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Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe".
Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes.
Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est bon?
Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là.
Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis.
Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.

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SOMMAIRE DU BLOG

Vous trouverez le tableaux récapitulatif des entrées des acteurs et réalisateurs : ICI


Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 12:18
- Publié dans : MISES A JOUR

.

UN NOMME LA ROCCA

 

17 NOVEMBRE 1961 

 

 

  un nomme la rocca01

Réalisation

Jean BECKER

Scénario

Jean BECKER
José GIOVANNI

Photographie

Ghislain CLOQUET

Musique

Claude NORMAND

Production

Adry DE CARBUCCIA
Roland GIRARD

Distribution

OMNIA

Tournage

 

Durée

102 minutes

Roberto LA ROCCA

Jean-Paul BELMONDO

Geneviève Adé

Christine KAUFMAN

Xavier Adé

Pierre VANECK

Ficelle

Henri VIRLOJEUX

Charlot l'Elegant

Mario DAVID

Nevada

Jean-Pierre DARRAS

L'américain

Michel CONSTANTIN

 

 

Roberto La Rocca dont le passé, vraisemblablement agité, reste mystérieux, s'est retiré à la campagne où il continue pourtant à s'exercer au tir instinctif au pistolet. Un jour, « Le Mexicain » vient lui apprendre que son ami Xavier Adé a été condamné à plusieurs années de prison pour un meurtre dont il est innocent. Aussitôt il part pour Marseille et prend contact avec Villanova, l'associé de Xavier, qu'il soupçonne d'avoir fait croire à la culpabilité de son ami pour détourner de lui-même l'attention. Il lui enlève sa maîtresse et, au cours de la première entrevue, doit l'abattre pour se protéger. Aidé des deux hommes de main de Vil-lanova, respectueux de la force, il fait disparaître le corps et dirige le tripot de sa victime.Il retrouve la soeur de Xavier, l'innocente et douce Geneviève, et essaie de reprendre contact avec le prisonnier. Résistant un jour les armes à la main à un racket opéré par quatre déserteurs américains, il est grièvement blessé ; condamné à son tour, il retrouve Xavier qu'il arrive soustraire à la haine tenace du détenu chargé des cellules. Ils échaffaudent des projets lorsqu'on leur propose leur libération anticipée s'ils vont déminer un terrain au bord de la mer. Pour sauver la vie de Rober-to, Xavier laisse un bras dans l'opération. Roberto et Geneviève songent à l'avenir. Le trio visite une propriété qu'il faut acheter rapidement. Xavier n'hésite pas à soutirer la somme à un riche truand devenu infirme, Nevada. Mais tandis que le jeune homme signe l'acte d'achat de la ferme, les hommes de main de Nevada se présentent chez Xavier où ils trouvent Roberto et Geneviève ; au cours de l'altercation qui s'ensuit, Geneviève est tuée par accident en se jettant devant Roberto. Lorsque Xavier revient, l'acte en main, La Rocca le rend responsable de la mort de la jeune fille, et dès l'enterrement achevé, Adé et La Rocca se quittent par deux allées différentes. Cette fois-ci, leur solide amitié est bien morte.

 

 

Voici un film qui représente une certaine curiosité. En effet, son remake a été réalisé en 1972 sous le titre "La scoumoune" toujours avec Jean-Paul BELMONDO dans le rôle principal et réalisé par José GIOVANNI scénariste du film. Comme beaucoup je pense, j'ai d'abord découvert la "Scoumoune" à la télévision qui le diffusait largement et bien plus tard, ce " Un nommé La Rocca". Force est de constater que ce film est bien moins spectaculaire que "La scoumoune" et cependant la base est le même roman "L'excommunié" écrit par José GIOVANNI. L'auteur connait une seconde vie exceptionnelle après avoir passé 10 ans en prison. A sa sortie il écrit des romans policiers rapidement édités dans la collection "Fleuve noir" et le milieu du cinéma l'appelle rapidement. On citera ses propres adaptations pour "Le trou" où "Classes tous risques" et aussi ses travaux sur "Du rififi à Tokyo" et "Du rififi chez les femmes". A la mort de Jacques BECKER réalisateur du "Trou", GIOVANNI très peiné va tourner avec Jean BECKER  l'adaptation de son dernier roman alors que l'auteur aurait préféré utiliser du matériel neuf, comme une histoire qu'il a en tête sur une scierie....bref ce sera pour plus tard.

Jean Paul BELMONDO apprécie le roman et tombe d'accord avec Jean BECKER pour le tourner. L'acteur retrouve donc GIOVANNI avec qui il a tourné "Classes tous risques". Pour produire le film, BECKER sollicite Madame De CARBUCCIA qui a produit entre autres le célèbre "Ali Baba" de Jacques BECKER avec FERNANDEL. Dans ses premiers romans, GIOVANNI s'inspire de figures du banditisme connues du milieu mais aussi de ses souvenirs des enceintes des prisons, un univers carcéral difficile et glauque. "L'excommunié" décrit des passages en prison réalistes et crus, un témoignage de l'auteur envers un univers carcéral parfois inhumain.

GIOVANNI et BECKER comptent bien réaliser un film réaliste, mais ils doivent tenir compte d'un élément important. BELMONDO est un peu jeune pour interpréter  un tueur buriné et redouté du milieu. Il convient de rajeunir l'intrigue et le passé des personnages. Xavier, le meilleur ami de Roberto est joué par le jeune Pierre VANECK, les deux campant un duo plutôt romantique. Mais GIOVANNI n'est pas au bout de ses peines, en effet la productrice désire que le film obtienne la côte Catholique ( les anciens lecteurs de télé 7 jours comprendront). Bref, le film doit être "tout public" et respecter la moralité. L'auteur ronge son frein car la productrice insiste pour édulcorer le film au maximum, le héros ne devrait-il pas rentrer dans le bon chemin à la fin, et pourquoi pas apprendre un métier ? De plus le titre "L'excommunié" doit être transformé en "Un nommé la Rocca" pour ne pas choquer l'Eglise.  

Bref, GIOVANNI n'est pas aux anges et de plus, l'équipe devra affronter le spectre du service militaire obligatoire pour BELMONDO qui a bien failli partir à l'armée en plein milieu du tournage.

Comme d'habitude GIOVANNI est très présent sur le tournage, ne se contentant pas d'être le scénariste. L'ambiance avec BELMONDO est très joyeuse, comme d'habitude.

Malgré un thème fort, le film se déroule sur un rythme assez lent. On ira pas jusqu'à dire que c'est un film "nouvelle vague", mais il n y a pas véritablement de tension. Il est évident que l'œil bienveillant de la productrice explique que le "frein à main" est de rigueur. Les deux tiers du film sont semblable à "La scoumoune". Roberto se rend chez l'associé de son ami Xavier qui a bien des ennuis par sa faute. BELMONDO qui interprète Roberto a plutôt une apparence romantique qu'autre chose et semble bien inoffensif, d'ailleurs ces rapports avec sa petite amie nous conforte dans cette optique, difficile de croire que c'est un gros dur. La rencontre avec les truands dans la pièce qui sert de salle de jeux clandestine n'est pas très impressionnante. Sans préjuger de leur talent, Henri VIRLOJEUX et Mario DAVID ne sont pas des foudres de guerre. Peu de scènes spectaculaires mis à part Roberto qui colle une balle dans la tête d'un truand, mais c'est très chaste. Reprenant le business à Marseille, il devra affronter une bande américaine bien décidée de racketter tous les claques de la ville. C'est une surprise de découvrir Michel CONSTANTIN en chef de bande américain au fort accent. Mais BECKER tient à donner un rôle à l'acteur du "trou". Il a presque l'air d'un minet dans les rues de la cité phocéenne en trimbalant de gros blacks derrière lui. Question crédibilité le film en prend un coup, tout comme CONSTANTIN qui en prend un coup (de feu) dans le ventre de la part de Roberto. Une courte rencontre entre les deux acteurs mais ils auront l'occasion de se retrouver plus tard. Pour cet exploit, Roberto est mis en prison où il va pourvoir aider Xavier, torturé par un maton des plus abrutis. C'est un bon passage du film qui retranscrit d'une manière dépouillée la tristesse de cet univers carcéral. Il y aussi le passage classique du déminage de la plage qui coûte le bras à Xavier, dont on voit le moignon très abîmé, image rare à l'époque.

