Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc
j'existe". Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux
oubliettes. Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est
bon? Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des
statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là. Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles
d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis. Merci au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.
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Cris Johnson "Frank Cadillac" est le seul homme sur terre capable de visualiser deux minutes de son futur et de changer le cours
des évènements. Il n'hésite pas à utiliser son pouvoir extrasensoriel en se faisant passer pour magicien ou médium dans un hôtel minable de Las Vegas pour arrondir ses fins de mois. Alors que la
sécurité des hôtels commence à soupçonner ses méthodes, l'agent du FBI Callie Ferris sait qu'il représente son unique chance d'empêcher une attaque terroriste imminente. Très vite, Cris se
retrouve devant un choix cornélien : sauver celle qu'il aime... ou la Californie. Sa réponse est quelque part... dans le futur proche.
Dans la course à la loterie qu’est devenue la carrière de Nicolas CAGE, ce film est plutôt une bonne pioche. Doté d’un solide
budget de 70 millions de dollars, le film bénéficie de la réalisation de Lee TAMAHORI qui, il y a longtemps avait réalisé un film culte « l’âme des guerriers » avant de réaliser
quelques films de commande dont « le masque de l’araignée » et « meurs un autre jour » un mauvais BOND période BROSNAN. On pouvait donc tout craindre d’un réalisateur qui a
certainement déposé toutes velléités créatrices contre un bon chèque. Heureusement la réalisation impersonnelle de TAMAHORI est compensée par un scénario assez habile. Chris qui officie en tant
que Frank Cadillac possède un don unique qui lui permet de voir l’avenir proche et d’interagir avec. En fait, ces visions le concernent directement, ce qui fait qu’il voit ce qui va se passer
autour de lui. C’est cette compétence qui intéresse Callie FERRIS qui tente de l’emprisonner afin de le mettre dans un environnement susceptible d’abriter une équipe de terroriste et de décrire
quelques secondes avant ce qu’il va se passer, idéal pour éviter une balle où débusquer un sniper. La première partie expose le don de Cris, et les tentatives infructueuses des équipes de
sécurité d’un casino pour l’emprisonner, alors qu’il devine les cartes qui vont sortir pour arrondir les fins de mois. Il échappe toujours à ceux qui désirent le capturer, mais pour la première
fois un élément va perturber cette donne. Une jeune fille dont il tombe amoureux est capturée par les terroristes qui ont déposés une bombe en Californie. Il « voit » la jeune fille se
faire exploser et collabore avec la police pour éliminer les terroristes, mais n’empêche pas la bombe nucléaire d’exploser et de les anéantir. Mais encore une fois c’était une vision, plus longue
que d’habitude. Il va aider la police, mais en modifiant toutes les données, car celui qui voit le futur, le modifie inévitablement.
Le film est habile, mais du niveau d’une série B. Pour permettre au film de grimper d’un demi-niveau, l’acteur producteur du
film semble plus motivé que d’habitude et livre une prestation plus inspirée. L’autre atout du film n’est pas la bimbo Jessica BIEL mais bel et bien Julianne MOORE, qui une nouvelle fois sert la
soupe avec tout l’immense talent qu’on lui connaît. Une qualité qui lui a déjà valu de sauver quelques films tels « Hannibal » ou « Assassins ». Le duo est solide et permet de
passer un très bon moment, c’est une série B de qualité.
Malheureusement le film se plante très sévèrement aux Usa où il passe inaperçu, le film souffre d’un
quiproquo, Nicolas CAGE étant présenté comme une sorte de héros aux super pouvoirs. Bref, le département marketing et la presse présentent mal le film qui prend malgré tout mollement la première
place du box office parisien avant de chuter rapidement. Mais une affiche laide et une prestation assez terrible de l’acteur sur « Ghost rider » encore à l’affiche portent préjudice au
film qui s’en sort avec une modeste 64ème place au box office français de l’année et des résultats assez faible en Europe, le film n’étant pas rentable au final.
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