Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc
j'existe". Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux
oubliettes. Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est
bon? Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des
statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là. Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles
d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis. Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.
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Le film commence sur un petit documentaire qui semble sorti des services documentaires de l’armée qui vante les armes de dissuasion, dont les fameux
sous-marins nucléaires et leurs missiles atomiques. L’action se déroulera en Corse, à Bonifacio, endroit hautement stratégique, puisque des « ennemis » pourraient installer des
détecteurs de sous marins atomiques et donc de les détruire ! Sans déconner !
Après les jolies vues aériennes de la Corse du Sud sur fond de musique locale, l’action peut commencer. Un agent américain utilise le bateau d’un certain Renotte et
de son amie la sculpturale Brigitta afin d’inspecter les grottes sous-marines. Au cours d’une plongée des deux hommes, l’agent américain est abattu sous l’eau. Renotte déclare la disparition de
l’agent à la Gendarmerie comme un accident de plongée.
A New York, les services secrets US qui ne sont pas dupes, envoient OSS 117 pour sauver la paix dans le monde- rien que ça. Arrivé en Corse, Hubert emballe
l’hôtesse Hertz qui lui loue une dauphine, histoire de se plonger dans le folklore local, faut dire qu’il est chaud, le Hubert.
Alors qu’il se rend le soir chez Renotte, il rencontre un de ses comparses qui s’est fait passer pour Renotte et le tue un peu au cours d’une rixe (mais c’est un
malheureux accident). Renotte rentre chez lui et Hubert qui se fait passer pour le beau frère américain le convainc de le conduire à l’endroit où les deux hommes plongeaient sinon, Hubert
accusera Renotte d’être le meurtrier. L’accord conclu ils jettent le cadvre par la fenêtre, cela tombe bien, Renotte habite juste en haut d’une falaise.
Mais Renotte décide de s’enfuir en bateau et Hubert doit se rendre à l’aérodrome d’Ajaccio afin de poursuivre le bateau en avion. Ils se retrouvent à Nice. Hubert
fait la connaissance de Brigitta, puis celle-ci fait le tour des rues de Nice pour rencontrer Sacha, le cerveau de l’affaire. En fait Brigitta surveille Renotte pour Sacha. Celui-ci va tendre un
piège infâme à Renotte et Hubert. Ceux-ci devront être drogués le soir et exécutés par un comparse. Mais Hubert ne boit pas et élimine son éxécuteur, mais Renotte est tué par Sacha. Puis celui-ci
se réunit avec les deux autres cerveaux du réseau, Lucia et Mayan, Hubert devra être assassiné.
Croyant Brigitta innocente, Hubert et elles se rendent sur les lieux de la mort de l’agent américain et au cours de sa plongée, Hubert manque de peu d’être
assassiné. Il s’en sort, comprend que Brigitta est complice et lui administre deux belles tartes qu’elle n’a pas volées !
Bon, maintenant avec l’aide de quelques collègues français, Hubert s’introduit dans la villa de Mayan et assomme Sacha qui drague Brigitta dans une chambre. Mais
Hubert et Brigitta sont capturés par Mayan qui les emmène dans la grotte où se trouve le repaire secret où se trouvent les détecteurs de sous marins nucléaires. Bien entendu, Hubert s’échappe
grâce à l’intervention de ses collègues. Sur un hors bord, il se bat avec Sacha et est sauvé par Brigitta qui abat Sacha. Pendant se temps, Mayan et Lucia préfèrent se faire sauter
main dans la main et la grotte avec, le cas échéant. Hubert est un peu peiné de ne pouvoir interroger Sacha, mais il reste Brigitta qui pourra le renseigner contre sa liberté. L’interface
USB n’existant pas à l’époque, il décide de commencer l’interrogatoire à l’ancienne, par l’introduction de sa langue dans la bouche de Brigitta qui joue le rôle avec passion- semble-t-il.