La troisième partie du film est bien différente de celle du remake. La sœur de Xavier va mourir par la faute de son frère, tandis que dans "La scoumoune", c'est Xavier qui protège Geneviève. Xavier, pour obtenir l'argent nécessaire à l'achat d'une demeure pour lui, sa sœur et Roberto part "voler" Nevada, un truand classieux joué par un Jean-Pierre DARRAS qu'on attendait pas là. Ce dernier va se venger et entraîner la mort de Geneviève  dans les bras de Roberto.

Roberto ne pardonnera jamais à son ami, et lui demande à l'enterrement de Geneviève, de ne plus jamais le revoir.

Nous sommes plus dans une fin romantique qu'autre chose. Le film se déroule sur un rythme assez lent finalement avec peu de scènes spectaculaires. Jean BECKER manque encore un peu de métier, en tout cas dans le genre policier. En tout cas le climat de l'univers carcéral est bien retranscrit. Jean-Paul BELMONDO ne possède pas le background nécessaire pour incarner le personnage, c'est une erreur de casting ce qui n'enlève rien à son talent. On ne peut pas lui reprocher d'être trop jeune pour le rôle. Pierre VANECK s'en sort mieux car il possède une personnalité plus subtile et torturée. D'ailleurs GIOVANNI le dit lui même "On ne peut pas reprocher grand chose au film", sauf qu'il apportera sa propre vision du film, dix ans après.

Le film sort à Paris et prend la première place du box office des exclusivités les deux semaines de son exploitation. On peut s'étonner de la brièveté de son exclusivité. Bien sûr le film poursuivra son exploitation en continuation ou dans les salles de quartiers, et il cumulera près de 500 000 entrées ce qui est satisfaisant. Par contre son exploitation en Province fut plus confidentielle et au final le film passe la barre du millions d'entrées sans plus, ce qui ne lui permet pas de se hisser au delà de la 50ème place de l'année, ce qui est décevant.

BELMONDO est toujours autant demandé au cinéma, mais il lui manque toujours un beau succès populaire massif qui confirmerait son succès de "A bout de souffle".             

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 193 387

 

ENTREES PARIS BANLIEUE

 

490 449

 

 

 

 

 

Exclusivités

 

 

 

1ère semaine

1

50 167

4

2ème semaine

1

45 847

 

Nombre de semaines Paris

 

2

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

12 542

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 2 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Dimanche 4 mars 2012 7 04 /03 /Mars /2012 19:06
- Publié dans : MISES A JOUR

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France

PARIS

Espagne

Italie

EUROPE

Recettes US

Ah ! Si j'étais riche

P

1 141 789

308 247

9 120

9 207

1 231 040

 

Bienvenue chez les Rozes

 

334 201

116 019

 

46 432

383 869

 

Toutes les filles sont folles

 

323 234

106 878

 

 

 

 

Les clefs de bagnoles

P

175 912

59 412

 

 

 

 

Le convoyeur

 

481 784

152 472

 

 

 

 

Mariages !

 

2 008 325

419 186

 

 

 

 

La vie de Michel Muller est mieux que la votre

P

4 784

2 566

 

 

 

 

Brice de Nice

 

4 377 192

664 229

 

 

 

 

L'amour aux trousses

 

176 715

41 817

 

 

 

 

Il ne faut jurer de rien !

 

887 725

156 354

13 962

 

934 734

 

Les Dalton

P

1 956 749

288 248

181 768

 

2 236 414

 

OSS 117 : Le Caire, nid d'espions

 

2 304 430

598 656

5 444

 

2 422 741

 

Cherche fiancé tous frais payés

P

182 945

47 637

 

 

 

 

Contre-enquète

 

958 475

221 660

 

 

 

 

Hellphone

P

281 332

54 878

 

 

 

 

99 F

 

1 231 449

389 237

 

 

1 468 433

 

Cash

 

1 105 919

298 824

 

61 020

1 266 573

 

Un homme et son chien

P

203 872

38 656

 

 

 

 

OSS 117, Rio ne répond plus

 

2 560 290

790 794

1 929

 

2 701 334

 

Lucky Luke

 

1 865 726

369 045

 

 

 

 

Un balcon sur la mer

 

1 054 569

211 982

 

 

 

 

Les petits mouchoirs

 

5 457 251

1 034 020

 

 

 

 

Le bruit des glaçons

 

764 500

217 513

 

 

 

 

The Artist (*)

 

2 351 280

697 522

 

 

 

35,0

Les infidèles

 

 

 

 

 

 

 

 

(*) L' exploitation du film est toujours en cours

Les films où l'acteur n' effectue qu'une participation sont signalés par la lette "P"

Les recettes US sont en millions de dollars.

 

Merci à Didier NOISY pour les chiffres

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 1 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 12:25
- Publié dans : MISES A JOUR

 

 

....

WEEK END A ZUYDCOOTE


 18 DECEMBRE 1964

 

 

 ZUYDCOOTE FR

 

Réalisation

Henri VERNEUIL

Scénario

Robert MERLE

Photographie

Henri DECAE

Musique

Maurice JARRE

Production

Robert HAKIM
Raymond HAKIM

Distribution

SGC
PATHE

Durée

120 minutes

Tournage

Juillet 64/ Août 64

Julien

Jean-Paul BELMONDO

Jeanne

Catherine SPAAK

Alexandre

François PERIER

Pierson

Jean-Pierre MARIELLE

Pinot

Georges GERET

Dhéry

Pierre MONDY

Hélène

Marie DUBOIS


Les premiers jours de juin 1940 dans une France affolée, sous un ciel implacablement bleu, et, plus particulièrement dans cette poche de la mer du Nord où un tronçon de l'armée française tente de gagner l'Angleterre. Le week-end est tragique pour la France, il est tragique aussi pour le soldat Julien Maillat, qui se trouve, comme tant d'autres, coincé dans l'étau. Il assiste à la bataille et nous voyons le combat comme il le voit lui-même.
Maillat est un aimable Français moyen. Jeune et dégourdi, cultivant l'amitié, sensible et sans doute sentimental. La guerre le dégoûte mais il sait se battre et puis il y a tout un petit groupe autour de lui : Alexandre, un sympathique râleur, Pierson, un aumônier philosophe, et Pinot, un "gars de Bezons" équipé d’un fusil-mitrailleur. Chacun se sent solidaire de ceux qui l'assistent, et chacun s'épaule dans les coups durs, sauf peut-être Dhéry, un combinard qui rêve déjà de marché noir.Ceux-ci sont nombreux : les bombardements hallucinants, les mitraillages ininterrompus, la panique, le souffle du désastre... On soigne les blessés dans un hôpital de fortune, on progresse péniblement vers les plages d'embarquement, et il arrive tout de même qu'on abatte des avions ennemis. Les cargos, bourrés d'hommes épuisés, deviennent des cibles et se transforment souvent en brasier. La guerre-éclair, la guerre totale.Dans ce prélude à l'apocalypse, Julien rencontre une jeune fille, Jeanne, retranchée dans sa maison, submergée par la bataille, au moment où deux soldats tentaient de la violer. Julien les abat et, rapidement, l'amour unit le militaire et sa protégée. Alexandre est tué en allant chercher de l’eau pour ses amis, qui l’enterrent dans les dunes.
Julien et Jeanne décident de fuir ensemble, projet fou, irréalisable pendant ce week-end d'été, sur la plage de Zuydcoote. Julien meurt alors que la jeune fille courait à sa rencontre et, qu'en fond de tableau, les troupes françaises continuent désespérément d'embarquer.

