BOX OFFICE ACTEURS FRANCAIS

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Au cinéma, "je pense donc je suis" c'est "je fais des entrées, donc j'existe".
Le public fait la gloire des acteurs, comme il peut le descendre aux oubliettes.
Est-ce qu'un film est bon parce qu'il fait des entrées, ou fait-il des entrées parce qu'il est bon?
Modestement, je proposerai l'étude des entrées des films de quelques acteurs, ainsi que des statistiques de box office au fur et à mesure de mes informations glanées de ci, de là.
Evidemment les chiffres donnés ne sont pas exhaustifs et les tableaux chiffrés sont susceptibles d'être modifiés ou sujets à discussion. Ce ne sera que mon humble avis.
Merci  au Film Français et aux membres du forum business d' allo ciné.

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Dimanche 8 juin 2008 7 08 /06 /2008 14:45
- Publié dans : BO M. AUDIARD

UN IDIOT A PARIS

22 mars 1967

 

 


Réalisation

Serge KORBER

Scénario

Serge KORBER

Michel AUDIARD

D’après René FALLET

Dialogues

Michel AUDIARD

Directeur de la photographie

Jean RABIER

Musique

François de ROUBAIX

Jacques BREL

Production

Alain POIRÉ

Distribution

Gaumont

Durée

95 minutes

Tournage

 

Goubi

Jean LEFEBVRE

Juliette

Danny CARREL

Léon Dessertine

Bernard BLIER

Jean Marie LAPRUNE

Paul LE PERSON

Patouilloux

Robert DALBAN

Ernest Grafouillères

Jean CARMET

 

On se moque de lui, mais on l'aime bien, le Goubi, à Jaligny-sur-Besbre (Ailler) ; il fait partie du décor, ce vieil enfant de l'Assistance, un peu simplet, qui rêve de voir la Tour Eiffel et Montmartre. Deux loustics du village, camionneurs de leur état, imaginent de le saouler et de le transporter à Paris, ronflant sur le tas de choux qu'ils vont livrer aux Halles. Le pauvre Goubi se réveille complètement ahuri au milieu des cageots de légumes. Dans l'agitation fébrile qui règne sur le carreau, il se perd bien vite, cherchant vainement la Tour Eiffel. Il se retrouve sur le trottoir où une dame fort aimable et décolletée l'invite à monter dans sa voiture. Il met un petit moment à comprendre la profession de la belle rousse mais elle a vite fait de jauger le client ou plutôt de le humer, et s'en débarrasse sans circonlocutions. Voilà le pauvre Goubi replongé dans le tourbillon, affolé par des feux verts qui deviennent rouges, errant enfin dans les allées sanglantes du pavillon des viandes. C'est sa bonne étoile qui l'y conduit car, dans ce quartier, règne un gros mandataire, lui aussi enfant de l'Assistance, qui lui offre, avec sa carte, sa protection illimitée. Celle-ci se révèle efficace, en délivrant du commissariat de police notre Goubi bouclé pour tapage. Mais il n'en sortira pas seul car il y a retrouvé la belle rousse qui lui confie son amour des fleurs, des bêtes, de la nature. Goubi à son tour lui parle en termes émus de Charlotte, sa jument, et des grasses plaines de son Bourbonnais. La Fleur, c'est le nom de l'accorte personne, est toute retournée : elle l'emmène chez elle, le lave, l'habille. Il n'est plus tout jeune, mais elle est lasse du métier ; elle a de confortables économies, il connaît une ferme à vendre qu'il décrit si belle : elle lui propose le mariage et le retour à la terre. Il en perd le souffle mais accepte. Aux innocents les mains pleines ! Goubi, qui a tout de même vu la Tour Eiffel, laissera muets de stupeur ses concitoyens en rentrant à Jaligny au volant d'une voiture de sport (dont la boite de vitesse souffre un peu), une charmante jeune femme à ses côtés, qui respire à pleins poumons la bonne odeur du fumier en rêvant d'un avenir peuplé de veaux, vaches, cochons, couvées.