André Hunebelle, le plus grand champion du Box Office français à toujours été à l’affut des nouvelles tendances et, surtout, des goûts du public. Alors que le
genre des films de cape et d’épée, qui a fait sa gloire et celle de Jean Marais tend à se tarir, il sent bien que le phénomène BOND qui commence à cartonner en Angleterre et aux USA va sans doute
avoir bien du succès dans le monde. Sur les conseils de Jean Marais qui aimerait bien endosser le costume de OSS 117, Hunebelle achète les droits du personnage. Cette fois-ci Jean BRUCE aura
droit a une adaptation digne de ce nom. Malheureusement l’auteur devenu riche à force d’avoir vendu ses romans par millions se tue au volant de sa voiture de sport dès le début du tournage non
sans avoir écrit 88 romans en 14 ans.
Dommage pour Jean MARAIS qui tire un peu la tête, mais Hunebelle choisit Kervin MATHEWS pour interpréter OSS 117, beau gosse athlétique qui a le mérite d’avoir
déjà tourné dans des grosses séries B internationales. De plus, il est beaucoup plus jeune que Jean MARAIS, ce qui ne gâte rien et est un rien plus viril. A ses cotés, la starlette Nadia SANDERS
vue dans « la vengeance d’Ursus (1962) » et autres péplums sera la De la Bath’s girl du film. Sans être une actrice formidable elle bénéficie d’un physique avenant et d’une poitrine qui
vaut bien les missiles défendus dans le film.
Sans Jean MARAIS le budget du film est bien moins important que si l’acteur avait été tête d’affiche, mais Hunebelle est un génie. Avec trois bouts de ficelles
une production devient étincelante. D’abord le film est tourné à Bonifacio et à Nice, pas vraiment l’exotisme. Le film contient tellement de passages filmés ventant la beauté de la côte qu’il a
été surement financé par le conseil général de la région PACA, sans compter les publicités pour Hertz et autres marques que ne renierait pas le dernier James BOND. Sans compter un petit
financement de l’armée.
Hunebelle sait utiliser à merveille les talents de compositeurs de Michel MAGNE. Celui-ci à l’aide de rythmes yéyés et jazzy sait parfaitement meubler les temps
morts du films par une musique « in ». D’ailleurs le générique du début, en grosse lettres, est typique de l’épqoue avec le titre « OSS 117 – dansez le hully-gully ». Toute
une époque, et on ne dira jamais assez que Michel MAGNE fut génial.
Les scènes d’actions sont peu nombreuses mais novatrices. Les scènes sous marines sont de qualité, et seront reprises par Terence YOUNG lui-même (mais avec un
budget 100 fois plus important dans « opération tonnerre »). Au niveau des scènes de corps à corps, le réalisateur s’appuie à les rendre le plus réalistes possible, les cascadeurs
utiliseront les arts martiaux, ce qui est tout à fait nouveau à l’époque, de plus il y a un petit ton sadique à la James BOND dans ces scènes.
Ce ton nouveau ainsi que la prestance de Kervin MATHEWS, peut être le meilleur OSS 117, compensent la grande naïveté du film et son manque de moyens.
Il est à noter une imparable scène entre Hubert et ses collègues français dans une voiture, où les protagonistes ricanent bêtement et déclament des dialogues des
plus incongrus :
- Bonjour Forrestier ! Voici votre prisonnier !
- Bonjour Duval !
- Bonjour Forrestier….
- Merci Simonetti !
Les ricanements ainsi que ces dialogues seront bien sûr pastichés par Jean DUJARDIN dans la nouvelle mouture d’OSS 117. Il est évident que ceux qui n’ont pas vu
ce film ne peuvent comprendre certains éclats de rires dans la salle.
Le premier James BOND sort en mars 1963 avec un très bon accueil public. La mode des films d’espionnage va s’installer, c’est donc dans cette ambiance
favorable que sort le film en juin 1963. Contre toute attente le film s’empare de la première place du Box Office lors de sa sortie parisienne et va très bien se maintenir les semaines suivantes.
Ce sera un des grands succès de l’été. Grâce au savoir faire du réalisateur le film réalise un score très satisfaisant de 2.3 millions d’entrées en FRANCE et se vend bien à l’étranger. Le public
a suivi au-delà des espérances, et comme Hunebelle est opportuniste, une suite est très rapidement mise en chantier avec un budget très supérieur.
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