 

 

Jean-Paul BELMONDO a donc connu une année 1964 exceptionnelle avec deux succès majeurs tels "L'Homme de Rio", "100 000 dollars au soleil", et un beau succès avec "Echappement libre". Et ce n'est pas fini. L'acteur retrouve Henri VERNEUIL qu'il a quitté quelques mois auparavant. Il faut dire que le réalisateur adore BELMONDO avec qui il a tourné "Un singe en hiver", et surtout "100 000 dollars au soleil". En cet été 1964 BELMONDO qui tourne a grand rythme rejoint donc cette superproduction financée en majorité par les frères HAKIM. Le budget est conséquent pour l'époque, 10 millions de francs, mais cependant loin des budgets hollywoodiens consacrés à ce genre de productions. Car c'est un film de guerre ambitieux qui nécessite des moyens lourds si on désire être crédible à l'écran. Et tout l'art d'Henri VERNEUIL va se mettre en branle... Cette pénible page d'histoire a fourni la matière de quelques films ou séquences de films : le début de JEUX INTERDITS par exemple (René Clément 1952), celui de BABETTE S'EN VA T'EN GUERRE (Christian-Jaque, 1959). Dans LE SOLDAT LAFORÊT (1974), Guy Cavagnac a trouvé dans la débâcle des thèmes écologiques, Michel Mitrani a évoqué la "Drôle de guerre" et le début de la défaite dans les Ardennes avec UN BALCON EN FORÊT (1979) et si Pierre Granier-Deferre a dépeint dans LE TRAIN (1973) l'exode des civils, Robert Lamoureux a voulu faire rire malgré tout avec MAIS OÙ EST DONC PASSÉE LA SEPTIÈME COMPAGNIE ? (1973)."Week-end à Zuydcoote" était le premier roman de Robert Merle ("La Mort est mon métier", "Madrapour", "Fortune de France"...). Publié chez Gallimard, ce livre lui valut le Prix Goncourt 1949, alors que son manuscrit avait été refusé par l’éditeur Julliard. Trois autres de ses romans ont été adaptés à l’écran : "Un Animal doué de raison" devint LE JOUR DU DAUPHIN de Mike Nichols (1973), "Malevil" le film homonyme de Christian de Chalonge (1981), et "L’Île", un feuilleton télévisé signé François Leterrier (1987).. Henri VERNEUIL va utiliser tous les moyens mis à sa dispositions. Pour éviter des coûts trop importants il a parfaitement organisé son planning de 8 semaines de tournage. Les scènes doivent être mises en boite rapidement mais sûrement. Il dispose de 2000 figurants dont pas mal d'ouvriers du coin, d'avions ressemblant aux avions allemands de l'époque, d'un parc de 17 voitures qui étaient déplacées au cours de la nuit comme matériels de guerre. Et puis, pas mal d'astuce afin de faire croire que la ville est en flamme, en utilisant des pneus brûlés. Avec la maestria technique d'Henri VERNEUIL tout passe très bien à l'écran.

Si le film est un film de guerre, c'est surtout une histoire d'hommes et de femmes perdus au sein de ces évènements et qui tentent de se sortir vivants de cette guerre. C'est un film intimiste en quelque sorte. Pour interpréter cette tragédie, le réalisateur peut compter sur un très beau casting, comme d'habitude. Jean-Paul BELMONDO qui joue Julien va retrouver une nouvelle fois son ami Jean-Pierre MARIELLE déjà croisé dans "Peau de banane" et "Echappement libre", mais cette fois pour un vrai grand rôle du prêtre du bataillon. L'acteur monte en régime au sein des productions françaises. François PERIER est présent lui aussi au sein du bataillon ainsi que Pierre MONDY qui joue le rôle d'un français moyen un peu pétochard. Georges GERET va livrer une prestation dont il a le secret. C'est bien sûr la jeune Catherine SPAAK qui va attirer l'attention dans le rôle lumineux de Jeanne où elle fait admirer sa jeune beauté. Marie DUBOIS fait également une apparition dans un rôle tragique.

Le film raconte la vie de Julien, sergent qui a perdu son bataillon. A Zuydcoote la situation est difficile, l'armée avance impitoyablement et repousse les troupes françaises et anglaises le long de la côte. L'espoir est de rejoindre Londres en compagnie des soldats anglais. Mais les bombardements allemands sont de plus en plus rapprochés et meurtriers. Julien n'a pas froid aux yeux et va faire connaissance de quelques soldats qui deviendront ses compagnons d'infortune. VERNEUIL montre une armée en débâcle, désoeuvrée, impuissante, qui possède peu d'informations. C'est un peu la débrouille. En plus les bombardements ennemis s'intensifient. Les trouffions tentent de vivre comme tous les jours, il convient de trouver du pain, de se soutenir. Julien panique ses copains lorsqu'il déterre une mine à mains nues ou refuse de gagner un abri lorsque le bombardement est en cours.... Ce n'est pas le cas de Dhéry, joué par Pierre MONDY qui se blesse légèrement à une main, il faut lui trouver un médecin l'occasion de montrer la difficulté d'un hôpital de guerre. L'abbé PIERSON lui tente de faire ce qu'il peut pour remonter le moral des troupes. Le danger est partout. Pinot un soldat plutôt facile de la gâchette et Julien débusquent des informateurs allemands déguisés en nonnes, cachés dans l'église. Pinot les descend....

Julien va découvrir un peu de joie dans ce monde de brutes en se rendant chez Jeanne qu'il a remarqué le matin, sur le balcon de sa maison. Sa présence rassure la jeune fille et sa sœur. Il tente la convaincre de partir, mais celle-ci est trop attachée à sa maison familiale. Julien tombe sous le charme poupin de la magnifique Catherine SPAAK...Mais il doit partir et tente de rejoindre l'Angleterre. Les cargos sont réservés aux Anglais, mais il parvient à embarquer en compagnie d'un couple. Un soldat anglais s'est marié avec une française et celle-ci, jouée par Marie DUBOIS, doit se déguiser en soldat pour embarquer. C'est une des scènes spectaculaires du film. Le bateau est attaqué par l'aviation allemande qui massacre les occupants du bâtiment qui prend feu. Le jeune couple meurt. Une boucherie dont Julien échappe de peu. Il regagne la côte épuisé. Les morts jonchent la plage.  Il retrouve ses amis et va repasser par la maison de Jeanne. Il arrive à temps pour découvrir deux lâches soldats français qui tentent de violer Jeanne. Il tente de faire entendre raison aux deux hommes mais ceux-ci sont des bêtes. Julien les abat froidement ce qui ne semble pas vraiment affoler le soldat français qui l'aider à transporter les corps. Dans l'horreur de la guerre tout devient banal et l'homme s'habitue aux atrocités. Julien vit une romance un peu brusque avec Jeanne dans la cave de sa maison. Elle ne veut toujours pas partir et Julien doit s'employer devant cette femme enfant, têtue et boudeuse... De retour sur la plage, Julien doit déplorer la perte d'Alexandre tué alors qu'il allait puiser de l'eau...Une mort triste, banale, anonyme... Julien joue le tout pour le tout pour faire changer Jeanne d'avis, et met leur romance en jeu. Il lui donne un rendez-vous de la dernière chance sur la plage à 7 heures. Hélas, un bombardement éclate sur la plage, et cette fois, dans cette funeste loterie, il n'échappe pas à un obus. Il meurt au bord de son cratère, non sans avoir vu pour sa dernière image, Jeanne au loin, qui se rend avec sa valise à leur rendez-vous.

