Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc
j'existe". Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes. Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est
bon? Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des
statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là. Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être
modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis. Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.
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Propriétaire d'une petite usine de tracteurs, Fernand Naudin mène une vie tranquille et sans histoires quand un télégramme l'appelle à Paris.
Il arrive juste à temps pour recueillir le dernier soupir d'un ami de jeunesse, Louis, dit « le Mexicain », interdit de séjour et directeur d'affaires plus ou moins louches. Au nom de leur
vieille amitié, Louis arrache à Fernand la promesse de veiller sur les intérêts de sa fille Patricia pour laquelle il a fait les plus grands sacrifices, allant même jusqu'à la faire élever chez
les Soeurs. Il lui confie aussi la direction de ses « affaires » et de ses « hommes d'affaires ». Il hérite aussi du « gorille » de Louis, un certain Pascal, au tir infaillible. Les « employés »
du Mexicain, qui escomptaient se partager les dépouilles du « patron», sont bien déçus de la tournure que prennent les événements et le premier souci de Fernand est de remettre chacun à sa place
et de l'ordre dans la maison. Ceci n'ira pas évidemment sans diverses aventures que nous raconte le film. Fernand espère des compensations du côté de Patricia qui se révèle d'abord pleine
d'affection pour son « tonton ». Mais, de ce côté aussi, les déceptions attendent Fernand. Car Patricia, qui semble n'avoir pas beaucoup profité de son éducation chez les Soeurs,se montre bientôt
tout aussi ingouvernable que les « employés » de son père, sinon pour les mêmes raisons. En particulier, elle est plus ou moins fiancée à un certain Antoine qui a le don de porter à l'extrême sur
les nerfs de Fernand. Cet aspect de la question ménagera aussi bien des soucis à notre héros jusqu'à ce que tout finisse par s'arranger, les « méchants garçons » trépassant à tour de rôle ou se
convertissant. Quant à Fernand, il conduit à l'église sa « nièce » Patricia pour y trouver le bonheur auprès d'Antoine, enfin réconcilié, pour le meilleur et pour le pire.
(les fiches du cinéma)
Ecrire sur les « tontons flingueurs » est bien difficile aujourd’hui, car le film est depuis longtemps passé au statut de film
culte, mieux : un des fleurons du patrimoine français . Des livres ont été consacrés au film qui le feront découvrir aux rares personnes qui ne l’on pas déjà vu, ce qui semble impossible car
le film fait encore 10 millions de spectateurs à chaque diffusion télé.
De plus, ce film fait parie de ce que je nomme « la trilogie LAUTNER » qui sont tout simplement les trois films présents dans mon top 10 de mes films préférés. C’est donc difficile d’en
parler, d’autres le font mieux.
En 1963, Lino, très populaire, s’est déjà essayé à la comédie avec « le bateau d’Emile » avec un résultat mitigé. On le sait, l’acteur est connu pour ses rôles de durs.
Cela tombe bien, car une bande de copains, décide de lui écrire un rôle sur mesure, il jouera le rôle d’un gangster sur le retour mais dans une comédie policière. C’est un film noir à la trame
classique, dû à Albert SIMONIN, mais traité à la sauce comédie par LAUTNER et AUDIARD.
Pour accompagner Lino, le casting est éblouissant.
Dans ces conditions, Lino accepte et délivre une de ses prestations les plus savoureuses, à la fois fort et drôle, Lino trouve l’adéquation parfaite entre ces deux états. Car Lino est drôle,
sacrément drôle, qu’il le veuille ou non.
Bernard BLIER, ex-gloire des années 40 et 50 trouve un deuxième souffle inouï dans la comédie. D’abord acteur « sérieux » il démontre des qualités humoristiques insoupçonnées, et
devient la coqueluche de tous les réalisateurs de comédies. Dans sa bouche, les dialogues d’ AUDIARD deviennent énormes.
Francis BLANCHE, perdu à jouer des comédies, certes rentables avec Darry COWL, trouve lui aussi un rôle à sa mesure, son génie comique étant exploité à merveille par LAUTNER, son « touche
pas au grisbi », salope !! » reste immortel dans l’histoire du cinéma.
Claude RICH en jeune premier exaspérant, est parfait en tête à claques, dans un rôle de jeune gendre en totale opposition au milieu des gangsters.
Les seconds rôles sont au diapason.
La réalisation de Georges LAUTNER, reste sobre mais celui-ci commence à se démarquer des autres réalisateurs de comédie. En tout cas, il démontre des qualités de Directeur d’acteurs
remarquable.
Evidemment, il y a les dialogues d’ AUDIARD. Cela fait déjà dix ans qu’il est réputé pour être le meilleur dialoguiste de France. Il a connu de nombreux succès avec GABIN et il
faut dire qu’il enchaîne les films avec plus ou moins de bonheur, en tout cas il y a toujours un ou deux dialogues à retenir, on n’écrit pas les dialogues du « Président » chaque
jour.
L’intensité avec laquelle il distille les dialogues cultes, frise l’indécence. C’est un véritable « best-of » de répliques mémorables, il est clair que l’auteur, inspiré par tant
d’acteurs a peaufiné des dialogues spécialement adaptés à chaque personnalité.
Citons-en quelques unes à la volée :
Raoul Volfoni - Non mais t'as déjà vu ça ? en pleine paix, y chante et pis crac, un bourre-pif, mais il est complètement fou ce mec ! Mais
moi les dingues j'les soigne, j'm'en vais lui faire une ordonnance, et une sévère, j'vais lui montrer qui c'est Raoul. Au 4 coins d'Paris qu'on va l'retrouver éparpillé par petits bouts façon
puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile...
Fernand Naudin - Patricia, mon petit... Je voudrais pas te paraître vieux jeu ni encore moins grossier. L'homme de la Pampa parfois rude
reste toujours courtois mais la vérité m'oblige à te le dire : ton Antoine commence à me les briser menu !
Fernand Naudin - Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît.
Paul Volfoni - Vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pomme, y'a aut'chose. Ça serait pas dès fois de la
betterave, hein ?
Fernand Naudin - Si, y'en a aussi.
Raoul Volfoni - Alors, y dors le gros con ? Ben y dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule. Il entendra chanter les
anges, le gugusse de Montauban. J'vais l'renvoyer tout droit à la maison mère, au terminus des prétentieux.
Sorti sans grande prétention à Paris, le film connaît un bouche à oreille remarquable, devenant un des plus grands succès de Lino et fait
entrer Georges LAUTNER dans la cour des réalisateurs bankable. Une « suite » est aussitôt mise en chantier.
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