec Cosette dans une maison bourgeoise. Au cours de leurs promenades au Jardin du Luxembourg, Marius, un étudiant en droit rallié aux idées républicaines, aperçoit Cosette et s'éprend d'elle. Peu après, il permet à Valjean d'échapper à un piège tendus par les Thénardier également venus à Paris. Puis, en 1832, lors d'une émeute, c'est Valjean qui sauve Marius au moment de l'assaut d'une barricade. Et il fuit avec lui à travers les égoûts. A la sortie, il se trouve face à Javert. Mais celui-ci le laisse partir, en reconnaissance d'un geste que Valjean a eu précédemment pour lui, avant de se suicider parce qu'il ne supporte pas sa faiblesse. Les Thénardier sont arrêtés; Marius et Cosette se marient. Jean Valjean, en 1835, meurt seul et dans la misère.


sur les écrans. Enfin, quand je dis nouveau film, c'est très relatif. En effet, cette version est la 33ème adaptation au cinéma de l'œuvre de Victor Hugo, sans doute un des romans français les plus connus dans le monde. La plupart des cinéphiles se souviennent de la version de Jean-Paul LE CHANOIS avec Jean GABIN et Bernard BLIER qui a réunit près de 10 millions de spectateurs depuis sa sortie en 1958. Cette version très populaire méritait-elle une nouvelle version ? Oui, à en croire son réalisateur Robert HOSSEIN. Au début des années 80 l'acteur sait que sa carrière cinématographique est déclinante après un nombre impressionnant de films. Bien sûr "Le professionnel "et "les uns et les autres" ont cartonné, mais  l'acteur n'a que de beaux seconds rôles. Il se tourne vers la conception de spectacles ambitieux et grandioses. En 1980, il propose la comédie musicale "Les misérables" au Palais des Sports de Paris. Le succès dépasse les espérances avec plus de 500 000 spectateurs. La comédie musicale sera reprise et triomphera à New York et à Londres.

Autant battre le fer pendant qu'il est chaud et l'adaptation cinématographique est mise en route. Le film durera trois heures à l'instar de son prédécesseur de 1958 mais ne sera pas présenté en deux parties distinctes. Le film est prévu d'être présenté dans une version de 4 heures en quatre téléfilms sur TF1. 

Pour le casting, il choisit Lino VENTURA dans le rôle de Jean VALJEAN, l'acteur devra donc subir la comparaison avec son illustre ainé, Jean GABIN. Dans le rôle de Javert, Michel BOUQUET pourra donner cours à son immense talent. Pour Thénardier, Jean CARMET aura un rôle de composition. Louis SEGNIER aura un très beau rôle de Monseigneur MYRIEL.

Et puis il y a des amies dans les rôles féminins, Candice PATOU (la femme de Robert HOSSEIN) et Evelyne BOUIX dans le rôle de Fantine.

Inutile de disserter sur le sujet du film, connu et archi-connu. Robert HOSSEIN tente de donner une pointe de modernité à son film, j'ai d'ailleurs cru longtemps qu'il fut réalisé par Claude LELOUCH dont HOSSEIN lui pique certains tics. Peut être est-ce du à un budget limité, mais le film possède une image très "téléfilm". Le réalisateur qui compte dresser une fresque imposante, doit parfois composer avec un budget sans doute limité mais le principal reste le jeu des acteurs.

La première partie du film est excellente. Sans doute conscient que sa prestation va être observée, Lino VENTURA compose un Jean VALJEAN de haute volée. Sorti du bagne, le personnage est frustre. Parlant peu, rude, VALJEAN tient plus du clochard qu'autre chose. L'acteur exprime toute la douleur du personnage grâce à un regard fixe, presque absent. C'est avec plaisir qu'on assiste aux retrouvailles de VENTURA avec un vieux compagnon de tournages, Louis SEIGNER. Le vieil acteur, compose un Monseigneur Myriel remplit de compassion, le regard doux et compréhensif. Avec de si bons acteurs, le début du film tient ses promesses. C'est encore mieux avec l'arrivée de Michel BOUQUET qui compose un JAVERT assez effrayant d'antipathie. Pourri jusqu'à la moelle, JAVERT est froid, cassant, obsédé par sa soif de vengeance envers Valjean. Les scènes de confrontations entre les deux personnages sont de grands moments, Lino est tout en self-control face à un Javert méfiant. Jean CARMET est un grand Thénardier du niveau d'un Bourvil c'est dire.

Le film commence à perdre de sa superbe avec les parties liées à Fantine et à Cosette. Clairement le reste du casting du film n' pas le niveau, la différence est trop nette avec ces acteurs chevronnés. De plus, Robert HOSSEIN ne parvient pas à tirer le film vers le haut, toujours pour des questions budgétaires. En dehors de quelques vues sur les rues de Paris de l'époque, les scènes de batailles lors des émeutes manquent un peu de panache. La partie relative à Fantine et surtout Cosette et Marius manquent de souffle.