Ce drame se joue en un week end, d'où le titre..... Deux êtres pris dans une guerre absurde..

Réalisé de main de maître par Henri VERNEUIL, ce film n'a pas grand chose à envier à une production américaine, ce cinéma dont Henri VERNEUIL est si friand... Mais il ne se contente pas de montrer ses qualités techniques, il parvient également à distiller une émotion réelle avec ses gens "normaux" perdus dans ce conflit. On se souviendra de son très bon film avec GABIN "Des gens sans importance" où il démontrait des capacités à raconter des histoires...

BELMONDO apporte son assurance habituelle au film. S'il n'est qu'un soldat perdu dans cette guerre, il n'en démontre pas moins des qualités de courage, et accomplit un acte grave en assassinant deux soldats français qui tentent de violer une jeune femme, un acte horrible dans une guerre horrible. L'histoire d'amour qui en découle parait un petit futile dans cet environnement, même si c'est un petit rayon de soleil dans ce ciel dunkerquois bien sombre. Pas de "happy end" pour le film, c'est un film réaliste. Le reste du casting est d'un haut niveau avec de telles pointures et le public peut profiter de la belle Catherine SPAAK découverte entre autres dans "Le puits aux trois vérités" ou "La ronde". Elle effectuera une très belle carrière en Italie où elle va tourner très régulièrement, le public transalpin appréciant sa beauté candide.

Faut-il craindre une désaffection du public envers BELMONDO ans cette année 1964 ? Le film sort mi- décembre avec une concurrence importante : "L'âge ingrat" avec FERNANDEL et Jean GABIN et "Angélique, Marquise des Anges" entre autres. Sans coup férir, le film s'empare de la première place du box office parisien pour 4 semaines pour devenir un nouveau très grand succès pour BELMONDO qui passe pour la troisième fois de l'année la barre des 3 millions de spectateurs, c'est devenu l'acteur numéro un du cinéma français avec 4 numéros un du box office hebdomadaire dans l'année. Pour sa part Henri VERNEUIL confirme qu'il est un incontournable du box office français. Sans doute pense-t-il qu'il est désormais capable de réaliser des films directement pour le marché américain produit par des studios américains.

Jean-Paul BELMONDO va-t-il poursuivre ce rythme de succès effrénés ? Première réponse début 1965 avec "Par un beau matin d'été" un polar de Jacques DERAY.

"Week end à Zuydcoote" reste un des grands classiques du cinéma de guerre français.                                 

 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

3 154 140

 

ENTREES PARIS

 

685 132

 

 

 

 

 

Exclusivités

 

 

 

1ère semaine

1

69 048

3

2ème semaine

1

92 636

3

3ème semaine

1

76 497

3

4ème semaine

1

47 965

3

5ème semaine

2

40 784

3

6ème semaine

5

33 974

3

7ème semaine

5

29 094

3

8ème semaine

5

28 892

3

Nombre de semaines Paris

 

13

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

23 016

 

       

Budget

 

10 MF

 

Box office annuel Espagne

 

384 468

 

Box office annuel Italien

85

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

 

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  WEEK END A ZUYDCOOTE AFFICHE JAPONAISE

 

 

  ZUYDCOOTE-JAPON-copie-1.jpg

 

 

WEEK END A ZUYDCOOTE AFFICHE US

 

 

 

WEEK-END-A-Z--US.jpg

 

 

WEEK END A ZUYDCOOTE AFFICHE POLONAISE

 

 

 

ZUYDCOOTE-POLONAISE.jpg

 

 

 

 

 

 

 

  ...

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 12:19
- Publié dans : MISES A JOUR

 

A PIED A CHEVAL ET EN VOITURE

 

11 SEPTEMBRE 1957

 

 

 

a pied a cheval et en voiture

Réalisation

Maurice DELBEZ

Assistant

Pierre-Granier DEFERRE

Scénario

Jacques ANTOINE
Serge de BOISSAC

Photographie

André GERMAIN

Musique

Paul MISRAKI

Production

Regina FILMS

Distribution

CINEDIS

Tournage

09/05/57-02/07/57

Durée

87 minutes

Léon Martin

NOEL NOEL

Marguerite Martin

Denise GREY

Mireille Martin

Sophie DAUMIER

Hubert

Darry COWL

Robichet

Hubert DESCHAMPS

Venin

Jean-Paul BELMONDO

Mariel

Jean-Pierre CASSEL

 

 

Au coeur de Paris, une petite place qui semble avoir échappé à la maladie du siècle : l'automobile. Deux amis, Léon Martin et le commandant Guillard, se sont jurés de rester les deux derniers piétons du monde. Mais Mireille, la fille de Léon Martin, est tombée amoureuse de Paule de Granlieu, un camarade de la Faculté. On parle mariage, et un seul obstacle se dresse dans la perspective heureuse des jeunes gens : l'accueil que réservera la riche et aristocratique famille de Granlieu au pauvre roturier Léon Martin. Celui-ci, conscient de ce qu'il croit être une infériorité et apprenant que la présentation officielle doit avoir lieu au cours d'une partie de chasse, estime nécessaire de faire tous les sacrifices pour tenir convenablement son rang. Assez facilement, il réussira à se faire prêter l'équipement classique du parfait Nemrod ; reste un dernier obstacle : le véhicule permettant à la famille Martin de faire son arrivée au château des Granlieu. Balayant tous ses principes, Léon Martin décide d'acheter une automobile. S'il échappe de justesse au bagout des vendeurs du Salon de l'Automobile, il ne résiste pas aux arguments convaincants d'un revendeur d'occasion qui lui place un invraisemblable « tacot ». Arrivé au château, les ennuis commencent et Léon Martin accumule les impairs et les gaffes. L'aventure tourne à la catastrophe et notre brave petit Français moyen finit par trouver le cran de reconnaître ce qu'il est réellement : un honnête homme, courageux et travailleur, tel qu'il en existe des millions dans le pays. Conquis par cette franchise à retardement, la famille de Granlieu n'hésite plus à donner son consentement au mariage de Paul avec Mireille.

 

 

A sa sortie du Conservatoire, Jean-Paul BELMONDO comme bien d'autres acteurs doit chercher du travail. Il y a le théâtre bien sûr où il obtient quelques engagements, mais il cherche aussi quelques figurations au cinéma friand de jeunes têtes pour jouer les enfants d'acteurs plus mûrs et établis, surtout dans cette époque modérément changeante pour la jeunesse française. Sa première participation dans "Les copains du dimanche" sera diffusée à la télévision.

Son deuxième essai sera le bon, il intègre le casting de "A pied, à cheval et en voiture" une comédie avec Noël Noël.

De l'après guerre jusqu'à la fin des années 50, Noël Noël fut une des plus grandes vedettes du cinéma avec quelques énormes succès au box office. On ne dit pas le mot "star" à l'époque, mais c'est de cet acabit. C'est l'acteur préféré des familles et surtout des parents et des petits enfants. Un acteur débonnaire qui joue souvent une personne du peuple.

Si ces films dans les années 50 jouissent d'une belle côte publique, les scénarios de ses films sont souvent bon enfant, car ce sont des comédies dans la majorité des cas. Si la réalisation de ce film est soignée, on constate un budget fort correct, le scénario supervisé par l'acteur lui même est...disons...simpliste. En gros, un brave employé d'une entreprise de corbillards doit se rendre chez ses futurs beaux parents qui sont des aristocrates. Pour tenir son rang, lui qui est modeste, doit acheter une voiture. Toute l'intrigue est située autour de ce pitch.

Il n'a pas loin à chercher pour découvrir que le film n'est en fait qu'une sorte de promotion de la voiture comme moteur social indispensable de l'époque. L'industrie de l'auto est fleurissante, et même la concierge de ce brave Léon MARTIN s'achète sa proche voiture, une 2 CV, si je m'abuse (je suis nul en automobile). Bref, des images du salon de l'auto font la promotion pour cette industrie.