 

Jean LEFEBVRE a obtenu une bonne reconnaissance dans une belle série de seconds et troisièmes rôles. Grâce à Georges LAUTNER il a trouvé de très beaux rôles dans « les tontons flingueurs » et surtout « ne nous fâchons pas » où dans son interprétation du lâche et veule Michalon fait merveille. Bien sûr il est également connu du public en tant que membre de l’équipe des « gendarmes ».  Il faut dire que l’acteur est très doué pour composer ce type de personnages. C’est sans doute pour cela que sous l’égide d’Alain POIRE et de la Gaumont il accède à son premier grand rôle en tête d’affiche. Certes, il s’agit d’un film sans équivoque : « Un idiot à Paris » d’après René FALLET est l’histoire d’un idiot du village dont tout le monde se moque gentiment, qui va trouver son bonheur avec une jeune prostituée rencontrée à Paris. Serge KORBER qui n’a pas encore accédé aux grandes productions avec Louis DE FUNES réalise un film assez sympathique, bien qu’il paraisse bien désuet aujourd’hui. C’est bien sûr la galerie de personnages et le panel d’acteurs qui la compose qui est la force du film. Jean LFEBVRE est idéal dans ce rôle de vrai naïf au discours très personnel, mais qui a bon coeur et qui courtisera la jeune prostituée délicieusement interprétée par la très jolie Dany CARREL. Autour de cette romance improbable Bernard BLIER interprète un rôle savoureux de Léon DESSERTINE qui prend Goubi sous son aile protectrice. Bien que le rôle ne soit pas extraordinaire, BLIER retrouve avec plaisir un compère de tournage avec qui il a déjà tourné deux « Lautner » et « quand passent les faisans ». Cette fine équipa va se reformer dans « du mou dans la gâchette ». Bref, les deux acteurs sont rôdés et c’est avec truculence que BLIER déclame quelques bons mots de Michel AUDIARD. C’est d’ailleurs une étrangeté de retrouver Michel AUDIARD assez discret au niveau des dialogues, il réserve d’ailleurs les quelques meilleurs mots à BLIER. Pour le reste, il est assez sobre et ne se lâche pas autant que sur les LAUTNER. D’ailleurs AUDIARD doit déjà réfléchir à mettre en scène son propre travail, nous ne sommes jamais aussi bien servi que par soi-même.

De grands acteurs composent les seconds rôles : Jean CARMET, Paul LE PERSON, et surtout un Robert DALBAN extraordinaire et inquiétant dans le rôle du Maire du village. Nous noterons une apparition de Bernadette LAFONT qui prête son physique d’aguicheuse malicieuse dans le rôle de la fille du Maire dont Goubi est amoureux.

Le film vaut aussi pour son témoignage sur l’ambiance et les mœurs parisiennes (ouvriers, étudiants) de l’époque de Paris et un beau souvenir des Halles de Paris. Bref, un film atypique comme Serge KORBER savait mettre en scène. En termes de box office, le film n’est pas ridicule, loin de là. Le film n’est qu’en quatrième position au box office parisien lors de sa sortie, mais se maintien solidement, preuve que le bouche à oreille n’est pas mauvais. En FRANCE le film passe largement la barre du million d’entrées. Conforté par ce bon succès, Jean LEFEBVRE sera maintenu en tête d’affiche avec « le fou du labo 4 » (toujours avec BLIER) mais avec beaucoup moins d’impact. Mais l’acteur est toujours très demandé pour de bons seconds rôles, et il reste les « gendarmes » bien sûr.               

 

 

CATEGORIE

RANG

NOMBRE

SALLES

ENTREES FRANCE

 

1 360 642

 

ENTREES PARIS

 

285 907

 

ENTREES PARIS EXCLUSIVITE

 

194 921

 

1ère semaine

4

49 426

5

2ème semaine

4

45 570

 

3ème semaine

2

33 950

 

Nombre de semaines Paris

 

10

 

Moyenne salles Paris 1ère sem

 

9 885

 

Budget

 

 

 

Box office annuel FRANCE

29

 

 

Box office annuel Espagne

 

 

 

Box office annuel Italien

 

 

 

Cote du succès

 

* *

 

 

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Par RENAUD SOYER - Voir les 0 commentaires
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