Le point fort du film provient donc de son trio d'acteurs assez fabuleux et 'une réelle bonne volonté dans la retranscription de la dureté de l'époque et de la misère ambiante.

Malgré une bonne volonté évidente le réalisateur se laisse aller à quelques facilités et le film ne manque pas de scènes parfois trop lyriques sans compter quelques ralentis malheureux lors des scènes d'émeutes et un fondu enchaîné assez drôle sur la transformation physique de Fantine.

Il est évident que Robert HOSSEIN a destiné son film à un public de province qui n'a pu se rendre dans les salles à Paris voir la comédie musicale.

Le film sort fin octobre dans la période la plus importante pour le box office largement dominé par les succès de films français comme " Deux heures moins le quart avant JC". La durée du film très inhabituelle peut susciter des interrogations. La première semaine est très rassurante; Malgré un nombre de séances réduit, le films effectue une superbe première semaine à plus de 140 000 entrées ce classant juste derrière le film de Jean YANNE. Lino VENTURA manque de peu son troisième numéro un de suite. La suite est heureuse car le film fonctionne très bien tout le mois suivant sa sortie. Mais le grand motif de satisfaction vient du public de la province qui réserve un magnifique accueil au film. Au final près de 4 millions de spectateurs vont voir le film qui se classe à la 7ème place du top annuel dans une année très relevée.

Le film demeure un des plus grands succès de Lino VENTURA dont la prestation est du niveau de celle d'un de ses mentors : Jean GABIN.

Le doute n'est plus permis, Lino est toujours aussi populaire et c'est de bonne augure avant la sortie du "Ruffian".

Mais Les misérables" seront de retour dans une version de Claude LELOUCH pour la France, une version américaine bien plus tard sans compter une version télé réalisée par Josée DAYAN. Décidément cette histoire est "éternelle"       

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

  7

3 817 500

 

ENTREES PARIS BANLIEUE
source "le Film FRANCAIS"

 

596 749

 

 

 

 

 

1ère semaine

2

141 790

33

2ème semaine

2

119 637

33

3ème semaine

3

76 897

33

4ème semaine

5

77 493

33

5ème semaine

5

52 446

32

6ème semaine

8

37 839

26

7ème semaine

11

23 889

18

Nombre de semaines Paris

 

27

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

4 297

 

1er jour Paris

 

9 772

 

1ère séance Paris

 

2 003

 

Budget

 

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 2 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 17:25
- Publié dans : ACTEURS FRANCAIS

 

LE RUFFIAN


12 JANVIER 1983

 


RUFFIAN.jpg 

 

Réalisation

José GIOVANNI

Scénario

José GIOVANNI

Photographie

Jean Paul SCHWARTZ

Musique

Ennio MORRICONE

Production

Christian FECHNER

Distribution

AMLF

Durée

105  minutes

Tournage

08/08/1982-16/10/1982

Aldo SEVENAC

Lino VENTURA

Gérard JACKSON

Bernard GIRAUDEAU

La Baronne

Claudia CARDINALE

John

Pierre FRAG


Au fin fond de la forêt canadienne, Aldo travaille dans une mine d'or. Existence difficile, vie rude et virile dans un groupe où les personnalités s'affrontent sans ménagement. Un jour de paye, une bande armée survient. Fusillade meurtrière; seuls s'en sortent Aldo et deux Indiens. Ils éliminent les attaquants et fuient avec l'or, contraints de faire route ensemble pour retrouver la civilisation mais pleins de méfiance les uns vis-à-vis des autres. Aldo réussit finalement à laisser en plan les deux Indiens, puis il gagne son canot et se laisse aller au fil de l'eau. Jusqu'à une cascade dont il se sort de justesse; les caisses d'or, elles, restant au fond. Aldo alors parvient à rejoindre Montréal. Où il retrouve ses anciennes connaissances: la "Baronne", une patronne de bar qui a été sa maîtresse, le vieux John, l'employé de celle-ci, et surtout Gérard, son complice de toujours quoiqu'il soit bien plus jeune que lui. Gérard, marié à Eléonore, Gérard qui ne peut plus marcher à la suite d'un accident d'automobile dont Aldo a été responsable, du temps où ils étaient tous les deux pilotes de course. Mais l'amitié a toujours été la plus forte et elle le reste. Et le retour d'Aldo est fêté dans la joie. Celui-ci n'a qu'une idée en tête: monter une expédition, retrouver l'or et payer ensuite à Gérard l'opération qui lui permettra de remarcher. Bientôt, tout le monde s'active pour préparer l'aventure. Le matériel est rassemblé, des gadgets divers sont imaginés et surtout, tous sont de la partie lorsqu'il s'agit de se débarrasser des Indiens qui ont retrouvé la trace d'Aldo. Un beau jour, John, Gérard, Eléonore et Aldo se mettent en route. Grâce à leurs installations, Aldo plonge sous la cascade et récupère trois caisses. La "Baronne" les rejoint alors; ils réussissent à éliminer un gêneur; la vie est belle...