Bon que tirer de positif de ce film ? Le casting principal bien sûr avec un Noël Noël impeccable et une Denise GREY tout aussi professionnelle. Pas vraiment un couple de djeuns, mais bon, ce sont de bons acteurs. Et puis il y a leur jeune fille adorable jouée par Sophie DAUMIER. A 22 ans, le jeune actrice a déjà tourné dans deux films et il est difficile de reconnaitre derrière cette jeune fille de bonne famille l'alter égo acidulé de Guy BEDOS. Mais dès qu'elle sourit il n y a pas d'erreur. Le rôle est ce qu'il est mais elle aura autour d'elle quelques étudiants de la fac de médecine, dont les jeunes Jean-Pierre CASSEL et Jean- Paul BELMONDO. Petites apparitions pour les deux acteurs qui se font remarquer par leur joie de jouer. BELMONDO, 23 ans au compteur, dégage déjà un très beau capital sympathie et sa voix est bien là, ainsi que sa gestuelle. Les deux étudiants tente de séduire la jeune Mireille MARTIN, dont le cœur est déjà pris par un des jeunes bourgeois de la fac.

Nous reverrons les deux acteurs lorsqu'ils proposeront à Monsieur Martin de faire le commercial pour vendre des sonotones électroniques afin qu'il trouve un budget pour s'acheter une voiture. Une scène où l'abattage des deux acteurs est efficace. Pour l'anecdote, les deux acteurs ont mis une belle pagaille sur le plateau surtout que leur entente avec Sophie DAUMIER fut excellente. On le sait BELMONDO fut un grand ami de Guy BEDOS et de Sophie DAUMIER. On reverra BELMONDO dans la scène finale du film lors du mariage dans le métro parisien.

Donc une courte apparition de l'acteur, mais bien exposé et mis en valeur, de quoi le faire repérer par d'autres réalisateurs car il ne manque pas de charisme.

Quelques scènes sont sympathiques dans le film. Monsieur et Madame Martin semblent bien décontenancés quand il rencontre le fiancé de leur fille dans un club parisien branché. il y a du jazz et de la musique de zazou, diantre, quel choc des cultures.

La meilleure scène est due une fois n'est pas coutume par la rencontre entre Darry COWL et Noël Noël. Darry COWL est le jeune comique qui figure à peu près dans toutes les comédies de l' Hexagone. Une présence presque obligatoire tant les talents d'improvisation de l'acteur sont connus. Ici, il campe un vendeur de voitures incapable, qui va se faire virer par son patron, à moins qu'il ne vende une voiture invendable dans la journée. Et ça tombe bien, il va vendre la voiture à Monsieur Martin. Les dialogues sont fort sympathiques.

Le reste s'étire lentement. Signalons une course  poursuite destinée à remplir le film, puis une longue rencontre entre les deux familles, durant la partie de chasse, où Monsieur Martin est bien sûr accoutré d'une tenue un peu décalée.

L'autre point fort du film est de proposer de formidables vues de Paris sous toutes les coutures y compris le métropolitain. Un formidable documentaire sur le Paris de 1957. Rien que pour cela le film vaut le coup d'œil.

La comédie prend la tête haut la main du box office hebdomadaire parisien avec une moyenne par salles très copieuse. Durant ses 4 semaines d'exclusivité le film va attirer pas moins de 266 000 spectateurs avant de poursuivre une brillante carrière dans les quartiers où il terminera millionnaire avec sa banlieue. En France, le score est massif avec pas moins de 3.5 millions d'entrées, un magnifique rapport qualité prix. Encore un gros succès pour un Noël Noël impérial.

Evidemment une suite sera mise en route, mais qui connaitra moins de succès en 1958 avec "A pied, à cheval et en Spoutnik" qui comprendra à peu près le même casting.

En tout cas le succès du film a permis au jeune BELMONDO de bénéficier d'une bonne vitrine pour sa carrière.                      

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

3 483 954

 

       

ENTREES PARIS

 

749 513

 

Exclusivités

 

 

 

1ère semaine

1

83 725

3

2ème semaine

1

69 721

3

3ème semaine

1

61 083

3

4ème semaine

1

52 458

3

Nombre de semaines Paris

 

4

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

27 908

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

 

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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 14:31
- Publié dans : MISES A JOUR

ECHAPPEMENT LIBRE


 4 SEPTEMBRE 1964

 

 

 

echappement_libre.jpg

Réalisation

Jean BECKER

Assistant réalisateur

COSTA-GAVRAS

Scénario

Daniel BOULANGER
Claude SAUTET

Photographie

Edmond SECHAN

Musique

Martial SOLAL

Production

P.E DECHARME

Distribution

CCFC

Durée

94 minutes

Tournage

10/02/64- 07/04/64

David Ladislas

Jean-Paul BELMONDO

Olga Celan

Jean SEBERG

Van Houde

Jean-Pierre MARIELLE

Ferhman

Gert FROEBE

 

 

David fait son métier d'une contrebande dangereuse mais lucrative : or et bijoux. Après une mission réussie, son patron lui en confie une autre qui va le mener au Liban, en compagnie d'une charmante blonde, Olga, pour passer la bagatelle de trois cents kilos d'or sous forme d'une voiture de sport. Malgré les conseils d'Olga, David profite d'une interruption des relais pour décider de reprendre l'opération à son compte. Olga l'accompagne à son corps défendant, et c'est une poursuite de capitale en capitale, avec les tueurs de la bande à leurs trousses. L'histoire se terminera à Brème par l'incendie de la voiture qui sera perdue pour tout le monde. Mais David y aura gagné Olga.

 

 

En cette année 1964, les films se succèdent triomphalement pour Jean-Paul BELMONDO (mis à part l'anecdotique "La mer à boire"). "L'homme de Rio" en février, suivi de "100 000 dollars au soleil'. Alors que ces deux films continuent d'engranger des entrées en France, la rentrée 1964 est marquée par la sortie d'un nouveau film "Echappement libre". Le tournage de celui-ci a débuté juste avant la sortie de "L'homme de Rio" et la "Belmondomania" n'a pas encore commencé. D'ailleurs ce film n'est pas sans rappeler "Peau de banane" sorti en 1963 et pour cause. L'équipe technique est pratiquement la même. Les deux films sont produits par Paul Edmond DECHARME et partiellement écrits par Daniel BOULANGER (qui connait très bien Jean-Paul BELMONDO depuis leurs collaborations avec Philippe DE BROCA) ainsi que Claude SAUTET. Si Jean BECKER remplace Marcel OPHULS a la caméra, Constantin COSTA GAVRAS demeure assistant réalisateur. BELMONDO retrouve donc le réalisateur d' "Un nommé La Rocca".  

Au niveau des acteurs Jeanne MOREAU est remplacée par Jean SEBERG avec qui BELMONDO a tourné "A bout de souffle" pour ceux qui découvriraient le cinéma depuis hier. Le célèbre couple est recomposé pour notre plaisir, bien que l'intrigue n'a pas grand chose à voir avec le film de GODARD. Nous retrouvons une Jean SEBERG toujours aussi belle, toujours aussi classe.

BELMONDO retrouve aussi deux acteurs de "Peau de banane" : Gert FROBE avec qui il aura donc tourné 3 films en un an en incluant "100 000 dollars au soleil", c'est dire que les deux acteurs doivent bien se connaitre. Les deux ne se retrouveront plus, (je ne compte pas "Paris brûle-t-il ?") Gert FROBE devenant mondialement célèbre dans le rôle de "Goldfinger" quelques mois plus tard.

