Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc
j'existe". Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux
oubliettes. Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est
bon? Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des
statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là. Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles
d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis. Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.
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À peine sorti de prison et revenu auprès de son épouse Ginette, Charles, un truand sur le retour, rêve déjà d'un nouveau gros coup. Son ami Mario a en vue un
superbe hold-up, celui du Palm Beach de Cannes et, malade, en confie la réalisation à Charles, qui constitue alors son équipe : Francis Verlot, d'abord, jeune délinquant ambitieux et le
beau-frère de celui-ci, Louis, un mécanicien qui sera le chauffeur de la petite bande.À Cannes, Charles organise le coup : il surveille au casino les allées et venues de M. Grimp qui, chaque
soir, va déposer la recette des jeux dans un coffre, au sous-sol. Francis devra s'introduire dans l'établissement par les coulisses – grâce à Brigitte, une jeune danseuse qu'il a séduite –,
monter sur le toit et descendre à la salle du coffre par un conduit d'aération. Mais le jeune homme n'est pas aussi docile que le voudrait Charles : jaloux de Brigitte, qui le trompe avec
Walther, un riche soupirant, il se fait remarquer dans les salles de jeu et rate presque son passage sur le toit. Il réussit néanmoins à rafler un milliard de centimes, qu'il enfouit dans des
sacs de plage.Le lendemain, la photo de Francis au casino s'étale à la une des journaux. Les deux truands doivent fuir. Ils jettent les sacs dans l'eau de la piscine; l'un d'eux s'ouvre et les
billets remontent à la surface...
En 1962 l’entreprise GABIN tourne rond. « Le Président », « le cave se rebiffe », « le singe en
Hiver » on bien fonctionné, « le gentleman d’Epsom » a cependant relativement déçu. Avec le producteur Jacques BAR une nouvelle production importante est mise en route. Ce sera le
dernier projet commun des deux, et sans doute un de ses derniers très bons films. Pour le film GABIN perçoit un cachet de 850 000 Nouveaux Francs de 1962 soit environ 1.2 millions d’Euros de
2008, soit un des cachets les plus importants de l’époque. Henri VERNEUIL très solide réalisateur à succès est choisi pour mettre en scène le film et bien sûr le bon ami Michel AUDIARD. Le
scénariste-dialoguiste qui fournit plusieurs scénarii par an à l’habitude de se faire aider par d’autres scénaristes selon le style du film. Généralement Pascal JARDIN, Albert SIMONIN et France
ROCHE. Comme le film est un polar c’est Albert SIMONIN qui écrit cette histoire de casse dans un casino de la Côte d’Azur. Michel AUDIARD se « contente » de superviser le récit et
d’ajouter quelques répliques bien senties. Pour le première fois, GABIN tique quelque peu, il trouve son rôle un peu en retrait par rapport aux cahier des charges habituels. Il faut dire que la
production lui adjoint un jeune acteur en pleine ascension : Alain DELON. Certes, celui-ci est déjà une immense vedette, mais « plein soleil » est un succès d’estime et
« Rocco et ses Frères » l’a fait devenir une star en Italie, mais il lui faut un énorme succès commercial en France, et tourner avec GABIN c’est l’assurance de la première place au
box-office. Et puis soyons franc, au niveau des scènes d’action, le jeune athlète est un peu plus crédible que le vieux lion. DELON qui a déjà du flair renonce aux 250 000 francs
correspondant à sa valeur contre les droits du film dans des pays étrangers, une initiative qui sera très fructueuse ! DELON tourne donc le film durant le tournage même du « Guépard »
de VISCONTI, il faut dire que le tournage s’éternise quelque peu en Italie. Le réalisateur ne lui en voudra pas du tout puisqu’il supprimera quelques scènes du film où DELON apparaît. Il
préférait sans doute tourner avec LANCASTER et CARDINALE moins indépendants du Maestro.
GABIN et c’est normal se méfie un peu de son jeune collègue, après tout, c’est une star en puissance. DELON devait avoir le
manuel du « petit GABIN illustré », car les deux acteurs deviennent potes et s’entendent comme larrons en foire. C’est à peu près les seuls moments sympathiques du film, GABIN se
montrant assez odieux avec Maurice BIRAUD et pénible avec VERNEUIL et AUDIARD. Le vieux lion veut tirer la couverture à lui, ce que refuse AUDIARD. AU final, GABIN ne tournera plus ou sera
momentanément en froid avec AUDIARD, VERNEUIL et BAR, ce qui aura des répercussions sur la suite de sa carrière, il ne retrouvera plus des équipes formées à lui servir la soupe de cette
façon.
Le film très spectaculaire et au final épatant (les sacs contenant billets du casse sont précipitamment cachés dans une
piscine et s’échappent lentement des sacs). Fort bien réalisé et interprété, c’est de la belle ouvrage et le film contient quelques perles de AUDIARD :
-Écoute-moi bien. A partir de maintenant, travaille au chrono parce qu'une minute d'écart ça veut pas dire forcément 60
secondes. Ça peut se transformer en années de placard. Crois-moi, je connais la question.
-Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y'a des statistiques
là-dessus.
-La liberté sonne à sept heures dans toutes les prisons de france.
- Y'a du vison dans l'air! Et les putes ont toujours aimé les animaux
A sa sortie le film s’empare facilement de la première place du Box Office et attire 30 000 spectateurs au BERLITZ la
première semaine, c'est un triomphe. Fort d’un bouche à oreille énorme, le film attire plus de 600 000 spectateurs rien qu’en exclusivité et continuation. Le film termine dans le top 5
annuel et fera la joie des spectateurs de la télévision durant de nombreuses diffusion. Un grand classique du polar à la Française.
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