 

Avec le recul il est un peu émouvant de revoir ce film qui symbolise un peu la fin d'un certain cinéma à la française ou tout du moins la fin de la collaboration entre Lino VENTURA et José GIOVANNI débutée en 1960 avec "Classe tous risques" et qui a donné des perles comme "Le deuxième souffle", "Les aventuriers", "Le rapace", ou "Dernier domicile connu". Savourons donc ce "Ruffian" qui rappelle par bien des aspects "Les aventuriers" ou "Le rapace". Le film est tiré d'un de ses romans "Les ruffians" sorti en 1969 (oublié dans "wikipédia") et ressorti en 1983 sous le titre "Le ruffian". Un ruffian  dans  le  langage argotique c'est un marginal bagarreur et le film illustre parfaitement le propos. 

Christian FECHNER est le producteur du moment. Il enchaîne les grandes réussites commerciales et sais parfaitement utiliser des méthodes marketing efficaces pour rentabiliser ses films. Réunir GIOVANNI et VENTURA est une bonne idée et il va octroyer un budget confortable au réalisateur qui va pouvoir tourner dans de nombreux décors naturels magnifiques et exotiques en particulier au Canada  dans les célèbres rocheuses et à Wapta Falls où est tourné la scène finale. Durant le tournage, GIOVANNI pourra s'adonner à sa passion : l'escalade.

Au niveau du casting Christian FECHNER  fait appel à Bernard GIRAUDEAU pour donner la réplique à Lino VENTURA. C'est un des poulains du producteur qui a rencontré un très beau succès avec lui dans "Viens chez moi, j'habite chez une copine" avec Michel Blanc. La côte de l'acteur ne cesse de grimper. beau gosse, grand sportif il joue un rôle à contre emploi en étant  paraplégique. 

Et puis bien sûr, Ennio MORRICONE propose une très belle partition assez joyeuse et rythmée.

José GIOVANNI retrouve Claudia CARDINALE avec qui il a tourné "La scoumoune" en 1973. Encore superbe, l'actrice a depuis quelques mois retrouvé les premiers rôles car elle a subit à la fin des années 1970 une traversée du désert suite à sa séparation avec un célèbre producteur italien ce qui lui a valu d'être rayée de beaucoup de productions italiennes. La revoir est toujours un plaisir. La quarantaine rayonnante elle joue le rôle de "La Baronne",  la compagne d'Aldo joué par Lino.  

Production FECHNER oblige le film doit allier quelques séquences spectaculaires à des parties plus intimes voulues par GIOVANNI. La première partie du film est clairement un western à l'américaine. Aldo, qui travaille durement à la mine d'or du coin qui semble être la seule entreprise a des dizaines de kilomètres à la ronde, fait le taxi pour chercher deux nouvelles recrues: deux indiens assez taciturnes. La mine est attaquée par des bandits armés dont le look n'est pas sans rappeler les méchants de "Mad Max 2". Une fusillade violente s'ensuit dont Lino et les deux indiens sont les seuls survivants. Sans témoins, ils décident de s'enfuir avec l'or disponible. L'alliance des trois ne dure pas longtemps. Aldo craignant d'être abattu s'enfuit avec le véhicule à la grande colère des deux indiens et manque de mourir dans les rapides où il cache le trésor... Pour cette première partie, Lino est seul sur le tournage et sera rejoint plus tard par GIRAUDEAU et Claudia CARDINALE. Cette première partie est violente, spectaculaire et dominée par de splendides paysages. Une partie très physique pour Lino qu'on a pas vu à l'ouvrage depuis longtemps.

La deuxième partie laisse entrevoir un homme bon, chaleureux, amoureux sous la carapace du "Ruffian". Cette partie ressemble étrangement à celle des aventuriers entre le trio DELON/SHIMKUS/VENTURA. Aldo retrouve "La baronne" et lui déclare sa flamme et son intention de retrouver le trésor. Il retrouve également son meilleur ami, son frère, Gérard. Celui-ci pratique la course automobile, mais dans une voiture aménagée car il est en chaise roulante depuis un accident dont Aldo en est la cause. Mais rien ne peut égratigner cette sublime amitié. A l'aide de nombreux flash back, un peu plombant parfois, nous assistons à l'histoire d'Aldo et Gérard coupables d'avoir fait les 400 coups ensemble, que ce soit dans des courses automobiles ou dans des paris stupides comme marcher sur des boules de billard ou bien pire d'effectuer des cascades téméraires sur la Tour Eiffel rien que pour le fun de faire peur aux visiteurs... Bref, après avoir bien souligné cette partie où l'amitié fleure bon, toute l'équipe renforcée par John l'employé de la Baronne. Le road movie peut commencer. Lors du voyage l'équipe sera rançonnée par deux Hells Angels ou équivalent. L'occasion pour Lino de rejouer des poings pour rosser les deux impudents bikers, chose qu'il n'a pas fait depuis longtemps au cinéma , du reste l'acteur semble dans une superbe forme physique.