Et puis BELMONDO va retrouver son vieux copain Jean-Pierre MARIELLE. Pour le coup, l'acteur traverse la France pour une seule nuit de tournage bien arrosée. Un rôle sympathique mais court pour MARIELLE qui va retrouver BELMONDO pour un rôle bien plus consistant dans "Un week à Zuydcoote".

Le tournage est encore une occasion de visiter quelques belles villes étrangères : Barcelone, Athènes, Beyrouth, Brême entre autres. A une époque où prendre l'avion était encore un luxe, le public apprécie toujours de visiter via le cinéma d'autres contrées étrangères.

Le film est clairement une comédie policière qui s'ouvre sur un générique animé accompagné de la formidable musique jazzy du grand Martial SOLAL. Le film sera "dans le vent" et correspond à l'esprit insouciant de l'époque.

Le film est surtout prétexte à réunir le couple BELMONDO /SEBERG qui possède a peu près les mêmes rapports que celui du couple BELMONDO / MOREAU...

David et son copain (joué par Michel BEAUNE qui retrouvera BEBEL a bien des reprises) sont des "passeurs". Avec aplomb ils passent les frontières en voiture, se jouant de la douane. Dans le cas présent, ils passent des diamants cachés dans les objectifs d'appareils photos au nez et à la barbe des douaniers. Mais le travail paye assez mal finalement, la plus grosse part revenant aux gros bonnets. Toujours la lutte des classes.... Son ami désirant se ranger des voitures, David se retrouve sans coéquipier pour son prochain travail. C'est un dangereux gangster Fehrmann qui lui propose le job et son équipière. Olga est une superbe photographe qui sera chargée d'accompagner David pour faire passer 300 kilos d'or dissimulés dans une voiture en route pour le Liban, pays pas du tout conciliant pour les passeurs d'or. La voiture est embarquée sur un bateau et "le couple" va surveiller la cargaison. Olga est assez froide avec David qui décide de s'occuper ailleurs... Mais la gouaille de ce dernier a raison de la jeune femme qui lui cède assez facilement en somme. Le "couple" est né de manière assez superficielle, mais bon, il faut bien que l'intrigue se développe. David s'étant rendu dans la cale du bateau pour tenter de trouver où est caché l'or s'est fait remarquer et le couple est attendu à leur arrivée à Beyrouth. Ils sont durement interrogés et menacés par un flic incarné par Fernando REY. La voiture est démontée pièce par pièce mais rien. Fehrmann avait développé une astuce pour tromper la police.

Manque de bol pour nos deux héros, mais le contact local a été arrêté et la voiture reste en rade. David commet l'irréparable et vole la voiture. Il désire prouver à Olga qu'il n'est pas un loser et qu'il aura les moyens de lui assurer un train de vie. Olga tente de le dissuader mais rien n'y fait. Le couple se sépare et Olga va jouer une sorte de double jeu entre lui et Fehrmann pour assurer sa sécurité. David va donc d'aller de villes en villes, poursuivi par Fehrmann et tentant de vendre sans succès sa voiture. VAN HOUDE joué par un très bon Jean-Pierre MARIELLE sensé lui acheter l'or le trahit et le "vend" à Fehrmann. Le seul soutien de David est un ami italien, une sorte de gigolo fauché mais qui possède un bon carnet d'adresse. David échappe toujours de peu à Fehrmann, l'occasion de mettre en place quelques belles cascades à voiture.

David retrouve Olga et lui promet la belle vie. Celle-ci va le trahir pour son bien. Elle le dénonce à Fehrmann contre la vie sauve. Le gangster qui semble avoir une parole, relâche David et va retrouver sa voiture maquillée à la sortie du bateau qui la débarque. Mais un incident gâche tout. David est pauvre, mais libre. Et puis il peut compter sur l'amour d'Olga, au final, il est gagnant. A bien des égards cette fin vaut celle de "Peau de Banane".

Bien rythmé, plaisant à suivre, le tout sur une bonne musique jazzy, le film vaut bien sur pour le couple SEBERG / BELMONDO et l'abatage physique de ce dernier. L'actrice est à la fois glacée, charmante et sexy. Un rôle sympathique dans un film confortable et distrayant bien que tenant sur un scénario un peu ténu... Le spectateur est bien dépaysé et suit avec plaisir le voyage de David à travers l'Europe. Les acteurs sont dans l'ensemble excellents.

Alors que le public parisien est gavé de BELMONDO, le film prend la tête du box office parisien à sa sortie sans connaitre les proportions des deux derniers films de l'acteur, mais c'est son troisième numéro un de l'année. Le film perd régulièrement des places au box office hebdomadaire, mais passe la barre des 2 millions de spectateurs en France, un beau score qui est étrangement pratiquement semblable que celui de "Peau de Banane", comme quoi.... En 3 films, BELMONDO a déjà engrangé 10 millions d'entrées pour 1964. Pas de repos pour lui, car il enchaîne quelques jours de tournages dans le film "La chasse à l'homme", avant d'enquiller dans la superproduction d'Henri VERNEUIL "Week end à Zuydcoote" prévu pour sortir à la fin 1964, encore de quoi faire fructifier son capital d'entrées.

Si "Echappement libre" ne possède pas le caractère historique de "A bot de souffle" il n'en reste pas moins un très honnête divertissement à découvrir, si ce n'est déjà fait.    

            

 

 

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

2 007 088

 

       

ENTREES PARIS

 

415 444

 

 

 

 

 

Exclusivités

 

 

 

1ère semaine

1

53 416

5

2ème semaine

2

43 135

 

3ème semaine

5

33 219

 

4ème semaine

8

23 501

 

5ème semaine

6

26 188

 

Nombre de semaines Paris

 

8

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

10 683

 

       

Budget

 

 

 

Box office annuel Espagne

 

345 039

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* * *

 

 

 

 

  vlcsnap-2012-02-04-23h32m39s116

 

vlcsnap-2012-02-04-23h34m20s107

 

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  Echappement_libre_ESRF1559.jpg

 

 

ECHAPPEMENT LIBRE AFFICHE ESPAGNOLE

 

 

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ECHAPPEMENT LIBRE AFFICHE HONGROISE

 

 

ECHAPPEMENT-LIBRE-HONGROISE.jpg

 

 

ECHAPPEMENT LIBRE AFFICHE ITALIENNE

 

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ECHAPPEMENT LIBRE AFFICHE JAPONAISE

 

 

ECHAPPEMENT-LIBRE-JAPONAIS.jpg

 

 

ECHAPPEMENT LIBRE AFFICHE RDA

 

 

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ECHAPPEMENT LIBRE AFFICHE TCHEQUE

 

 

ECHAPPEMENT-LIBRE-TCHEQUE.jpg

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 18:00
- Publié dans : MISES A JOUR

 

LES TRIBULATIONS D'UN CHINOIS EN CHINE

 

1er DECEMBRE 1965

 

 

TRIBULATIONS-D-UN-CHINOIS-EN-CHINE.jpg

   

Réalisation

Philippe DE BROCA

Scénario

Daniel BOULANGER

Photographie

Edmond SECHAN

Musique

Georges DELERUE

Production

LES FILMS ARIANE

Distribution

LES ARTISTES ASSOCIES

Tournage

05/01/65-14/05/65

Durée

110 minutes

Arthur LEMPEREUR

Jean-Paul BELMONDO

Alexandrine PINARDEL

Ursula ANDRESS

Léon

Jean ROCHEFORT

Suzy PONCHABERT

Maria PACOME

Biscoton

Darry COWL

Mr Goh

Valery INKIJINOFF

   

 

