BOX OFFICE ACTEURS FRANCAIS

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Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe".
Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes.
Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est bon?
Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là.
Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis.
Merci  au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.

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Mercredi 24 décembre 2008 3 24 /12 /2008 02:00
- Publié dans : BO M. DARC

NE NOUS FACHONS PAS
13 AVRIL 1966

 

De Georges LAUTNER -Scénario de Marcel JULLIAN et Michel AUDIARD - dialogues de Michel AUDIARD – Avec Michel CONSTANTIN, Jean LEFEBVRE, Mireille DARC, Tommy DUGGAN

 

Ancien truand retiré, Antoine Beretto exploite sur la Côte d'Azur une agence de location de canots à moteur. Un seul ennui : Antoine est très pacifique, mais il ne supporte pas qu'on lui manque de respect et, dans ces cas-là, il ne connaît plus sa force. Arrivent deux anciens « collègues » qui, pour s'enfuir en Italie, lui achètent un canot contre une créance de quatre millions (anciens) sur une sorte de bookmaker, Léonard Michalon, qui les a floués. Antoine se met en devoir, avec l'aide de Jef, qui tient un hôtel, de recupérer sa créance. Malheureusement, il rencontre une concurrence redoutable dans une bande de jeunes britanniques aux cheveux longs, militairement organisés par le « Colonel ». Et la malchance veut que l'un des « Britishes » soit victime de ses réflexes. Traqués par le gang, Antoine, Jef et Léonard cherchent d'abord refuge chez l'ancienne « légitime » de Léonard, Eglantine, qui tient un ranch. Mais le Colonel les poursuit avec ses sbires . Alors Antoine se fâche, anéantit la bande et traite avec le Colonel (qui, le pauvre, sera victime d'un « accident » de golf).Prêt à filer le parfait amour avec Eglantine, Antoine embarque Léonard vers l'Amérique du Sud. Mais, de l'aéroport, Léonard téléphone à Antoine que deux hommes le guettent. Bon type, Antoine y va. « Ne nous fâchons pas », dit-il. Mais il rentrera tout de même avec deux cadavres sur les bras.

 

Ce dernier volet de « la trilogie LAUTNER » est mon préféré des trois, bien que les trois soient très proches. George Lautner a su s’adapter très vite au changements de l’époque. Nous sommes en 1966 et c’est la première fois qu’il utilise la couleur, à cet effet les paysages du Sud de la France s’y prètent idéalement. Ce film est un « mix » des deux premiers, il conserve le coté farce du deuxième avec la qualité des personnages et des dialogues du premier.
Lino est égal à lui-même, en truand repenti, gérant d’une Entreprise de bateaux, il est de nouveau confronté au milieu. Ses bonnes résolutions s’étiolent au fur et à mesure du film, et à son corps défendant, il redevient le démolisseur efficace du passé.
Son copain d’aventure, est Jeff, interprété par le graannd Michel CONSTANTIN, une présence, une gueule, une gouaille comme on n’en fait plus. Le grand AUDIARD lui concocte des dialogues efficaces, en phase avec le physique débonnaire de l’acteur qui accède à la notoriété avec ce rôle d’ex- truand reconverti dans la restauration de qualité.
La grande trouvaille réside dans le rôle de Jean LEFEBVRE en parfait boulet, veule, torve : Léonard MICHALON, une grande création. Ce sera la marque de fabrique de l’acteur qui en tirera profit dans ses films suivants. Son meilleur rôle à coup sûr. Le grand « gimmick » du film étant le nombre imposant de baffes que se prend Léonard au cours du film, dont une, atomique, assénée par Jeff lors de la première rencontre du trio.
Mireille DARC est l’atout charme du film. Elle dispose de son look définitif et sa rencontre avec Lino est savoureuse, ce qui vaut une parodie des films de Lelouch, dans une scène de promenade dans la campagne où les deux amoureux font plus ample connaissance.
L’idée de génie est dans la création des « méchants » une bande de jeunes « mods »anglais dansant le jerk sur fond de musique pop sous le regard « bienveillant » du « colonel », un anglais pur jus, avec l’accent, qui dirige la troupe. Avec ambiguïté.
Cette comédie, parfaite, se déroule sur un rythme trépidant avec le lot de poursuites, explosions, coups de feu de rigueur. Tout cela se termine bien pour le quator sur fond de boîte de nuit, scène finale qui vaut son pesant de cacahuètes, parfait témoignage de ce qu’étaient les boites de nuit à l’époque. Un must !
Bien sûr, AUDIARD est présent, en très très grande forme, et nous délivre quelques dialogues d’Anthologie :

Jeff et Antoine :

T'as de ces questions, on les appellent les british parce qu'ils sont british, C'est tout quoi! Ils sont une douzaine de mecs, on sait pas ce qu'ils maquillent ; ils ont loué une villa au cap d'Antibes. C'lui qu'à l'air du tolier est venu béqueter 2 3 fois. Ses petits boy-friends l'appellent "Colonel", genre homme du monde. Mais en fait de monde, j'crois plutôt qu'ils seraient du notre. Je veux dire l'ancien... - L'ancien, l'ancien... Je viens de mettre un mec en l'air, maintenant nous v'là en croque-mort, tu permets, mais y'aurait comme de la relance sur la gelée de coings, non?... Et aussi, si tu m'avais pas refilé un flingue... - Ben tu serais mort! - Oui t'as raison. En cinq ans pas un mouvement d'humeur, pas une colère, même pas un mot plus haut que l'autre, pis d'un seul coup « CRACK ! » la fausse note, la mouche dans le lait, han j'te dis que ça m'a secoué!

- Beau jeune homme, il doit pas être loin de ses 75 kilos. - J'l'ai pas pesé! - Dans ces poids-là, j'peux vous l'embaumer façon Cléopatre, le Chef d'Oeuvre égyptien, inaltérable! - Mais on vous demande pas de conserver, on vous demande de détruire! - Haa! Heuuu... j'vous proposerais bien le puzzle "le congolais" : 32 morceaux plus la tête. Ou alors le cubilot de Vulcain : 10 tonnes de fontes, quinze-cents degrés, et vot' petit jeune homme se retrouve en plaque d'égout ou en grille de square. - Non, NON! Ni en poignée de porte, ni en lampadaire, c'que j'veux c'est plus le voir, là! - Mon ami tient un commerce. - Hah bon!

C’en est trop pour Lino, qui craint que le coté « farce » ne nuise à sa carrière. C’est sa dernière collaboration avec Georges LAUTNER. Il se consacrera désormais à des projets plus sérieux. Dommage, mais il reviendra à la comédie, un peu plus tard avec plus ou moins de bonheur.
Reste une trilogie indémodable.
Le film ne connaît pas un succès énorme, mais correct sur la durée. Son succès télévisuel ne se dément jamais, au contraire. C’est devenu un classique de la comédie française…   

 

ENTREES France TOUTES EXPLOITATIONS

1 877 412

ENTREES Paris 1ère EXPLOITATION

300 347

ENTREES Paris TOUTES EXPLOITATIONS

483 485

ENTREES Paris 1ère SEMAINE

58 110

NOMBRE DE SEMAINES PARIS 1ère exploitation

 17

NOMBRE DE SALLES  Paris semaine de sortie

Moyenne entrées par salles 1ère semaine

11 622

1er JOUR Paris

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires
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