L'équipe devra ensuite éliminer (temporairement) les deux indiens qui n'abandonnent pas l'idée de voler le magot. Arrivé à bon port, Gérard va développer une idylle avec une autochtone qui va rejoindre le petit clan dans la recherche du trésor.

La troisième partie du film peut commencer, soit le repêchage du magot en pleine chute d'eau. GIOVANNI prend son temps pour installer le repêchage, le film devient un peu technique, on ressent bien la passion du réalisateur pour tout ce qui est matériel de plongée, le film fait un peu reportage à la "Camel trophy" à force de détails techniques. Durant le tournage de cette partie les acteurs s'entendent comme larrons en foire. Bernard GIRAUDEAU va tout faire pour impressionner Lino VENTURA en particulier sur ses capacités culinaires, sujet on ne peut plus sensible pour Lino. GIRAUDEAU qui s'est un peu avancé va devoir se débrouiller pour concocter de bons repas dans une région exemptes de magasins d'alimentation. Mais l'acteur plein de ressources va se mettre à pêcher et va réussir son coup en ramenant de superbes prises et suscitant l'admiration de son aîné. Bref, une bien belle ambiance qui se ressent à la vision du film, Lino semble s'amuser comme jamais. 

La suite du film ressemble une nouvelle fois aux séquences en mer des "aventuriers" où un personnage fait irruption dans l'embarcation des héros pour menacer l'héroïne du film. C'est la faute à John qui n'a pas été discret. C'est bien la solidarité des personnages qui va permettre à l'assemblée de s'en sortir. John rachète sa faute et personne ne lui en veut. Très difficilement à l'aide de filins et de câbles Aldo parvient à localiser les boites. Tout est bien qui finit bien sauf que le dernier plan montre les deux indiens en train de les observer sur les hauteurs. Un plan très bande dessinée.

Le film est réussit et représente un peu le bilan de l'œuvre de José GIOVANNI, basée sur l'amitié et l'aventure avant tout. Seul petit bémol, le réalisateur ne possède pas la qualité d'un Robert ENRICO dont "Les grandes gueules" et "Les aventuriers" demeurent des modèles du genre et le film souffre un peu de linéarité et est parfois écrasé par de splendides paysages. Cependant le film est au dessus de la moyenne et on aimerait bien aujourd'hui retrouver cette qualité dans beaucoup de productions françaises où le film d'aventures semble avoir disparu des écrans.

Christian FECHNER va déployer les grands moyens pour lancer le film. les affiches envahissent les murs de Paris. Elle est très spectaculaire à la BELMONDO, on y voit VENTURA et surtout son poing au premier plan, une affiche bien efficace. 

Le résultat est sans appel. A Paris Lino VENTURA pulvérise son record personnel avec pas moins de 272 000 spectateurs en première semaine sur une belle combinaison de 43 salles. Mieux, le film réalise une superbe seconde semaine. Avec 450 000 entrées en deux semaines, le film est un triomphe. La province n'est pas en reste et le film s'impose largement et finit à plus de 3.3 millions d'entrées confirmant pour VENTURA six mois de folie avec près de 7 millions d'entrées pour ses deux derniers films. Oui, Lino est toujours aussi populaire quand on lui donne les moyens de faire des films spectaculaires. 

Bernard GIRAUDEAU tire les marrons du feu. Toujours sous l'égide de Christian FECHNER il sera associé à Gérard LANVIN pour tourner "Les spécialistes" le nouveau gros projet de Christian FECHNER.

On ne le sait pas encore mais "Le ruffian" est le dernier grand film d'aventure de lino VENTURA et un de ses derniers tout court. Un beau film testament en somme qui demeure largement édité en vidéo et diffusé à la télévision. 

   


CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

3 392 200

 

ENTREES PARIS BANLIEUE
source "le Film FRANCAIS"

 

769 498

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

272 962

43

2ème semaine

1

182 116

44

3ème semaine

3

107 841

45

4ème semaine

5

79 508

34

5ème semaine

5

52 593

29

6ème semaine

7

31 145

22

7ème semaine

12

19 256

14

Nombre de semaines Paris

 

11

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

6 348

 

1er jour Paris

 

33 357

 

1ère séance Paris

 

4 404

 

Budget

 

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

 

LES-RUFFIANS.jpeg

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 1 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 17:20
- Publié dans : ACTEURS FRANCAIS

 

CENT JOURS A PALERME


25 AVRIL 1984

 

 

CENT JOURS

 