Arthur Lempereur, milliardaire désoeuvré de 30 ans, veut en finir avec la vie. Toutes les tentatives échouent. Il décide alors de partir sur son yacht. En rade de Hong-Kong, Biscoton, son homme d'affaires, lui apprend qu'il est ruiné. Cette fois, Arthur a donc une bonne raison de se suicider. Mais Mr Goh, un vieil ami chinois, l'arrête. Il lui fait souscrire une assurance d'un million de dollars au bénéfice de Mr Goh lui-même et d'Alice, sa fiancée. Mais une clause existe au contrat ; le suicide l'annule. Mais Mr Goh promet à Arthur de le « supprimer » en douceur. Dès lors, Arthur devient nerveux, anxieux, d'autant que deux hommes le suivent partout. Pour leur échapper, il se réfugie un soir dans un cabaret et ne doit la vie qu'à la protection d'une strip-teaseuse (au demeurant étudiante en archéologie), Alexandrme Pinardel. Séduit par cette dernière, Arthur renonce à mourir. Mais pour cela, il faut retrouver Mr Goh. En compagnie de Léon, son domestique, commence pour Arthur un incroyable périple. Les voici sur les pentes neigeuses de l'Himalaya. Prisonniers d'une secte thibétaine, ils sont libérés par les occupants d'un ballon qui ne sont autres que les deux redoutables poursuivants, en réalité agents de l'assurance souscrite, chargés de protéger Arthur. Donc, chacun retourne à Hong-Kong. Mr Goh s'y trouve, qui annonce à Arthur n'avoir jamais eu la moindre envie de le supprimer. Mais la mère d'Alice vole au secours des intérêts de sa fille, et charge le plus grand bandit des mers de Chine de réduire Arthur à néant. Dès lors, tout le monde est en danger, et une course effrénée commence, sur la mer, dans les airs, dans la jungle. Tout s'arrange bien sûr. Au moment des retrouvailles, survient Biscoton : c'était une erreur, Arthur n'est pas ruiné. Et un grand accablement s'empare d'Arthur.

 

 

 

Avec près de 5 millions d'entrées en France "L' Homme de Rio" a été un triomphe commercial mais aussi une belle réussite artistique. BELMONDO et DE BROCA sont parvenus a donner un coup de neuf au film d'aventures made in France. Du coup, l'acteur est devenu le symbole du cinéma d'action non violent et joyeux. De quoi donner un petit coup de vieux à un acteur comme Jean MARAIS qui va laisser sa cape et son épée pour s'orienter vers le film d'aventures exotiques.

Evidemment la tentation de remettre le couvert est grande, c'est bien compréhensible. La majeure partie de l'équipe technique de "L'homme de Rio" se remet au travail pour proposer un film d'aventures qui sera comme disent les américains "faster and louder". Pour commencer la société de production "Les films Ariane" d'Alexandre MNOUCHKINE sera généreuse et débloque un budget de 6 millions de francs, somme très importante  à l'époque.

 

Le film sera une adaptation d'un roman de Jules Vernes "Les tribulation d'un Chinois en Chine". Il convient de préciser qu'il fut un temps lointain (lorsque les djeuns lisaient des livres avec des caractères au lieu d'être accrocs à l'IPHONE) où l'auteur français était très apprécié. L'industrie du cinéma adaptait régulièrement les œuvres de l'auteur français tels "Michel Strogoff" "20 000 lieues sous les mers", "L'île Mystérieuse" "Mathias Sandorff" et autres " Tour du monde en 80 jours" ou "Les enfants du Capitaine Grant". C'est également un gage de vente à l'étranger.

Le film va reprendre la trame du livre qui raconte l'histoire de Kin-Fo un jeune chinois riche, qui est indifférent à tout et ne connaît pas le bonheur. Un jour, il se retrouve ruiné. Ne voulant pas imposer à sa future épouse une vie misérable, il préfère mourir. Au moment de se donner la mort, il se rend compte qu'il ne ressent rien, et décide qu'il ne peut mourir sans connaître d'émotions au moins une fois dans sa vie. Il demande donc à son maître et ami, le philosophe Wang, de le tuer dans un délai imparti, ce qui, il l'espère, lui fera redouter la mort et éprouver quelques émotions. Wang accepte, puis disparaît. Plus tard, Kin-Fo apprend qu'il n'est pas ruiné. Il veut alors vivre et épouser Lé-Ou. Cependant, Wang reste introuvable et Kin-Fo le pourchassera dans toute la Chine pour lui dire qu'il ne veut plus mourir. Kin-Fo comprend la valeur de la vie en étant sous la menace constante d'être assassiné par Wang. Morale de l'histoire : il faut avoir connu le malheur, la peur, les soucis pour pouvoir connaître et apprécier le bonheur.

Comme le reconnaitra DE BROCA lui-même le film est rapidement écrit autour de cette trame. La version modernisée, sera l'occasion de tourner dans des pays tels que Katmandu, Kuala Lampur, Bombay, Karachi, Calcutta, Hong Kong, et dans la jungle de la Malaisie et aussi...dans les Alpes françaises. Pour la première fois des acteurs occidentaux vont jouer au Népal.

Au niveau du casting l'équipe peut s'offrir une "Ferrari" en la personne de la Suissesse Ursula ANDRESS qui est ni plus ni moins un sex-symbol du moment. Personne n'a oublié sa fameuse scène dite "du bikini" dans James BOND contre Docteur No. La superbe actrice sportive aux jambes parfaites a tourné dans quelques séries B dont "4 du Texas " mais aussi dans "Quoi de neuf Pussycat ?". Ceci étant c'est une aubaine de bénéficier d'une actrice qui possède une telle aura.

Une partie de l'équipe de "Cartouche" est reconstituée. BELMONDO retrouve ses deux acolytes Jean ROCHEFORT et Jess HAHN. On se retrouve en famille. Les deux acteurs tournent beaucoup, et, petit à petit, JEAN ROCHEFORT se fait un nom. On l'a revu en particulier dans "Angélique, marquise des anges" en 1964. 

Il y a aussi une belle galerie d'acteurs de complément dont Darry COWL qui tourne toujours beaucoup un peu partout et surtout Maria PACOME assez formidable dans le rôle de l'ex futur belle-mère qui tente d'occire son futur ex-gendre.

Techniquement le tournage ne sera pas une sinécure. D'une part il est difficile de tourner dans des pays asiatiques où l'homme occidental n'est pas vraiment accepté, et d'autre part parce que les nombreuses cascades prévues s'avèrent fort périlleuses. car BELMONDO et ROCHEFORT seront très souvent suspendus dans le vide où accrochés à un ballon, un avion, un pont, un échafaudage de bambous. Gil DELAMARE qui règle les cascades a vraiment beaucoup de travail. Ceci étant le tournage a été qualifié d'idyllique" par l'équipe. Evidemment, BELMONDO concocte des blagues énormes, dont le palace du coin en souffre dangereusement. Même DE BROCA participe aux énormes bêtises de ses acteurs. Ursula ANDRESS se joint à la bonne humeur ambiante. Elle n'a pas du tout la grosse tête et s'amuse avec tout le monde. Un jour, Jean ROCHEFORT qui est à table avec BELMONDO constate que l'actrice est toute seule dans son coin. Il propose à BELMONDO de l'inviter à leur table. Jean ROCHEFORT confiera qu'il s'est vite éclipsé tant il constatait que l'actrice était totalement sous le charme de BELMONDO. Le couple vit une belle romance. Le tournage devant se dérouler sur une île paradisiaque de Thaïlande, BELMONDO demande au réalisateur si l'ensemble de l'équipe ne mériterait deux jours de vacances sur l'île. Bonne idée selon DE BROCA, celui-ci va vite constater que ces congés étaient destinées au deux stars du film qui roucoulent au bord de la plage. Cette bonne entente se voit à l'écran où Ursula ANDRESS est particulièrement drôle et décontractée (et très belle).

