Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc
j'existe". Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes. Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est
bon? Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des
statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là. Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être
modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis. Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.
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Au XXIIIe siècle, un envahisseur inconnu d'une puissance de destruction terrifiante se dirige vers le système solaire à une
vitesse phénoménale. La Fédération des Planètes Unies décide d'envoyer une expédition à sa rencontre pour tenter de l'intercepter. L'USS "Enterprise", ancien vaisseau de guerre de l'amiral Kirk,
est remis à neuf pour la circonstance. Le capitaine Decker, la belle Ilia de la planète Delta et le flegmatique Vulcain Spock, ami de longue date de Kirk, se joignent à l'équipage. Après un long
voyage dans l'espace-temps, l'"Enterprise" arrive à proximité de l'envahisseur, qui s'empare d'Ilia à l'aide d'une sonde au laser. Pour servir d'intermédiaire entre lui et les humains, l'ennemi –
qui se fait appeler "V-Ger" – renvoie à bord du vaisseau le clone robot de la jeune femme. Il menace de détruire la Terre s'il ne peut "rejoindre son créateur"... Au cœur de l'entité, Kirk, Spock
et Decker découvrent la véritable identité de V-Ger : "Voyager 6", une sonde spatiale américaine envoyée dans l'espace au XXe siècle et qui a acquis l'intelligence. Pour sauver la Terre de la
destruction, Decker offre de s'unir à Ilia afin de permettre à V-Ger d'atteindre un niveau de conscience supérieure et d'oublier ainsi ses intentions belliqueuses...
Star Trek est un phénomène américain. En effet, c’est en 1966 que la série télévisée voit le jour aux USA, et elle devra se débattre pour survivre de saisons en
saisons. En effet, la série est cheap et l’intérêt de celle-ci réside dans des intrigues science-fictionnesques très habiles et la présence de son célèbre extra-terrestre : SPOCK,
interprété par Leonard NIMOY qui sera à vie marqué par ce rôle bien encombrant. L’audience n’est pas au rendez-vous et au terme d’une quatrième saison qui ne possède pas la qualité des trois
précédentes, la série est stoppée dans une indifférence quasi générale. D’ailleurs la série n’est pas diffusée en France contrairement à des séries comme « wild wild west »,
« impossible mission force » ou « invaders » qui cartonnent littéralement. Seule, TMC diffusera la série, mais à l’époque ce n’est pas une chaîne captée par la France. La
série aurait pu tomber dans l’oubli, si celle-ci n’avait pas été reprise en boucle en syndication, ce qui crée un groupe de fans hardcores « les trekkies » qui vont faire de la série un
objet de culte tel, qu’une série de dessins animés verra le jour doublée par les acteurs eux-mêmes. Durant ce temps, William SHATNER et Leonard NIMOY écument les séries télé de
l’époque.
En 1977, « Star wars » atomise le box office mondial, suivi l’année suivante par « rencontres du troisième type ». Le genre a le vent en
poupe. Une série télé pas géniale « Galactica » fonctionne bien sur les écrans de télévision, et la Paramount qui a pensé mettre en chantier le retour de la série sur le petit
écran, décide d’investir un budget faramineux de 35 millions de dollars pour transposer celle-ci en un film.
L’équipe sera donc celle de la série, Léonard NIMOY se fait un peu tirer l’oreille (ha !ha !) pour reprendre le rôle de Spock, mais un paquet de
dollars bien terrien le fera changer d’avis.
Pour mener à bien l’opération le studio fait appel au vétéran Robert WISE, éminent réalisateur auteur du très grand classique « West Side Story » entre
autres.
Etant donné que les acteurs principaux approchent la cinquantaine, on adjoint deux jeunes acteurs histoire de toucher les plus jeunes spectateurs.
Bien qu’une suite directe à la fin de la série, le film est ambitieux et compte se démarquer de la série par divers aspects : le rythme tout d’abord ;
Avec trois fois la durée d’un épisode de série télé, le réalisateur prend son temps, KIRK découvre longuement le nouvel Entreprise et les retrouvailles entre les divers protagonistes prennent ben
une bonne demi-heure, histoire d’admirer les beaux décors proposés aux spectateurs. La production n’a pas lésiné sur les dépenses.
SPOCK retrouve l’équipage et est plus froid et Vulcain que jamais. Il sera bien sûr le principal élément de résolution du mystère qui entoure nos héros. Pour y
arriver, le film prend tout son temps, l’Entreprise est immobilisé et l’élément féminin est capturé et assimilé par le vaisseau « ennemi ». SPOCK se rend sur le vaisseau étranger et
devine sa vraie nature. Toute cette aventure permet d’admirer les effets visuels de Douglas TRUMBULL responsable, est-il nécessaire de le rappeler des effets visuels de
« 2001 ».
Bref, l’énigme est résolue et elle était fort maligne. Une sonde terrestre qui a évolué au cours des années pour devenir une entité douée d’intelligence cherche
son créateur. Le destin d’Ilia et de Decker en sera définitivement chamboulé.
Pour le public américain ce sont des retrouvailles très réussies. Le plaisir de retrouver un univers familier, mené par un William SHATNER encore svelte et un
Leonard NIMOY des plus monolithique s’ajoutant à une grande réussite du genre, typique de la fin des années 70. Sorti six mois avant « l’empire contre-attaque », le film remplit les
salles américaines et en conséquence rembourse très largement son investissement initial.
En Europe c’est une autre paire de manches. En France où la série est toujours inconnue, le film bénéficie d’une campagne d’affichage massive. Le marketing est
intense et le visuel de l’affiche est réussi. Le public pense qu’il aura affaire à un film de type « Star wars » et se rend dans les salles, du moins en première semaine. Le film se
classe premier à Paris avec près de 100 000 entrées. Certes le film ne parvient pas à se maintenir et chute rapidement. Mais 700 000 entrées France, ce n’est pas mal. Il est à craindre
que le public n’ait pas éprouvé de sympathie pour un équipage dont il ne peut comprendre les subtiles relations, en particulier pour Spock qui maîtrise ses émotions et son amitié pour Kirk. Le
film fonctionne juste correctement à l’international. Pour les producteurs qui vont lancer rapidement un chapitre 2, il apparaît clairement que les recettes US représentent 65% des entrées
mondiales et que la saga n’a pas le potentiel d’un Star Wars au niveau du Box Office. C’est un paramètre à considérer.
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