Réalisation

Giuseppe FERRARA

Scénario

Piergiovanni ANCHISI

Giuseppe FERRARA

Photographie

Silvio FRASCHETTI

Musique

Vittorio GELMETTI

Production

OMBRE ET LUMIERE

CLCT

Distribution

AMLF

Durée

100 minutes

Tournage

 

Général Dalla CHIESA

Lino VENTURA

Emanuela

Giuliana DE SIO

Pio LA TORRE

Lino TROISI

 

 


Nommé Préfet de Palerme en 1982, le Général Dalla CHIESA qui s'est illustré pour avoir démantelé les Brigades Rouges, a pour mission de lutter contre la puissante mafia qui a assassiné bon nombre de personnalités politiques ces derniers temps. On lui promet des moyens. Quelques jours plus tard le Député Pio LA TORRE est sauvagement assassiné dans sa voiture. Dalla CHIESA prend les choses en main et bouscule la routine policière. Mais les enquêtes piétinent et les meurtres continuent. Il se marie durant ce temps avec sa fiancée, la douce et aimante Emmanuela. Il désire faire voter un loi anti-mafia, ce qui agace cette organisation. Sans réels moyens il poursuit son travail besogneux. fatalement, 100 jours après son intronisation, il sera lui aussi sauvagement assassiné avec sa femme dans leur voiture. Son action n'aura pas été inutile. Cité comme exemple, il aura participé posthumement au vote de la fameuse loi anti-mafia. 

 

Après le succès massif du "Ruffian" on pourrait croire que Lino VENTURA allait surfer sur cette nouvelle vague. Mais contre toute attente, l'acteur va choisir un rôle plus difficile, car "100 jours à Palerme" est un biopic consacré au Général Dalla CHIESA qui a été assassiné par la mafia deux ans auparavant. L'acteur a dans le passé interprété un chef de la mafia dans "Cosa Nostra" avec Charles BRONSON mais là il inverse la tendance en incarnant un farouche opposant à celle-ci.

C'est le réalisateur Giuseppe FERRARA critique et documentaliste réputé qui met en scène le film d'une manière très dépouillée. Avec lui, la mafia perd son image un peu glamour née de films tels "Le Parrain". Ici, rien de magnifique, de chevaleresque ni de romantique. Les victimes sont tués de manière assez lâche, en général plusieurs voitures bloquent le véhicule cible et plusieurs tireurs exécutent les victimes d'une manière barbare. Le film insiste sur ces meurtres crus, et montre les victimes parfois en très mauvais état. Le film prend un aspect documentaire rées intéressant. Les chefs de la mafia ne siègent pas dans une superbe demeure avec pléthore de lieutenants autour d'eux. Les mafieux sont des dirigeants de banques qui font du business à l'international. Lors de conseils restreints au sein même de ces sièges, quelques membres décident de la vie ou de la  mort de diverses personnalités susceptibles de représenter un danger pour l'organisation. En 1982 la forte recrudescence d'assassinats et l'incompétence de l'Etat à endiguer ceux-ci mettent le met dans l'obligation de procéder à la nomination d'un dur à cuire. Lino VENTURA interprète le Général Dalla CHIESA réputé pour avoir démantelé les "Brigades rouges". Celui-ci accepte la mission à condition d'avoir l'appui total du gouvernement, ce qui est loin d'être gagné. Ce n'est pas franchement un rigolo et il ne se laisse pas impressionner. Sans peur, il refuse les escortes et ne craint pas la mort. Il va poursuivre son but avec opiniâtreté. La mafia ne s'inquiète pas de la nomination de Della Chisa. Mais l'organisation va changer d'avis. Le Préfet remue ciel et terre pour convaincre le gouvernement d'accepter la mise en place d'une loi anti-mafia. Il est aussi capable de rencontrer des étudiants et de leur expliquer sa démarche. Il réclame l'unité du peuple italien contre la mafia. Bref, il commence à agacer, et sa mort sera rapidement mise à exécution. Froidement, lui et sa femme seront criblés de balles dans leur voiture. 

Le film perd beaucoup d'efficacité avec les scènes intimistes entre le Préfet et sa future femme. Le réalisateur voudrait être plus radical et décrire les méthodes utilisées par la mafia dans le blanchiment d'argent et ses rapports avec les politiques, mais il se heurte au producteur français qui désire des scènes glamours pour désamorcer l'atmosphère lourde du film. Contre son gré le réalisateur devra insérer des passages romantiques entre Dalla CHIESA et Emanuela qui font un peu tâche... Le film en souffre.

Lino VENTURA est encore une fois spectaculaire dans le rôle d'un homme peu charismatique mais qui possède une sacrée paire de c.... Vieilli, pas très sympathique, il s'identifie parfaitement au personnage. Mais évidemment il ne peut attirer le même public que "Le Ruffian" surtout que l'affiche n'est pas non plus des plus engageantes. Avec ce ton rouge vif, on sait ce que l'on va voir. Reste donc un film inégal qui contient de très bonnes parties, mais traite parfois le sujet de manière superficielle. reste que de tourner ce film alors que la blessure causée par la mort d'un homme sans concessions est plutôt courageux.