Au final DE BROCA confessera que le film est un peu raté selon lui et comporte des faiblesses dans le scénario surtout prétexte aux cascades, et que les évènements s'enchaînent sans aucun suspens ni pression. De ce fait le public assiste à un grand spectacle sans enjeux. Personnellement j'apprécie beaucoup plus le film avec le temps. Certes, il fait très film de "riches". La production en se refuse rien, nous sommes loin d'un budget tiré au cordeau et cela se ressent. Cependant, il y a vraiment un esprit "Tintin" qui a bien disparu des productions actuelles. Le portrait de famille dressé au début du film est assez admirable. BELMONDO arbore le look d'un jeune millionnaire, un héritier bourge fils à papa désœuvré dont la mèche pendouille devant ses yeux. L'ennui total lui donne un spleen à couper au couteau. La future belle famille est épatant Maria PACOME en tête, irrésistible. Elle est ravie de marier sa fille à ce fils de riche. Elle vit sur le yacht d'Arthur en compagnie de son mari Cornélius et veille sur les intérêts de sa fille. Elle sera bien déçue lorsqu'elle croira Arthur ruiné, mais saura profiter de son erreur de contracter une assurance vie. Il faudra attendre la seconde partie du film pour se rendre compte que c'est elle et Cornélius qui attentent à sa vie, afin que leur fille touche le pactole. Un twist inattendu et fort bien vu qui ajouté à l'intérêt du film. Arthur et son fidèle Léon traversent toutes les embûches jusqu'à rencontrer dans un cabaret la très belle étudiante Alexandrine qui va naturellement s'éprendre d'Arthur, mais pas dans un premier temps. Arthur et Léon parcourent l'Orient à ballon, escaladent les montagnes, rencontrent des moines Tibétains avant de revenir à leur point de départ et de retrouver Alexandrine qui va participer à l'aventure et tenter de protéger le jeune homme. Nous verrons BELMONDO grimé en danseuse effeuilleuse, escalader des échafaudages en bambou, s'évader de prison, effecteur des cascades en avion pour affronter l'ennemi obèse recruté par Suzy. Ayant trouvé l'amour, il fait la paix avec Suzy et Cornélius. Mais apprenant qu'il a toujours été riche, il retombe dans sa déprime et sa mèche disparue réapparait aussitôt, un bon gag final comme dans "L'homme de Rio".

C'est un film mené tambour battant qui a pourtant, une fois n'est pas coutume déçu son propre réalisateur. Il trouve que le film est "trop" en tout et perd de son suspens, donc de sa qualité. Personne ne tremble pour Arthur qui semble invincible. Ce n'est pas faux, mais disons que c'est un film "de riches". Avec un budget très imposant, DE BROCA se permet tout et sombre donc dans l'excès, et peut être a-t-il traversé un pêché d'orgueil en étant certain de son travail. Il n'en reste pas moins que le film demeure un superbe exemple d'un cinéma français triomphant et encore diffusé dans le monde entier. C'est un film d'aventure trépidant et passionnant qui bénéficie d'un BELMONDO très en forme, d'autant plus qu'il noue une romance avec la sublime Ursula ANDRESS qui est très sportive et peut donc supporter l'action d'autant mieux. Le reste du casting est épatant avec Maria PACOME, Jean ROCHEFORT, JESS HAHN mais aussi des troisièmes rôles, étoffés pour une fois, pour des acteurs tels Paul PREBOIST ou Mario DAVID.

Le film sort en décembre 1965, mais contrairement à "L'homme de Rio" qui bénéficiait d'un horizon dégagé, il va se retrouver avec une concurrence acharnée de plusieurs poids lourds sortis eux aussi pour profiter des fêtes de fin d'année, jugeons plutôt: "Fantômas se déchaîne", "Viva Maria" et le Titan "Opération Tonnerre", le James BOND qui bat tous les records d'entrées mettent à mal le film. Bien sûr sa première semaine d'exploitation parisienne est superbe avec 73 685 entrées en 6 salles, encore une place de numéro un pour BELMONDO qui fait du bien après une années 1965 assez difficile. Mais il sera bouté de cette place par ses concurrents et il perd sensiblement des entrées bien que noël lui permette de remonter la pente. C'est tout de même un beau succès avec 2.7 millions d'entrées en France, même si naturellement les détracteurs lui reprocheront un déficit de 2 millions d'entrées par rapport à "L'homme de Rio". Il est évident que le film aurait fait plus d'entrées s'il était sorti à une autre date. Reste un exemple de comédie d'aventure alerte et joyeuse. Après 3 films ensemble en 3 ans le Duo BELMONDO / DE BROCA ne va plus tourner jusqu'en 1973 date de la sortie du "Magnifique". BELMONDO a tourné énormément de films entre 1961 et 1965 et il désire prendre du repos entre les tournages pour profiter de la vie et...d'Ursula. Désormais il ne tournera plus qu'un ou deux films par an. le prochain risque de décontenancer ses fans avec "Le voleur" de Louis MALLE.  

 

 

POUCE LEVE       COTE DU FILM : 7/10

 


CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

10

2 701 748

 

ENTREES PARIS

 

573 368

 

 

 

 

 

1ère semaine

1

73 685

6

2ème semaine

2

51 930

 

3ème semaine

4

37 320

 

4ème semaine

4

55 440

 

5ème semaine

5

45 845

 

Nombre de semaines Paris

 

13

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

12 281

 

Budget

 

6 MF

 

Box office annuel Espagne

 

2 108 161

 

Box office annuel Italien

48

 

 

Cote du succès

 

* * * *

 

 

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AFFICHE ESPAGNOLE

 

 

 

TRIBULATIONS-ESPAGNOLE.jpg

 

AFFICHE ALLEMANDE

 

 

TRIBULATIONS-ALLEMAGNE.jpg

 

AFFICHE TCHEQUE

 

 

TRIBULATIONS-D-UN-CHINOIS-TCHEQUE.jpg

 

 

AFFICHE HONGROISE

 

 

TRIBULATIONS-HONGRIE.jpg

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires - Communauté : BOX OFFICE

Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 08:03
- Publié dans : MISES A JOUR

NICOLAS-CAGE.jpg

 

 

France

PARIS

Espagne

Allemagne

UK

Italie

EUROPE

Recettes US

Rusty James

1 049 600

248 149

341 207

110 862

 

 

 

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Moissons du prntemps,les

40 000

14 665

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5,4

Cotton Club

1 638 929

565 902

999 988

732 208

 

 

 

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Birdy

1 519 328

362 317

274 828

347 671

 

 

 

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425 984

155 295

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Arizona junior

295 558

118 410

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196 246

 

 

 

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Eclair de lune

375 330

182 233

1 199 860

489 660

 

 

 

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Embrasse-moi vampire

20 000

10 931

120 847

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109 032

30 718

150 772

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330 517

768 547

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2 569

 

 

 

 

 

 

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722 393

459 443

296 068

2 523 357

31,9

Rock

1 883 718

451 860

2 927 043

3 434 114

2 316 239

1 175 794

16 825 728

134,0

Ailes de l'enfer, Les

1 010 131

244 887

1 175 334

2 637 771

1 586 960

278 834

10 031 578

101,1

Volte/face

1 637 180

521 319

1 078 291

1 785 900

1 607 542

550 565

9 887 281

112,2

Cité des anges

1 021 296

234 936

1 398 808

2 549 156

1 315 662

526 752

8 315 363

78,7

Snake Eyes

1 094 735

383 259

750 300

391 611

505 113

497 445

4 023 408

55,5

8MM

613 480

190 268

758 659

931 090

626 629

453 857

4 604 679

36,4

A tombeau ouvert

638 549

233 898

643 766

81 749

256 750

416 396

2 419 854

16,6

60 secondes chrono

2 430 332

437 645

1 938 076

1 753 904

1 740 214

546 275

12 919 939

101,6

Family man

384 478

129 399

896 034

474 699

771 862

644 836

3 814 423

75,7

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