Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc
j'existe". Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux
oubliettes. Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est
bon? Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des
statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là. Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles
d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis. Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.
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A Cournai, dans le Nord de la France, on ne vit que par et pour la toute puissante famille Beaumont-Liégard. Ces industriels du
textile ont au fil des ans et des générations, amassé une telle fortune qu'ils contrôlent la région tant du point de vue économique que sur le plan social et même politique. Le maire et le député
n'ont en effet rien à refuser à Jean-Baptiste Liégard, l'actuel représentant de la dynastie, aussi autoritaire et efficace en affaires qu'au golf et sans lequel Cournai n'aurait ni son stade,
encore moins sa brillante équipe de football et son héros Kojac. De souche modeste, ambitieux et peu scrupuleux, François Leclercq s'est introduit dans le clan après avoir séduit Gilberte, la
fille unique de Jean-Baptiste Liégard. Mais, pressée par son père, Gilberte épouse un riche aristocrate pour mettre fin aux rumeurs qui circulent, pour éviter une mésalliance et surtout pour
punir son amant de son inconstance. François s'est associé à Raphaël di Massa et les affaires de la boîte de nuit qu'ils ont ouverte prospèrent au-delà des prévisions les plus optimistes. C'est
alors que François découvre que son associé se livre au trafic de drogue. Il veut intervenir, mais un double meurtre commis dans l'établissement lui est imputé sans qu'il puisse se disculper.
Sept ans plus tard, François sort de prison, bien décidé à rétablir la vérité. Une rapide enquête lui démontre que les choses ont changé depuis, mais pas les hommes. Au terme de ses
investigations, François retrouve Di Massa et confond Jean-Baptiste Liégard, le vrai responsable du trafic.
Sorti à la rentrée 1976, le parcours « du corps de mon ennemi » est étrangement similaire à celui de
« l’alpagueur ». Cependant en terme de qualité ce n’est pas tout à fait la même chose. Le fameux trio BELMONDO/ VERNEUIL / AUDIARD est reformé comme dans les années 60. Henri VERNEUIL
est toujours un réalisateur/producteur puissant et à succès mais Michel AUDIARD revient aux dialogues de films rentables et il stoppe sa carrière de réalisateurs, ses films marchent de moins en
moins au Box Office, et la réalisation le lasse. Le trio revient à la satire sociale, à la critique de la bourgeoisie de Province, le cas échéant dans le Nord de la France. Bebel revient se venger
d’un milieu qui l’a laissé tombé après lui avoir ciré les pompes. La cible de sa vengeance : le riche industriel de la ville, divinement interprété par un Bernard BLIER totalement veule,
cynique et lâche. BELMONDO déploie toute sa gouaille, bien que le film ne soit ni une comédie, ni un film d’action, ce qui lui coupe une partie de son public populaire. Reste une belle palette
de seconds rôles : Marie France PISIER belle garce, fille à papa à la beauté idéale pour ce genre de rôles, et un Claude BROSSET épatant (déjà vu dans « l’alpagueur ») en ancien
soldat reconverti en travesti, « maîtresse » du Maire de la ville. De plus, à la fin, Bernard BLIER se fait assassiner durant son golf, et il fait très très bien le mort, Marlon
BRANDO serait jaloux…. Donc un scénario malin, une interprétation solide et des décors très années 70 (la boîte de nuit, le simulateur de golf symbole de haute technologie de l’époque et les
costumes en alpaga de Bébel coupe 70). Bref, du tout bon et un des meilleurs BELMONDO des années 70. Malheureusement en termes d’entrées, c’est insuffisant au niveau Français. BELMONDO va
réfléchir à sa stratégie : plus qu’un film par an lancé par une campagne de pub mammouth. Pour son retour aux affaires Michel AUDIARD est en forme. Sur un ton tantôt réaliste, tantôt comédie il cisèle des dialogues incisifs dans la
bouche de BELMONDO peu amènent sur les notables de la ville.
QUELQUES DIALOGUES :
-Si je te disais que la population a presque doublée
-Deux fois plus de cons...Ca paraît pas possible.
J.P Belmondo
-Vous avez un pronostic pour le match (France-Allemagne)? Moi je dis que ça va pas être une promenade. Attention, les
Allemands, sur leur terrain, faut jamais les sous-estimer.
-Parfois même sur le notre.
(Un taxi/J.P Belmondo)
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