Le film est présenté à Cannes en 1984 et bénéficie de critiques mitigés. Le film sort dans la folie et bénéficie d'une belle campagne de publicité. La combinaison de salles est importante pour l'époque. Avec 44 salles sur Paris Périphérie, le distributeur espère que le public va suivre Lino après le succès du "Ruffian". Avec 62 000 entrées sur Paris / Banlieue le film déçoit et ne parvient pas à prendre la première place toujours conservée par le "Viva la vie" de Claude LELOUCH. Après une seconde semaine dans les mêmes eaux le film s'écroule totalement. En France le film atteint difficilement les 500 000 spectateurs. Un score très décevant qui replonge l'acteur à l'époque de "La cage".

Le public n'a pas apprécié de voir Lino vieilli et n'a pas semblé inspiré par ce film sanglant et qui finalement concerne un problème typiquement italien. Heureusement pour lui, son nouveau film "La 7ème cible" doit sortir pour les fêtes de fin d'année. Correspondant plus au canons désirés par son public habituel, il devrait renouer avec le succès.

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

500 403

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

157 166

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

2

62 923

44

2ème semaine

4

53 629

43

3ème semaine

9

24 214

 

4ème semaine

 

7 871

 

Nombre de semaines Paris

 

8

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

7 480

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

24

 

 

Cote du succès

 

*

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 17:15
- Publié dans : ACTEURS FRANCAIS

 

 

 

LA SEPTIEME CIBLE


19 DECEMBRE 1984

 

 

7 EME CIBLE

 

Réalisation

Claude PINOTEAU

Scénario

Jean-Loup DABADIE

Claude PINOTEAU

Photographie

Edmond SECHAN

Musique

Vladimir COSMA

Production

Alain POIRE

GAUMONT

Marcel DASSAULT

Distribution

GAUMONT

Durée

90  minutes

Tournage

 

Bastien GRIMALDY

Lino VENTURA

Nelly

Lea MASSARI

Jean MICHELIS

Jean POIRET

Laura

Elisabeth BOURGINE

La mamma Lina VOLONGHI

Daniel ESPERANZA

Jean-Pierre BACRI

 

 

 

Un soir d'orage, un homme d'une cinquantaine d'années regagne sa voiture. Soudain, trois jeunes hommes l'agressent sauvagement et disparaissent sans explication. Blessé, il se relève tant bien que mal et constate que rien ne lui a été dérobé. Pourquoi cette agression brutale? Il ne se l'explique pas et refuse de porter plainte. Cet homme, Bastien Grimaldy, ancien grand reporter, métier qu'il n'exerce plus depuis une dizaine d'années à cause de la mort d'un ami photographe, tué à ses côtés lors d'un combat au Vietnam, a recueilli la fille de cet ami, Laura, qu'il a élevée comme son propre enfant. Aujourd'hui, Bastien gagne bien sa vie en écrivant des documents sur le Tiers-Monde et fait partie du comité de lecture d'une grande maison d'édition parisienne. Côté jardin, Bastien est jaloux de son indépendance : il vit avec son fils de 10 ans, adopté avant le décès de sa femme Sarah; sa mère, une "mamma" haute en couleurs, loge dans un pavillon de banlieue avec la veuve de l'ami photographe, Gabrielle; il a quelques amis; Laura est devenue violoniste soliste. Bastien est un homme heureux, respecté et estimé de tous. Pourtant, depuis l'attentat, le téléphone sonne régulièrement la nuit, il décroche, personne ne parle. Une nuit, revenant d'accompagner Laura et son mari, Clairbonne, à l'aéroport de Roissy, une grosse voiture noire suit Bastien et s'acharne dans un stock-car sans merci. Bastien échappe à la mort de justesse. Son existence se transforme en un véritable cauchemar. Il porte plainte enfin, mais la police ne trouve rien. Une voix anonyme au téléphone exige une somme d'un milliard dans un délai de trois jours sinon il sera tué. Au pied du mur, il mène seul l'enquête et découvre un réseau de petits malfrats conduits par un maître-chanteur d'envergure, un Allemand, Hagner. Piste qui le guide jusqu'à Berlin où il apprend avec stupeur que Laura fait des remplacements dans un orchestre de renommée moyenne et qu'elle est la maîtresse de Hagner. Bastien prend Hagner en chasse, poursuite qui se terminera mal pour l'escroc.

 

Lino VENTURA tenait à tourner dans "100 jours à Palerme" et le film a été un sévère échec en France. Mais l'acteur qui reste également sur le grand succès du "Ruffian" sait qu'il peut compter sur un socle de fans important. D'ailleurs en cette année 1984 les trois stars historiques BELMONDO, DELON et VENTURA ont encore la faveur du public, un peu sur la trajectoire des années 70. Mais plus les années 80 avancent plus les succès deviendront difficiles pour des stars qui ont plus de 25 ans de carrière.

