Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc
j'existe". Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux
oubliettes. Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est
bon? Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des
statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là. Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles
d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis. Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.
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Batman et le lieutenant de police James Gordon ont uni leurs efforts pour tenter d’éradiquer le crime organisé de la ville de Gotham. Bientôt,
le procureur Harvey Dent, « chevalier blanc » de la cité, souhaite s’allier à eux. Mais leur mission va s’avérer bien plus compliquée que prévue. Un criminel sans foi ni loi, se faisant surnommer
le Joker, sème le chaos dans Gotham. Bien décidé à distiller la mort et la violence dans la ville, il compte avant tout faire tomber ceux capables de l’en empêcher. Batman, Dent et Gordon se
retrouvent alors en ligne de mire d’un fou furieux que rien, même pas la puissance mafieuse, ne peut arrêter...
Précédé d’une réputation très favorable, le nouveau BATMAN allait-il réussir à devenir le meilleur films de super héros ? Clairement, la
réponse est OUI ! Le réalisateur, extrêmement inspiré nous livre une version du « bon la brute et le truand » dans un environnement très influencé par le « heat » de Michael MANN dont NOLAN
s’inspire visiblement. La scène d’ouverture formidablement réalisée fait passer la scène de la banque du « Batman forever » de SCHUMACHER pour de l’amateurisme, (sans compter le maquillage de «
double face » bien ringard). NOLAN gère l’espace comme jamais, et est précis comme un Stanley KUBRICK des grands jours. Le ton est donné, c’est bien le JOKER qui mènera le film. Tout comme Clint
EASTWOOD dans le film de LEONE précité, BATMAN sera presque un personnage secondaire durant tout le film. J’aimais bien Heath LEDGER, mais je trouvais que peut être les critiques énormes sur son
jeu étaient peut être dues à l’émotion suscitée par son regrettable et trop prématuré décès, mais force est de constater la colossale performance qu’il livre, digne d’un Oscar qui semble
difficilement lui échapper. Le réalisateur lui rend un hommage qui force l’admiration. Très loin du cabotinage, même talentueux, d’un Jack NICHOLSON, LEDGER donne une réelle personnalité au
personnage et surtout une très grande crédibilité. Qui est-il ? Qu’est-ce qu’il a vécu dans sa jeunesse pour devenir ce maître du mal ? Ce n’est pas un voyou, il est cultivé, c’est une sorte de
Dandy et possède une connaissance de la psychologie criminelle hors norme et c’est un manipulateur né. D’une intelligence du niveau d’un « Hannibal LECTER », il manipule littéralement tous les
personnages du film, y compris ce brave Harvey DENT, magnifiquement interprété également. La grande force du film est que les principaux personnages sont toujours dépassés par les plans du Joker
qui se joue littéralement d’eux. La grande qualité du Joker c’est qu’il ne fait que de manipuler les autres, rien de plus « je ne fais rien !» entre les criminels dont il utilise la veulerie
naturelle et la haine des uns des autres, mais aussi la naïveté de BATMAN, de GORDON et surtout d’Harvey DENT, car comme le sait très bien le JOKER, l’enfer est pavé de bonnes intentions. Lors
d’une rencontre d’anthologie entre DENT et le JOKER nous en saurons plus sur la personnalité de cet homme hors norme, mais terriblement fascinant. C’est dans cette scène que, peut être, faisons
nous connaissance du « vrai » JOKER qui rencontre en « Double Face » un frère à la tragique destinée ! Finalement, le JOKER cèdera face à ce qui sera son point faible, l’ambition et la vanité,
qui lui feront perdre son sens du jugement au mauvais moment…. Dans ce film où chaque dialogue est ciselé et où aucune scène n’est inutile, ce qui justifie les 2h30 du film (comme le LEONE) aucun
personnage ne sortira indemne de l’expérience. BATMAN devra faire face à un dilemme cornélien face à un horrible chantage affectif du JOKER et apportera une réponse pragmatique qui peut laisser
penser qu’il est peut être aussi peu humain que le JOKER lui-même…
Le tout est filmé avec une justesse et une maîtrise technique époustouflantes. Moults plans divins du Dark Knight sur fond de métropoles font passer les décors des BURTON pour du Guignol…les
scènes chocs ne manquent pas pour les plus jeunes, en particulier une course poursuite en BATMOBILE puis BATMOTO énorme. Physiquement, BATMAN est le plus fort des protagonistes, le JOKER n’est
pas un athlète c’est certain donc il devra faire appel à toutes ses ressources mentales pour sortir vainqueur de ce duel psychologique, si vainqueur il y a….Fourmillant de personnages
secondaires, dont le surprenant mais trop court retour de Cillian MURPHY en Epouvantail, le film est d’une densité énorme, et tous les comédiens sont justes. Le cheminement lent mais inévitable
de Bruce WAYNE et de son alter-égo vers le coté sombre de la justice, n’est pas sans rappeler le passage du coté noir de Michael CORLEONE dans le « Parrain 2 » de COPPOLA dont NOLAN est désormais
l’égal. Une perle, un must, un chef d’œuvre !
Les pontes de la Warner ont compris qu’ils ont une pépite en puissance. La promotion se fait sur le coté sombre du film, amplifié par le
décès surprise de Heath LEDGER a 28 ans. Le film sera un hommage à l’acteur. Les premières critiques sont énormes et les prévisions s’envolent à quelques jours de la sortie du film. Les salles
IMAX sont complètes depuis 15 jours, les taux de réservation des meilleures salles est du jamais. Le film est prévu pour exploser la barre des 100 millions de dollars. Le premier jour est
phénoménal avec 67 millions de dollars de recette. Le week end est colossal et le film bat « Spiderman 3 ». Contrairement à celui-ci le film ne s’essoufle pas et continue d’engranger
les dollars à la vitesse d’un TGV. La concurrence est laminée. Bien que le Box Office US a tendance à battre ses records années après années du fait de leur ridicule manière de comptabiliser les
recettes qui bénéficient de l’inflation, le résultat est très impressionnant. Le film dépasse facilement les entrées du premier opus et sera la meilleure recette de 2008, même si la barre des 600
millions de dollars de recette (mais effectué en 1998) était un peu loin, le film se classe deuxième de tous les temps aux USA. Dans tous les pays du monde, Dark KNight bat les records de la
franchise. En France, pays où la franchise n’a jamais fait de scores mirobolants, la tendance se vérifie, le film sera clairement et de loin l’épisode qui aura le plus de succès. Et c’est mérité
au vu du déluge de critiques élogieuses sur le film.
Un BATMAN 7 sera mis en chantier, sans nul doute avec Christopher NOLAN aux manettes, mais à quel tarif?
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