Alain POIRE développe pour la GAUMONT un polar prévu pour profiter des fêtes de fin d'années 1984, "La 7ème cible". Calibré pour Lino VENTURA le film est également coproduit par les films Marcel DASSAULT avec les contraintes que l'on sait : pas trop de violence, et surtout pas de scènes dénudées à l'écran...Un polar familial en quelque sorte.

L'équipe Lino VENTURA / Claude PINOTEAU se reforme après le moyen "L'homme en colère" en 1979. Jean Loup DABADIE s'occupera des dialogues.

Pour accompagner Lino VENTURA nous retrouvons l'excellent Jean POIRET et dans un rôle court la toujours plus belle Léa MASSARI et Elisabeth BOURGINE. Ce dernier cas est un peu particulier.

Dans un de ses livres, Florence MONCORGE (la fille de Jean GABIN) qui était la scripte du tournage se souvient que Claude PINOTEAU désirait absolument la présence de Sophie MARCEAU qu'il avait découvert en 1980 pour "La boum". La nouvelle jeune star du cinéma français annule sa participation le premier jour du tournage car elle vient de s'engager sur "L'amour braque". PINOTEAU est très affecté, mais LINO est là pour apporter son expérience sur les tournages difficiles. Le réalisateur appelle d'urgence la très jolie Elisabeth BOURGINE qui débarque sur le tournage et tourne sa première scène dans la foulée. Une actrice pas encore très assurée, mais qui est très craquante.

Florence MONCORGE décrit un tournage des plus agréables avec un voyage de 8 jours à Berlin dans de très bonnes conditions au vu du budget  très confortable du film. Elle connait Lino VENTURA depuis toujours et découvre un Jean POIRET exquis. Un jour l'équipe du film déménage et oublie carrément de chercher Jean POIRET à son hôtel. C'est elle qui doit emmener l'acteur sur le tournage où ce dernier déclarera à l'équipe "que ca fait du bien de se sentir indispensable!".Le budget permet également de bénéficier d'une équipe technique importante et de pouvoir mettre en scènes plusieurs cascades en voitures.

Le film peut être décrit comme un mix de tous les films de Claude PINOTEAU puisqu'il alterne les scènes de polar avec des scènes plus intimistes entre les protagonistes de l'intrigue.

Le film commence par Bastien qui se fait sévèrement rosser dans la rue. La grande question qu'il va se poser au fur et à mesure du film est : pourquoi ? Pourquoi le sort s'acharne-t-il sur lui et ses proches. Est-ce une question d'espionnage ? Son passé de reporter ? La présence de Léa MASSARI nous fait espérer un film du niveau du "Silencieux", mais son rôle s'avère portant bien anecdotique. Après une introduction pleine de mystère, le film plonge dans la partie préférée de Claude PINOTEAU, les  bavardages longs et grotesques ou les personnages évoquent leurs amours ou leurs problèmes de couples. On voit même LINO acheter des baskets neuves à son jeune fils...Ensuite retour à la cascade de voitures et Bastien échappe de peu à un feu nourri. Evidemment il a appelé la police à sa rescousse, mais il doit constater son incompétence. L'occasion de découvrir le jeune Jean-Pierre BACRI qui commence à se faire connaître dans le métier. 

Retour à l'intrigue qui se dévoile peu à peu. La Mama de Bastien, formidablement jouée par l'épatante Lina VOLONGHI dissimule chez elle des toiles de maîtres. Elle a tout bêtement peint à la gouache par dessus les toiles. Tout ça pour ça ? Reste à trouver comment le mystérieux agresseur connait la présence de ces toiles chez la mère de Bastien. Par le biais de sa fille qui en a parlé. Il la retrouve à Berlin, démasque le coupable qui se fait tuer.

Le film laisse un sentiment mitigé entre une intrigue policière un peu simpliste et des moments intimistes qui passent un peu à coté. L'ensemble est honnête et tente de se raccrocher au cinéma des années 70 alors que des cinéastes tels Luc BESSON commencent à pointer leur nez aux carreaux.

Lino VENTURA plutôt en forme campe solidement son personnage avec tout son professionnalisme. Jean POIRET est étonnant en copain alcoolique, c'est la révélation du film.

Sorti pour les fêtes de fin d'année le film doit supporter la concurrence de blockbusters américains comme "Gremlins" et "SOS fantômes" mais aussi de "Paroles et Musique" coté français. Effet Lino VENTURA oblige le film passe la barre des 100 000 entrées les deux semaines suivant sa sortie. Un bon score. Malheureusement, les fêtes passées le film s'écroule rapidement, mais l'essentiel a été fait durant les fêtes.

Avec 1.2 millions d'entrées le bilan est mitigé, ce n'est ni un succès ni un échec, le film n' a pas su captiver son auditoire passé les fêtes.

Claude PINOTEAU va finalement retrouver sa Sophie MARCEAU pour "L'étudiante" en 1988.     

On ne le sait pas encore, mais "La 7ème cible" est le dernier film de Lino VENTURA.
Lino, ne tourne plus de films, mais à des projets. Il participe à « la rumba » de Roger Hanin, tourne un téléfilm, et est très contrarié par l’annulation du tournage de « la jonque » pour des raisons financières.
Le 22 octobre 1987, fatigué, il se repose dans sa chambre avant de subir une foudroyante crise cardiaque et il décède quelques heures plus tard. Curieusement son carnet de rendez-vous était vide pour les jours suivants… Son décès, à 67 ans attriste tous les Français autan qu’il les surprend, on imaginait pas Lino mourir.
Aujourd’hui Lino VENTURA bénéficie toujours d’une grande côte d’amour, intacte. Ses films sont régulièrement rediffusés à la télévision. Au moins est-il partie sur une bonne note au box office sa côte semblait intacte. Et naturellement ajoutons qu'il fut un homme de coeur en fondant l’association « perce neige ».
 

 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 246 600

 

ENTREES PARIS

 

 

 

ENTREES BANLIEUE

 

 

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

332 840

 

Détail entrées Paris

 

 

 

1ère semaine

5

101 448

41

2ème semaine

5

108 275

 

3ème semaine

5

49 014

 

4ème semaine

9

27 903

 

5ème semaine

14

20 376

 

Nombre de semaines Paris

 

12

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

2 474

 

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

  

 


 

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Dernière image de Lino, merci l'artiste !

 

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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 23:55
- Publié dans : ACTEURS FRANCAIS

 

FILMOGRAPHIE JEAN-PAUL BELMONDO


Cliquez sur un titre pour accéder à sa fiche détaillée.

 

 

 

A PIED A CHEVAL ET EN VOITURE (1957)

SOIS BELLE ET TAIS-TOI (1957)

LES TRICHEURS (1958)

UN DROLE DE DIMANCHE (1958)

 A DOUBLE TOUR (1959)

A BOUT DE SOUFFLE (1960)

CLASSE TOUS RISQUES (1960)

MODERATO CANTABILE (1960)

LA FRANCAISE ET L'AMOUR (1960)

LES DISTRACTIONS (1960)

MADEMOISELLE ANGE (1960)

LA NOVICE (1961)

LA CIOCIARA (1961)

LA VIACCIA (1961)

UNE FEMME EST UNE FEMME (1961)

LEON MORIN PRETRE (1961)

UN NOMME LA ROCCA (1961)

AMOURS CELEBRES (1961)

CARTOUCHE (1962)

UN SINGE EN HIVER (1962)

LE DOULOS (1963)

DRAGEES AU POIVRE (1963)

L'AINE DES FERCHAUX (1963)

PEAU DE BANANE (1963)

L'HOMME DE RIO (1964)

LA MER A BOIRE (1964)

100 000 DOLLARS AU SOLEIL (1964)

ECHAPPEMENT LIBRE (1964)

LA CHASSE A L'HOMME (1964)

WEEK END A ZUYDCOOTE (1964)

PAR UN BEAU MATIN D'ETE (1965)

PIERROT LE FOU (1965)

LES TRIBULATIONS D'UN CHINOIS EN CHINE (1965)

TENDRE VOYOU (1966)

LE VOLEUR (1967)

HO ! (1968)

LE CERVEAU (1969)

LA SIRENE DU MISSISSIPI (1969)

UN HOMME QUI ME PLAIT (1969)

BORSALINO (1970)

LES MARIES DE L'AN II (1971)

LE CASSE (1971)

DOCTEUR POPAUL (1972)

LA SCOUMOUNE (1972)

L'HERITIER (1973)

STAVISKY (1974)

PEUR SUR LA VILLE (1975)

L'INCORRIGIBLE (1975)

L'ALPAGUEUR (1976)

LE CORPS DE MON ENNEMI (1976)

L'ANIMAL (1977)

FLIC OU VOYOU (1979)

LE GUIGNOLO (1980)

LE PROFESSIONNEL (1981)

L'AS DES AS (1982)

LE MARGINAL (1983)

LES MORFALOUS (1984)

JOYEUSES PAQUES (1984)

HOLD UP (1985)

LE SOLITAIRE (1987)

ITINERAIRE D'UN ENFANT GATE (1988)

L'INCONNU DANS LA MAISON (1992)

LES MISERABLES (1995)

DESIRE (1996)

UNE CHANCE SUR DEUX (1998)

PEUT ETRE (1999)

AMAZON (2000)

UN HOMME ET SON CHIEN (2009)

 

 

 

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